T.I.P.E
Sciences-Industrielles
Une énergie renouvelable en
plein essor: L’énergie éolienne
Sujet: énergie éolienne, fonctionnement, contraintes et
perspectives sur l’avenir.
CUENOT Boris
GRAFF Christophe
PTSI A
1997-1998
Sommaire
Historique et Introduction
I Présentation et caractéristiques
principales des différents
types de capteurs éoliens
I .1
Capteurs à axe horizontal
I .2
Capteurs à axe vertical
II Comment
tirer profit de l’énergie éolienne
II .1 Choix
du site
II .2
Caractéristiques physiques des éoliennes
II .3 Caractéristiques technologiques des éoliennes
III Applications
III .1
Production d’électricité
III .2
Pompage de l’eau
Conclusion et avenir de l’énergie éolienne
L’énergie
éolienne
On
estime que chaque année, le vent distribue entre 2.5 et 5.1015 kWh;
une énergie très importante mais difficilement récupérable. C’est ce potentiel
énorme que représente l’énergie éolienne qui a poussé les hommes à trouver un moyen
toujours plus perfectionné pour sa transformation en énergie mécanique ou
électrique.
Ainsi, dès le Vè siècle avant notre ère,
on voyait déjà des éoliennes à axe vertical également appelées panémones dans
les îles grecques. Le premier moulin à vent a été fabriqué en Perse en 134
avant J.-C. et fonctionnait grâce à un mur protégeant les pales du vent au
cours de leur retour. Puis on a beaucoup utilisé l’énergie éolienne pour le
pompage et l’irrigation des cultures. L’éolienne a poursuivi sa lente évolution
au cours des siècles, et les éoliennes à axe horizontal n’ont fait leur
apparition qu’au XIIIè siècle. Là, les constructeurs et les
utilisateurs se préoccupent plus des effets aérodynamiques liés à la forme des
pales et à leur nombre pour ne citer que ces deux facteurs. Les premiers
aérogénérateurs ont vu le jour en 1850, mais l’idée de l’aérogénérateur date de
1802 où Lord Kelvin, un physicien anglais, associa une génératrice
d’électricité à un moteur éolien. Cette nouvelle application de l’énergie éolienne
a connu un certain succès et l’on comptait en 1920 jusqu’à 300 constructeurs
d’aérogénérateurs. Parallèlement, les recherches dans le domaine de
l’aérodynamique faites par l’aéronautique ont permis une évolution des moteurs
éoliens.
Cependant, dans les années ‘‘60’’, le faible coût
des autres sources d’énergie (notamment le pétrole) a dissuadé l’expansion de
l’exploitation de l’énergie éolienne. En effet, pour que cette source d’énergie
écologique parce que non-polluante, attractive car autonome puisse être
commercialisée, il est nécessaire qu’elle soit rentable par rapport aux autres
sources d’énergie, et la mise en place d’un réseau électrique national très
important en France est un des facteurs pouvant expliquer le faible nombre
d’éoliennes implantées.
Ainsi, dans quels cas est-il préférable d’opter pour
l’énergie éolienne? Principalement lorsqu’on se situe dans une région éloignée,
à l’écart du réseau électrique national, ou bien encore lorsque l’on n’a besoin
que d’une relativement faible quantité d’énergie et d’une puissance fournie non
régulière pour alimenter une pompe à eau par exemple?(Le problème de la
non-régularité de la puissance fournie par l’aérogénérateur peut être remédié
par la présence d’une batterie de stockage et/ou d’une source d’énergie
secondaire qui se met en marche lorsque la batterie est vide).
Tout ceci était encore vrai au début des années
‘‘80’’ mais les progrès technologiques ont fait que depuis le début des années
‘‘90’’, les perspectives d’exploitation de l’énergie éolienne sont complètement
différentes. En effet, même si le coût actuel de l’électricité éolienne dépasse
encore d’au moins 20% celui de l’énergie conventionnelle, en comptant avec une
érosion continuelle du prix des machines (moins 20% dans les trois dernières
années), de celui de l’installation, de la puissance et de l’efficacité sans
cesse croissante des machines éolienne, on peut envisager un coût du
kilowattheure compétitif dans peu de temps (Cf. doc. 1). Pour donner une idée des énormes progrès réalisés, pour
des vents moyens de 23 km/h, le prix du kWh a chuté de 50 à 29 centimes au
Danemark depuis 1990 et la puissance moyenne des machines est passée de 30 kW
en 1983 à 600 kW en 1997. Tous ces bouleversements techniques font que ce
secteur est actuellement en pleine expansion et que s’ouvre à lui une multitude
de marchés mondiaux (Cf. doc. 2). En effet, en cinq ans, le marché annuel
mondial a plus que quadruplé pour atteindre 1566 mégawatts en 1997 (l’Europe
représente 84% du marché), et BTM Consult, société d’études spécialiste du
secteur, table sur une croissance de la demande mondiale de 18% par an jusqu’en
2002.


Doc. 1
Doc. 2
Ainsi, l’énergie éolienne est vouée à un bel avenir
puisque certains spécialistes du secteur estiment que techniquement, le réseau
électrique national peut s’équiper jusqu’à 20%
en énergie éolienne.
Cependant, toutes les éoliennes ne ressemblent pas à
celles de plusieurs centaines de kilowatts qui servent à produire de l’énergie
électrique. Il existe une multitude d’éoliennes dont beaucoup ont été mises de
côté du fait qu’elles ne satisfaisaient
pas aux besoins demandés, et leur usage est aussi varié que leur forme.
