Datation carbon 14

Introduction

 

 

 

 

La formation de radioéléments naturels, et en particulier la formations de carbone 14, par le rayonnement cosmique a été soupçonnée dès 1934 par A. V. GROSSE. Mais ce n'est qu'en 1947 que son existence a été prouvée par LIBBY et son collaborateur Anderson.

Aucun procédé de détection n'était à cette époque assez sensible pour mesurer directement la très faible radioactivité naturelle du carbone. Ce n'est qu'en utilisant du méthane enrichi sur colonne de diffusion thermique qu'on a réussi à la mettre en évidence. Cette opération était alors effectuée pour obtenir du carbone enrichi en 13C qui devait servir à fabriquer des traceurs (utilisé en biologie). Le méthane provenait d'égout et était récupéré dans les effluents gazeux pour l'éclairage de la ville de Baltimore. Ce méthane, provenant de la décomposition de matières organiques récentes, avait donc la teneur en 14C des organismes vivants. Enrichi d'un facteur 260, son activité devenait assez facilement mesurable dans un compteur de Geiger.

L'existence du 14C étant ainsi démontrée, il fallut développer une technique de datation à très bas niveau pour faire des mesures de l'activité naturelle du carbone sans enrichissement. Il fallait même pouvoir mesurer des activités beaucoup plus faibles puisque l'idée originale de LIBBY était d'utiliser la décroissance de l'activité du 14C comme moyen de datation. Il a ainsi été conduit à réaliser la première installation de mesure à bas niveau où se trouvaient éliminé les effets de la radioactivité ambiante et du rayonnement cosmique ; le compteur utilisé était un cylindre métallique à l'intérieur duquel on déposait le carbone sous forme solide.

Cette technique a été utilisée par plusieurs laboratoires pendant plus de cinq ans. A la suite des progrès effectués dans l'étude des compteurs à gaz, puis des compteurs à dépôt solide ont été abandonnés. De nombreuses équipes dans le monde se sont alors peu à peu constituées ; il existe actuellement une centaine de laboratoires de datation où des dizaines de milliers de dates 14C ont été produites ; elles ont conduit à un véritable calendrier carbone 14 qui marque les étapes successives de l'histoire de l'homme et les séquences géologiques du quaternaire récent jusqu'à la limite de la méthode qui s'étend jusqu'aux environs de 40000 ans.

 

 

 

 

 

 

a) D'où vient le carbone 14

 

Les protons cosmiques d'origine galactiques sont plus ou moins déviés par le champ magnétique terrestre

Ceux qui pénètrent dans l'atmosphère donnent naissance à des neutrons qui entent en collision avec les molécules de l'air ; à la suite de nombreux chocs, ils sont ralentis et atteignent peu à peu l'énergie thermique des gaz. Ils donnent alors du carbone 14 à partir de l'azote de l'air. La réaction est la suivante :

wN + bn ® 14C + eH

 

 

Les autres réactions possibles conduisant à la formation de 14C dans l'atmosphère, telles que :

16 O(n, 3 He) ® 14C

16 O(n, 3 P)® 14C

17 O(n, a )® 14C

15 N(n, d )® 14C

13 C(n, g)® 14C

sont d'importance mineure.

 

 

Le maximum d'intensité des neutrons secondaires se produit dans une bande d'altitude correspondant à des pressions résiduelles de 75 à 120 g/cm2 (soit de 18 à 15 km d'altitude). On retrouve le même maxi dans le spectre de taux de production du 14c. Le flux cosmique primaire est largement modulé par le champ magnétique terrestre et aussi par le champ magnétique du vent solaire interplanétaire. Il en est de même pour la production du 14C qui est affectée des mêmes variations spatiales et temporelles que le flux de protons ; Elle varie en effet d'un facteur 4 à 5 entre l'équateur et le pôle et elle subit des fluctuations notables au cours d'un cycle solaire (Un cycle solaire dure 11 ans).

Ceci a pour conséquence de rendre difficile le calcul du taux de production du 14C (teneur en 14C dans l'atmosphère ).

