La Linha Imaginòt, c'est
les autoroutes de l'imagination. Reliant
les villes, les quartiers, les villages, les personnes qui, dans quelque
point du territoire qu'ils se trouvent, dans quelques conditions
économiques,
sociales, culturelles qu'ils soient placés, se sont sentis le droit
et
le devoir de participer activement, avec les plus grandes ambitions, au
mouvement du monde.
| La Linha Imaginòt trouve essentiellement l'inspiration de son discours et de ses actions dans la théorie de la décentralisation culturelle développée par le philosophe occitan Félix Marcel Castan : théorisation novatrice en faveur d'une citoyenneté participative, solidaire et à la fois d'une inter-culturalité. La Linha Imaginòt, "c'est une ligne imaginaire qui tente de relier symboliquement les gens qui, chez eux s'organisent. Je pense qu'on ne peut pas élever des barrières entre les gens pour les arrêter. Ce qu'il faut, c'est esssayer de comprendre les autres, essayer de faire que eux ils te comprennent et la Linha Imaginòt, c'est une ligne sur laquelle on se met d'accord avec tous les gens qui, chez eux, partout dans les villes, les quartiers, les villages bougent et s'organisent un peu comme nous et pensent que si les gens se fédéraient, le gouvernement aurait très peur et nous écouterait autrement. La Linha Imaginòt est faite pour ça. Tous ces gens qui font des choses très fortes et innovantes, c'est la Linha Imaginot que l'on nomme aussi LA GRANDE REVOLUTION DES QUARTIERS DU MONDE . C'est aussi une revue LA LINHA, qui permet aux idées de circuler, de s'échanger sur cette ligne et de faire que des gens se mettent d'accord et je crois que si on se met vraiment d'accord on va vraiment contrarier le gouvernement et les intellectuels." (Claude Sicre) |
Nous faisons partie de ceux qui se sont, depuis longtemps, donné
les moyens de ne pas avoir le choix. Socrate n'a pas quitté Athènes.
Ceux
qui ont encore le choix, où qu'ils soient, entre rester à leur
poste ou
laisser se débrouiller sur place ceux qui n'ont jamais eu le choix,
ceux-là
ont déjà perdu.
Nous faisons partie de ceux qui boiront la cigüe...
Nous ne faisons pas partie de ceux qui se vantent toujours d'"aller
sur le terrain". S'ils ont besoin d'y venir, c'est qu'ils n'y sont
pas. Nous y sommes. Jour et nuit. Toute l'année. Sur tous les fronts.
Conscients
que tout se joue tout le temps, dans les "moindres" propos, les
"moindres" actes. Il n'y a rien de moindre....
... Si une partie de la population française se laisse bercer
d'idéologie
par des démagogues, à qui la faute sinon à ceux qui,
intellectuels, artistes,
hommes politiques, citoyens, se sont donné comme objectif d'éduquer,
de
désiller les yeux, de montrer les voies. Et plus on prétend,
sur les antennes
ou dans les journaux, avoir la capacité à tenir ce rôle,
plus on doit se
sentir responsable.
.... nous ne faisons pas partie de ceux qui, à l'occasion
d'événements
spectaculaires se proposent alors "d'entrer en résistance". Nous
résistons tout le temps. En passant. En essayant tous les jours, à
la base
de la société, d'entraîner le plus grand nombre vers
les plus grandes ambitions.
Lorsque les élites ne peuvent plus faire que la résistance
contre, elles
ont déjà perdu. C'est pourquoi les élites, aujourd'hui,
ne sont plus à
rechercher au sommet de la société, mais dans les quartiers,
les associations,
les clubs sportifs, les chanteurs folkloriques...., la pluralité des
acteurs
et des lieux qui réinventent les grands principes dans une pratique
de
tous les jours. Plutôt que de les assenner du haut de leurs chaires.
(Claude Sicre)
il
nous parle du créateur qui, d'une absolue humilité devant le
travail à
accomplir, n'a pas à être humble après. Pourquoi par
exemple Lubat serait-il
modeste, lui qui depuis des années s'est fourré volontairement
dans tout
les guêpiers, est reparti partout de zéro pour se coltiner les
mille problèmes
de base sans cesser de les articuler avec une ambition culturelle et politique
sans concessions ? Où étaient pendant ce temps ceux qui donnent
des leçons
de modestie ? Dans leur sinécures salariées, à faire
semblant de prendre
des responsabilités, dans leur confort de penseurs contestataires
qui ont
chaussé les pantoufles de héros disparus, dans les salons à
rabacher des
banalités branchées ?... Quels risques ont-ils jamais pris
? Et Massilia
! Des années de galère où ils se nourrissaient uniquement
de méchants spaghettis
tièdes, et de la certitude - aujourd'hui partagée - qu'ils
avaient quelque
chose d'essentiel à porter à la musique pop française.
Quand pendant des
années, vous vous êtes attaqué aux monumentales oeuvres
intellectuelles
de l'humanité, avec la rage de comprendre et une patience infinie
à lire
et relire, réfléchir, comparer, revenir en arrière,
etc, vous savez ce
que c'est la vraie modestie. Quand vous êtes allé vous faire
sauter dans
tous les chemins piégés, quand vous n'avez pas hésité
à vous aliéner la
sympathie - qu'est ce que la sympathie sans épreuves ? - des uns ou
des
autres en n'hésitant pas à dire ce que vous pensez, quand vous
ne cessez
de choisir l'incorfort et l'authenticité contre le cocon des platitudes
et des demi-vérités. Sont d'autant plus modestes dans leurs
déclarations
d'intentions ceux qui savent bien qu'il ne le sont pas dans l'action. C'est
marrant, ces derniers temps, je n'entends que des protestations de modestie
chez les responsables dans les ministères, les universités
et ailleurs.
Je trouve qu'ils ont bien raison d'être modestes, vu ce qu'ils font.
Mais
ils voudraient que nous le soyons nous aussi, comme si nous aussi passions
notre temps dans des bureaux à gérer plein de responsabilités
sans rien
en faire. Eh bien non ! Leur manoeuvre est éventée. Face à
eux nous ne
pouvons être que d'un orgueil légitime.
Propos recueillis sans se baisser...
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