Nous allons donc voir quels sont les différents
types d’éoliennes, quel est leur fonctionnement, comment tirer profit de
l’énergie éolienne et quelles peuvent être les différentes applications de
cette énergie tout en gardant en tête le facteur économique du système.
*Limite de Betz: énergie maximum récupérable
sur un rotor. Le rendement maximum calculé à partir de la limite de Betz est d’environ 59%.
I Présentation
et caractéristiques des différents types de capteurs éoliens dynamiques parmi
les plus courants.
Tout d’abord, il faut noter qu’il existe un grand
nombre de dispositifs permettant de capter l’énergie éolienne pour la
transformer en énergie mécanique de rotation, seulement il est important de se poser
certaines questions essentielles telles que: quelle sera sa taille, son coût,
la puissance qu’il pourra fournir, sa résistance à l’usure? Autant de questions
qui font qu’un grand nombre de capteurs éoliens ont été mis de côté et que seul
un petit nombre d’entre eux ont été largement exploités.
Une classification méthodique, universellement
adoptée fait apparaître les groupes, les noms et les formes de ces capteurs.
On distingue trois principaux paramètres de
fonctionnement pour caractériser un capteur éolien et notamment son efficacité.
Le premier paramètre de fonctionnement est relatif à
la vitesse périphérique (ou vitesse en bout de pale) U=wR (avec w la vitesse de rotation de
la machine éolienne et R le rayon d’extrémité de la pale); ce paramètre de rapidité ou vitesse spécifique noté l est le rapport de la vitesse U à la vitesse
V du vent:
l = U /
V = (wR) / V
Les machines peuvent être classée en fonction de ce
paramètre: si l est inférieur à 3,
l’éolienne est dite lente; au-delà, l’éolienne
est dite rapide. A titre d’exemple,
des éoliennes bipales peuvent avoir un paramètre l égal à 20. Cependant, une
grande vitesse de rotation peut entraîner des nuisances telles que le bruit.
Le second paramètre qui caractérise le capteur
éolien est le coefficient de puissance
noté Cp. Il est défini par le rapport de la puissance Pm
recueillie sur l’arbre moteur du capteur à la puissance cinétique qui passerait
dans le disque du rotor en son absence:
Cp = Pm
/ (0.5 r S V3 )
(La valeur maximale du Cp définie par
Betz, est égale à 0.592.)
Le troisième paramètre important est le coefficient
du couple: c’est le rapport du couple moteur Cm qui s’exerce sur
l’arbre de sortie du capteur éolien(Cm = Pm / w) au couple aérodynamique Ca.
Cc = Cm / Ca = Cp / l
Les paramètres Cp et Cc
caractérisent les performances du capteur et sont habituellement représentés en
fonction de l.
Cependant plus généralement, on classifie les
capteurs éoliens par l’orientation de leur axe de rotation par rapport à la
direction du vent. On distingue de cette manière:
-
les capteurs à axe horizontal
-
les capteurs à axe vertical
-
les capteurs qui utilisent le déplacement d’un mobile (peu exploitable)
-
les dispositifs statiques de récupération de l’énergie éolienne
Faisons donc l’inventaire des différents types de
capteurs éoliens selon leur catégorie et intéressons-nous à leurs
caractéristiques générales.
Il faut cependant savoir que la plupart de ces
capteurs éoliens comme le rotor Savonius ou encore les machines à clapets
battants par exemple n’ont pas vraiment d’ouvertures sur l’avenir et
qu’aujourd’hui seuls les capteurs à axe horizontal bi- et tripales sont
utilisés pour la production d’électricité à échelle nationale.
I.1 Les capteurs à axe horizontal
Ce sont les machines actuellement les plus répandues
car leur rendement est supérieur à celui de toutes les autres machines. Elles
comportent généralement des hélices à deux ou trois pales, ou des hélices
multipales pour le pompage de l’eau.
On peut distinguer les capteurs éoliens dont
l’hélice est en amont par rapport au vent, « hélice au vent », et ceux dont l’hélice est en aval par
rapport au vent, « hélice sous le
vent ».
hélice « au
vent » ![]()
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vent vent
Gouvernail de direction
hélice
« sous le vent »
Les moulins
hollandais:
Bien que de conception ancienne; ils se caractérisent par un assez bon
coefficient de puissance de la machine (Cp=0.3) pour des vitesses de
l voisines de 2 à 3, et par un couple maximal
pour ces deux vitesses.
Les moulins
américains:
Construits aux Etats-Unis dès 1870, les éoliennes multipales peuvent comporter
de 12 à 30 pales. Le coefficient de puissance approche 0.3 pour des vitesses
spécifiques proches de 1 (l @ 1); le coefficient de
couple est élevé au démarrage. Le plus souvent, ces éoliennes sont de petite
taille; la roue à couramment un diamètre de 3 à 8 mètres. Ces éoliennes
fonctionnent bien jusqu’à un vent de 7 à 8 m/s; au-delà, il faut prévoir un
dispositif d’arrêt et d’éclipsage qui doit mettre la machine en sécurité. Ces
éoliennes sont pourvues d’un gouvernail de direction pour orienter le disque
normalement à la direction du vent (cf schéma ci-dessus).
Les
éoliennes rapides:
la puissance nominale de ces capteurs est très étendue, de quelques dizaines de
watts à quelques mégawatts, de même que la taille du rotor (de 1 à 100 mètres
de diamètre). L’optimisation du rotor a grandement bénéficié des travaux de
recherche de l’aéronautique.
Les coefficients de moment et de puissance sont
optimaux pour des valeurs de l comprises entre 6 et 10.