 

b) Le principe de la datation par carbone 14

 

Les végétaux et les animaux assimilent directement ou indirectement le gaz carbonique de l'atmosphère. Or le gaz carbonique de l'air présente une certaine radioactivité qui est due à la très faible proportion de carbone 14 qu'il contient. Il s'en suit que tout organisme présente de son vivant la même radioactivité que le gaz carbonique atmosphérique. A sa mort, les échanges cessent, le 14C n'est plus renouvelé, sa radioactivité décroît lentement à raison de la moitié tout les 5568 ans : c'est la période ou demi-vie du carbone 14.

Ainsi, si l'on mesure aujourd'hui l'activité 14C=N d'un os fossile, on peut, en la comparant a l'activité du carbone moderne : N0, en déduire le temps t qui s'est écoulé depuis la mort. C'est ce qu'on appelle l'âge.

Il est calculé à partir de la formule classique de décroissance exponentielle radioactive :

 

N=N0 e-lt

Où l est la constante de désintégration L2/Tégale à 0.693/T, T étant la période.

 

Tel est me principe de la méthode. Il repose sur l'hypothèse que la radioactivité naturelle du carbone est restée constante au moins au cours des 40000 dernières années ; autrement dit, on suppose que l'activité 14C d'organismes vivant actuellement est identique à celle des même organisme qui ont vécu il y a 10000 ans par exemple.

Nous verrons que cette hypothèse n'est pas rigoureusement exacte et que l'activité n'a pas toujours été constante dans le temps.

 

 

C) Propriété du carbone 14

 

Le carbone est l'un des isotopes du carbone : son abondance est de 1,2*10-12 (0,00000000012) ; les deux autres isotopes, stables, sont le carbone12 et le carbone13 présents respectivement dans la proportion de 98,89% et 1.108%.

Le carbone 14 est émetteur radioactif b-, il se désintègre suivant le schéma suivant :

 

Période de désintégration :

 

Elle est de 5730 ± 40 ans (Godwin 1962). Cependant, à la suite de conventions internationales, et ceci afin d'éviter toute confusion, c'est la valeur de 5568 ans, adoptée dès 1951, qui continue à être utilisée pour le calcul des âges.

Ainsi, formation et désintégration du carbone 14 se produisent simultanément et se conjuguent pour arriver à un équilibre radioactif qui maintient constantes la composition isotopique et l'activité spécifique du carbone atmosphérique. Cette activité naturelle est très faible, elle a été déterminée comme étant égale à 13.56 ± 0.07 désintégrations par minute et par gramme de carbone (Karlen et al. , 1966).

 

 

D) Distribution dans la nature

 

Parmi les éléments présents à la surface de la Terre, le carbone est l'un des plus important. Il y est très diversement réparti : sous forme de gaz carbonique dans l'atmosphère, sous forme de composés organiques dans la biosphère terrestre et marine, sous forme de bicarbonates dissous et de carbonates dans les océans. Des échanges constants de carbone se produisent dans ce système qui constitue le système échangeable.

La répartition du carbone y est connue avec une assez bonne précision. C'est pour la biosphère terrestre, qui comprend la matière végétale vivante et morte, c'est à dire les végétaux et les sols, que l'on a le moins d'informations. Il n'y a même pas agrément sur la taille ; pour le carbone contenu dans les sols par exemple, les diverses estimations varient d'un facteur 3 à 10.

Le carbone est par ailleurs, beaucoup plus abondant (4900 g/cm2 ) dans le système sédimentaire constitué par les roches sédimentaires calcaires, les sédiments marins, les charbons et le pétrole. Dans les roches de formation très ancienne (quelques millions d'années par exemple) le carbone est totalement dépourvu de 14C.

