Weather Report - Portrait de Joe Zawinul
Main Présentation Discographie Liens Songs

   Joe Zawinul est né à Vienne le 7 juillet 1932. Ses origines sont hongroises, tchèques et, comme il le précise lui-même, tziganes. Elevé par son grand-père, il a commencé à l'âge de six ans à jouer de la musique folklorique autrichienne, "des airs tziganes" et tout ce qu'il trouvait pour accordéon ou violon.
   Il a commencé à 12 ans à travailler le piano, qui est devenu par la suite son instrument principal. Zawinul est entré au Conservatoire de Vienne, a pris des cours particuliers, et ­ au début des années 50 ­ il a joué au piano et de la trompette basse dans différents groupes de jazz : en 1951 avec un trio, en 1952 avec le joueur de saxo-ténor Hans Koller, plus tard avec un grand nombre de musiciens en Autriche, en Allemagne et en France (dont le clarinettiste Fatty George et le pianiste Friedrich Gulda).
   Alors qu'il n'avait pas encore trente ans, Zawinul était déjà obsédé par l'idée de "réussir aux Etats-Unis". En 1959, il se présenta au concours organisé par le grand journal de jazz Down Beat et il obtint une bourse d'études au Berklee Jazz College. Au même moment, Miles Davis quittait la Juillard Scholl pour jouer avec Charlie "Bird" Parker. Zawinul ne resta donc que quelques jours à Berklee avant de rejoindre le groupe du trompettiste canadien Maynard Ferguson.


   En 1959­1960, il accompagna la chanteuse Dinah Washington, puis il joua pour le trompettiste Harry "Sweets" Edison et le chanteur Joe Williams.En 1959, Julian "Cannonball" Adderley, qui s'était fait un nom comme joueur de saxo-alto dans l'ensemble de Miles Davis, créa son propre quintette pour jouer de la musique soul et jazz. Adderley savait découvrir les jeune musiciens talentueux.
   En 1961, il engagea le jeune joueur de clavier autrichien. Josef (désormais rebaptisé "Joe") Zawinul devint rapidement une personnalité musicale dominante et un compositeur remarquable dans ce qui était, par ailleurs, un groupe de musique afro-américaine. C'est pendant ces années-là que Zawinul composa des morceaux célèbres commme The Country Preacher, Walk Tall et Mercy, Mercy, Mercy.
   Joe Zawinul resta avec le groupe de "Cannonball" Adderlay jusqu'en 1970. Ils firent de nombreuses tournées à travers le monde et ils obtinrent un grand succès aux Etats-Unis, en Europe, au Japon et en Amérique Latine. Zawinul enregistra également avec des artistes comme les joueurs de saxo-ténor Coleman Hawkins et Ben Webster, le tromboniste Jay Jay Johnson, et son vieil ami et collègue de Vienne, Friedrich Gulda (Concerto pour 2 pianos en 1966).


   A la fin des années soixante, Miles Davis commença à changer de style sous l'influence de la musique rock, et notamment celle de Jimi Hendrix. Durant cette transition vers le jazz électrique, Zawinul participa à cinq enregistrements de Miles Davis, dont In a Silent Way et Bitches Brew.
   A la fin des années 1970, Zawinul fonda le groupe de jazz-rock, Weather Report avec Wayne Shorter (sax-tenor et sax-soprano) et Miroslav Vitous (basse). La musique du groupe devait être aussi changeante que le temps. Ils s'intéressaient à de nouveaux domaines (sans céder aux modes éphémères), réalisant des ventes de disques que d'ordinaire seuls les groupes pop peuvent espérer, recueillant de bons classements dans les hit-parades et des récompenses (dont le Grammy) sans tomber dans le commercial.
   Le groupe a existé pendant quinze ans et a été considéré comme "Numéro 1" quinze fois de suite par Down Beat, qui a également qualifié Joe Zawinul de "meilleur pianiste" vingt-deux fois de suite.


    Weather Report développa un langage dont la transparence provenait de la méticuleuse répartition des enchaînement musicaux, de parties souvent alternées entre les différents instruments. Ce langage reposait aussi sur la fusion des sonorités acoustiques et électroniques et l'interaction des différents rythmes jouant avec les éléments mélodiques, motiviques et thématiques de la musique.
    Ses albums les plus connus ont été Weather Report (1971), I Sing the Body Electric (1972), Black Market (1976), et Heavy Weather (1977). Ce dernier album contient une oeuvre de Zawinul, Birland, qui est devenue un best-seller mondial dans l'arrangement vocal de Manhattan Transfert.
   Aussi importante que puisse être la place de Joe Zawinul comme pianiste de jazz, sa réelle notoriété réside dans le rôle de pionner ayant perfectionné le style qui mêle les claviers électro­acoustiques et électroniques avec tout une batterie d'équipements périphériques pour modifier la sonorité et la hauteur du son. Même les adversaires incorrigibles de la musique électronique approuvent la formule de Zawinul : " Jouer électriquement, sonner acoustiquement". Le pianiste polonais Adam Makowicz, par exemple, a déclaré : " Il a une sensibilité extraordinaire pour saisir comme un tout les possibilités naturelles des instruments à claviers".
   Ayant subi l'influence de George Shearing et de Nat King Cole dans son jeune âge, Zawinul a développé un style de plus en plus personnel. Son jeu et ses compositions, avec leurs rythmes mélodiques caractéristiques (souvent décrits comme essentiellemnt "noirs") et leurs utilisations subtiles de pauses et d'espaces ("Je suis un musicien de l'espace"), sont immédiatement reconnaissable. Les possiblités infinis qu'offrent les synthétiseurs ne le poussent jamais à surcharger ses arrangements. "Saisir le chant d'un oiseau - voilà ce qui m'intéresse". La transparence est une des particularités remarquables de ses registrations : on y trouve des contours bien dessinés, une prédilection constante pour les sonorités de la clarinette et de la flûte, une orchestration diversifiée, l'absence d'accumulations d'accords superposés, un espace qui permet à la polyphonie thématique de s'exprimer.
   En 1987, Zawinul a fondé un nouveau groupe, Weather Update, qui comprend le percussionniste Peter Erskine. En tant qu'accompagnateur et joueur de clavier, Joe Zawinul a provoqué une sorte d'intoxication musicale à des hommes tels que "Cannonball" Adderley et Miles Davis. Parlant un jour de son jeu avec Wayne Shorter dans le groupe Weather Report, il fesait remarquer : " Chaque note compte... Nous tissons des mélodies et nous enflammons la scène".

Traduction : Anne Céladon