En compétition
Suppléments en compétition

Besoins particuliers du cheval de compétition

Remarque

Tout conseil de rationnement ne peut éluder l’importance de l’œil de celui qui nourrit le cheval;

sa capacité d’observation est irremplaçable car chaque individu est particulier et ne réagit pas nécessairement comme la moyenne de sa race.

 

1 L’énergie

Pour un cheval de 500 kg à l’entretien, nous assurerons un apport de 16.4 MégaCalories (MC) d’Énergie Digestible (ED) par jour (selon le NRC).

Le supplément d’apport énergétique pour l’athlète va dépendre de nombreux facteurs comme le type de travail, sa durée, son intensité, la condition du cheval, son état de santé, la température environnante…

Le NRC recommande de multiplier l’apport de maintenance par 1,25 - 1,50 et 2 lors de travail léger, moyen et lourd.

Sources d’énergie

a Les hydrates de carbones solubles (amidon des céréales)

Excellente source d’énergie, rapidement digérée, stockée sous forme de glycogène musculaire.

La surcharge en glycogène musculaire peut amener l’accident connu sous le terme ”Maladie du lundi”, “Tying Up” ou “Myopathie d’exercice”. C’est l’entraînement qui permettra d’éduquer le muscle à supporter des niveaux d’acidose lactique (déchet de la consommation brutale de grandes quantités de glycogène) de plus en plus élevés, sans dommage pour le muscle (cela sera développé dans une page sur l’entraînement).

b Les hydrates de carbone fibreux (cellulose des fourrages)

Un rationnement trop fibreux peut diminuer l’assimilation de l’énergie par un excès de volume des ingesta, plus lents et plus difficiles à digérer.

D’un autre côté, un régime pauvre en fibres provoque des perturbations digestives jusqu’à l’ulcération des muqueuses.

La règle veut que le cheval reçoive au moins l’équivalent de 0,5% de son poids, en fourrage.

Soit pour un animal de 500 kg, 2.500 gr au minimum par jour.

Pour le cheval d’endurance, l’augmentation de la ration de fourrage lui permet d’augmenter sa réserve d’eau et d’électrolytes, dans le colon, et donc d’améliorer sa réponse à la déshydratation, problème majeur dans cette discipline.

 

c Les matières grasses

Cette source d’énergie retient beaucoup l’attention des nutritionnistes,depuis + de 10 ans. Elle est très digestible, très riche, apportant 2,25 X + de calories que le même poids d’amidon.

La dose journalière peut atteindre 500 gr (8% de la ration totale), sans perte d’appétence ni problèmes hépatiques. Les huiles végétales (tournesol, maïs, arachide) sont les plus utilisées, soit pures, soit incorporées dans des aliments spécialisés pour l’endurance.

L’ajout d’huile à la ration doit se faire environ 15 jours avant la période de travail intense pour que les processus de stockage dans les mitochondries musculaires (cellules où se déroule la combustion de l’énergie musculaire) et d’utilisation pendant l’effort soient bien rodés avant le début de l’entraînement.

D’autre part, les graisses permettent de réaliser une ration plus énergétique, sans augmenter les amidons, ce qui préserve des risques de myosite et d’indigestion, que l’on augmente en donnant plus de céréales.

2 Les protéines

La concentration des protéines de la ration ne doit pas être augmentée pour le cheval de compétition.

L’augmentation des besoins en protéines par le travail (réparation des petites atteintes musculaires, augmentation du métabolisme) est compensée par l’augmentation de la quantité totale d’aliment (voir énergie).

D’autre part, tout excès de protéine surcharge le foie et l’élimination des déchets protidiques  consomme de l’énergie et surcharge les reins.

     

3 Les minéraux

Un juste équilibre dans les apports de calcium et de phosphore garantira la santé du squelette, fortement mis à contribution pendant le compétition (rapport Ca/P de 1,5/1 à 3/1).

