Man

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Masque Yacouba



Man

Au coeur du pays Dan-Yacouba, la ville aux 18 montagnes est une petite bourgade au pied de belles montagnes en forme de pains de sucre.

S'il est une région de Côte d'Ivoire qu'il ne faut pas visiter pendant la saison des pluies, c'est bien celle de Man. Dans le Nord, les averses ressemblent souvent à de violentes douches qui ne durent pas. Mais ici la pluie peut crépiter rageusement pendant des jours entiers sans interruption et s'accompagner d'un brouillard qui cache l'admirable cadre montagneux. Inutile de dire qu'après de tels déluges, les pistes des environs sont souvent impraticables.
Au contraire, Man, sous un ciel bleu parsemé de quelques nuages floconneux, est une vraie merveille qui mérite largement un séjour d'une semaine entière. Contempler au lever et au coucher du soleil la silhouette dentelée des dix-huit montagnes qui l'entourent est une joie que quelques jours ne suffisent pas à atténuer. Surtout pour celui qui loge à l'hôtel des Cascades, situé au-dessus de la ville. Se bornerait-on si l'on est vraiment très paresseux à profiter des plaisirs mis à la disposition de ses résidents, que le séjour serait déjà très agréable, rien que par la beauté du site qui l'abrite. Mais naturellement, il n'en est pas question, car le pays fourmille d'excursions à faire en voiture ou à pied.
Commençons par le plus accessible. A l'ouest de Man, une piste conduit jusqu'au sommet du mont Tonkoui. Mais, bien avant ce sommet, elle passe à proximité d'une cascade. Celle-ci n'est qu'à 5 kilomètres de l'hôtel et il est donc facile de s'y rendre à pied.
L'enchantement commence dès que le chemin s'élève peu à peu au-dessus de la cuvette ou repose Man. A chaque tournant, la vision change : ici c'est une mare qui scintille sous les arbres, là s'étalent les rizières ou des champs de manioc, plus loin se balancent des bananiers. Mais ce qui donne sa valeur à chaque tableau, c'est la diversité de profondeur de ses plans, grâce à l'inégale hauteur des collines dont les crêtes atteignent peu à peu l'altitude des plus hautes montagnes. Parmi ces sommets, le plus caractéristique, sinon le plus élevé, est la Dent de Man.
La dernière partie du trajet se fait dans l'ombre ravissante d'énormes bouquets de bambous, fagotés de lianes.
Enfin, par un escalier pratiqué dans les rochers, on descend vers la rivière, au milieu d'une forêt dense plongée dans une demi-pénombre. Avec la sécheresse, la chute d'eau avait été réduite à quelques filets peu spectaculaires, mais elle a repris maintenant son débit et sa fraîcheur. A ses pieds, un petit restaurant-bar de plein air permet d'en goûter la séduction avec le maximum de confort.
Pour monter jusqu'au sommet du mont Toukoui il faut une voiture, puisque le trajet représente une vingtaine de kilomètres. Il monte en lacets au milieu de paysages variés et, au hasard d'éclaircies à travers une végétation souvent épaisse, fait découvrir une vue de plus en plus étendue. Presque en haut, s'étend la seule exploitation de quinquina de Côte d'Ivoire, car cette plante exige une certaine altitude.
Mais ce n'est pas au sommet du mont que l'on profite le mieux du spectacle incomparable qui s'étend jusqu'à la Guinée. En effet, ce sommet est occupé par un relais de télévision dont la terrasse est interdite à ceux qui n'ont pas demandé une autorisation... c'est-à-dire presque tout le monde, car personne ne pense à avertir le touriste qu'elle est nécessaire. D'ailleurs qui le sait en dehors du gardien ? Un peu avant ce sommet (on le repère justement à cause de cet affreux relais), il vaut donc mieux prendre une piste sur la droite qui conduit à une maison, la plupart du temps fermée ; servant de résidence de passage à de hauts fonctionnaires ivoiriens, elle est entourée de jolis arbustes et, de sa terrasse, le visiteur peut tout à loisir profiter de la vue.
La Dent de Man représente une excursion mixte : il faut suivre en voiture l'ancienne route de Biankouma au nord, pendant 8 kilomètres, puis entreprendre à pied l'escalade des quelques 5 kilomètres qui séparent de l'aiguille finale. Plus difficile que la promenade de la cascade, cette excursion demande l'escorte d'un guide (demander à l'hôtel des Cascades), de bonnes chaussures non dérapantes et une matinée complète.