 

 

 

E) Variations dans le passé du 14C atmosphérique

 

Les mesures de 14C devenant de plus en plus nombreuses et de plus en plus précises, on a été conduit à constater qu'il y avait souvent des désaccords entre l'âge d'un objet daté historiquement et son âge 14C ; c'est ainsi qu'il est apparu un rajeunissement systématique d'échantillons bien datés grâce au calendrier de l'ancienne Egypte (Ralph 1959). Ce phénomène a été confirmé par l'étude détaillée du rapport 14C/12C de bois prélevé dans les couches annuelles de très vieux arbres à croissance assez lente. Dans un arbre vivant, seule la couche annuelle externe est en équilibre avec l'atmosphère, les couches internes sont mortes. En comptant les cernes à partir de l'actuel, on a du bois d'âge connu à 1 an près. De plus, si par l'étude minutieuse de la succession d'anneaux d'arbres vivants et fossiles, on arrive à repérer des alternances caractéristiques, on peut alors, en faisant des regroupements d'un tronc à un autre, obtenir une très longue série chronologique de bois d'âge connu. C'est d'abord les séquoias qui ont été utilisés pour cette étude, mais se sont les pins qui ont permis de remonter le plus loin dans le temps. Fergusson (1970) qui s'est consacré à cette étude dendrochronologique a réussi à obtenir une séquence continue qui à été datée jusqu'à 7240 (en années 14C).

Cette étude confirme et précise les divergences observées pour les échantillons égyptiens : un rajeunissement des âges apparaît vers 2000ans, il s'accentue progressivement jusqu'à atteindre 800 ans pour un âge réel de 6000 ans, ce qui correspond à une augmentation de 10% du rapport 14C/12C. Puis l'écart semble se réduire, la variation prend une allure sinusoïdale avec une période de 9000 ans et un maximum situé aux environs de 4500 ans avant J.C. (Ralph et Michael, 1970 ; Suess 1970, Damon et al.,1972).

A cette variation de grande amplitude se surimposent de petites variations à court terme qui ont une amplitude de 1 à 3 % environ. Elles apparaissent à différentes périodes, principalement entre 1300 et 1800 après J.C. et vers 350, 750, 2200, entre 3100 et 3500 et entre 4200 et 4400 ans avant J.C.

Ainsi, contrairement a l'hypothèse posée à l'origine, le rapport 14C/12C du carbone atmosphérique a subi des modifications au cours du temps. Cette étude permet de les préciser jusqu'à 7240 ans, mais il est peu probable que l'on puisse remonter beaucoup plus le temps grâce à la dendrochronologie.

Un autre procédé consiste à comparer les âges 14C à des ages obtenus par des méthodes de datation reposant sur des principes tout à fait différents et pour lesquels aucun des paramètres géophysiques qui se trouvent impliqués dans le cas du 14C ne puissent intervenir : il s'agit des méthodes qui utilisent les déséquilibres de la famille de l'uranium et la méthode de la thermoluminescence, ainsi que la spectrométrie de masse (cf. autres méthodes). Les comparaisons qui ont été faites jusqu'à présent indiquent qu'il y aurait au maximum un écart de 2000 ans entre les âges réels et l'âge 14C dans l'intervalle 9000-32000 ans (Stuiver, 1978).

 

 

F) Pré traitement des échantillons

 

Du fait que l'on mesure la perte de 14C qu'à subi un échantillon depuis sa mise en gisement, il ne faut pas que du 14C ait disparu pour une cause autre que le temps, ni que du 14C récent ne soit introduit dans l'échantillon. Or de nombreuses matières peuvent être polluées très postérieurement à leur sédimentation. Il y a tout d'abord les racines qui, pénétrant profondément dans le sol, peuvent entourer et perforer les charbons de bois ou les os. Si l'élimination des plus petites racines est difficile et plutôt du ressort des spécialistes de laboratoire, l'archéologue aura surtout à choisir les éléments paraissant les plus sains.

Une autre cause de pollution fréquente est la percolation à travers le sol de matières organiques, telles que de très fines particules de charbons de bois ou surtout d'humus. Si le poids relatif des poussières charbonneuses est rarement important et leur présence facilement détectable, l'influence des humus est souvent grande et il est difficile de savoir si des humus anciens ou actuels sont présents dans les couches. Il est donc peu prudent de dater un niveau archéologique par des terres charbonneuses ou des matières humiques.

