Tomas Milian

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Tomas Milian, le plus cubain des italiens

Tomas Milian, de son vrai nom Tomas Quintin Rodriguez, est né le 3 mars 1937 à Culono sur l'île de Cuba. Il part pour Miami en 1955. On le retrouve 1956 dans la célèbre troupe d'Elia Kazan, l'Actors Studio où il suit les pas et l'école des Marlon Brando, Eli Wallach, Rod Steiger ou encore Robert de Niro. En 1959, il fait une courte apparition dans "La notte brava" de Mauro Bolognini.
Sa carrière européenne commence. Mais préoccupons nous de notre période. Tomas Milian joue dans plus de 15 westerns entre 1966 et 1975, soit plus d'un western par an. Ces westerns sont aussi diversifés que réussi : "Tire encore si tu peux" de Giulio Questi, en 1967, un western esthétique maladroit sur le thème de la mort, "Faccia a Faccia" de Sergio Sollima en 1967, un western teinté de politique (fortement ancré à gauche) dans le mexique révolutionnaire, tout comme "Companeros" de Sergio Corbucci en 1970, ou il partage la tête d'affiche avec Franco Nero. En 1972, après la tornade Trinita il éssaie le western parodique avec "Providenza" de Giulio Petroni. Enfin, "Les quatre de l'apocalypse" est un éssai raté de western impréssioniste.En 1967, dans "Faccia a faccia" il incarne un hors la loi, tueur froid sans remord qui, au contact d'un lettré (un professeur d'histoire interpretté par le sublime Gian Maria Volonte) va évoluer : l'animal qu'il était apprends à devenir humain. Son personnage marque par la noblesse et l'expression qu'il donne à son personnage. Ce n'est pas un hasard s'il reste avec Franco Nero l'un des acteurs les plus marquants du genre. Sa gueule, son teint, ses grimaces, son port fière et son regard sombre et profond lui confère une noblesse et une gravité héritées d'un Hannibal ou d'un César. Il marie le vulgaire et la grandeure afin de faire surgir un personnage hybride entre l'homme et l'animal, entre un Cicéron et un Clodius. Car n'oublions pas que le western spaghetti est opéra, opéra de la violence qui exalte les passions et théatralise les personnages.
Après 1975, Tomas Milian comme la plupart des acteurs du genre change de cap. On le retrouve dans un nouveau genre : Le polar. Durant cette période qui se prolongera jusqu'au début des années 80, Tomas Milian sera souvent dirigé par Umberto Lenzi et Bruno Corbucci, frère moins talentueux du célèbre Sergio Corbucci. Il est paradoxale de voir ce grand acteur de talent mutiplier ses apparitions dans des films minables aux méssages douteux teintés de discours fascistes.
Même si ces apparitions sont devenues désormais sporadiques (une apparition dans Amistad de Steven Spielberg) Tomas Milian reste un acteur exceptionnel.

Courte Filmographie de ses westerns :

1966 - The Bounty Killer, d'Eugenio Martin, avec Mario Brega
1967 - La Reisa dei Conti, de Sergio Sollima, avec Lee Van Cleef
1967 - Faccia a Faccia, de Sergio Sollima, avec Gian Maria Volonte et William Berger
1967 - Tire encore si tu peux, de Giulio Questi
1968 - Tepepa, de Giulio Petroni, avec Orson Welles
1968 - Corri Uomo Corri, de Sergio Sollima
1970 - Vamos a matar Companeros, de Sergio Corbucci, avec Franco Nero et Fernando Rey
1972 - Providence, de Giulio Petroni
1974 - Le blan, le jaune et le noir, de Sergio Corbucci, avec Giuliano Gemma et Eli Wallach
1975 - Les quatre de l'apocalypse, de sergio donatti