Les éoliennes rapides obtiennent des rendements élevés (voisins de 85% par
rapport à la limite de Betz).
Le disque éolien peut être placé en amont (hélice au
vent) ou en aval (hélice sous le vent) du support. La tendance actuelle est de
situer le rotor en position aval.

I.2 Les capteurs à axe vertical
Les principaux capteurs à axe vertical sont le rotor
de Savonius, le rotor de Darrieus et le capteur à ailes battantes. Il existe
également les machines à traînée différentielle comme le moulinet, les machines
à écran et les machines à clapets battants.
· Le rotor de Savonius est constitué de deux demi-cylindres dont les
axes sont décalés l’un par rapport à l’autre. L’écoulement interne favorise les
caractéristiques de performance de la machine. Le coefficient Cp
maximal atteint 0.3. Le rotor de Savonius est caractérisé par un grand couple
de démarrage. A titre d’exemple, des machines de plusieurs kilowatts ont été
réalisées pour assurer le pompage de l’eau dans les pays du Sahel; elles
démarrent à des vitesses de vent faible, voisines de 2 à 3 m/s. Ces systèmes
présentent cependant beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages dans les
réalisations actuelles, en particulier ils nécessitent comme les systèmes à axe
horizontal parallèle « au vent » un dispositif d’orientation. La
récupération de l’énergie produite est en général beaucoup plus compliquée et
se traduit souvent par une perte sensible du rendement global.
· Le principe du rotor ou panémone de Darrieus inventé
par l’académicien français Darrieus au cours des années 1920-1935 repose sur
l’effet de portance d’un profil soumis à l’action d’un vent relatif. Il existe
quatre sortes de rotors de Darrieus: le rotor cylindrique, le rotor tronconique
, le rotor à variation cyclique et le rotor parabolique.
Rotor
de Darrieus: rotor de Savonius :

Toutes ces machines ont besoin d’être haubanées,
c’est-à-dire soutenues par des câbles ou des cordages. Le comportement
dynamique de la machine doit tenir compte des modes propres de vibration de
tous les organes structuraux, y compris celle des haubans.
· Le moulinet qui est une machine à traînée différentielle est constitué
de plusieures demi-sphères ou de coquilles cylindriques (augets) montées sur
des bras reliés à un axe vertical tournant.
La rotation est assurée par la traînée aérodynamique
qui s’exerce différemment sur l’aube qui remonte face au vent et sur celle qui
s efface au vent. Le paramètre l est inférieur à 1 ce qui
dénote une assez faible vitesse de rotation. Le coefficient de puissance
maximal Cp max est voisin de 0.18 lorsque l vaut 0,6. Les anémomètres à coupelles, à
papillon et du type Ailleret fonctionnent suivant ce principe. Les vents de
faible vitesse, 1 à 2 m/s, suffisent pour assurer leur démarrage.
Cependant, ce type de capteur éolien ne convient pas
pour alimenter un générateur électrique car il ne produit qu’une très faible
puissance.
· Les machines à écran: Les aubages qui vont à contre-courant du vent
sont protégés par un écran orientable grâce à la présence d’un gouvernail. Les
aubes peuvent être réduites à de simples plaques planes ou légèrement cambrées.
machine à écran: moulinet:

II Comment
tirer profit de l’énergie éolienne
II.1 Choix du
site
Par suite de l’irrégularité des vents, la
rentabilité d’une machine éolienne dépendra beaucoup du site sur lequel elle
est installée et sera liée aussi à son utilisation.
Les sites les plus intéressants sont situés au bord
de la mer ou aux sommets de collines et de montagnes bien dégagées. Toutefois
dans ces premiers lieux se posent des problèmes de corrosion et dans les
seconds des risques de givrage.

L’énergie éolienne est très utilisée pour alimenter
en énergie électrique des sites très isolés dont les besoins énergétiques sont
réduits, ou pour pomper de l’eau à peu de frais et de façon plus silencieuse
qu’avec un moteur thermique. Elle peut être une solution dans les pays où les
lignes d’interconnexion ne parviendront pas du fait de la faible densité de
population.
Dans le cas où toute autre source d’énergie peut
être envisagée, l’hydroélectricité par torrent ou rivière dans le domaine
privé, ligne de distribution E.D.F... une petite étude économique est
nécessaire.
La prospection des sites possibles constitue donc le
premier travail à effectuer pour juger de la possibilité d’utiliser le vent.
Des relevés météorologiques complets sur les sites présumés doivent être
effectués au moins pendant une année. Non seulement, il faut connaître la
vitesse moyenne mais aussi la quantité d’énergie annuelle. Pour cela, des
anémomètres spéciaux totalisateurs de l’énergie par mètre carré ont été mis au
point.
Les vents les plus intéressants, qui donnent le
maximum d’énergie annuelle, sont les vents réguliers, comme les alizés, ayant
une vitesse moyenne de 6 à 8 m/s, voire jusqu’à 10 m/s.
Outre ceux ayant une quantité d’énergie annuelle
insuffisante, il faut éliminer les sites soumis à des variations très brutales
de la vitesse du vent (type mistral par exemple).
Le relief local joue un rôle très important. Aussi,
y a-t-il lieu d’en tenir compte dans l’interprétation des mesures effectuées
souvent à la hauteur standard de 10 m au-dessus du sol (hauteur adoptée par la
Météorologie nationale).
