Mais ce qui reste un mystère, ce qui reste à expliquer clairement, c'est la façon dont cette vie a commencé...Les composants chimiques des organismes vivants ont tous été identifiés, les processus biochimiques qui maintiennent la vie dans ces organismes sont connus dans leurs détails complexes, mais l'étincelle qui a allumé la vie attend toujours une définition précise. La vie : Un phénomène si simple et si évident, et pourtant si difficile à expliquer.
L'explication la plus simple de la vie sur la Terre l'attribue à l'oeuvre de quelque puissance naturelle qui aurait ordonné que les choses soient ainsi. Cette explication a l'incontestable mérite de tout englober ; il n'est rien que ne puisse expliquer l'invocation d'une puissance surnaturelle. Si Dieu est derrière tout ça, alors plus de question - il suffit de croire en l'existence d'un Dieu omnipotent.
Au cours des âges, cette croyance a apporté une justification confortable à tous les mystères de la vie, mais, la science ayant découvert qu'il y a une simplicité logique au travail derrière tant de phénomènes naturels et donc expliqués, entre autres les mystères du jour et de la nuit, des saisons, du mouvement des étoiles, il est apparu de plus en plus clairement que l'explication surnaturelle de la vie sur terre ne convenait pas. Il devait y avoir une explication simple et logique à l'origine de la vie, comme il y en a à toute chose.
Si on écarte le surnaturel il ne reste alors que deux possibilités : ou la vie s'est développée à partir d'éléments naturels de la Terre, selon quelque processus que l'on devrait comprendre par les lois chimiques et physiques qui ont expliqué, et expliquent, les autres phénomènes terrestres ; ou alors la vie trouve son origine dans quelque autre partie de l'univers et la Terre fut autrefois fécondée par des graines de vie venues de l'espace.
La loi des grands nombres joue en faveur de la thèse de l'origine extraterrestre de la vie sur Terre. La Terre est une planète tournant autour d'une étoile -le soleil. Le soleil n'est qu'un des quelque 100 milliards de soleils de notre galaxie. Notre galaxie n'est qu'une des 10 milliards, au moins, de galaxies de l'univers. Confronté à des nombres de cette grandeur, un esprit logique pense qu'il est hautement improbable que la vie n'ait pu apparaître que sur la Terre. Parmi les innombrables galaxies et systèmes solaires, il doit y avoir beaucoup d'autres planètes sur lesquelles existent des conditions favorable à la vie, raisonne-t-il.
Enrico Fermi, physicien italien, lauréat du prix Nobel, qui pendand la seconde guerre mondiale, construisit avec le Hongrois Leo Szilard, le premier réacteur atomique sur un court de squash à Chicago, a , au cours d'une conférence, pris cette loi des grands nombre pour thème. Il est obligatoire que la vie ait existé sur une autre planète quelque part dans l'univers, déclara-t-il, que des êtres conscients aient évolué, que des civilisations et des technologies différentes se soient développées et que ces êtres d'une très haute intelligence aient conquis l'espace. Ils n'auraient certainement pas négligé la Terre dans leurs voyages. "Ils doivent déja être arrivés, conclut Fermi, alors où sont-ils ?" Son ami Leo Szilard répondit calmement : "Ils sont parmi nous et ils s'appelent les Hongrois." Malgré cet humour et la loi des grands nombres, la théorie de Fermi selon laquelle la vie serait arrivé toute faite sur la Terre n'explique en aucune façon ses origines.
La théorie présentée par le physicien suédois Svante Arrhenius en 1884 est un peu plus proche de la question. Dans un ouvrage intitulé Panspermia (mot signifiant "semence partout"), Arrhenius démontra que les courants atmosphériques planétaires et les éruptions volcaniques pouvaient projeter dans l'espace de petites particules, dont des micro-organismes, capables alors de voyager entre les étoiles et de répandre la vie dans l'univers. A l'appui de sa théorie, Arrhenius présenta des calculs très convaincants pour démontrer que la pression du rayonnement solaire pouvait assurer la propulsion des micro-organismes dans l'espace et les amener aux limites du système solaire en 14 mois : il leur faudrait 9 000 ans pour atteindre l'étoile la plus proche. Il dit que la vie aurait pu arriver sur la Terre de la même façon. Cependant, un des inconvénients majeurs de la théorie du panspermia d'Arrhenius est qu'elle n'explique pas comment les organismes auraient pu survivre aux effets mortels des rayonnements pendant leur long voyage à travers l'espace.
Cela n'a toutefois pas découragé ceux qu'attire l'idée du panspermia, et aurait même plutôt excité leur imagination, aujourd'hui comme hier. En 1981, par exemple, le biologidtr Francis Crick, autre prix Nobel, releva le flambeau du panspermia en suggérant que les micro-organismes auraient pu voyager à l'abri dans des vaisseaux spatiaux non habités, envoyés sur la Terre par une civilisation très évoluée qui se serait développée ailleurs dans l'univers, des milliards d'années auparavant. Crick donna a sa version le nom de "panspermia dirigé".
Panspermia connaît un nouvel avatar avec l'astronome britannique sir Fred Hoyle, qui a suggéré que les micro-organismes vivants peuplent les particules de poussière dérivant entre les étoiles et observées par les astronomes. Ces micro-organismes pourraient, le cas échéant, s'introduire dans le noyau d'une comète où, protégés par un environnement aqueux, ils se multiplieraient à l'infini. Hoyle prétend que certaines de ces comètes auraient apporté la vie sur la Terre.
Malgré tout, Hoyle, Crick et la théorie du panspermia ne se préoccupent que de découvrir d'où est venu la vie. Ils ne cherchent absolument pas à répondre à la question fondamentale de savoir comment elle est apparue ; aussi semble-t-il, que l'explication extraterrestre de la vie sur la Terre ne soit pas plus satisfaisante que l'explication surnaturelle.
Il ne reste donc plus qu'une
seule hypothèse : la vie se sera développé
à partir des constituants matériels de la Terre selon
quelque processus logique...
extrait de
"L'histoire de la
vie-de la naissance de
la Terre à l'apparition de l'Homme" - de John READER aux
éditions SOLAR.
