Peut-on être homme sans être citoyen ?
Le pouvoir repose-t-il sur la contrainte ou le consentement ?
L'homme est-il par nature un être politique ?
Existe-t-il des violences légitimes ?
"La fin de l'Etat est donc en réalité la liberté."
Spinoza
La société
Quel rapport entre individu et groupe ?
Entre un état de nature et un état social ? Conflit entre désir de liberté absolue et
les contraintes d'origine sociale (obligation de travail, représsion de la sexualité,
disciplines de toute nature). La société est critiquée par
- Freud, Malaise dans la civilisation,
- Marcuse, Eros et Civilisation, L'homme
unidimensionnel:
L'homme doit renoncer au principe de
plaisir au profit du principe de réalité pour vivre en société. Celle-ci exerce donc
une répression nécessaire sur les instincts des individus enfin de sublimer ses pulsions vers des buts culturels supérieurs (Freud). Mais est-il
nécessaire d'en faire une "surrépression"
(Marcuse) ?
L'Etat
I. Définition
"Tandis que la nation est une
communauté vivante (reconnue et aimée sous le nom de patrie), l'Etat désigne une une
communauté juridique, c'est-à-dire un ensemble d'individus soumis à une même
législation, à une même autorité politique. Plus précisément, l'Etat c'est le
gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il exprime son pouvoir. Une
nation peut, comme ce fut le cas de la Pologne, être partagée en plusieurs Etats.
"Verges/Huisman, Nouveau cours de Philo, Nathan
II. La problématique philosophique
"
Le problème essentiel que pose l'existence de l'Etat est celui de ses rapports avec les
individus. A qui doit appartenir la primauté ?"
Morfaux, La Pratique et les Fins, Colin. Liberté -
Justice - Pouvoir
III. La justice et l'Etat
A : chez les Grecs
Le cosmos = ordre harmonieux, l'hybris et punition : le ban.
- Platon, La République, la Cité idéale,
les qualités : tempérance (artisans), courage (gardiens) et sagesse (magistrats,
philosophes) réunit par la justice.
Dans l'âme également : Désirs,
colères et l'esprit raisonnable; la justice procurant l'équilibre, l'harmonie et donc
bonheur. (Ex. Calliclès, Gorgias, Platon : violence)
B : chez les Modernes
- Montesquieu, De l'Esprit des Lois (1748) "Il y a dans chaque Etat trois sortes de
pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent
du droit des gens [la puissance de juger que nous appelons le pouvoir judiciaire] et la
puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil." livre XI, chap.VI.
- Marx et le communisme, Dans une société sans
classe, chacun recevra selon ses besoins et donnera selon ses capacités.
IV. La liberté et l'Etat
A: Les penseurs de l'Etat
- Spinoza, Traité théologico-politique
(1670) : "La fin dernière de l'Etat n'est pas
la domination : ce n'est pas pour tenir l'homme par la crainte et faire qu'il appartienne
à un autre que l'Etat est institué, au contraire c'est pour libérer l'individu
de la crainte, pour qu'il vive autant que possible en sécurité, c'est-à-dire conserve,
aussi bien qu'il le pourra, sans dommage pour autrui, son droit naturel d'exister et
d'agir. (...) La fin de l'Etat est donc en réalité la liberté." chap. XX
- Montesquieu, "La liberté politique ne consiste point à faire ce
que l'on veut. Dans un Etat, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la
liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être
point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir". "La liberté est le droit de faire ce que les lois
permettent; et si un citoyen pouvait faire ce qu'elles défendent, il n'aurait plus de
liberté parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir." op. cit.,livre
XI, chap. III
L'absolutisme
"Les partisan de l'absolutisme, du
totalitarisme - qui croient d'ordinaire à la méchanceté naturelle de l'homme
["L'homme est un loup pour l'homme", et l'état de nature est un état de
"guerre de tous contre tous", Hobbes ] - estiment nécessaire le pouvoir absolu
de l'Etat." Vergez/Huisman
- Hobbes, (1588-1679), De Cive (1642); Le
Léviathan (1651)
"Hors de l'état civil, chacun jouit sans doute d'une
liberté entière, mais stérile : car s'il a la liberté de faire tout ce qu'il lui
plaît, il est en revanche, puisque les autres ont la même liberté, exposé à subir
tout ce qu'il leur plaît. Mais une fois la société civile constituée, chaque citoyen
ne conserve qu'autant de liberté qu'il lui en faut pour vivre bien et vivre en paix, de
même que les autres perdent de leur liberté juste ce qu'il faut pour qu'il ne soient
plus à redouter.(.../...)