Les constructeurs, en vue de la conquête des mers,
planchent sur des machines de plusieurs mégawatts. En effet, installer des
fermes de grande puissance à quelques kilomètres des côtes, où les ressources
en vent sont bien plus élevées qu’à terre, permettrait de réduire encore le
coût de l’électricité. De plus, l’impact visuel sera atténué.
Une haie joue le rôle de brise-vent ; il en est
de même des rideaux d’arbres ;ces obstacles s’avèrent défavorables à
l’implantation des éoliennes de faible hauteur.
Des phénomènes cycliques apparaissent avec des périodes
qui peuvent être de l’ordre de la dizaine de minutes, de quelques heures, de
plusieurs jours ou de la durée des saisons. La connaissance de la fréquence de
ces manifestations s’avère utile pour la sécurité des machines.
Certaines régions ont la réputation de voir naître
ou de voir passer un ou plusieurs cyclones par an, ou encore des tempêtes ou
des tornades. De ce fait, les pays à riche implantation de stations
météorologiques édictent des règles destinées à mieux cerner les hypothèses de
calcul pour donner aux constructions un degré de sécurité accrue.
II.2 Caractéristiques physiques des éoliennes
II.2.1 La limite de Betz
L’énergie récupérable est celle qu’il est possible
de prélever de l’énergie cinétique du vent. Betz a montré que, pour une machine
à axe horizontal, cette quantité avait une limite.
Après démonstration, en prenant pour la masse
volumique de l’air une valeur moyenne de
1,25 Kg/m^3, la puissance maximum pratiquement récupérable par un
dispositif de surface S est égale à :
P= 0,37 S .V 3
c’est la limite de Betz
avec V la vitesse instantanée du vent . Toutes les
grandeurs sont exprimées en unité SI
Cette puissance récupérable est celle que
recueillerait une machine idéale.
Bien qu’établie pour une éolienne à axe horizontal,
il est admis que cette valeur limite s’applique à la plupart des machines.
Le rendement maximal théorique d’une éolienne est de
59 %. Grâce à l’amélioration du profil et du revêtement des pales, les machines
actuelles peuvent approcher les 50 %. Mais l’utilisation de systèmes de
carénage permet d’élargir la surface balayée et donc de dépasser les fameux 59
%.
II.2.2 Les dispositifs de stockage de l’énergie
éolienne
Une caractéristique essentielle du vent étant la
discontinuité dans le temps, un certain nombre d’études ont eu pour objet
d’étudier ou de mettre au point des systèmes permettant de stocker l’énergie
produite par le vent et non utilisée directement pendant les périodes de
production afin d’en restituer une partie, aussi grande que possible, pendant
les périodes de calme.
Il existe différentes possibilités de stockage.
· Pour la production
d’électricité, le système de loin le plus utilisé est celui par batterie d’accumulateurs. Celles au
plomb, bien que lourdes et encombrantes, s’accommodent bien des fluctuations
propres au vent. Les autres types sont mal adaptés. Toutefois, ce type de
stockage ne convient que pour de petites puissances de quelques kW tout au
plus.
· Pour les stockages
importants, on peut faire appel au pompage de l’eau entre 2 réservoirs et une turbine si le terrain fournit une
possibilité intéressante en dénivelé. Le simple pompage de l’eau dans un
réservoir est aussi la solution pour stocker de l’eau dans le cas, par exemple,
de distribution d’eau alimentaire.
Principe : l’énergie éolienne sert à remplir un
réservoir de stockage dont l’eau sera turbinée pour restituer l’énergie.
· Le stockage thermique
commence aussi à se développer, essentiellement pour le chauffage. Les différents
types de stockage thermique existant sont utilisés : réservoir de fluides,
chauffage de produits à haute capacité thermique, etc.
Principe : l’énergie produite est utilisée pour
chauffer le fluide d’un réservoir qui restituera pendant les périodes sans vent
l’énergie stockée.
II.3 Caractéristiques technologiques des
éoliennes
II.3.1 Le supportage
Les pylônes peuvent être réalisés en acier ou en
béton armé. Ils peuvent être autoporteurs et autorésistants ou haubanés. Si
l'haubanage permet de réduire les dimensions du mât, par contre il pénalise
l’emprise au sol. Pour limiter l’occupation au sol, le supportage de plusieurs
éoliennes par une seule structure est envisagé ; dans ce cas, les pylônes
constitués de structures métalliques en treillis sont intéressants.
Actuellement les mats en caisson, souvent en acier et fortement ancrés au sol,
sont très répandus pour les éoliennes de forte puissance.
Les pylônes des machines à axe vertical sont courts,
entre 0,1 et 0,5 fois la hauteur du rotor. Ils sont le plus souvent du type
haubané.
Les problèmes de corrosion et de montage sont les
paramètres principaux dans le choix de la solution à adopter.
II.3.2 L’orientation
Deux solutions sont encore en concurrence :l’éolienne à rotor face au vent et l’éolienne
à hélice sous le vent.
L’éolienne à
rotor face au vent nécessite soit une dérive, soit une orientation actionnée par un
servomoteur recevant des informations et commandes de la part d’une girouette.
Les capteurs à axe horizontal doivent toujours être
orientés pour faire face au vent. Les dispositifs le permettant sont donnés
dans le tableau ci-dessous.
Les systèmes les plus simples sont ceux qui laissent l’hélice sous le vent. Le capteur,
placé à l’amont du supportage, nécessite une gouverne mais soustrait les pales
au sillage de ce supportage. Par contre s’il est placé en aval, la gouverne
n’existe plus et les efforts de manoeuvre sont plus faibles. Cette dernière
disposition est donc plus simple et donne une stabilité supérieure. Il est
cependant utile, dans tous les cas, de monter un amortisseur.
