Une
méthode ROUTE
Une
méthode "route" pourquoi faire me direz-vous? car souvent vous êtes passés
par d'autres branches (Nutons, Lutins, Aventures, Horizons) avant d'aboutir à la Route.
Souvent alors, on fait un savant mélange et on vit la Route comme on a vécu les autres
branches. Une méthode, pour quoi faire puisqu'on a l'âge de se débrouiller tout seuls
comme des grands et surtout sans l'aide
"On
sait ce qu'on veut et il faut nous faire confiance !"
Et
pourtant, une méthode, un savoir-faire de la Route est nécessaire. On ne fait pas
n'importe quoi sous l'étiquette "guide"
Alors,
allons-y ! Voici ce que nous avons l'audace de proposer pour notre Route
"guide".. Pour en savoir plus, sachez qu'un fascicule intitulé "La
Route" est en vente à l'économat. Que dire alors si vous avez de la chance d'avoir
un C.R.R. dans votre région ? Bonne lecture et surtout, bonne réflexion...
1.
AVANT DE SE METTRE EN ROUTE : PETITE PHILOSOPHIE DU MEMBRE DE LA ROUTE
Être
routier ou guide aîné(e), c'est avoir de l'audace, de l'ambition pour soi-même et pour
les autres; c'est parfois prêcher dans le désert dans une société où priment
l'argent, l'égoïsme et un certain écrasement des plus faibles et démunis.
Etre
routier, c'est dépasser ce clivage simpliste et servir jusqu'au plus petit; c'est
apporter sa goutte d'eau là où elle est nécessaire. C'est aussi, à certains moments,
savoir fermer les yeux pour ensuite les ouvrir tout grands peu après, car le routier
refuse d'être le pigeon taillable et corvéable à merci.
La
Route, c'est une question d'esprit, de confiance, de responsabilité, de motivation... La
Route, c'est l'ouverture à la vie d'adultes utiles à la société.
Être
routier, c'est un plus que tout le monde devrait pouvoir reconnaître.
Est
routier qui veut, mais c'est un choix exigeant...et combien passionnant !
Si
la Route n'est pas emballante, elle ne sert à rien; elle ne fera que survivre. Moi je
préfère vivre ! Bonne route !
1.1
Le permis de conduire à quel âge ?
Il
est permis de "prendre la route" dès 17 ans. Certes, l'âge ne revêt pas
toujours une importance capitale, mais l'horizon et la guide "aventure" ne
conduisent pas avec nous. Il n'est pas bon de confondre les deux et la concurrence n'est
pas saine au sein d'un même Mouvement.
Il
n'y a pas non plus d'âge de pension, puisque l'essentiel est question d'esprit...Mais
soyons réalistes et honnêtes avec nous-même et les autres...
1.2.
Une voiture Pour la route.
On
ne fait pas la route à quelques uns, en roue libre. Il est nécessaire d'être rattaché
à une Unité et de placer aussi son siège dans la voiture pour rouler ensemble. Alors
l'équipe Route est membre à part entière de l'Unité avec les mêmes droits et les
mêmes devoirs que les autres groupes.
1.3.
Un(e) guide
Pour la route.
Seul
sur la route, surtout en pays inconnu, on peut se perdre. Parfois, on se débrouille
pendant un temps et puis l'inévitable dérapage arrive et on y laisse des plumes. Il est
vrai cependant que mener un projet tous ensemble est bien évidemment possible, mais il
faut un coordinateur qui fera avancer et progresser l'équipe. Qu'il soit choisi par le
conseil d'Unité, la cheftaine, le chef ou autrement, peu importe; mais il doit avoir, me
semble-t-il, l'aval des membres de son équipe pour bien fonctionner.
1.4.
Un Guide pour la route.
On
n'est jamais seuls à la Route, dans les joies comme dans les peines. Il peut être là ou
plutôt, ils sont souvent là, au détour d'un chemin, là où nous les attendons le
moins.
Saint
Paul, par son histoire personnelle, a beaucoup à nous apporter. Prenons donc la peine de
la lire et d'y réfléchir. Ayons-y recours pour enrichir notre personnalité et celle des
autres. Il nous fait réfléchir sur notre passé, notre présent et notre avenir.