C’est souvent le Ca qui est déficitaire. Pour le métabolisme musculaire, calcium, potassium (25 gr / j), magnésium (7,5 gr / j) et sodium (10 gr / j) doivent être présents en quantités suffisantes, en tenant compte des pertes par la sueur et l’urine.

Le sélénium (0,1 mg / kg MS) joue un rôle antioxydant comme la vit E . Il entre dans le traitement de la myosite mais doit être utilisé avec discernement à cause de sa toxicité.

4 Les vitamines

Les vitamines les plus intéressantes sont celles aux propriétés antioxydantes : vit E (1 gr/j) et vit C, qui protègent les lipides, les protéines et les membranes contre les dommages induits par les radicaux oxydatifs.

Ces propriétés sont éminemment intéressantes lors des différents stress que rencontre le cheval en compétition. L’apport journalier en vit C peut aller jusqu’à 20 gr / 500 kg sans effet délétère et l’apport en vit E de 1 gr / 500kg est souhaitable.

La biotine aide à conserver une bonne qualité de la corne des sabots (10 à 30 mg / j).

La vit B1 (36 mg/j) joue un rôle métabolique important, notamment dans la conduction nerveuse. Sa supplémentation est utile lors d’efforts importants.   

5 Influence de la préparation des aliments du cheval

a Les céréales :

    Elles peuvent être servies de nombreuses façons, nous en retiendrons six.

  • Grain entier : cette pratique ne peut s’imaginer que si le poulain y est amené très jeune et apprend ainsi à bien mastiquer son avoine. Sinon, le cheval accepte difficilement cette présentation.

 

  • Mouture : technique lente donnant une farine grossière, bien appétée. C’est la présentation de choix pour l’escourgeon, car elle en brise bien les barbes irritantes pour la muqueuse digestive.
  • Aplatissage : classique pour l’avoine, réalisé par le passage du grain entre 2 rouleaux métalliques. On observe un gain de digestibilité de 5% pour le maïs. Cette technique peut être précédée d’un passage à la vapeur de quelques minutes, ce qui réduit la poussière et augmente l’appétence. Un exemple en est l’orge floconné.
  • Popping : comme avec les pop-corn des enfants, le grain est soumis à une très haute température sèche (150°C pendant 1/4 à 2 min). Il explose par volatilisation de l’humidité de son contenu, l’amidon se gélatinise et devient plus digeste.

 

  • Bouchonnage : l’aliment réduit en farine et, supplémenté adéquatement, est poussé mécaniquement dans un tube pour en faire une barre que l’on fractionne en bouchons («granulés», présentation utilisée aussi dans l’alimentation des animaux de compagnie, des lapins,…).
  • Les études du Pr. WOLTER, de la Faculté Vétérinaire de Maison Alfort (Paris), ont démontré en son temps, que cette technique augmentait la digestibilité de 20% par rapport à l’aplatissage et permettait ainsi un allégement du repas, ainsi qu’une moindre incidence des coliques. Les poussières sont réduites et les ingrédients, moins exposés à l’air, conservent mieux leurs qualités nutritionnelles.

  • Extrusion : procédé où interviennent la mouture, le passage à la vapeur, le forçage dans un tube métallique rétréci à son embouchure où la matière s’expanse par la forte pression. Tout se passe à des températures  de 135°C à 150°C. Ce procédé permet d’inclure de plus fortes proportions de matières grasses.
  • On peut observer chez le cheval, une ingestion plus lente, une mastication + poussée, une meilleure digestibilité de l’amidon (cuisson). Ce procédé assure l’homogénéité de l’aliment, pas de poussière, une grande densité énergétique (graisses incorporées et stabilisées). Il est bien entendu plus cher que les autres et les aliments plus gras se conservent moins longtemps.

b Les fourrages

Outre la présentation en balles plus ou moins volumineuses, les fourrages sont aussi pressés après mouture et supplémentation éventuelle, dans de gros tubes et présentés en cubes, sortes de gros bouchons non poussiéreux. Le stockage en est aussi facilité.