On ne trouve enfin hors de la
société civile que l'empire des passions, la guerre, la crainte, la pauvreté, la
laideur, la solitude, la barbarie, l'ignorence et la férocité; dans une société
civile, on voit, sous l'empire de la raison, régner la paix, la sécurité, l'abondance,
la beauté, la sociabilité, la politesse, le savoir et la bienveillance. " Le citoyen, ch. X,§1
Le salut public est à cette condition
que les hommes "confèrent tout leur pouvoir
et toute leur force à un homme ou à une assemblé d'hommes qui puisse réduire toutes
leurs volontés à une seul volonté." Hobbes. Ce pouvoir du Léviathan (monstre
biblique) est illimité et discrétionnaire (il n'est pas soumis aux lois civiles)
- Hegel, Les fondements de la philosophie du
Droit
Réalisation de la liberté par
l'avènement de l'Esprit. La liberté individuelle est d'être membre d'un Etat qui
représente l'Universel et l'objectivité dans la volonté générale par opposition au
singulier et à la subjectivité.
La Ruse de l'Esprit, les
passions, moteur de l'Histoire.
- "A la limite, l'état est divinisé, il
arrache les individus à leur égoïsme, les introduit dans une existence de dévouement
et de sacrifice. Les fascistes, qui refusent
toute valeur à l'individu, semblent accorder quelque prix à la famille, aux
"corporations". Mais en réalité ces dernières n'ont d'autre droit que
d'obéir à l'Etat. Le dictateur italien Mussolini disait : "L'Etat est absolu devant
lequel les individus et les
groupes ne sont que le relatif." Vergez/Huisman,
ibid.
- J.-J. Rousseau, Du contrat social (1762):
"Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa
qualité d'homme."
Il critque l'état absolutiste "Où est la paix et la justice établie par l'ordre
civil ?" L'Etat de guerre
"Partout l'homme gémit dans les fers et la paix civile
peut signifier désolation. (.../...) On vit tranquille aussi dans les cachots; en est-ce
assez pour s'y trouver bien ?" Du
contrat social, livre &, chap. IV
"La théorie démocratique de l'Etat réconcilie
l'idée de liberté individuelle acec celle de discipline étatique. L'Etat n'est plus,
comme pour les partisans du pouvoir totalitaire, une fin en soi, l'Etat est un moyen
nécessaire pour la réalisation des aspirations individuelles. Il faut une autorité, une
organisation pour protéger la liberté de chacun contre les empiétements injustifiés d'autrui. L'Etat doit incarner la volonté générale des citoyens, c'est-à-dire
celle qui se dégage lorsqu'ils délibèrent "dans le silence des passions". La
démocratie directe (où les décisions appartiennent à l'assemblée des citoyens) n'est
pas applicable dans les grands Etats où les citoyens élisent des représentants. Dans
tous les cas c'est la majorité qui fait la loi, la minorité conservant sa liberté
d'expression et de critique." Vergez/Huisman,
ibid.
B
: Les adversaires de l'Etat
- Stirner (1840), L'unique et sa propriété :
refus de tout ce qui est collectif, de tout lien car cela ne respecte pas mon
individualité, mon moi.
- Nietzsche: L'Etat? Un monstre froid !
"Etat ? Qu'est-ce, cela ? Alors ! Ouvrez vos oreilles,
je vais vous parler de la mort des peuples.
L'Etat c'est le plus froid de tous
les monstres froids.
Il ment froidement, et voici le
mensonge qui s'échappe de sa bouche: Moi, l'Etat, je suis le peuple. C'est un mensonge !" Nietzsche, Ainsi parlait
Zarathroustra (nous soulignons)
- Proudhon
- Bakhounine et les anarchistes : "Ni dieu ni
maître !"de Jean Grave.
"L'anarchisme,
c'est la doctrine qui refuse le pouvoir de l'Etat : l'individu est la valeur suprême et
l'Etat est le mal radical, ou comme disait Bakounine: "un immense cimetière où
viennent s'enterrer toutes les manifestation de la vie individuelle". Les anarchistes
croient que l'homme est naturellement bon. Ce que les anarchistes rejettent, c'est n'est
certes pas la vie communautaire (ils souhaitent des liens sociaux librement consentis),
c'est la violence artificielle de l'Etat : pour eux, l'homme ne demande qu'à aider son
semblable. Il faut donc détruire l'Etat, ses juges, ses policiers, ses armés, toutes les
"figures de l'oppression"."Vergez/Huisman, ibid.
