toreador
Trois hommes fixent des règles et un style à la corrida :

C'est le XVIIIè siècles et la corrida à l'état brut n'a pas encore trouvé ses repères. Elle se pratique à l'instinct . Une nouvelle génération d'hommes passionnés vont fixer des règles à cet art : ils se nomment :

. Costillares,
. Pedro Romero
. Pepe Hillo.

Tout d’abord, ils excluent de l’arène les non professionnels.
La corrida sera désormais un genre sérieux et dramatique d’où le burlesque sera définitivement exclu.

Le combat s’organise en trois temps classiques ou tercios
. Le tercio de pique
. Le tercio des banderilles
. La mise à mort

Ces trois hommes imprégnés d’une culture populaire, extravertie vont introduire dans l’arène une gestuelle nouvelle.

Leurs familles ont fait partie de ces académies de l’art équestre, taurin et militaire pour se mettre à leur compte: Charpente pour les Romero , triperie pour Costillares à l’abattoir de Séville.

Ces hommes, ont été toreros par vocation et non par nécessité.

Ainsi, le monde clos et brutal sordide et picaresque de l’abattoir de va devenir l’université taurine par excellence..

Certes la corrida réaffirme un mythe, réactionnaire si l’on veut. Mais porteuse de merveilleuses contradictions elle est aussi de son siècle raisonneur et progressiste.
La corrida apparaît également comme l’effort émouvant d’une Espagne qui essaie de rejoindre la modernité de son temps.

Costillarès

(Joaquin Rodrigues) né juste avant 1750 est le premier à avoir fait régner le pouvoir de l’intelligence dans une arène. Technicien réfléchi, il a perfectionné la passe appelée véronique, base du répertoire à la cape, et l’estocade ( le torero s’élance épée haute sur le taureau). Il impose le respect aux messieurs de la royale Maeztranza .

Pour lui la muleta, ce rectangle de tissus rouge pouvait devenir le moyen d’une expression totale.

Pedro Romero.

Le métier de torero est pour lui une vocation. C’est un athlète . Pour lui la tauromachie consiste à ne jamais fuir et toréer de la manière la plus simple et athlétique qui soit. Pour lui la muleta n’est qu’un accessoire. De fait la tauromachie de Romero était surtout défensive.

Pepe Hillo

Exubérant , fragile, sensuel, brillant, grand torero, il est né en 1754, titi sévillan fastueux, couvert , de blessures et de bijoux. Pour lui la tauromachie est dans la manière..Il meurt en 1801 sous les cornes du toro Barbudo.

La tauromachie vient d’engendrer cette race de fous sublimes, techniquement contestables, les toreros d’instinct, et de passion

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