Les matières carbonées à base de carbonate, telles que les coquilles, os ou croûtes calcaires ont fréquemment des échanges chimiques avec le bicarbonate dissout dans les eaux de ruissellement. Du 14CO3Ca est substitué au 12CO3Ca ou vice et versa. Les datations sont alors très sujettes à caution. Les pollutions possibles sont innombrables mais leur influence sur la datation est fonction de l'âge relatif du polluant et de l'échantillon.

Pour qu'un échantillon puisse être daté de façon significative, il faut aussi que son prélèvement dans le gisement ait été fait avec soin. Pour cela, il faut éliminer les polluants les plus visibles tels que les racines, grains de calcaire, vernis et encre de marquage. Tout au moins leur présence doit être signalée au laboratoire qui adaptera en fonction son mode de préparation. L'empaquetage à l'abri de toute matière carbonée (copeaux de bois, coton ou papier ) est aussi une des conditions élémentaires pour que le résultat ne soit pas entaché d'erreur. Enfin, l'abondance des renseignements tant sur le mode de gisement que sur le but recherché par la datation, évite souvent que des mesures, qui par ailleurs sont fort coûteuses et longues, ne soient faites en pure perte.

 

G) Préparation d'un échantillon (exemple os)

 

 

 

 

H) Techniques de mesures

 

Toutes les techniques de mesures de la radioactivité du 14C utilisées jusqu'à maintenant nécessitent d'abord la conversion de l'échantillon en CO2, donc sa destruction, ensuite l'élaboration d'un composé carboné gazeux susceptible d'être introduit à l'intérieur d'un détecteur : ceci s'explique par la faible énergie des b du carbone 14 qui sont complètement absorbés par une feuille d'aluminium de 28 mg/cm2 de matière et qui seraient arrêtés par les parois s'ils étaient émis à l'extérieur du détecteur.

 

 

 

Parmi les méthodes utilisées, la méthode à dépôt de carbone solide n'a plus qu'un intérêt historique. Actuellement, les méthodes avec compteur proportionnel et avec scintillateur liquide sont utilisées par un nombre sensiblement égal de laboratoires.

 

1. Le compteur à carbone solide

 

La méthode consistait à réduire le gaz carbonique provenant de la combustion d'un échantillon, en carbone. La réaction chimique est la suivante :

2Mg + CO2 ® 2MgO + C

 

Après récupération, le carbone était étalé sur la paroi interne d'un cylindre que l'on glissait à l'intérieur d'un compteur ; comme gaz de remplissage on utilisait un mélange d'éthylène et d'argon. La surface d'émission était grande : 400 cm. Faute de pouvoir obtenir des dépôts minces homogènes et reproductibles, on était obligé d'utiliser des couches épaisses, de l'ordre de 20 mg / cm ² ; à cause de l'auto absorption des b dans ce dépôt et du fait 50% des b étaient émis vers la paroi, le rendement de détection n'était que de 5,4% (Libby 1952)

Outre l'inconvénient présenté par la complexité de la préparation, il fallait disposer d'échantillons importants : 8 grammes de carbone étaient en effet étalés sur le cylindre. De plus, à cause de sa structure, le dépôt présentait une grande surface de contact facilement contaminable, en particulier par le radon atmosphérique.

 

2. Les compteurs proportionnels à gaz

 

Dans ce cas, le carbone de l'échantillon est transformé après combustion, en un gaz est en totalité le gaz de remplissage du compteur.

Les gaz de remplissage utilisés sont le méthane (CH4), l'acétylène (C2H2) et le gaz carbonique (CO2). Le gaz carbonique est le plus couramment utilisé, il a une très large zone de fonctionnement en régime proportionnel, à condition toutefois d'avoir été débarrassé de toutes traces d'impuretés électronégatives, et il est facile à préparer.

 

a) Les gaz méthane et acétylène.

 

Le méthane et l'acétylène ne nécessitent pas une purification aussi élaborée que le CO2 . Ils ont aussi l'avantage de conduire à une tension de fonctionnement du compteur qui est plus basse. Par ailleurs, C2H2 qui contient 2 atomes de carbone par molécule donne un taux de comptage double, pour un même volume, que CO2 et CH4.

