LES JEUX COOPÉRATIFS

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LES JEUX COOPÉRATIFS

"Venez, commençons par jouer"

Nous sommes des pingouins et nageons dans l'eau (dans un espace limité) . Il y a quelques icebergs (représentés par quelques feuilles de journaux). On passe un morceau de musique et chacun évolue dans l'espace. On arrête la musique, les pingouins rejoignent les icebergs. Le tour suivant, on replie les feuilles de journaux en 2, puis encore une fois en 2 et ainsi de suite. Quelques tours après, il reste un iceberg où tous les pingouins doivent grimper.

Vous n'imaginez pas les fous rires que cela a déclenché. Il a fallu se retenir les uns aux autres, grimper les uns sur les autres...

Ce jeu ressemble à un petit jeu que nous connaissons tous: chaise musicale. La grande différence, c'est que personne n'est perdant, personne n'est exclu du jeu, tous doivent trouver place.

Il faut qu'un jeu soit amusant. Et bien, le jeu des pingouins, comme tous les jeux coopératifs, sont amusants pour tous . Chacun se sent bien et utile dans le groupe. Le fait de se toucher, de devoir se tenir et se porter favorise la cohésion du groupe.

Second jeu: nous jouons à "chat-souris", avec une petite modification: les souris sont amoureuses. Lorsqu'elles se tiennent par 2, le chat, attendri, ne les attrape pas. Mais les souris ne peuvent pas rester par 2 et doivent ensuite se lâcher.

Nous faisons une première partie: chacun, essayant de "sauver sa peau", s'encourt à l'approche du chat et essaye d'agripper un partenaire qui se sauve aussi.

La 2ème partie est très différente: nous finissons par comprendre que le meilleur moyen d'échapper au chat est d'aller sauver le partenaire en danger en accourant vers lui.

La démarche de coopération n'est pas évidente . Nos réflexes individualistes sont trop ancrés en nous . Il faut que nous fassions un effort: au lieu de me sauver seul, je dois sauver mon partenaire et, par la même occasion, je suis également sauvé. La seconde partie du jeu s'est avérée moins facile pour le chat et donc plus passionnante pour tous.

Nous avons ensuite poursuivi par des jeux de présentation, de gestes corporels, d'imitation,...

Ces petits exercices avaient pour but de mettre en évidence la personnalité de chacun, d'intégrer chacun dans le groupe, de développer l'imagination et la créativité.

Nous avons alors utilisé des jeux de société de coopération. Chacun de ces jeux peut être adapté en grand jeu d'extérieur.. Le principe est toujours le même: il n'y a plus de gagnants et de perdants. On se bat tous ensemble contre quelque chose, un ennemi commun (le feu, la tempête, un chat vorace,...).

À la fin, nous avons joué avec un merveilleux parachute multicolore, chacun tenant un morceau du parachute.

Et bien, nous sommes conquis: tous ces jeux nous ont apporté à tous beaucoup de plaisir. J'ai souvenir de certaines veillées où les soi-disant Jeux sont des "blagues" vis-à-vis de l'un ou l'autre qui ne connaît pas le "truc". C'est évidemment très amusant ... pour ceux qui regardent, pas tellement pour la "poire" qui est au centre. Dans cette situation, je me suis déjà trouvé très mal à l'aise en souhaitant ne pas participer au jeu.

Le jeu coopératif est tout différent: chacun a sa place et est reconnu. Jamais il n'est question de s'amuser aux dépens de l'un ou l'autre.

Nous envisageons alors les objections à la coopération:

·        oui, mais s'il n'y a plus de compétition, la stimulation est-elle assez forte ?

·        nous vivons dans une société où l'enfant doit apprendre à se défendre, à être fort pour trouver sa place.

Cependant, la compétition est fragile puisqu'elle n'existe que contre quelqu'un, que parce que je suis plus fort que l'autre. Nous n'allons pas évidemment remplacer tous nos jeux de compétition. Mais, petit à petit, construisons la paix et l'unité et apprenons à nos nutons, nos lutins et nos guides la base des jeux de coopération par ce fil conduc­teur:

·        Je me sens bien, accueilli, en sécurité dans un groupe,

·        J'ai des besoins, je les reconnais, je les exprime dans le groupe

·        J'ai des qualités, je les reconnais. Les autres ont des qualités, je les reconnais je pose un regard positif sur moi-même et sur les autres. Au lieu de voir systématiquement ce qui ne va pas, voyons et disons le bon et le bien),

·        Je prends ma place et je reconnais celle de l'autre,

·        J'écoute,

·        J'ai confiance en l'autre,

·        Je construis avec l'autre.