La disposition roue aval est de loin maintenant la
plus utilisée, même exclusivement dès que la puissance dépasse quelques
kilowatts.
Les changements de direction et les variations de
fréquence de rotation liés aux rafales sont à l’origine de vibrations néfastes
au bon fonctionnement de la machine. Le dispositif d’orientation devra donc
assurer le maintient du rotor face au vent sans provoquer lors des changements
brutaux du vent des variations d’orientation rapides de la machine.
Les grandes machines font appel à la technologie
électrohydraulique et le contrôle de l’orientation se fait par embrayage et
valves hydrauliques.
Différent types d’orientation des capteurs

II.3.3 Les pales
Les pales sont une partie très importante des
éoliennes. De leur nature dépendront le bon fonctionnement et la durée de vie
de la machine ainsi que le rendement du moteur éolien.
Plusieurs éléments caractérisent ces pales :
- la longueur
- la largeur
- le profil
- les matériaux
- le nombre
Parmi ces éléments, certains sont déterminés par les
hypothèses de calcul, puissance et couple et d’autres sont choisis en fonction
de critères tel que : coûts, résistance au climat ...
II.3.3.1 Longueur
Le diamètre de l’hélice est fonction de la puissance
désirée. La détermination de ce diamètre fixe aussi la fréquence de rotation
maximum, que l’hélice ne devra pas dépasser pour limiter les contraintes en
bout de pales dues à la force centrifuge. Il est essentiel de prendre en compte
le travail en fatigue des pales et les risques de vibrations, surtout pour les
très longues pales.
Pour les
roues à marche lente, ayant une inertie importante, le diamètre reste
limité à 8 m à cause de leur comportement lors de rafales de vent.
Pour les roues
à marche rapide, la longueur des pales peut être grande, supérieure à 30 m.
II.3.3.2 Largeur
La largeur des pales intervient pour le couple de
démarrage qui sera d’autant meilleur que la pale sera plus large. Mais pour
obtenir des vitesses de rotation élevées, on préférera des pales fines et
légères. Le résultat sera donc un compromis.
II.3.3.3 Le
profil
Il est choisi en fonction du couple désiré.
Pour la plupart des aérogénérateurs de moyenne et de
faible puissance, les pales ne sont pas vrillées. Par contre, pour la plupart
des machines de grande puissance ( ³ 100 kW), elles le sont,
c’est-à-dire qu’elles prennent la forme d’une hélice.
Les caractéristiques des différents profils sont
déterminées en soufflerie. Ils ont en général été étudiés pour l’aviation
(ailes ou hélices).
II.3.3.4 Les
matériaux
Les matériaux utilisés pour la réalisation des pales
sont variés et ont bénéficié de nombreux progrès, particulièrement ceux dus aux
pales d’hélicoptère.
Contrairement à ce que l’on croit fréquemment, ce
n’est pas dans le domaine de l’aérodynamique que réside la difficulté mais bien
dans celui de la construction et de la résistance des matériaux. En effet,
c’est dans le mode de réalisation des pales qu’il y a le plus à faire pour
augmenter la sécurité de marche.
Les matériaux utilisés pour la réalisation des pales
sont donc essentiels et doivent répondre à plusieurs exigences : ils
doivent être assez légers, résistants à la fatigue mécanique, à l’érosion et à la
corrosion, et de mise en oeuvre ou d’usinage simple.
On rencontre plusieurs types de matériaux :
- le bois : il est simple, léger,
facile à travailler et il résiste bien à la fatigue mais il est sensible à
l’érosion, peut se déformer et est réservé pour des pales assez petites.
- le lamellé-collé : c’est un matériau
composite constitué d’un empilement de lamelles de bois collées ensemble. Il
est possible de réaliser des pales jusqu’à 5 à 6 m de longueur ayant une bonne
tenue en fatigue.
- les alliages
d’aluminium pour des pales allant principalement jusqu’à 20 m de
longueur.
- les matériaux composites : leur
intérêt est de permettre la réalisation de toutes les formes et dimensions,
ainsi que d’obtenir les caractéristiques mécaniques exactes recherchées :
pale vrillée, corde évolutive, changement de profil.
II.3.3.5 Nombre de pales
Les éoliennes
à marche lente ont en général entre 20 et 40 ailettes et ont un couple de
démarrage proportionnel au nombre de pales et au diamètre ; leur rendement
par rapport à la limite de Betz est faible car leur vitesse en bout de pale est
limitée.
Les éoliennes
à marche rapide sont généralement bipales ou tripales. La roue bipale est
la plus économique et la plus simple mais elle est génératrice de vibrations
qui peuvent être importantes. La roue tripale présente moins de risques de
vibrations, d’où fatigue et bruit plus faibles, mais elle est plus compliquée
et plus lourde.
II.3.4 Systèmes de protection et de régulation
Quel que soit le type d’aéromoteur, il est nécessaire
pour éviter sa destruction lorsque les vents sont trop violents qu’il soit
équipé d’un système permettant de diminuer les contraintes mécaniques sur la
machine.
Les systèmes peuvent agir de façons différentes et
plus ou moins fines avec un degré d’automatisme nul ou intégral.
II.3.4.1 Système
de freinage manuel
C’est le moyen le plus simple de préserver une
machine de la destruction. Lorsque le vent atteint une certaine force un
opérateur immobilise la machine soit à l’aide d’un frein, soit en plaçant
l’hélice parallèle au vent (mise en drapeau), soit en modifiant le calage des
pales pour obtenir un couple moteur nul (système le plus efficace).
