Carlo Goldoni
Carlo Goldoni naît à Venise en 1707. Il vit une enfance douillette, surprotégé par sa mère et sa tante tandis que son père, médecin privé, se déplace continuellement.Après ses humanités (1717-1720), il part étudier la philosophie à Rimini. A quatorze ans, il s'enfuit du Collège de Rimini et suit une troupe de comédiens qui va à Chioggia, où il retrouve sa mère. Il est alors expédié au Collège de la Vie (1723) qu'il devra quitter trois ans plus tard pour avoir écrit une méchante satire. Il est alors placé comme adjoint chez le coadjuteur de Chioggia. (1728). La mort de son père l'oblige à terminer ses études. Peu attiré par la médecine, il se résigne à faire le Droit à Padoue, mais ce qu'il préfère c'est voir, écrire et jouer des pièces de théâtre. Il obtient son diplôme en 1731 à Padoue et revient dans sa ville natale.
Il exercera sa profession d'avocat vénitien par intermittence jusqu'en 1747. Il fait ses premières armes de dramaturge en écrivant des "intermezzi", petites farces mises en musique qu'on donnait comme divertissement entre les actes des tragi-comédies. Il écrit ces intermezzi pour le théâtre San Samuele et déjà il introduit parmi les facéties traditionnelles de l'Arlequin de la Commedia dell'Arte, un monde vrai, celui des rues, des boutiques et des canaux avec des commerçants, des artisans, des commères et des gondoliers qui parlent leur dialecte. En 1934, il accepte la fonction de poète attitré auprès de la compagnie IMER, ce qui lui permet d'écrire aussi pour le théâtre lyrique. En 1736, il épouse Nicoletta, la fille d'un notaire de Gênes - république dont il fut d'ailleurs le Consul à Venise pendant trois ans. (1741-1743). En 1737, il dirige le théâtre San Giovanni Chrisostomo. Il écrit sa première comédie "Momolo le viveur" qui contient encore un certain nombre de scènes à canevas sur lesquels les grands acteurs se livrent à de brillantes improvisations.
En 1743, il rédige sa première comédie entièrement écrite "La donna di Garbo (La brave femme), mais il doit quitter la ville, poursuivi par ses créanciers et s'installe à Pise. Le Truffaldin Antonio Sacchi lui écrit pour lui demander un rôle à sa mesure, Goldoni rédige "Truffaldi, servitore di due padroni" en 1745. Durant cette période, Goldoni déploie une activité prodigieuse, il réussit aussi très bien au barreau de Pise. En 1749, c'est le chef de troupe Girolamo Medebach qui lui offre une nouvelle charge de poète attitré au théâtre Saint Ange. Pour Goldoni, c'est le moyen de rentrer à Venise et de renoncer au Droit. Il y fait ses débuts avec la "La veuve rusée" (1748), première pièce dans laquelle il aborde sa réforme de l'art théâtral italien "avili et abâtardi". Pendant la seule saison théâtrale 1750-1751, Goldoni écrit pas moins de seize comédies! En 1753, suite à une mésentente avec Medebach, il passe au théâtre San Luca appartenant à la noble famille Vendramin. Il y assure les fonctions d'auteur et de directeur d'acteurs. Pendant la dizaine d'années qui suit, il reste à Venise et y connaît de grands succès, mais il est entraîné par Gozzi dans une impitoyable guerre des théâtres. En 1762, il rejoint la Comédie Italienne à Paris, mais cette carrière ne dure guère: la troupe fusionne avec l'Opéra-Comique et on ne demande à Goldoni que des Canevas qui fassent recette. Trois ans plus tard, il est toujours en France, mais à Versailles, où il enseigne l'italien aux filles de Louis XV. Il n'écrit pratiquement plus. En 1771, il donne encore " Le Bourru bienfaisant" à la Comédie Française.
A partir de 1787, il rédige ses mémoires, tout en vivant très modestement d'une maigre pension accordée par le roi. Goldoni est passé de mode et meurt dans la gêne et l'indifférence pendant la Révolution, à Paris, en 1793. De nos jours Goldoni connaît encore un grand intérêt et ses pièces sont régulièrement représentées.