V. Bibliographie : voir TEXTES
Notions non élaborées : pouvoir,
société, violence - voir notes manuscrites et textes.
L'état, le pouvoir politique ( autre leçon )
I.L'état: fin en soi, mal absolu ou moyen?
Le pouvoir politique peut s'exercer par la violence. L'ordre public doit être défendu. L'état, fin en Soi? =>défendre idée d'état totalitaire. Indiv.au service de l'état. L'individu est réduit à n'être qu'un organe du corps de l'état. Il n'y a alors pas de droit de résistance: chaque partie doit être solidaire du tout. Se battre contre l'état serait une automutilation. C'est pourquoi aussi l'état totalitaire s'immisce dans la vie privée, dans la conscience intérieure.. Le pouvoir décide de la vérité. Mal absolu ? C'est la position des anarchistes: seule la personne individuelle fonde la droit. Les institutions sont des carcans qui infantilisent (on doit agir selon sa csc et non par peur. Proudhon / Bakounine. La liberté individuelle ne doit pas avoir de bornes. Pb: raisonnne comme si homme tjs sociable: le mal ne viendrait que des interdits.
A.Arendt dénonce les totalitarismes, où l'on vveut fabriquer l'homme comme un objet. Le totalitarisme nie la liberté et le respect des personnes.
Moyen? Pb: dans une Rép: l'état sert l'intérêt commun. Cet intérêt peut entrer en contrad avec une lib perso =>pouv.discrétionnaire.+quel fondement pour autorité de l'état? Il y a eu des sociétés sans état: tribu primaire, collectivisme. On pense habituellement que des individus se sont regroupés pour former un groupe. En fait: non: le groupe initial s'est peu à peu éclaté en individualités. Dans ce groupe initial, pas de distinction de pouvoir, donc pas d'org.étatique. Nation: ceux qui se reconn comme une communauté, du fait de leur passé, de leur langue... Projet commun. Souveraineté: autorité suprême, absolue. M.Weber: "létat a le monopole de la violence légitime." L'état: Ensemble organisé d'institutions politiques, juridiques, policières, militaires, sous un gouvernement autonome et sur un territoire indépendant. Les pouvoirs de l'état sont différemment définis. Gvt: ceux qui tiennent le gouvernail. Politique: "mettre en commun des paroles et des actions" (Aristote). Comment concilier humanité et citoyenneté: Sartre reproche à Camus de ne pas s'eng pour guerre d'Algérie. Rép: entrer sa vie publ et sa mère, il a choisi sa mère.
II.Fondement de la souveraineté:
A.L'absolutisme. (cf: Peut on fonder le devoir d'obéissance et le droit à la résistance)
1.Pouvoir trancsendant:
Platon: pyramide: dans l'utopie de la "République". Isomorphisme: vertus: sagesse, courage, tempérance. Société: Philosophe roi, soldats, artisans et paysans. Mythe: Cocher, cheval blanc, cheval noir. Donner le pouvoir au philosophe, qui n'aime pas ça => vrai Bien, harmonie, bonheur. (Intellectualisme moral). Le philosophe roi est comme un médecin: il saura, contrairement au démagogue, administrer des remèdes amers. Pb: si harmonie du tout: ~ruche, totalitarisme., pas de resp individuelle+ comment reconnaître le savant authentique. Danger de technocratie.
Bossuet: la théocratie. A.Régime. "Nulla potestas nisi a deo." (St Paul). Dogme de l'infaillibilité du Roi. Bossuet: "Politique tirée de l'écriture sainte": "Les sujets n'ont à opposer à la violence des princes que des remontrances respectueuses sans mutinerie ni murmure et des prières pour leur conversion" Se révolter contre le Roi= contre Dieu. Monarchie sacrée, absolue, paternelle, perpétuelle. Bossuet ne justifie cpdt pas la tyrannie: le Roi a des devoirs. (envers Dieu)
2.Autres justifications:
Machiavel: veut pouvoir absolu. Politique=technique. Mach.était secrétaire des Borgia. Dans "Le Prince" adressé à Laurent de Médicis. La fin justifie les moyens. Pas immoral mais amoral. Préfère l'injustice au désordre. Pas scrupules vertueux. Morale subord à politique. =>duplicité. Prince doit être lion ou renard. Le peuple a seulement besoin de sécurité pour prospérité. Mach.désacralise le pouvoir féodal. Pb: ne propose aucune fin. Vertu=audace, opportunisme.