II.3.4.2 Système
de freinage automatique
Les deux moyens cités précédemment peuvent être automatiques
par action du vent sur une « palette » de commande.
La palette annexe est parallèle et solidaire du plan
de rotation de l’hélice. Lorsque la pression du vent sur cette palette,
proportionnelle au carré de la vitesse et à la surface de la palette,
k SV2 , k ~ 0,9 , atteint un certain
seuil, elle peut entraîner la commande d’un frein ou la mise en drapeau.
Ce dispositif peut être associé à un ressort qui
replace l’hélice dans sa position normale lorsque l’action du vent sur la
palette annexe a cessé.
Ces systèmes ne peuvent être utilisés qu’avec des
aéromoteurs dont la vitesse de rotation n’a pas à être constante. D’autre part
ils présentent l’inconvénient majeur d’interrompre le fonctionnement de
l’aéromoteur au-delà d’une certaine vitesse de vent.

II.3.4.3
Système de régulation par frein aérodynamique centrifuge
Les pales principales sont fixes (calage constant).
La régulation comporte 2 palettes P1 et P2
articulées en O1 et O2 sur un support normal à l’axe des
pales principales. Ces palettes ont leur partie avant un peu plus longue et
plus lourde que la partie arrière. Elles sont maintenues à la position repos
par les tiges t1 et t2 et les ressorts tarés x1
et x2 .
Jusqu’à une certaine fréquence de rotation f0
(c’est-à-dire la vitesse de vent correspondante V0), les palettes
restent concentriques. En formant un volant d’inertie, elles tendent à
maintenir la fréquence de rotation stable lorsque la vitesse du vent varie
pendant de bref instants (petites rafales).
Les pales ayant un calage fixe, la fréquence de
rotation augmente avec la vitesse du vent. Lorsque cette vitesse dépasse V0
, la fréquence de rotation dépasse f0 , la force centrifuge et la
pression de l’air sur les palettes deviennent prépondérantes. Les palettes P1
et P2 pivotent autour de O1 et O2 et prennent
la position correspondant au freinage (voir figure ci-dessous).
La vitesse diminue alors et l’action des ressorts x1
et x2 redevient prépondérante, ramenant les palettes à leur position
initiale. Si le vent est toujours supérieur à V0 le processus
recommence.
En fait, le mouvement réel ne présente que de
faibles variations de position autour d’une position d’équilibre. En
fonctionnement, les palettes semblent conserver une position d’équilibre fixe.
Mais la vitesse de rotation n’est pas très stable pour toute la plage
d’utilisation de vitesse du vent.
En plus de ce système de régulation, un frein peut
permettre d’immobiliser la machine en cas de tempête, d’arrêt urgent ou de
non-utilisation.

II.3.4.4 Régulation
par variation du calage des pales
(voir le dessin en annexe).
La régulation consiste à conserver une fréquence de
rotation constante de l’hélice pour toute une gamme de vitesses de vent. Cette
régulation est obtenue en faisant varier l’angle de calage a , et par suite l’angle d’incidence i qui est
l’angle entre la direction de la vitesse du vent relatif et l’axe de la pale.

Régulation par
mise en drapeau
Principe : la pale est orientée en incidence
légèrement négative et le profil ne porte plus.
Avantage : limiter les contraintes sur les
pales par fort vent.
Les machines qui utilisent ce système exigent d’être
freinées pour un vent supérieur ou égal à 36 m/s.
Régulation par
décrochage aérodynamique
Principe : on provoque une diminution de a , ce qui entraîne une augmentation de
l’angle d’incidence i de sorte que la traînée de la pale augmente
considérablement tandis que sa portance diminue (le système charge la machine
et il est source de phénomènes de fatigue).
Le système garantit une bonne régulation pour des
vents inférieurs ou égaux à 60 m/s.
Régulation par
asservissement du calage
Les 2 systèmes précédents peuvent fonctionner par
commande directe du calage, un vérin hydraulique dans l’arbre porte-hélice creux
par exemple.
Le vérin modifie le calage des pales en fonction de
la vitesse de rotation du rotor.
Ce système, plus souple mais techniquement plus
complexe, est réservé aux grandes machines.
II.3.4.5
Freinage mécanique
Les dispositifs de commande sont également
nombreux : frein à main, frein à air comprimé, frein électromécanique ou
électromagnétique : le frein est inséré au plus près du disque éolien
lorsqu’il y a une ligne d’arbre avec multiplicateur incorporé ; il agit de
façon progressive pour réduire les contraintes élevées apparaissant lors d’un
freinage brutal sur une roue de plus grande inertie. Le freinage d’une machine
constitue un élément de sécurité si important que, bien souvent, on conjugue
diverses solutions qui participe à la limitation en vitesse de rotation puis à
l’arrêt.
II.3.4.6
L’éclipsage
Il s’agit d’effacer plus ou moins soit le disque
éolien soit la totalité du système.
Soit on efface totalement ou partiellement le rotor
soit l’ensemble du pylône et de la machine peut être ramené à terre grâce à un
vérin hydraulique.
II.3.5 Le multiplicateur
Les rotors dont le diamètre est supérieur à 5 m ont
des vitesses de rotation trop faibles pour pouvoir entraîner directement un
alternateur classique. Il est donc indispensable pour ces machines d’interposer
entre l’aéromoteur et l’alternateur un multiplicateur.
3 types de multiplicateurs peuvent être utilisés
avec les aéromoteurs :
· Le plus simple est le
multiplicateur à engrenages à un ou plusieurs trains de roues dentées
cylindriques ; d’une réalisation économique il est tout de même encombrant
pour un rapport de multiplication élevé.
