Untitled Document

TUVA - QUELQUES INSTRUMENTS DE MUSIQUE TUVA Main Page

L'IGIL
L'Igil est une vièle à deux cordes, d'un seul tenant ou monoxyle, caisse de
résonance et manche étant taillés dans un seul morceau de bois, en général
du mélèze. La longueur du corps de l'instrument est d'environ un mètre. les
deux chevilles et le chevalet sont en bouleau, certainement pour la
solidité du bois. Le chevalet est mobile et peut être retiré après chaque
exécution.
La caisse de résonance, évidée, est de forme oblongue, mais on peut trouver
aussi des modèles trapézoïdaux. Le manche se termine parfois par une tête
de cheval sculptée. La mélodie produite sur cet instrument est toujours
diphonique, la corde grave servant de bourdon. Le musicien fait passer le
crin de l'archet dans sa main repliée de manière à ce que ses doigts
puissent en réguler la tension. Les doigts de la main gauche ne frottent
pas les cordes contre le manche, mais les effleurent légèrement de côté. Le
main se déplace ainsi librement le long du manche tout en le soutenant par
la paume Cette façon de jouer rajoute au caractère lyrique de certaines
mélodies.
Le musicien joue de l'instrument assis sur un tapis lors de soirées et de
fêtes. Pour un concert, l'instrumentiste s'assoit sur une chaise, la jambe
gauche posée sur la droite. L'instrument est fixé par sa pointe sur la tige
de botte de l'instrumentiste.

La BYZANCY
C'est le type de vièle répandu dans toute l'Asie et particulièrement en
Mongolie. La première caractéristique de l'instrument est le lien
indétachable qui unit le crin de l'archet aux cordes de l'instrument. Le
crin de l'archet est composé de deux touffes de cheveux. L'instrument
possède quatre cordes. Une série de cheveux passe entre les deux premières
cordes et l'autre entre les troisième et quatrième cordes.
Les cordes 1 et 3 forment un unisson, à un intervalle de quinte par rapport
à l'autre unisson, aux cordes 2 et 4.
Une autre particularité de la vièle byzancy est la présence d'un sillet
mobile, fixé autour des cordes et relié au manche par une cordelette ou
lanière en cuir. Cet anneau métallique permet de raccourcir la longueur des
4 cordes instantanément et de manière simultanée. C'est ainsi la partie
vibrante de la corde mise en mouvement qui est variable, sur un intervalle
de tierce.
La caisse de résonance est en bois, de forme cylindrique ou hexagonale. On
en trouve aussi de forme rectangulaire. Le manche, qui traverse de part et
d'autre la caisse, est aussi de forme cylindrique ou rectangulaire. La
taille de l'instrument est en général assez proche de celle constatée sur
l'Igil. Son manche se termine parfois par une tête de cheval sculptée. La
peau tendue sur la caisse de résonance est souvent la même que pour les
autres cordophones.
Le jeu sur cet instrument diffère des autres modèles quant à la position
des doigts, non pas sur les cordes mais en dessous, soit entre le manche et
les cordes. Le répertoire du byzancy est composé de chants traditionnels,
qui pour certains se sont détachés du modèle chanté de référence.

Le luth DOSPULUUR
C'était l'instrument le plus répandu dans la Touva pré-soviétique.
L'instrument peut être constitué d'une caisse de forme variée : ovale,
arrondie, piriforme, trapézoïdale. Cette dernière forme est réalisée par un
assemblage de planches au moyen d'échancrures. L'instrument, à 2 cordes, a
une taille d'environ 80cm. Son mode de production sonore se fait à l'aide
du pouce et du majeur de la main droite, par pincement des cordes
simultanément ou de manière alternée.

Le luth CANZY
Ce luth à 3 cordes d'origine chinoise a été introduit à Touva par la
Mongolie. La caisse de résonance est en bois d'acajou, arbre qui ne pousse
pas à Touva. La caisse est de forme circulaire, aux extrémités arrondies.
Elle est recouverte de peau de serpent. Un manche pénètre dans la partie
supérieure de la caisse, donnant au corps de l'instrument une taille d'un
mètre environ. Le manche se termine par une volute, légèrement retournée
sur elle même. Le CANZY, est généralement accordé en quartes (parfois
quarte + quinte). Lors du jeu, les doigts de la main gauche serrent les
cordes contre le manche. C'est un instrument particulièrement prisé pour
accompagner le chant diphonique, notamment pour le style sygyt dans un
rythme saccadé.

La flûte SOOR
Cette flûte était très populaire chez les Touvas dans le passé.
L'instrument est fait à partir d'une branche de saule, choisie en fonction
de son diamètre (2,5cm - 3 cm) et de la longueur désirée (environ 80cm).
Une fois coupée, elle est ensuite fendue, à l'aide d'un couteau, sur toute
la longueur en 2 parties égales, en partant du milieu. Ce procédé permettra
alors d'extraire la lignine contenue, par pression des doigts de chaque
côté, avant de relier les deux parties de l'instrument en préparation.
Celui-ci est constitué d'un conduit de bois évidé sur lequel est enroulé la
racine de l'arbre qui a servi à sa réalisation ou , dans d'autres cas, d'une fine enveloppe blanche, retirée de l'œsophage d'un maral. Trois ouvertures, placées sur le côté permettent à l'instrumentiste de produire des sons de hauteurs différentes ; elles sont situées dans la partie inférieure du tube pour deux d'entre elles, et beaucoup plus haut pour la troisième, à une dizaine de centimètres de l'embouchure. Chaque trou est agrémenté de rainures transversales pour en faciliter la prise par les doigts.
La flûte est jouée obliquement, l'embouchure tenue entre les dents. Lors du
jeu, la voix de l'exécutant s'ajoute parfois à la mélodie instrumentale.
L'ambitus dépasse largement une octave et demie.

La flûte LIMBI
C'est une flûte traversière en bambou, à 6 trous, provenant de Mongolie.
La taille de cette flûte est 60 cm environ. L'extrémité supérieure de
l'instrument est obturée par un bouchon en bois. Non loin, une ouverture
est aménagée, par laquelle l'exécutant produit les sons. Un peu plus bas
est taillé un deuxième trou, sur lequel est collé une fine feuille de papier, donnant un timbre particulier.

Les Guimbardes
Le type de guimbarde le plus répandu à Touva est la guimbarde en fer
hétéroglotte Demir-xomus. La languette , cunéiforme, est mise en mouvement par pincement du majeur de la main droite. Le cadre, de forme trapézoïdale, maintient et enserre la languette. Il est tenu au niveau du talon par le pouce et l'index, de la main gauche . Le soudage de la languette sur le
cadre est la phase la plus délicate de la fabrication de l'instrument. La
guimbarde est jouée aussi bien par les homme que les femmes et les enfants
en diverses occasions.
Un autre type de guimbarde en bambou est appelé Kuluzun-xomus. L'instrument est de facture idioglotte. La languette est ici découpée dans une fine planche qui lui sert de cadre. Celui-ci est fermé, de forme rectangulaire, et aux extrémités arrondies.
Une ficelle est fixée au cadre. La mise en vibration se fait par traction sur la cordelette. Cette traction est répétée et continue. Elle donne des sons plus faibles que pour la guimbarde métallique. L'utilisation de ce type de guimbarde à Touva où il ne pousse pas de bambou s'explique par la domination chinoise, établie entre 1757 et 1911.

La musique touva, aux multiples facettes, notamment avec le chant
diphonique ou le chant de gorge khoomei, nous dévoile une culture musicale
extrêmement intéressante et diversifiée.
 

Back to TUVA Main Page

Back to OVERTONES Page