Mais leur préparation est plus laborieuse et hasardeuse que celle du CO2. Les procédés couramment utilisés sont les suivants :

 

- On obtient le méthane sur catalyseur au ruthénium à 475°C à partir de CO2 et d'hydrogène :

CO2 + 4H2 ® CH4 + 2H2O

 

 

En piégeant l'eau, la réaction se poursuit, l'excès d'hydrogène est fixé sur le charbon actif.

- La synthèse de l'acétylène est effectuée à partir de CO2 sur un excès de lithium à 600°C, suivant la réaction :

 

2CO2 + 8Li ® 2C + 4Li2O

2C + 2Li ® Li2C2

soit :

2CO2 + 10Li ® Li2C2 + 4Li2O

 

Après adjonction d'eau, l'acétylène se dégage.

 

b) Le gaz carbonique.

 

Dans le cas du gaz carbonique, le gaz de remplissage est obtenu directement après combustion, mais, pour être utilisable dans un compteur proportionnel il doit être soigneusement purifié pour éliminer les impuretés électronégatives telles que les halogènes, les oxydes d'azote et de soufre ainsi que la vapeur d'eau. Ces impuretés dans le gaz, même à des concentrations de l'ordre du p.p.m capturent les électrons pour former des ions négatifs au moment de l'ionisation. L'impulsion électrique produite se trouve réduite en amplitude à la suite de cette perte d'électron et peut ne plus être détectée car elle ne se distingue plus des impulsions du bruit de fond de l'amplificateur.

Les principales étapes de la purification du CO2 sont les suivantes :

 

- Passage dans des fours d'oxydes de cuivre à 700°C et d'argent à 400°C, pour oxyder le CO, les oxydes d'azote et de soufre et fixer les halogènes.

- Barbotage dans une solution d'oxyde chromique dans l'acide sulfurique concentré pour oxyder SO2.

- Séchage par condensation de la vapeur d'eau à 600°C

- Condensation de CO2 dans un piège à 120°C, les traces d'oxygène, d'azote et les autres gaz non condensables à cette température et qui pourraient encore être présents à ce stade de la préparation, sont pompées.

 

Le CO2 est ensuite stocké sous pression dans un réservoir métallique. En effet, il n'est pas encore utilisable car il contient, en quantité variable, du radon qui provient de l'uranium toujours présent dans le sol et les sédiments où ont été prélevés les échantillons.

Heureusement, la période du radon est courte (3.8 jours), si le gaz est stocké 1 mois (7 périodes environ), son activité réduite à moins de 1% par décroissance radioactive est devenue négligeable. C'est le moyen le plus sur d'éliminer le radions.

Un procédé plus laborieux consiste à faire réagir le CO2 sur de l'oxyde de calcium à 750°C dans un tube de quartz ; il se forme du CO3Ca. Après refroidissement, le radon est pompé ainsi que toutes les autres impuretés gazeuses. Porté ensuite à 825-850°C, le carbonate de décompose et le CO2 se dégage. Cette opération, qui est aussi un excellent moyen de purification est trop longue pour être utilisée en routine.

Avant le remplissage du compteur, une dernière purification, consiste à laisser séjourner plusieurs heures le CO2 au contact du cuivre dans un four à 400°C. La fonction du cuivre est de réduire les oxydes d'azote, impuretés parfois encore présentes à ce stade. On répète cette ultime purification si cela est nécessaire.

Toutes ces opérations sont effectuées dans une installation sous vide.

3)Les compteurs à scintillateur liquide

 

La méthode consiste à transformer le CO2 provenant de l'échantillon en un composé organique liquide, le benzène (Tamers ; 1965).

Mélangé à un produit de scintillation il est introduit dans un flacon en verre ou en quartz .

L'énergie dissipée par les b- dans le produit de scintillation provoquent l'émission de photons qui sont captés par des photomultiplicateurs et transformés en impulsions électriques et quantifiés.

Les volumes de benzène synthétisés sont de 1 à 3 cm 3 ce qui correspond à des quantité de 0.9 à 2.7 g de carbone.