La région de Man est d'ailleurs particulièrement célèbre pour la variété et la qualité de ses danses. Deux des plus connus sont la danse acrobatique réalisée par des échassiers et la danse de Tematé. Il y en a bien d'autres, impossibles à toutes citer ici. Les danseurs, généralement des initiés, portent la plupart du temps des masques de différentes représentations.
Une année s'est déroulé à Man un Festival de Masques qui a remporté auprès du public un succès considérable, mais qui a posé des problèmes religieux, certains grands masques sacrés ne pouvant être vus, ni sortis de leur case dans n'importe quelle condition. Ce Festival s'est renouvelé en février 83, mais cette fois les traditionalistes avaient veillé à ce que nul " sacrilège " ne put être commis. Il est pourtant à remarquer que désormais on évite une manifestation qui continue à choquer bien des gens, par ce glissement du sacré au " folklorique " !
Facobly est connu pour ses danseuses de Tematé, mais aussi parce que la piste qui y accède traverse plusieurs villages aux cases intactes et conduit ensuite, après Gbezio, qui vaut un arrêt, à Kiriao. Plus loin encore, la piste aboutit au mont Klahoyo, qui renferme le plus important gisement de fer de la région. Malheureusement, son exploitation pose de tels problèmes, comme une évacuation exigeant la construction d'un chemin de fer jusqu'à San Pedro, qu'il ne semble pas question de l'entreprendre pour l'instant. En attendant, sa crête offre donc sur six kilomètres de long une vue splendide sur les vallées et les plantations de café et de cacao environnantes.
Le nombre d'excursions à entreprendre dans toutes les directions est considérable. Bien entendu, on peut se baser à Man pour visiter Biankouma, Gouessesso et la route de Sipilou. On peut aussi, en partant de la piste allant vers Séguéla, prendre très vite à gauche l'ancienne piste de Biankouma qui traverse une série de collines et passe à proximité d'une autre cascade.
En continuant la piste de Séguéla presque jusqu'au Sassandra, (environ 1 km avant, sur la gauche), on trouvera une piste très facile à suivre en saison sèche qui conduit à Koulikoro. Elle n'a rien d'extraordinaire jusqu'au tournant qui précède ce village et passe au pied d'une petite colline. Stop ! Il faut laisser là la voiture et s'aventurer de rocher en rocher sur la gauche jusqu'à trouver une plateforme dénudée dont la pierre est si lisse qu'on croirait presque qu'elle a été cimentée. Tout autour d'un cercle d'une dizaine de kilomètres de diamètre se découpent les sommets des environs. C'est superbe. Dans la brousse environnante vit une faune surtout composée de petit gibier, d'antilopes, de phacochères... Y a-t-il des panthères ? En tout cas elles sont discrètes ! L'endroit se prête au camping, d'autant qu'on peut trouver quelque ravitaillement à Koulikoro et qu'à 4 km au-delà du village, le Sassandra invite, lui, à la pêche.
A l'ouest de Man, la ville de Danané mérite une visite, ne serait-ce que pour voir les très beaux ponts de lianes qui franchissent le Cavally à Drongouineu, Vatouo et Lieupleu, puisque, pour se rendre dans ces trois villages, il faut passer par Danané. De cette ville partent d'autres beaux itinéraires comme celui qui mène à la frontière de la Guinée, par Gbé-Nda, et celui de la réserve du Mont Nimba, point culminant de l'Afrique occidentale avec ses 1 752 mètres.
Mais, à condition d'avoir une voiture tout terrain, il vaut la peine d'explorer les petites pistes du sud-ouest de Danané conduisant vers la frontière libérienne. La forêt, les villages, souvent intacts, les gens aimables, tout parle de sérénité et de permanence.

m1.jpg (44401 octets) m2.jpg (69753 octets) La dent de Man La dent de Man
La dent de Man Man vue de la dent Man vue de la dent
Pont de lianes La déforestation La déforestation
La déforestation Rue de Man Route de la station météo Cascade de Man
Cascade de Man Cascade de Man Cascade de Man Monts vus du relais télé
  Monts vus du relais télé Monts vus du relais télé  

 

Dans les environs de Man

 

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Pont de lianes de Lieupleu Pont de lianes de Lieupleu Pont de lianes de Lieupleu Pont de lianes de Lieupleu
Pont de lianes de Lieupleu Pont de lianes de Lieupleu Pont de lianes de Lieupleu 60079 octets
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Termitière Fromager géant Fromager géant Fromager géant

Les ponts de lianes

En pays Yacouba, les cours d'eau sont franchis sur des ponts faits de lianes accrochées aux arbres de l'une et l'autre rives. La première pensée du voyageur est de se demander comment il va marcher sur cette chose oscillante et molle. La deuxième, s'il est un peu curieux, concerne la façon dont on a bien pu s'y prendre pour accrocher certaines de ces lianes, très fines, à des branches qui le sont tout autant et ne supportent certainement pas le poids d'un homme.
En ce qui concerne sa première question, la réponse est : pieds nus, d'abord parce qu'un talon s'accrocherait, ensuite parce que les lianes sont sacrées et qu'il ne faut pas leur imposer le contact d'une semelle.
Quant à la deuxième question, nul ne peut y répondre : personne n'a le droit d'assister à la fabrication du pont qui doit être achevé en une nuit par des initiés ... ou des génies. Ni les étrangers, ni les villageois ne sont autorisés à demander des détails sur la manière dont peuvent procéder les responsables pour travailler si vite et si bien, de nuit.
Celui qui enfreindrait cette interdiction risquerait sa vie !