Témoignage
de Cathy
[Une
prostituée] m’a dit : « qu’est-ce que tu vas te casser
la tête à gagner 3000 et quelques, quand tu peux prendre 1000
francs par soir ? ». Evidemment j’étais jeune, j’avais quand
même un peu d’ambition, j’aimais bien les fringues, les belles choses,
alors voilà c’est comme ça… Un peu influencée par
la fille, mais non, c’est quand même mon choix aussi. (…) je
suis partie à l’étranger comme clandestine, sur Paris. De
moi-même, sans l’influence d’un homme, de qui que ce soit. Je suis
arrivée à Paris, je me suis prostituée à Barbès
et là je travaillais dans les maisons genre « maison close
» (…) C’est moi qui ai fait le choix comme ça, ce n’est pas
quelqu’un qui m’a poussé à me prostituer pour ces patrons,
c’est moi qui ai fait le choix d’entrer dans ces maisons là. (…)
dans ma famille, ils n’ont pas été très gentils parce
que moi, si ma fille avait eu ce flash de partir dans la prostitution,
je pense que (…) j’aurais été une maman à courir vers
ma fille, à prendre un dialogue avec elle et tout ça, ce
qui n’a jamais été fait ni de la part de mon père
ni de la part de ma mère.
Je
n’ai jamais eu quelqu’un qui a essayé de me dissuader, de repartir
dans le bon chemin, au contraire toute ma famille l’a su, on m’a plutôt
écrasée qu’aidée à m’en sortir. (…) J’ai arrêté
du jour au lendemain. (…) J’ai [coupé tout mes contacts]
parce que j’avais beaucoup de problèmes psychologiques. Ca a été
très difficile, je suis encore loin de m’en sortir, parce que d’avoir
coupé net comme ça… (…). Mais je ne retournerai plus
jamais dans la prostitution, ça c’est exclu ! (…) Mon métier
m’a abimé le dos, m’a touché mon moral aussi. (…) En tout
cas si demain je pouvais sortir une fille, lui donner un conseil pour ne
pas plonger dans cette prostitution, je serai la première à
l’aider dans un autre chemin, parce que la prostitution n’est pas une solution. |
Je
crois que pour un homme, aller voir les prostituées est différent
que d’aller au lit avec une femme. Les hommes ne vont vraiment pas chez
les putes pour coucher. Ils y vont pour enfoncer les prostituées
par un moyen « légitime », pour qu’eux soient supérieurs.
Le fait qu’il puisse acheter son corps, son intégrité, montre
déjà qu’elle occupe une position inférieure. (...)
L’humiliation est très subtile, mais il y a dans chaque contact
un élément d’humiliation. Ça n’est presque jamais
exprimé avec des mots, mais le message t’est adressé à
chaque fois à travers le comportement et les mouvements. Ils [Les
clients] te donnent clairement à savoir que tu n’es que de la merde.
Tu n’as pas le droit de parler parce qu’ils t’ont payé et peuvent
donc faire tout ce qu’ils veulent (…) Ils veulent vraiment que leur Ego
soit confirmé, que leur valeur soit prouvée, et ils prennent
cela de mes réactions, de l’humiliation qu’ils me font, et du pouvoir
qu’ils ont sur moi.
Témoignage
de Christine
Le féminisme ne peut pas être la célébration
de la gloire de la Maternité ou la célébration du
mythe de la Putain. Il existe des femmes soi-disant féministes qui
déclarent s’identifier aux putains. (…) Elles aiment le sexe et
croient que dans la prostitution, il s’agit de femmes qui aiment le sexe,
comme pour elles. (…). Dans leur ignorance ou leur naïveté,
ces femmes défendent la prostitution comme libération sexuelle.
Elles croient ou prétendent croire qu’elles s’identifient avec les
femmes prostituées et les supportent en défendant les institutions
de la suprématie masculine que sont la prostitution et la pornographie.
(…). c’est fait sur le dos des femmes et des filles prostituées.
Parfois, ces soi-disant féministes appelent même la putain
leur sœur travailleuse du sexe. Cela n’est rien de plus ou rien de moins
que l’utilisation de femmes prostituées par d’autres femmes. C’est
indéfendable. Quand cela se passe, ces soi-disant féministes
défendent le viol acheté et vendu de femmes et de filles
prostituées, et dans ce processus, la vie des femmes dans la prostitution
est trivialisée.
Témoignage
de Maldy
Non, la prostitution
n'est pas un métier. Elle est une atteinte à la dignité
humaine! Sans aide, nous ne pouvons ni les uns ni les autres nous en sortir.
Nous aider à s’en sortir, c’est bien, mais nous aider à ne
pas y entrer, c’est ça l’objectif. Vous, enseignants, travailleurs
médico-sociaux et militants, essayer de comprendre ce que les exclus,
les opprimés, les réprimés et les humiliés
ne peuvent pas vous dire. (…) PAS DE CLIENTS: PAS DE PROSTITUTION ! PAS
DE PROSTITUTION: PAS DE CLIENTS ! (…) Sans le soutien financier de la clientelle
prostituante, le milieu perdrait sa raison d'être (l'argent) et s'effondrerait
de lui-même.
(…) J'espère
humblement qu'il se trouvera des personnes de progrès pour empêcher
notre esclavage. Car je crois que, tout comme la guerre, la prostitution
s’organise avec la peau des autres.
Tout comme les organes
et le sang, les sexes ne devraient pas être commercialisables.
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