| Je suis un "amateur " de corrida , pas une "aficionada", mais je l'ai toujours aimée.
C'est pour moi une fête extraordinairement chaleureuse, vibrante de couleurs et d'émotions . La corrida appartient à l'univers de mon enfance et c'est dans les arènes de Tarragone, ville marquée de l'empreinte romaine, que j'ai découvert le toro bravo (sauvage) et l'art de toréer.
Pour moi la corrida ne se raisonne pas, ne se décortique pas, on la reçoit, on la vit, elle relève également de notre sens esthétique. Ceux qui l'aiment comprennent ce que je veux dire. Elle nous relie à notre humanité dans nos contradictions les plus profondes, le sang, la mort oui, mais ce n'est pas cela que l'on regarde. C'est plûtôt, le courage, la fierté, la beauté que l'homme met dans ses gestes pour surmonter sa peur. A ceux qui pensent que la corrida est cruelle, je dis non, ni plus ni moins que le spectacle des abattoirs. Elle transforme la mort vulgaire du "toro" en un acte dansant, puissant et beau (lorsqu'il est maîtrisé, rien n'est parfait). L'homme met en scène un acte dramatique, dans lequel il se prépare à tuer et à mourir. Ce n'est pas pure symbolique, c'est vrai, c'est pour cela que l'on y croit, ce n'est pas de "chiqué". Il n'y a aucune cruauté dans la corrida, en tout cas je n'y vais pas pour cela, ni aucun afficionado. C'est autre chose qui s'élève des arènes, je dirai un mot qui peut paraître inadapté ou prétentieux, je dirai, que cela transcende l'homme.
oh la la, c'est sérieux ! (discutable tout cela...)
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