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Illégalité
Ces CD sont
illégaux car ils remettent en cause le droit d'usage, celui
d'écouter normalement un produit acheté, et bafouent le droit
à la copie privée reconnu par la loi Lang de 1985", a estimé
mardi le président de l'association de consommateurs, Alain
Bazot. "D'autant qu'en échange de ce droit à la copie privée,
les consommateurs paient sur les supports d'enregistrements
vierges et les baladeurs une redevance qui a rapporté 135
millions d'euros en 2002, répartis entre producteurs, auteurs
et interprètes", a-t-il noté. UFC-Que Choisir a déposé
plusieurs procédures rapides devant les tribunaux de grande
instance de Paris et Nanterre, qui doivent juger les 24 et 27
juin.
Depuis quelques
mois, des grands éditeurs comme EMI, Virgin et BMG
verrouillent systématiquement les disques à succès, a expliqué
Julien Drougnon, d'UFC-Que Choisir, qui a recensé 350 CD
protégés sur le marché français. Ils veulent empêcher des
pirates de copier des titres pour les revendre ou les échanger
gratuitement sur Internet, s'estimant gravement lésés par ces
pratiques. Or, les "verrous" empêchent parfois l'écoute sur
certains appareils. L'association a reçu plusieurs centaines
de lettres de protestation d'acheteurs. Ces systèmes
"présument que le consommateur est un pirate en puissance", a
commenté Alain Bazot. Par exemple, ils empêchent les clients
de bonne foi de transférer leurs disques sur leur baladeur
numérique. Les clients qui se plaignent en magasin
n'obtiennent généralement aucun remboursement ni reprise.
Directive européenne
Pour UFC-Que
Choisir, la décision des producteurs de poser des verrous sur
les CD, souvent sans consulter les artistes, est aussi
illégitime car ils ne sont pas aussi lésés qu'ils le disent
par des copies illégales puisque les ventes de disques en
France ont augmenté de plus de 10% en 2002. L'offensive de
l'association intervient à quelques mois de la transposition
en France de la directive européenne sur les droits d'auteurs
et voisins, qui légalise les systèmes anti-copies mais laisse
la liberté aux Etats de garder le droit à la copie privée. Il
existe plusieurs solutions techniques, notamment
l'autorisation d'un nombre limité de copies, dont le nombre
fait déjà débat.
"Le principe de la
copie réalisée à titre privé correspond à un usage que ne
conteste pas l'édition phonographique", a précisé mercredi
écrit le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP),
qui a rappelé que "la législation européenne et française
autorise les producteurs à mettre en place des mesures
techniques dont l'objectif est d'empêcher la piraterie". "S'il
existe certains problèmes techniques, ceux-ci portent sur un
nombre très limité d'usages et de références", a ajouté le
SNEP. "Ces cas isolés sont provisoires, ils doivent être
réglés dans les prochains mois non seulement par les éditeurs
phonographiques mais aussi par les constructeurs de matériels
(lecteurs CD, auto-radios, baladeurs, PC etc.) afin que les CD
puissent être écoutés sur l'ensemble des appareils disponibles
dans le commerce", a poursuivi le syndicat.
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