
Design et mise en page provisoires...
Critique: Antoine Granger
Le Jazz ce n’est pas trop mon truc, mais bon quand il est structuré et sans be-bop, c’est à mon avis tout à fait écoutable, et là c’est le cas. Pour " Big Band Potpourri " on est en présence
de Jazz de qualité et assez bien interprété par l’équipe de MAS, l’instrumentation est d’ailleurs assez complète : 5 trompettes, 5 Trombones, 3-4
saxos, 1-2 flûtes, 1-2 Clarinettes, 1 piano, 1 basse, 1 guitare sèche et 1 batterie. Pour les connaisseurs il faut savoir que vous retrouverez dans ce pot-pourri des
morceaux célèbres de Duke Ellington, Count Basie, Glenn Miller et d’autres grands noms. Pour un nom connaisseur ca peu paraître répétitif mais certains morceaux
assez typés comme Malaguena et d’autres plus calmes comme Li’l Darlin ( aussi présent
dans Digital Surround Collection ) apportent un peu de variété à un style
musical aux stéréotypes parfois redondants. Bon, passons à la technique : Pour un enregistrement multicanal il y
a généralement deux utilisations différentes des canaux ambiphoniques, soit la réverbération ( naturelle ou simulée ) qui agrandie la pièce et offre un plus grand réalisme musical (
l’instrument gagne en présence ), soit l’utilisation directe ( comme par exemple pour Alan Parsons ), où les surrounds sont utilisés autant que les frontales, il en résulte un mixage très
artificiel mais terriblement enveloppant. Et bien pour " Big Band Potpourri " il y a un peu des deux mais tout est complètement naturel : aucun mixage postérieur à l’enregistrement. Je
m’explique, les musiciens sont positionnés en forme de U inversé et les 5 micros ne sont pas placés sur les instruments mais enregistrent directement depuis un point choisi à l’intérieur
du U. Ce point est fixe tout au long du CD et c’est cela qui fait tout l’intérêt de l’enregistrement, car chaque instrument est localisé avec précision d’une piste à l’autre, et autre avantage
de l’enregistrement directe, les instruments sont également localisés sur les parties latérales de l’installation, ainsi on n’a pas un instrument par enceinte mais des instruments possédant
leurs propres coordonnées acoustiques ( toute proportion gardés, 5 enceintes ne sont pas suffisantes pour localiser les sons comme dans une écoute directe ). Donc voici le plan
acoustique de l’orchestre : sur la patte gauche du U ( de la surround gauche à la frontale gauche ) on retrouve les trombones, sur la patte droite ( de la surround droite à la frontale droite )
se trouvent les trompettes, et devant… bah y’a du monde ! Entre la centrale et la frontale droite on retrouve la batterie, entre la centrale et la frontale gauche se situe le piano, sur la
centrale tout ce qui est instrument à corde, il faut ajouter à cela des saxos et des flûtes sur les 3 canaux frontaux ainsi qu’une trompette de jazz sur la frontale droite sans oublier la
réverbération naturelle des percussions sur les autres canaux. Ah j’ai failli oublier le caisson, il faut dire qu’il est plus que discret car il n’appuie que la basse et aucunement la batterie qui
est à mon goût suffisamment bien représentée ( en terme de bande de fréquences ) sur les enceintes directionnelles. Mais moi ce qui m’a vraiment enthousiasmé c’est que la position
d’écoute reste la même d’un morceaux à l’autre et on prend beaucoup de plaisir à reconnaître la position de chaque instrument ce qui accentue le dialogue entre les instruments qu’est le
Jazz. Sinon pour conclure, le son est globalement très clair avec des aigus comme il faut et des basse très rares ( mais c’est normal c’est du jazz, alors avec des instruments à vents c’est
logiquement pas un déluge de basses, et même la batterie qui est très réaliste n’empiète pas sur le reste ). Donc pour résumer le maître mot est réalisme et non effets rentre dedans, si vous
voulez que l’on entende vos enceintes : passez votre chemin et prenez un surround sampler avec des dinosaures et des explosions, par contre si vous voulez qu’en fermant les yeux, vos
enceintes disparaissent et que se rassemblent autour de vous un orchestre de jazzmen, essayez ce cd vous ne pourrez pas le regretter.