Voilà quelques réflexions après cet atelier très riche. Il y a encore tant de choses à dire, mais il y a surtout beaucoup à faire.

L'Université de Paix de Namur organise également des sessions de formation. Avis aux amateurs, vous êtes les bienvenus.

Pour vous aider:

·        un livre: Jeux coopératifs pour bâtir la Paix (M. Masheden), en vente à l'Université de Paix, Boulevard du Nord, 4 5000 Namur 081/22 61 02

·        des jeux de société de coopération en vente dans les magasins de jeux spécialisés. Voici une adresse que je connais à Bruxelles: Casse-Noisette Avenue Defré, 204 1180 Bruxelles 02/374 86 63

EXEMPLES DE JEUX COOPÉRATIFS

OBJECTIFS:

-         apprendre aux jeunes à mieux comprendre ce qui concerne les minorités et leurs situations (particularités linguistiques, culturelles, religieuses,...); - apprendre comment gérer et prévenir des situations de tensions ou conflits;

-         stimuler des stratégies de jeux coopératifs pour gagner ensemble.

ÂGE DES PARTICIPANTS: 12ans ou plus

NOMBRE DE PARTICIPANTS: équipes de 7 à 9 personnes

MATÉRIEL:

une longue ficelle, une petite carte par participant, trois triangles en papier/carton par équipe.

DÉROULEMENT:

vous devez expliquer le jeu étape par étape (on explique une étape, on la joue, on explique l'étape suivante, etc.)

Étape 1: Chaque participant coupe un morceau de la ficelle de la longueur de son choix.

Étape 2: Chacun attache un bout de sa ficelle à une partie de son corps.

Étape 3: l'autre bout de la ficelle de chacun est attaché aux autres de l'équipe en un gros noeud central

Étape 4: distribution des cartes. Donnez une carte à chaque personne et dites-leur de ne pas la montrer aux autres ni de dire aux autres ce qu'il y a dessus.

cartes pour la "majorité" (3 à 6 personnes choisies au hasard pour un groupe de 7)

Vous devez trouver au moins ces deux pièces et construire cette maison:

NE PARLEZ PAS TROP, AGISSEZ !

cartes pour la "minorité" (1 à 4 personnes pour un groupe de 7)

Vous devez trouver ces trois pièces et construire votre maison:

Votre langue consiste à dire toujours le contraire de ce que vous voulez dire (phrases négatives)

NE PARLEZ PAS TROP AGISSEZ

Les participants ne doivent pas savoir qu'il y a une "majorité" une "minorité" et ne doivent pas savoir ce que les autres doivent faire.

Étape 5: Instruction aux participants: "faites ce que vous devez faire d'après votre carte."

Les participants construisent leur maison.

Les 3 triangles de chaque équipe sont cachés pas trop loin. Ils doivent les trouver et les mettre ensemble pour former leur figure.

Étape 6: Évaluation du jeu.

Exemples de questions d'évaluation:

-          Remarquez les différences de longueur des cordes. Qu'est-ce que cela signifie pour vous? Comment ressentez-vous cette distance ?

-          Avez-vous réalisé qu'en étant liés ensemble vous formez une petite communauté ? Les deux groupes de votre communauté travaillaient à "construire une maison pour tout le monde ".

-          Quelle importance cela avait-il pour vous d'atteindre votre objectif ? Avez-vous écouté les souhaits des autres ? Avez-vous perçu un comportement particulier au sein de votre groupe ? Avez-vous découvert d'autres personnes avec un même but que vous ? Comment avez-vous ressenti cela ?

-          Comment qualifiez-vous votre communication?

-          Pensez à des situations de la vie réelle qui ressemble à celle que vous venez de vivre.

-          Tâchez d'utiliser ces expériences en situation de conflit dans la vie réelle.

P.S. Rappelez-vous des deux ânes !

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