Les
Grandes Antilles à l'époque précolombiennes.
En découvrant l'île qu'il baptisera Hispaniola (et qui deviendra Haïti - république Dominicaine), Christophe Colomb dit qu'elle " était la plus belle chose du monde " et en parlant de ses habitants : " ce sont des gens d'amour et ils ne sont pas envieux et ils sont serviables pour toute chose, et je certifie à vos Altesses que dans le monde, je crois qu'il n'y a ni meilleure personne ni meilleure terre ; ils aiment leur prochain comme eux-mêmes; et ils ont un parler le plus doux et le plus calme du monde, et sont toujours souriants. Ils vont nus, hommes et femmes, comme leurs mères les mirent au monde. Mais, vos Altesses peuvent le croire, entre eux ils ont de bonnes moeurs et il règne une si merveilleuse ambiance que c'est un plaisir de voir tout cela réuni... ".
Christophe Colomb entre en contact avec les peuples
taïnos en 1492. Ils sont environ un mil-lion d'habitants répartis
en Haïti, Saint-Domingue, Puerto Rico, Cuba et la Jamaïque. Dix
années plus tard leur population ne dépasse pas dix mille
personnes.
Ces " gens d'amour " ne peuvent résister aux massacres,
viols, travail forcé que leur imposent les conquérants espagnols.
Devant la barbarie qui répond à leur accueil bienveillant,
leur uni-que réponse sera le recours au suicide collectif. Les Taïnos
n`ont pas peur de la mort ; de plus, ils ont un précepte: "Mieux
veut mourir que vivre d'une façon misérable. Alors, ils se
pendent, se jettent dans le vide, se transpercent la poitrine. Les femmes,
courageusement, choisissent l'avortement plutôt que de mettre des
enfants au monde ".
II semblerait que les Taïnos vivaient comme au Paradis aux yeux des Européens, dont les préoccupations n'étaient ni mercenaires ni mercantiles. La civilisation taïno est de nature con-viviale. Même si elle est structurée sur une forme pyramidale dont les chefs sont les caciques, exercent le pouvoir et bénéficient de ses attributs, celui-ci est plutôt d'ordre sacré et s'inscrit dans une lignée. Les villages regroupent de 500 à 2000 habitants. Le peuple taïno pratique la chasse et la pêche, mais aussi l`agriculture. Le découpage des territoires, qui dépend des cinq grands caciques, et qui sont gouvernés par les caciques de village, ne pose pas de problèmes de rivalité.
Les Taïnos ignorent la notion de profit. On a pu parler d'une société de loisirs sans Etat. Les caciques ne sont pas les seuls gardiens des traditions. II y a surtout les béhiques qui font of-fice de prêtres guérisseurs. Pour communiquer avec l'invisible, une longue et dure initiation est nécessaire. La prise de la Cohoba (" l'herbe de joie ") qui est une plante hallucinogène, permet d'entrer en contact avec les zémis, qui sont censés apporter des messages aux hom-mes, favoriser les récoltes, guider les guérisseurs pour le soin des malades.
Une grande partie de l'art taïno est consacré
à la sculpture des zémis. Cet art est très expres-sif.
Les sculptures sont en bois, en pierre ou en terre cuite. D'autres zémis
sont composés du crâne d'un mort et d'os enveloppés
dans du coton finement tressé. L'idole a une forme hu-maine, la bouche
est ouverte et les dents sont alors celles du mort.
Pour fuir les Espagnols, les Taïnos prirent l'habitude de prier leurs
dieux dans des grottes reculées et peu accessibles. C'est dans celles-ci
que certaines pièces ont pu être découverte.
Un aspect particulier de l'art taïno est les zémis en pierre.
Il s'agit de pierres sculptés de fa-çon à former une
figure à trois pointes sans autres motifs. Ces trigonolithes sont
ainsi des formes dépouillées et équilibrées
sur la base du triangle. Les pierres à trois pointes peuvent parfois
aussi être décorées d'éléments humains
et animal.