Que
dire alors de Jésus? qui est encore plus et mieux !
2.
FAIRE ROUTE ENSEMBLE
2.1.
En équipe sur la route.
La
route est le symbole de l'"anti-solitude", car on n'y roule jamais seul.
La
Route se vivra en équipe, car elle n'a pas de sens autrement. Ce sera une équipe où
tous doivent être les moteurs et acceptent de faire équipe avec d'autres, avec tous les
avantages et les inconvénients qui en résulteront.
La
Route pourra se vivre en coéducation, filles et garçons seront donc les bienvenus. Elle
pourra se vivre en staff, en Unité ou en équipe de membres d'origines diverses.
Les
staffs Nutons, Lutins, Aventures ou Horizons peuvent transformer leur staff en Équipe
Route. Si un tel projet les accroche en dehors de leur animation de section (groupe), cela
ne pose aucun problème...Mais en aucun cas, Il ne me paraît intéressant de laisser
tomber le groupe d'enfants, dont vous avez la responsabilité, sauf à plus ou moins
longue échéance et après avoir trouvé la relève.
Le
Conseil d'Unité peut aussi lancer une équipe Route avec tous les membres des staffs ou
simplement ceux qui le souhaitent. Ce serait donc une équipe inter-staff à laquelle on
peut ajouter d'autres types de membres. La cheftaine d'Unité n'en sera pas
nécessairement l'animatrice. Une équipe ouverte à des jeunes venant d'autres horizons,
donc hors du Guidisme, peut ainsi "prendre la route" et se rassembler autour
d'un projet qui entre dans le cadre du Guidisme.
2.2
A deux sur la route.
Il
arrivera un jour, que l'équipe soit ouverte ou non à la coéducation, que l'un(e) ou
l'autre se prenne d'amitié sincère et durable pour un(e) autre, c'est ce qu'on appelle
l'amour.
Tomber
amoureux ne devrait pas poser de problème dans une équipe dynamique car c'est son
dynamisme qui l'entraîne. La vie de l'équipe ne devrait donc pas en souffrir, car aussi
difficile que cela puisse s'accepter, c'est l'équipe et ses projets qui priment.
Si
c'est le projet "couple" qui dépasse celui de l'équipe (et c'est un jour bien
normal!), il faut se résoudre à la quitter pour construire autre chose. Le couple aura
besoin de solitude, d'intimité. Plus tard, pourquoi ne pas revenir dans l'Unité...
2.3.
Le Code de la Route.
En
groupe, en équipe Route, comme partout finalement dans la société, on se donne un code
de vie pour mieux vivre ensemble et faciliter la bonne marche des choses. La Loi guide, le
projet pédagogique des G.C.B. ont aussi une importance capitale. De plus, l'équipe
s'élaborera une Charte que tous agréeront car elle sera rédigée par tous. On la
modifiera de temps à autre, mais pas trop souvent, en fonction des projets, des membres
de l'équipe...jamais cependant au gré des vents dominants ou contraires.
3.
LES USAGERS DE LA ROUTE
Nous
n'avons pas le monopole du Guidisme et, encore moins, de l'animation de jeunes. Il faut
humblement l'accepter. Il n'y a donc pas que nous sur la route. On ne peut y faire
n'importe quoi; les autres ont le droit au respect et à la tolérance. La route est
tellement fréquentée de nos jours que tu y rencontreras certainement d'autres usagers
que tu connais...et qui seront souvent heureux de t'y voir.
3.1.
Les excités de la route.
Certains
sont parfois tellement motivés qu'ils foncent tête baissée, courent partout, s'activent
et font partout les nécessaires.
Être
motivé a du bon, mais gare au découragement qui les guette si une succession de
"tuiles" survient. Allons, du calme ! Qui va piano va sano. A chacun son rythme;
c'est l'essentiel !
3.2.
Les déçus de la route. Ceux qui n'ont rien à Perdre.
Après
quelque temps, un ou plusieurs membres de l'équipe en aura ras-le-bol. Les raisons en
seront très diverses. On aura parfois l'impression que rien ne va... Mais est-on sûr
d'avoir tout fait pour améliorer les choses, pour se sortir de l'ornière présente ?