 

4)Limites des méthodes par comptage radioactif

La période du carbone 14 étant voisine de 5600 ans, le nombre de désintégation observées chaque seconde dans un échantillon de 1mg de carbone sera :

 

-dN / dt = lN = [0.693/ (5600*365*24*3600)]*6*10 7 = 2,4*10 - 4

 

Pour effectuer un comptage radioactif avec une erreur statistique de 1%il faut compter 10000 désintégrations. Pour 1mg de carbone le temps de comptage est donc de 10000/2.4*10 -4 =4.2.*107 seconde soit un an et quatre mois.

 

5) Spectrométrie de masse :

 

Il est aussi possible de caractériser les atomes par leur masse, a l'aide d'un spectromètre de masse.

Avec un dépôt de carbone de 1mg, la source d'un spectromètre de masse est susceptible d'émettre un courant de l'ordre de 1 µA .s-1 pendant plusieurs heures, ce qui correspond a l'émission de 6*1012 atomes de carbone dont 7 atomes de carbone 14. Pour mesurer 10000 atome il faut environ 23 minutes.

En couplant le spécrto de masse avec un accélérateur de particules, il est possible de discriminer les ions et les atomes en fonction de leur masse et de leur numéro atomique. (ce que ne permet pas la spectro de masse classique)

En remontant jusqu'à 45000 ans, cette technique permet de dater des échantillons de l'ordre du milligramme, dix fois plus petits que ceux utilisés pour le carbone 14.

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Le CFR de Gif-sur-Yvette est le seul laboratoire français à utiliser, avec les CNRS, un appareil qui mesures : le "tandétron ¤ " avec lequel on date notamment les peintures rupestres (Cf. exemple sur Chauvet…).

 

 

 

II/ La grotte Chauvet

 

Cette grotte fut découverte en 1994 à Vallon-Pont-D'arc en Ardèche.

Les trois séries d'études menées dans la grotte ont permis d'apporter une multitude d'informations historiques. C'est en effet par ce genre de découverte que nous progressons dans la connaissance de nos ancêtres vivant autrefois sur le sol français, il n'y a pas moins de 30 000 ans.

 

 

ü La découverte :

 

Curieux de savoir quel était ce courant d'air provenant d'une cavité connue au-dessus d'une rivière, trois spéléologues amateurs découvrirent ainsi ce sanctuaire préhistorique.

 

Christian Hilaire, Jean-Marie Chauvet et Eliette Brunel, aujourd'hui porteurs de la légion d'honneur, ne se doutaient pas que, en plus des salles remplies de stalagmites et de stalactites, ils allaient découvrir des traces humaines.

Inopinément, ces trois hommes révélèrent ainsi la plus vieille grotte ornée jamais découverte.

 

ü De nos jours :

 

Ce trésor est d'autant plus précieux qu'il est très fragile. C'est pourquoi une porte blindée, un système de surveillance et d'alarme protègent son entrée. La grotte ne se visite que deux fois dans l'année, en mai et en octobre. Il reste beaucoup de travaux à effectuer afin que la grotte soit totalement installée pour être le plus facilement étudiée mais surtout protégée.

 

 

 

 

ü les peintures rupestres :

 

Les découvertes de Chauvet bouleversèrent les théories sur l'art préhistorique ; pers nos jours :

 

Ce trésor est d'autant plus précieux qu'il est très fragile. C'est pourquoi une porte blindée, un système de surveillance et d'alarme protègent son entrée. La grotte ne se visite que deux fois dans l'année, en mai et en octobre. Il reste beaucoup de travaux à effectuer afin que la grotte soit totalement installée pour être le plus facilement étudiée mais surtout protégée.

 

 

 

 

ü les peintures rupestres :

 

Les découvertes de Chauvet bouleversèrent les théories sur l'art préhistorique ; personne n'imaginait que les hommes de l'aurignacien possédaient des techniques artistiques si élaborées, leur maîtrise du dessin créant de véritables œuvres d'art. En effet, quinze mille ans plus tard, les peintres de Lascaux ne faisaient guère mieux. Dominique Baffier remarqua même des essais de perspective dans la représentation d'un groupe de bisons. Les silhouettes animales peintes de paumes humaines sont apparues tout aussi bouleversantes.

