ce-que-nous-voulons

III. CE QUE NOUS VOULONS

 

 

Par ce document, nous vous lançons un appel désespéré ; nous savons que vous pouvez user de votre influence auprès des pays qui nous persécutent pour faire que cela cesse et défendre ainsi les principes fondamentaux gravés aux frontons de vos édifices publics.

Le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des états trouve ses limites lorsque ces états violent chaque jour les droits élémentaires reconnus à tous les peuples.

Dans les événements actuels, le Mali et le Niger dévoilent la véritable politique dont ils ont toujours usé à notre égard : identification par la couleur de la peau, interdiction collective de circuler, maquillage des actions de nos populations désespérées en opérations de banditisme ou en exactions de mercenaires à la solde d'on ne sait quel complot international, étouffement de la vérité et de l'information pour mieux exterminer des populations innocentes, exacerbation de haines raciales ou tribales...

Nous refusons d'être considérés comme "la minorité" de nos pays. Nous revendiquons pour notre peuple le même droit à l'existence que chacune des multiples minorités qui, à elles toutes, forment le tissu social de ces pays.

Nous refusons l'image de vendeurs d'esclaves et de pillards que l'on continue à donner de nous et dans laquelle on voudrait nous enfermer pour dresser contre nous les autres peuples de la région qui ont pratiqué eux aussi, cet "esclavage".

Nous souhaitons que face aux états qui nous oppriment aujourd'hui et qui ont la mémoire assez courte pour oublier ce qu'ils revendiquaient hier, la France, elle, nation chargée d'histoire, reste fidèle aux principes pour lesquels elle a versé tant de sang.

Mais votre pays doit savoir qu'on ne résoudra pas nos difficultés en nous venant en aide par des actions contre la faim. Nous refusons cette politique de l'assistanat qui masque en réalité les vraies problèmes. Nous avons des moyens suffisants pour vivre et la connaissance parfaite de notre environnement, et plus que jamais aussi, la volonté, l'énergie et la détermination de nous prendre nous-mêmes en charge.

Nous ne demandons pas autre chose que de bénéficier de garanties reconnues à tous les autres peuples. Ce qui nous manque, et ce que nous revendiquons, est la liberté de pouvoir disposer de nous-mêmes pour assumer notre destin.

Ceci ne peut se concevoir sans un espace qui nous soit internationalement reconnu, par conséquent inaliénable, sur lequel nous pourrons exercer notre mode de vie nomade ou sédentaire, élever nos enfants dans notre propre culture. Sur cet espace, nous désirons pouvoir bâtir, des villes et des villages avec des écoles où notre langue et notre histoire seront enseignées comme celles des autres peuples.

Nous ne souhaitons, en aucune manière, attenter à la souveraineté des états voisins, ni encore moins nuire aux intérêts de la France dans cette région. Nous en appelons à la France, acteur d'abord, témoin ensuite de notre drame et nous aimerions qu'elle sache notre détermination inflexible à recouvrer la liberté et la dignité sans lesquelles nous sommes de ceux qui n'ont plus rien à perdre.

Face à la situation actuelle au Mali et au Niger, nous demandons :

- Harassé de provocations, meurtri d'indignation et d'injustices, notre peuple a choisi de se défendre même au prix d'un suicide collectif.

Nous ne savons pas échanger notre honneur contre la vie dans la dépendance.

Entre deux façons de mourir, nous avons toujours choisi la plus digne.

Nous supplions la France, pendant qu'il en est encore temps, d'assumer ses responsabilités historiques et actuelles et de sortir de cette hypocrisie qui ne trompe personne.

Nous savons, en effet la nature des relations que la France entretient avec ces deux pays et à quel point sa position peut être déterminante dans l'issue de ce conflit.

Mesurant les conséquences qu'entraînerait un long conflit dans cette région pour les uns et les autres, nous espérons que la France voudra bien prendre au sérieux notre désespoir afin que la raison et la paix l'emportent sur la haine et la guerre.


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