Se
remettre en question sera donc nécessaire si l'équipe veut construire.
Être
déçu ne signifie pas nécessairement changement de véhicule; il suffit parfois de
réparer. Une réparation bon marché ne servira pas longtemps; elle permettra juste
d'aller un peu plus loin. Le mieux est qu'elle soit sérieuse et bien faite. Si c'est
impossible a réparer, un changement de véhicule s'impose.
3.3.
Les conducteurs du dimanche.
Ils
ne sortent leur voiture que vingt fois par an; ils se lèvent tard, ne roulent pas à la
même vitesse; ils sont souvent trop lents pour nous.
Mais
qui sommes-nous pour juger de leur inutilité dans l'équipe ? S'ils ne sont pas des poids
morts, ils sont utiles et il faut tout faire pour qu'ils se sentent aussi chez eux dans
l'équipe. C'est peut être aussi à l'équipe de réfléchir.
3.4.
Conclusion...et les autres ?
La
Route est ouverte à tous ceux que notre Guidisme attire, à la condition d'en être
réellement partie prenante. Il y a donc de la place pour les excités, pour les
conducteurs du dimanche et même pour les autres. Il faut "jouer avec" tous ceux
qui sont motivés par notre Guidisme, si chacun respecte ses droits et devoirs dans le
cadre de la Charte de l'équipe, de la Loi guide et du projet pédagogique des G.C.B.
4.
SUR LA ROUTE
4.1.
Rouler sur la Route.
Pour
rouler sur la route, on se choisit un itinéraire. Et c'est en équipe qu'on le choisit.
Ce ne peut être l'affaire d'une ou deux personnes. L'équipe ne doit pas choisir de
suivre la route du guide Duchemin et aller manger chez Tricatel. Ce n'est pas parce que
d'autres ont fait cela avec plus ou moins de bonheur que votre équipe doit suivre en
mouton.
4.2.
Le relief de la route, la qualité de la route.
Nous
pouvons circuler sur autoroute avec ou sans vignette, on peut emprunter des avenues, des
rues...des chemins et des sentiers. Là où le projet nous mène, nous avons choisi nos
limites. On aura l'impression que les projets avancent rapidement ou lentement en fonction
des périodes de l'année, de la disponibilité et de la bonne volonté de chacun.
4.3.
Au carrefour de deux routes.
C'est
souvent rassurant de rencontrer d'autres routes, surtout de nuit. Elles servent de
repères et on y trouve souvent des indications utiles pour la suite des événements. De
nombreuses villes se sont fondées à des carrefours ; les exemples de l'histoire sont
légion de ce point de vue.
4.4.
Jouer ou crever sur la route
Nous
constaterons que les projets avancent parfois tout seuls sans que personne n'y prête
attention. A d'autres moments, il faudra les porter à bouts de bras pour qu'ils
progressent.
4.5.
Les infractions à la route.
Trop
de vitesse ou trop de lenteur font qu'on se pose des questions sur notre utilité ou celle
du projet. Nous avons tous besoin d'un rythme de croisière. Mais, il faut progresser
ensemble, au gré des rythmes de chacun, c'est cela qui n'est pas facile.
5.
EN PANNE SUR LA ROUTE
On
croit toujours que cela n'arrive qu'aux autres et puis, un jour, on craque ou la façade
se lézarde dangereusement car l'intérieur était pourri.
5.1.
Un Pneu crevé sur la route.
L'espoir
et la motivation peuvent se dégonfler un jour sans qu'on y prenne garde, à cause d'un ou
de plusieurs membres de l'équipe. Il faut alors changer la roue du véhicule. Soit nous
la faisons regonfler, soit on s'en procure une autre qui s'avérera tout aussi efficace,
à nos yeux que celle qui précédait.
5.2.
Un accident sur la route.
si
l'un d'entre nous crève, on le regonfle ou, si c'est réellement nécessaire, on le
remplace. Si l'accident arrive, si toute l'équipe est ébranlée par un accident
important, si la plupart remettent l'équipe ou ses projets en cause, tout est à
réparer; tout est à refaire. L'équipe explose donc; on réparera si ce n'est pas un
sinistre total. On changera de voiture si c'est réparable à frais trop élevés. Si
l'essentiel est touché, il est vain de continuer avec ce véhicule. On perd son temps et
c'est vraiment trop risqué.
