Marselha sus Scena Marseille sur scène*

André


Gari (a esquèrra) e Jali dau Massilia Sound System - Fotò Philippe Albarèl

Que s’est-il passé du 5 au 7 décembre à la Cité de la Musique à Paris ? Un événement méchant : “ Marseille sur scène”. Ma nine et moi, nous nous y sommes précipités le samedi 6. Une petite parenthèse : “Marseille sur scène” est un spectacle en sept tableaux, cinq intermèdes et des invités surprise. Je vais essayer de donner mes impressions sur les tableaux.
 Marseille hip-hop : sur fond musical signé Massilia (la plus belle ville du monde), la compagnie de Bob Ekoto (venu de la banlieue de Lyon) nous a autant hypnotisés sur ses danses hip-hop que sur ses claquettes d’hier (ça donne, avec Massilia comme musique). Cette prestation était vraiment sympa.
 Marseille music-hall : pot-pourri d’airs de Vincent Scotto interprété par Sophie Boulain (soprano), Alain Aubin (contre ténor) et Eddy Schaff (accordéon et piano). Franche-ment ! J’ai trouvé ça agréable un moment, mais après, cela m’a vite gonflé ! Mais y’a pas à dire, j’ai trouvé ça beau (au début...).
 Marseille tradition : arrivée sur scène de Jean-Marie Carlotti ! Il nous fait un résumé en français au début de chacune de ses chansons. Il ne chante qu’en occitan, il y avait moulon de franchimands dans la salle (la traduction m’a tout de même servi à moi aussi ; je  comprends  le provençal, mais parfois j’ai du mal, je tenais à le préciser...). En même temps qu’il chantait, JMC jouait de la guitare sèche, et bien, je peux vous dire que c’était vraiment méchant ! Ensuite il a accueilli les trois de Gacha Empega, et là, l’apothéose ! Ils ont chanté tous les quatre ensemble sous forme de canon, et toujours en provençal. Après cette chanson, les Gacha Empega se sont retrouvés tous les trois sur scène. Sans mentir, j’étais sous le charme de leur chant ; j’en avais même la chair de poule. Je l’ai déjà dit moulon de fois et je le répèterai encore : Gacha Empega n’a rien à envier aux chanteurs populaires corses (reconnus et réputés) ; ils sont aussi bons et même meilleurs ! (Non, je ne suis pas leur manager !).
 Marseille sur raï : à l’annonce de ce tableau, pas mal de gens dans la salle ont poussé des soupirs de désapprobation ; et cela avant même que ça commence (cònòs !). Le raï était représenté par Cheb Aïssa. Il était bien en forme, et la musique variée était bien entraînante. Le seul reproche à faire à Cheb Aïssa, est de n’avoir fait monter sur scène Daoudi Zohara que pour la dernière chanson. Elle a dû faire tourner moulon de têtes avec sa danse du ventre...
 Marseille flamenca : à part quelques morceaux de flamenco connus, je ne connaissais pas réellement cette musique. Eh bien, je peux vous dire que j’étais agréablement surpris. Les musiciens autour Juan Carmona ont assuré un maximum. Le danseur Joselito Fernandez s’est vraiment donné à fond, et a tout autant assuré que le groupe.
 Entracte : à part dire que le pastaga à quinze francs est un scandale, rien de vraiment important à raconter. (Aïloli Christophe ! Je ne t’ai pas oublié...)
 Marseille l’OM : film en noir et blanc, montrant un match de foot avec Fernandel dans les buts, commenté par... Jo Corbeau ! “Allez ! Ce soir, on est à Marseille ! Allez l’OM !” Très fort, Jo Corbeau a réussi à faire chanter les parisiens pour l’OM (une première). Jo Corbeau a vraiment la pêche, il a mis le òai dans la salle (“Yeba, aïoli ! “). Finalement, il nous en a poussé une petite en arménien sur le soleil. Remarquable ! Master of ceremony of Marseille sur scène : “Eh ! Vous vous croyez à l’hôtel ou quoi ?” furent les premiers mots de Lux B. Eh oui, tout le monde était assis. Finalement il a réussi à faire bouléger un quart de la salle devant la scène. c’était le sommet ! Je trouve que les Massilia se donnent toujours à fond. Nous avons même  eu droit à un invité surprise : un certain François Je-ne-sais-plus (Ndlr : Jean-Pierre-Yvon Gras) nous a interprété “La sègue” ! Bonne manœuvre de Gari Grèu et de Lux B qui ont réussi à mettre le òai dans cette salle un peu coincée. Mister òai a encore gagné la partie en faisant se coucher par terre les membres de son équipe.
 Tout le monde a méchamment assuré !!! C’était peut-être un peu trop court ?!
 Pour conclure cette prestation, je voudrais dire que cela fut une très bonne idée de réunir tout ce beau monde sur une même scène : cela élargit les horizons. C’était vraiment méchant et violent.

André, l’exilé à Paris, chourmo 596
 

*Paru dans Vé qui y'a - Massilia Chourmo