· L’utilisation de trains
planétaires permet de réaliser des multiplications élevées sous un encombrement
réduit. Leur utilisation se généralise ; cette technique permet de
réaliser des rapports de multiplication élevés sous un encombrement réduit et
avec un bon rendement de transmission. Les axes d’entrée et de sortie sont
colinéaires voire coaxiaux.
· Le réducteur à couple
conique permet une disposition de l’arbre de sortie perpendiculaire à l’arbre
d’entrée.
III Applications
L’énergie éolienne est captée dans les rotors sous
forme mécanique, c’est-à-dire sous la forme d’un couple dans un arbre en rotation.
Du fait, le plus souvent, de l’irrégularité de cette énergie elle n’est pas
utilisée sous cette forme mais convertie en énergie mécanique potentielle
(pompage d’eau), en énergie thermique et souvent en énergie électrique.
La détermination des organes de conversion,
générateurs électriques ou pompes, se pose sous le double aspect du choix du
type et de la puissance nominale. Cette détermination est liée en particulier
aux conditions météorologiques du site.
Un paramètre important dans la conversion de
l’énergie mécanique en une autre énergie est la vitesse de rotation du rotor.
Cette dernière est généralement faible (quelques dizaines à une centaine de
tours par minute). Or les générateurs électriques, mais aussi les pompes
rapides ou les convertisseurs thermiques, doivent tourner beaucoup plus vite,
d’où la plupart du temps la nécessité d’augmenter cette vitesse soit par un
artifice, soit par un multiplicateur. La solution la plus répandue utilise un
multiplicateur de vitesse à courroies, si le rapport est inférieur à 4 ou 5 et
la puissance limitée à quelques kilowatts, ou à engrenages dont le rendement
peut atteindre jusqu’à 95 %.
Le système éolien est constitué des éléments
suivants : un capteur éolien, un adaptateur mécanique composé des organes
de transmission de puissance avec multiplicateur ou réducteur de vitesses, un
transformateur d’énergie qui peut être électrique, hydraulique ou thermique, un
accumulateur d’énergie associé au transformateur, un réseau de distribution
alimentant le ou les utilisateurs, enfin les organes de commande, de sécurité
et de distribution.
III.1 Production d’électricité
Un aérogénérateur est
constitué par :
· Un
aéromoteur à deux ou trois pales pourvu d’un système de régulation conférant à
l’hélice une fréquence (vitesse) de rotation stable à partir d’une certaine
vitesse de vent, et éventuellement un système de sécurité destiné à arrêter la
machine en cas de tempête si le système de régulation est inopérant au delà de
certaines vitesses du vent.
· Un générateur électrique
qui peut être :
. soit directement accouplé à l’aéromoteur :
dans le cas le plus simple, l’hélice est montée directement sur l’axe du
générateur électrique ;
. soit entraîné par un multiplicateur placé entre
l’aéromoteur et le générateur électrique. La fréquence de rotation est liée au
diamètre de l’hélice et elle diminue lorsque le diamètre augmente. Pour garder
un bon rendement du générateur électrique, il est donc nécessaire d’augmenter
la fréquence de rotation obtenue avec l’aéromoteur avant d’entraîner le
générateur électrique. Ce générateur pourra être soit une dynamo fournissant un
courant continu directement utilisable pour charger une batterie, soit un
alternateur. Pour des raisons de coût et de rendement, les constructeurs d’aérogénérateurs
s’orientent de plus en plus vers l’utilisation des alternateurs.
· Un pivot d’orientation qui permet à la
machine de présenter l’hélice au vent quelle que soit sa direction.
· Un carter ou bâti qui
enveloppe, protège et relie entre elles l’ensemble des pièces.
· Un gouvernail, dans le cas
où l’hélice de la machine fonctionne au
vent.
Les aérogénérateurs actuels commencent en général à
tourner lorsque la vitesse du vent est d’environ 19 km/h, ils atteignent leur
puissance de croisière pour des vitesses du vent comprises entre 40 et 50 km/h
et s’arrêtent sous des vents soufflant à plus de 100 km/h. Les meilleurs sites
pour implanter des aérogénérateurs sont ceux où la vitesse moyenne du vent est
d’au moins 20 km/h.

III.2 Pompage de l’eau
Les éoliennes sont très utilisées pour le pompage de
l’eau.
III.2.1 Les éoliennes de pompage multipales
La pompe est simple et permet une hauteur de
refoulement importante. Par contre, elle demande un couple assez élevé et
surtout constant ; sa vitesse est faible.
Ce type de pompe s’accommode donc bien avec les
éoliennes lentes qui présentent des caractéristiques voisines des siennes.
Etant donné le mode d’attaque par une tige
descendante le long de la conduite de refoulement, tige adaptée surtout aux
efforts de traction, c’est la pompe à simple effet qui est la plus courante
(voir figure ci-dessous).
La pompe est caractérisée par son diamètre et sa
course. Ces 2 paramètres déterminent le volume maximum éjecté à chaque coup de
piston.

Systèmes
d’entraînement de la pompe
L’hélice entraîne directement un système
bielle-manivelle qui permet d’actionner le piston de la pompe selon un
mouvement de va-et-vient.
La dimension de la manivelle définit la course, donc
le débit, mais aussi le couple à vaincre par la roue pour assurer le mouvement
du piston. Son inconvénient est toutefois de présenter une irrégularité de
couple entre les deux courses. Pour régulariser le couple, on utilise des
dispositifs extérieurs : levier, poids, ressort. Ce dernier est
intéressant, car il évite les articulations supplémentaires et réduit les
frottements.