Les guérisseurs béhiques disent que
" la nuit viennent beaucoup de serpents de différentes espèces,
des blancs, des noirs, des verts et de bien d'autres couleurs, lesquels
lèchent le visage et le corps dudit guérisseur qu'ils ont
laissé pour mort. Ce dernier reste ainsi deux ou trois jours, le
temps que les os des bras et des jambes s'unissent de nouveau et se soudent
et se levant et marchant peu à peu, il revient chez lui. Et ceux
qui le voient l'interrogent en disant: " tu n'étais pas mort
? " Mais il répond que les zémis lui sont venus en aide
sous la forme du serpent ".
Les Taïnos ne transigent pas avec les guérisseurs incompétents.
Si l'un d'eux échoue à guérir un malade, il est émasculé
et ces membres sont brisés jusqu'à ce que mort s'ensuive.
D'autres objets sont très importants dans
le rituel de la Cohoba. Les duhos sont des sièges sculptés
en bois, qui sont la propriété exclusive des caciques, des
béhiques et dee nitainos (serviteurs des caciques). Ces sièges
sont taillés dans une seule pièce de bois. Ils sont d'un art
achevé tant au niveau fonctionnel que dans leur donne décorative
et sacrée. Ils sont soit de forme zoomorphe, les quatre pieds sont
alors les pattes d'un animal, avec une tête sculptée dont les
dents sont en os de manati ; soit ils présentent une forme humaine
; le torse ou le dos
évidé constitue alors le siège où s'installent
les caciques pendant le rituel de la Cohoba.
Avant d'inhaler la poudre hallucinogène, celle-ci a été
broyé à l'aide de pilons en bois ou en pierre qui sont aussi
sculptés finement. Mais avant toute cérémonie, il faut
être purifié. Pour ce faire, les Taïnos se font vomir
à l'aide de spatule vomitives dont l'extrémité tenues
dans la main représente de magnifiques statuettes.
L'organisation de la vie communautaire est centrée
autour d'un jeu : le jeu de la balla ou jeu de batey. Les bateyes ou places
de jeu sont le lieu sacré de la vie communautaire. Le jeu se pratique
autour d'une balle en caoutchouc qui rebondit extrêmement haut et
que les joueurs, semble-t-il, ne doivent pas laisser rouler à terrc
sans lui avoir fait franchir les limites du camps adverse. Selon les observations
des Espagnols, la dextérité des Taïnoïs pour frapper
la belle avec tous les endroits du corps, était stupéfait.
Le jeu de batey n'est pas un jeu purement gratuit. C'est aussi un rituel,
et les joueurs prati-quent la purification et le jeûne avant les parties.
Les gagnants sont des héros et fêtés comme des dieux.
Des masques de bras, des coudes, des ceintures de hanches sont les parures
et attri-buts du jeu qui servent à frapper la balle. Ce sont aussi
des objets rituels pendant et près la partie.
Extermination des Taïnos d'Hispaniola
Années Nombre d'individus
1493 3 à 4 millions
1496 1 100 000
1508 60 000
1509 40 000
1510 30 000
1518 12 000
1542 200
1568 13
Dès la première décennie du XVIème siècle,
commencèrent les premières immigrations d'esclaves d'Afrique
pour faire face à la carence en main d'uvre locale.
Digest :
1/ mai 94 : Exposition d'art Taïno au Musée du Petit Palais
à Paris
pour Scales ou Néphilim (stase de Néphilims dans des Zemi)
2/ Ambiance 1930 : Haïti découverte d'un sanctuaire Taïnos.
Les 7 " découvreurs " rentrent aux Etats-Unis. Commencent
une série de morts suspectes. Malédiction ou affaire de profits
(l'un des découvreurs voulant être le seul à profiter
de la découverte et des richesses).