De plus Chauvet est d'autant plus unique car on y trouve la représentation d'animaux féroces (lions et panthères) a l'inverse de la grotte Lascaux ornée d'animaux herbivores uniquement. Ces changements mythologiques paraissent inexplicables.

 

La datation de ses peintures s'est effectuées au carbone 14 ; les 441 animaux qui ornent les parois ont 32 000 ans, soit 15 000 de plus que ceux de la grotte Lascaux et 4 000 que la plus vieille grotte ornée alors, à Arcy-sur-Cure.

Ces résultats furent effectués dans un délai très court en raison de l'importance des découvertes, par trois laboratoires ; le centre des faibles radioactivités, le centre de datation par le radiocarbone a Lyon et le Research laboratory for archeology and history of art de l'université d'Oxford.

La grotte Chauvet fut donc déclarée comme le site de peintures rupestres les plus anciennes au monde connues à ce jour, rendant obsolète l'ancienneté de la peinture d'une main dans la grotte Cosquer près de Marseille.

Voir le document ci-joint " les plus vieilles peintures rupestres du monde " comparant les datations de la grotte Chauvet aux autres grottes à travers le monde.

 

ü Des sanctuaires chamaniques :

 

A cette époque, les hommes n'habitaient pas sous terre cependant ils y allaient pourtant. Les grottes étaient donc pour eux des sanctuaires ; en effet, le bestiaire de cette grotte représente plus une mythologie que des scènes de vie quotidienne.

On suppose en effet qu'en utilisant les configurations de la roche, les hommes voulaient entrer en contact avec des êtres surnaturels. Dessinés au charbon de bois ou gravés dans la pierres, cerfs, mammouths, aurochs, rhinocéros, panthères, hyènes, rennes, lièvres, chevaux, bisons, loups, renards, oiseaux et poissons sont autant d'acteurs d'une vie spirituelle vieille de milliers d'années.

 

Autre indice d'une vie religieuse, des empreintes de pas d'enfants découvertes sur une cinquantaine de mètres prouvent qu'on amenait peut-être des enfants jusque dans la grotte lors de cérémonies initiatiques. Ces traces sont les plus anciennes jamais laissées par un individu de notre espèce (homo sapiens sapiens).

 

Voir l'article "l'empreinte des pieds d'un enfant découverte dans la grotte Chauvet " du journal "le monde " du vendredi 11 juin 1999.Cet article relate la datation des pas d'enfants et celle de traces d'origines animales (ours et loup).

 

 

 

ü Le devenir de la grotte :

 

Le chantier de Vallon-Pont-d'Arc durera au moins 15 ans car il y reste encore de nombreux trésors à découvrir ; une masse d'informations et d'autres surprises sont probables. L'importance et l'originalité de cette caverne ardéchoise sont telles, que même à ce stade préliminaire, l'on peut se douter qu'à l'image de la découverte d'Altamira et de Lascaux, notre connaissance des premières manifestations artistiques de l'humanité va franchir un palier décisif.

Même si l'on sait que jamais la grotte ne sera ouverte au public, celui-ci bénéficiera, a l'identique de la grotte de Lascaux, d'une réplique à visiter dans les environs.

Cependant, cette découverte a déclenché une polémique ; les spéléologues ont du engager un long procès contre l'état afin de reconnaître leur droit sur les profits tirés de l'exploitation de l'endroit. Aujourd'hui terminé, jean Marie Chauvet qui a donné son nom a la grotte, en est le gardien, Christian Hilaire est cadre d'une entreprise d'ingénieur et Eliette Brunel s'occupe du musée qui sera bientôt construit. Notre trio a repris depuis leurs explorations, persuadés que de telles grottes il en reste beaucoup d'autres à découvrir.

 

Source principale : " Ardèche : trésors de la grotte Chauvet " par Christian Rioux, le devoir.

 

ü Autres sources :

 

Voir aussi, ci-joint les documents "l'espace et le temps " :

· les datations

· ailleurs à la même époque

· les bouleversements de la préhistoire de l'art