Pour des grandes profondeurs de pompage, il faut
minimiser les efforts d’inertie et éviter les phénomènes de résonance dans la
tige de commande qui, par suite de sa grande longueur, se comporte comme un
ressort. On est alors souvent conduit à réduire la vitesse par l’utilisation
d’un réducteur.
Il est dangereux pour les machines de dépasser une
certaine hauteur manométrique d’aspiration
(7 m) à cause des différentes pertes car le piston se sépare de l’eau,
ce qui n’est pas concevable dans un fonctionnement continu. La hauteur
manométrique totale ne dépasse guère 50 m pour des hélices de 2,5 m de
diamètre.
La hauteur manométrique est définie d’après le
schéma suivant :

III.2.2 Les éoliennes de pompage à hélice rapide
Le principal inconvénient des éoliennes multipales
est de posséder une régulation par tout ou rien. En effet, au-delà de 10 m/s ,
le moteur éolien se place dans le lit du vent grâce à la palette de régulation
et le dispositif ne pompe plus. Leur rendement est plus faible que celui des
hélices rapides.
On a donc pensé utiliser les éoliennes à hélice
rapide pour le pompage.
Eoliennes
rapides équipées de pompes à piston
Il existe des machines à hélice rapide à 3 ou 4
pales à régulation centrifuge, ce qui permet de continuer à pomper à la vitesse
nominale pour des vents de 33 m/s (120 km/h). Ces machines sont équipées d’un
réducteur entre l’hélice et le dispositif bielle-manivelle.
Aéromoteurs
rapides équipées de pompes centrifuges
La pompe centrifuge s’est substituée à la pompe à
piston, considérablement plus encombrante, plus coûteuse, et ne permettant généralement
pas l’accouplement direct au moteur électrique ou à tout mouvement de rotation.
La pompe centrifuge, dont le couple est assez faible
aux basses vitesses, s’adapte bien aux aéromoteurs rapides.
Le couplage de la pompe peut se faire soit mécaniquement par l’intermédiaire d’un
multiplicateur sur la tige de commande qui descend dans le tube de refoulement,
soit électriquement.
Conclusion
Bien qu’il existe de nombreuses sortes de capteurs
éoliens, seuls les capteurs à axe horizontal de type « éolienne
rapide » sont voués à un avenir pour la production d’énergie électrique à
grande échelle. Les recherches effectuées par l’aéronautique dans le domaine de
l’aérodynamique et les systèmes de régulation automatique des pales pour
obtenir une vitesse de rotation des pales à peu près constante quelle que soit
la vitesse du vent supérieure à la vitesse de démarrage principalement ont
permis d’accroître considérablement le rendement des éoliennes à tel point que
l’on atteint aujourd’hui des rendements approchant les 50 %. Mais l’utilisation
de systèmes de carénage permet d’élargir la surface balayée et donc dépasser le
fameux 59 % défini par Betz. De plus les éoliennes sont de plus en plus
puissantes (plusieurs mégawatts par éoliennes).
Jusqu’alors, les éoliennes étaient attractives car
écologiques, relativement silencieuses, et autonomes mais le prix de revient du
kilowattheure était bien plus cher que celui du réseau électrique national.
Aujourd’hui, les progrès techniques font que l’énergie éolienne est de moins en
moins coûteuse et presque aussi compétitive que l’énergie du réseau national en
prenant en compte le coût d’installation des lignes électriques. On pense avoir
une énergie éolienne compétitive dans trois à cinq ans. EdF espère que le kilowattheure
éolien qui coûtait en moyenne 50 centimes il y a dix ans, va passer à 35
centimes en 2001 et à 28 centimes en 2005. Dans ce contexte, l’énergie éolienne
sera devenue une énergie comme les autres.
On assiste actuellement à de vastes programmes d’implantation d’énergie éolienne en France et en Europe tel le programme Eole 2005 lancé par EdF qui va mobiliser 620 millions de francs d’investissements privés et environ 700 millions de francs supplémentaires pour aller jusqu’à 500 mégawatts. EdF pense pouvoir aller sans hésiter jusqu’à 1 000 mégawatts dans l’hexagone ce qui est modeste comparé aux 12 000 mégawatts qui doivent être installés en Europe d’ici 2002. Ali-Réza Laali, spécialiste du domaine à la direction des études de recherche d’EdF pense qu’un réseau peut s’accommoder de 10 à 20 % d’énergie éolienne. L’avenir de l’énergie électrique est donc très optimiste.
Bibliographie
n Encyclopédie des Sciences
Industrielles Quillet, supplément, Energie éolienne,
Paris, 1983.
n
THEMA Encyclopédie Larousse, Sciences et Techniques, Energie du vent et de la mer, 1990.
n
Encyclopédie Techniques de l’ingénieur, Mécanique et chaleur, Energie éolienne, Jean MARTIN, 1996.
n
Energie éolienne, Théorie, conception et calcul pratique des installations, Désiré Le Gourières,
Edition EYROLLES, 1980.
n
Vent et performances des éoliennes, C.G. JUSTUS, Edition SCM, 1980.
n
Eoliennes et Aérogénérateurs - Guide de l’énergie éolienne, Edisud, 1979.
n
L’USINE NOUVELLE, Energie renouvelables : Le
printemps du solaire et de l’éolien, N° 2638, 1998.
n
Encyclopédie Microsoft ENCARTA 97, Eolienne,
Microsoft Corporation, 1993-1996.