5.3.
En Panne d'essence sur la route.
La
panne n'est jamais grave, je dirais qu'elle est naturelle, c'est celle des distraits.
Toute l'équipe peut s'arrêter sur le bord de la route sans l'avoir voulu. On ne peut
penser à tout. C'est la panne d'essence; il faut alors faire le plein. Il faut reprendre
l'énergie qui manquait pour repartir dans des conditions optimales et réussir ses
projets. L'essence, c'est aussi apporter quelque chose de neuf, d'inusité à l'équipe.
C'est indispensable pour son bon fonctionnement. Ronronner sur ce qu'on a réalisé
relève tout simplement de la naïveté ou de l'imbécillité.
5.4.
La dépanneuse.
Certaines
personnes attendent tout simplement la dépanneuse ou des services organisés pour cela.
Prendre conseil auprès d'autres pour que qu'une panne n'arrive plus est prudent.
6.
AUTOUR DE LA ROUTE
6.1.
S'arrêter sur la route.
Régulièrement,
il faudra faire le point de ce que l'équipe a vécu et évaluer la progression de
l'équipe et de chacun de ses membres. Cela me semble indispensable à la bonne marche de
celle-ci. Personne n'est parfait. Il serait bon d'évaluer par rapport aux objectifs de
départ, ce que l'on a fait, comment on l'a fait et comment envisager l'avenir. Se fixer
des échéances est un bon moyen de progresser, ... si elles sont raisonnables.
6.2.
Sur le bord de la route.
Si
l'on veut s'arrêter, on ne le fait pas n'importe où et n'importe comment. On se choisit
une aire de pique-nique agréable où l'on aura la paix. Parfois, il faudra vivre avec les
détritus des autres, les ouï-dire et les "qu'en dira-t-on" révélateurs mais
souvent peu utiles.
6.3.
Bien loin dans le Paysage de la route.
Ce
qui compte, c'est l'objectif que l'équipe s'est fixé. Veillez à ce qu'il soit
suffisamment entraînant et réaliste. Dans le cas contraire, vous perdrez vite le
contrôle du véhicule et tout sera à refaire.
7.
FÊTER ET DANSER SUR LA ROUTE
Normalement,
c'est interdit par le Code. Mais, nous sommes jeunes et sortir des sentiers battus semble
souvent bien nécessaire, tant que cela reste dans les limites de la raison. Balisons
alors bien les environs pour qu'on vous voit à temps et que l'on ne vous confonde pas
avec un tronçon de travaux en cours ou un orage passager.
8.
SE QUITTER SUR LA ROUTE ... QUITTER LA ROUTE
Tout
a une fin, y compris les bonnes choses. C'est être réaliste que de prévoir la fin de ce
que nous entreprenons. Certains ne le supportent pas et c'est le drame qui se prépare
dans les chaumières. Ils ne souhaitent jamais partir de ce qu'ils aiment ou ont aimé. La
devise de la Route est "Servir" et, bien comprise, elle signifie servir partout
et bien après son départ. Il faut savoir partir de l'équipe et faire choix pour sa vie
du service des autres; c'est tellement beau !
"Scout
un jour, scout toujours" écrivait
l'abbé Paul LAMBOT. L'adage n'a pas vieilli d'un pouce. Il s'agit simplement de bien le
comprendre.
9.
ENFIN, CELA SE TERMINE ...
Si
certaines choses écrites ci-avant t'étonnent ou te choquent, tant mieux. Ce texte est
là pour cela, mais principalement pour te faire réfléchir.
Les
allusions à la route et à la voiture peuvent te paraître facile et rébarbative. Mais
cette année, il fallait "oser +". Cela fait penser à notre société de
consommation où plus rien se répare et ou tout s'achète neuf.
Il
est vrai que le jour où tous auront leur voiture, nous ne pourrons plus rouler. Raison de
plus pour faire équipe et le plus tôt sera le mieux !
Et
vive les transports en commun !