 

c L’eau 

La quantité d’eau absorbée en une journée variera en fonction de nombreux critères :

  • La température extérieure
  • Le taux d’humidité de l’aliment ingéré
  • Sa teneur en fibres
  • L’état de déshydratation éventuel du cheval, par exemple après un effort important avec transpiration

Au repos et à température de 15°C à 20°C, les besoins vont de 20 à 30 litres pour 500 kg.

En liberté, le cheval boit quand il a soif, 2 ou 3 fois par jour. Il est intéressant qu’il trouve de l’eau en permanence lorsque il est à l’écurie, dans une bassine ou un abreuvoir automatique dont il faudra contrôler régulièrement la propreté (crottins).

Ce dispositif libère le soigneur de contraintes horaires fatigantes. Tant que le cheval mange, vous pouvez être assuré qu’il boit. Un cheval privé d’eau, s’arrête de manger.

Avec les aliments en bouchons ou en cubes, le soigneur peut servir en une fois le repas complet (aliment concentré + fourrage), 2 fois par jour.

La haute digestibilité de  cette présentation garantit une assimilation facile.

En effet, le broyage est déjà réalisé et chaque bouchon contient tous les ingrédients du repas, y compris les vitamines et les éléments traces.

 

d Conclusions

Les chevaux qui ont la chance de connaître le pré de mai à octobre, s’en nourriront pour leurs besoins d’entretien, en sachant que la pointe d’herbe est très riche en protéines et pauvre en fibres.

Le complément énergétique destiné à assurer les besoins du travail, sera enrichi en matières grasses , pour apporter de l’énergie sans augmenter l’apport de protéines.

De juin à août, le complément sera  équilibré (aliment utilisé en hiver) et en fin de saison de pâturage, on pourra augmenter un peu la proportion des protéines (soja) pour compenser la baisse de teneur de l’herbe.

La superficie d’herbage nécessaire en pâturage continu, est de 1/2 hectare par cheval de 500 kg. Si le cheval dispose de moins de surface ou que la qualité de l’herbe n’est pas idéale, il faudra complémenter avec l’aliment utilisé en hiver.

De toute façon, le cheval se trouvera mieux dehors, pour son moral et pour sa santé (entretien des articulations, de la musculature, air plus sain…).

Pour les chevaux qui doivent rester à l’écurie, le rationnement est le même toute l’année.

Exemple  de ration journalière (servie en 2 repas) en bouchons

(1 litre = 700 gr)

pour 450 kg : 4,2 kg de bouchons à 12,2% PBD = 512,4 gr PBD (protéine brute digestible)

         + 2,1 kg bouchons de luzerne (16% PBD) = 336 gr

    Total = 848 gr PBD     (besoins = 885 gr)

    Calcium =      4,2 x 1%            = 42 gr    + 2,1 x 1.2 %    = 25,2 gr

    Total = 67,2 gr  (besoins = 30 gr)

    Phosphore = 4,2 x 0,57%         = 24 gr    + 2,1 x 0,24%     = 12 gr 

    Total = 36 gr  (besoins = 21 gr)     Ca/P = 1,8

    ED (énergie digestible) = 4,2 kg x 3,3 = 13,86 Mcal + 2,1 kg x 2,2 = 4,62 Mcal                                                                                               

     Total = 18,48 Mcal   (OK pour travail léger)

    Huile :   0,5l x 0,9 Mcal  = 4,5 Mcal    + 18,5 =             

    23 Mcal  (besoins = 24 Mcal pour 3 h de travail / jour)

    Vit A : <15000 UI x 4,2 = 63000> + <30000 UI x 2,1 =  63000>  total = 126000 UI

    Cellulose Brute : <4,2 x 10,7% = 0,450  kg > + <2,1 x 27% = 0,567 kg> Total = 1,017 kg

    CE (coefficient d‘encombrement) : Kg MS : UF = 5,67 : 5,51 = 1,03 ;

    sans huile = 1,22