Nutrition du chebval athlète
Nutrition du cheval athlète

Préambule

Le cheval est un herbivore, ce qui veut dire que sa nourriture provient de matières végétales. Le rapport entre la longueur de son corps et celle de son tube digestif est de 1:12. (chien = 1:6, vache = 1:20).

Les herbivores ne possèdent pas les enzymes nécessaires pour digérer les fibres végétales. C’est pour cela qu’ils ont développé des réservoirs de grande capacité pour réaliser des fermentations digestives par les bactéries et les protozoaires : la panse chez la vache (71% du tube digestif) et le cæcum et le colon chez le cheval (60% du tube digestif).

Le cheval choisit sa nourriture avec ses lèvres très tactiles, la saisit avec ses 3 paires d’ incisives coupantes et la broie entre 6 paires de grosses molaires, il la mélange à de copieuses quantités de salive, enfin l’avale sous forme de boulettes.

La salive hydrate l’aliment, le lubrifie grâce à du mucus et neutralise son acidité, par sa richesse en bicarbonates, avant son arrivée dans l’estomac.

Le cheval ne peut pas vomir ni éructer, parce que la musculature de son œsophage (1) est majoritairement de type involontaire, donc incapable d’inverser le péristaltisme avant – arrière naturel.

L’estomac (2) est petit (18 litres) et contenu entièrement par la cage thoracique, ce qui ne permet pas de déceler extérieurement une distension gastrique.

L’intestin grêle (4-5-6) (22 mètres) comporte 3 sections : duodénum, jéjunum et iléum.

 

Le duodénum (1er mètre) reçoit les sucs digestifs du foie et du pancréas. Le cheval, contrairement à la plupart des autres espèces, n’a pas de vésicule biliaire ni de sphincter au bout du canal biliaire, ce qui fait que le flux de bile est continu.

Le jéjunum se balance dans l’abdomen, suspendu à la voûte par le mésentère et est sujet aux déplacements tels que les torsions, incarcérations ou invaginations.

L’iléum (1 mètre) est mieux fixé, sa musculature permet le passage des ingestas dans le cæcum.

Le gros intestin commence par le cæcum (7), sorte de sac dressé derrière les dernières côtes à droite. Son entrée et sa sortie sont contiguës en haut du sac.

Il est suivi par le colon replié (8 à 14) (81 litres) qui forme un double U. A cet endroit, une grande quantité d’eau est récupérée par la paroi intestinale, lors de la transformation des résidus alimentaires en boules de crottins.

La digestion

1 L’estomac

Le suc gastrique, acide et contenant une enzyme de digestion des protéines, mélangé aux aliments par le brassage de la musculature de la paroi, réduit la matière en petites particules qui se solubilisent pour la plupart. Quand la bonne taille est atteinte, l’expulsion du « chyme » se produit vers le duodénum.

2 L’intestin grêle

Le chyme est maintenant mélangé avec la bile et les sécrétions pancréatiques : il en résulte une digestion des hydrates de carbone, des graisses et des protéines.

L’absorption des graisses se fera presque entièrement dans l’intestin grêle, tandis que pour les carbohydrates et les protéines, une bonne partie passera dans la gros intestin et sera résorbée à cet endroit là.

 

Le péristaltisme du grêle va emmener la grande quantité des aliments ingérés, l’eau, les électrolytes et les enzymes vers le cæcum. La durée du transit est vraiment courte : environ 3 heures.

Sur une période de 24 heures, le volume des sécrétions véhiculées de la bouche au cæcum peut représenter 125 litres pour un cheval de 450 kg. Ces fluides vont permettre le malaxage et les fermentations dans le gros intestin.

Ils sont récupérés à 70% par la paroi du cæcum, 20% par le colon et le rectum et le reste est perdu dans les crottins.

3 Le gros intestin

Il s’agit ici essentiellement d’une digestion des aliments par les enzymes microbiennes, qui vont produire des acides gras volatiles et de l’ammoniaque qui sont aussitôt absorbés.

La fermentation est un processus fort lent et peut durer plusieurs jours. Enfin la masse des ingesta est poussée dans le petit colon et le rectum.

En conclusion, si des nutriments solubles sont résorbés très vite après leur entrée dans le tube digestif, la plupart des matériaux ne le sont que bien après, par une longue fermentation dans le colon.

LES ALIMENTS DU CHEVAL

On peut les classifier en 4 catégories :

 

    - Fourrages

    - Aliments énergétiques

    - Aliments protidiques

    - Suppléments minéralo – vitaminés

     

1 Les fourrages

Ce sont la pâture et les foins de graminées ou de légumineuses, la pulpe de betterave et le son de riz.

Les légumineuses (luzerne, alfalfa, trèfle) fixent l’azote atmosphérique et en font des protéines végétales. Les fourrages sont de bonnes sources de protéines, de calcium et de fibres. Leurs qualités nutritionnelles varient assez fort en fonction de l’époque de leur récolte (maturité), de la fertilité du sol et des pertes subies lors de la récolte (météo) ou du stockage. Pour les graminées, il vaut mieux rejeter les 1 ères coupes et les regains, trop pauvres en fibres et trop riches en azote.

 

2 Les aliments énergétiques

Après l’eau, c’est l’énergie qui est le nutriment le plus demandé.

Les aliments les plus riches en énergie sont les céréales, par ordre décroissant : maïs, orge et avoine. Ils apportent aussi pas mal de phosphore (par le son). Les céréales sont servies entières, aplaties, moulues, floconnées…

Une autre source importante d’énergie réside dans les graisses et les huiles, qui apportent 2 1/2 x plus d’énergie que les céréales, à poids égal. Mais les matières grasses n’apportent ni protéines, ni fibres, ni minéraux.

3 Les aliments protidiques

La protéine est le nutriment le plus cher à produire. Les aliments protidiques sont riches en protéines (20% ou + de protéine brute) et pauvres en fibres.

La farine de soja en est le représentant le plus riche et possède une bonne balance des acides aminés. La farine de lin est moins riche en protéines.

4 Les minéraux et vitamines

Ils peuvent être achetés comme suppléments alimentaires. Ils sont aussi présents dans de nombreux supports naturels (levure de bière…).

La formule de supplémentation en minéraux – vitamines – oligo-éléments nécessaire à l’équilibre des apports, dépendra du contenu de la ration alimentaire.