Hobbes: Pour pouvoir laïque, absolu.Pour Hobbes, le pouv.est issu d'un contrat. On sort de l'état de nature par contrat. Décision volontaire, csc. Echange. "Leviathan": homo hominis lupus. Les êtres sont associaux. Trois motifs de violence: rivalité, défiance, recherche de gloire. Les hommes sont alors égaux: le +fb peut tuer le +fort. Guerre de chacun contre tous. Misère, peur. ("La peur et moi sommes jumeaux").
B.Assaut contre l'absolutisme:
Légitime le droit de résistance. Lié au protestantisme: chaque fidèle peut interp l'évangile. +science développe raison. Donc ébranle les fondements de l'absolutisme.
J.Locke: médecin anglais pdt 2e g.civile. Favorable au Plt: très libéral. Veut seulement aménagement de l'état de nature. Pas renoncer à lib.indiv. Selon lui le principal est de respecter l'intérêt privé: "Est il censé de se garder des putois [violence à l'état de nature) pour se faire dévorer par les lions [Léviathan] ?" =>légitime monarchie const. Affirme prop.privée, droits de l'homme.
Rousseau: En société on doit renoncer à la lib.nat. Mais pour devenir un citoyen autonome. Indépendance contre lib.civile. [cf "Le Contrat Social"]. Pour démocratie directe.
Montesquieu: un des pères des sc.humaines. "L'esprit des lois": Théorie des climats. Déterminisme. De même: selon taille. Grand pays => despotisme => crainte. Danger: tyrannie. Pays moyen: monarchie parlementaire => honneur. Danger: oligarchie. Petits pays: démocratie =>vertu. Danger: tyrannie des masses. Pr Montesquieu tout pouvoir tend à l'abus => contre pouv.nécess: séparation des pouvoirs. "Cest une expérience éternelle que tout homme qui a des pouvoirs est porté à en abuser. Il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites." (en grec: aristocratie= gvt par meilleurs). Cf mythe des troglodytes. "Quand les sauvages de Louisiane veulent avoir du fruit ils coupent l'arbre au pied et cueillent le fruit; voilà le gvt despotique (gaspille ress+intell (peur)).
III.Peut on critiquer la démocratie?
Critique diff: soit sur fondements de la démoc, soit sur nos démocraties qui n'en sont pas vraiment. On ne peut critiquer l'idéal démoc mais on peut affirmer qu'il n'est pas respecté dans nos sociétés. La démocratie est le seul syst conforme à la morale telle que la déf Kant. Lib / égal / fratern. ("Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle." "Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen." La démoc est le seul régime qui consid.la personne comme une fin en soi. Difficulté: allier liberté et égalité. Egalité: =>égalitarisme =>impose norme, vengeance du faible, ressentiment. Collectivisme totalitaire. Nivellement par la base. Empèche initiatives. Egalité >< justice. Si liberté totale:: libéralisme: Jaurès: "renard libre dans un poulailler libre." Liberté illusoire si pas égalité des chances. Il ne s'agit pas de donner au fort la liberté d'écraser le faible. +lib sans norme=> corruption, loi de la jungle. Comment échapper à ce dilemme? En rétabl idée de justice. Egalité des chances. Equipt collectif pour accès à la culture, aux sports; bourses. L'humanité a intérêt à l'universalité. +même lois pour tous sans consid de richesse, de naissance. +respect mutuel des diff pour lib.
Tensions entre décl univ des dts de l'homme, et du citoyen: homme: pers.ind, respect vie privée. Pb: ~= réduit à producteur-consommateur. Buts médiocres. (ce que critique Tocqueville). ><citoyen: politique. Droits et devoirs. Idée qui se veut univ.
IV. Vie internationale: guerre et paix.
A l'int.d'un état: constitution. Mais entre états: ~droit du +fort. Contre cela, Kant écrit un "projet de paix perpétuelle". =idée SDN. La paix n'est pas réalisable en fait mais est idée régulatrice. Politique et morale ne seront conciliées que lorsqu'une institution internationale régulera. La morale suppose en effet l'universalité. Le Trib.internaat de La Haye juge au nom de l'humanité. Les relations internat.existent (éco...) => états impuissants=> org internat nécess. Pb si hypocrisie. Décl Dts 1948 tient +cpte que 1789 des droits "créances" (droits sociaux, éducation). Pas droit "de" mais droit "à". Liberté concrète, moyens naturels. Paix possibles que si réduction des disparités éco. Pb: pas moyens suff dans instances internat +pb dt d'ingérence.