|
|
Unité Pastorale Nouvelle de Tournai centre |
|
Projets en cours:
envoi de l'équipe par Mgr J Huard.Ils se montraient assidus à l
=enseignement des Apôtres,Propositions pour une renaissance
Comme bien d
=autres, les vingt trois communautés chrétiennes appelées à former l=unité pastorale nouvelle de Tournai Centre vivent un moment de leur histoire où elles sont appelées à réinventer dans l=audace des commencements leur fidélité à l=Evangile du Christ. C=est pour cela que vous avez initié une véritable démarche de renaissance fondée à la fois dans une écoute neuve de la Parole créatrice et dans l=accueil des recherches, des interpellations qui se font jour. De nos jours, il peut sembler que l=Evangile demeure fermé pour beaucoup. Vous croyez pourtant qu=il peut redevenir livre ouvert. Cela ne se vivra qu=au prix d=une profonde conversion.
Pour avancer dans cette voie, les échos d
=une large consultation ne suffiront pas. Habités de vos joies, de vos espoirs, de vos souffrances et de ceux de vos contemporains, il vous faut remonter vers la source la plus originelle et la plus vive. Il y a deux mille ans, des femmes et des hommes éveillés dans tout leur être par le Souffle de Pâques ont reçu et inventé l=Eglise. C=est dans le même Souffle que les pierres vivantes peuvent s=assembler pour former le temple spirituel qui est corps du Christ.La vie de la première communauté chrétienne demeure inspiratrice pour l
=Eglise d=aujourd=hui. Certes, elle ne nous fournit pas un modèle tout fait pour le vingt et unième siècle. Elle témoigne des fidélités profondes qui rythment sa vie : écoute de la Parole transmise par les Apôtres, communion fraternelle, fraction du pain, prière. Ce sont ces fidélités inventives qui l=ont poussée à rencontrer les païens, à parler leurs langues, à les accueillir comme des frères. Dès les débuts, l=Eglise du Christ a dû dépasser des usages enracinés ( le Temple, la LoiY ) et recevoir en elle des façons de vivre dérangeantes. Elle a su reconnaître l=œuvre de l=Esprit qui la porta jusqu=aux extrémités de la terre. De nos jours, les secousses et les craintes ne manquent pas pour nos communautés. N=est-ce pas là que l=Esprit nous conduit à raviver et à réinventer les grandes fidélités fondatrices ?
Le travail entrepris depuis quelques mois ne consiste donc pas à rationaliser les énergies pour tenir malgré les vents contraires ou pour s
=adapter au goût du jour. Il s=agit de raviver dans les communautés le goût et la saveur de la vie neuve à laquelle convoque l=Evangile. Comme Eglise, nous n=avons que cela à partager dans les rues et sur les places de notre cité.1ère fidélité : à l
=enseignement des ApôtresL
=enseignement des Apôtres, c=est à la fois la catéchèse à la communauté croyante et le témoignage vers l=extérieur. Il tient une place importante dans la vie de la première communauté : les Apôtres doivent d=abord assurer le service de la Parole (Ac 6, 2-4).Les Apôtres auront le génie d
=adapter leur prédication à leur public : à la Pentecôte, chacun des auditeurs les entendra dans sa langue annoncer les merveilles de Dieu.Catéchèse et formation
Aujourd
=hui, de nombreux chrétiens sont engagés dans la catéchèse des enfants. Celle-ci constitue une part significative du service de la Parole. Elle est notamment un lieu où de nombreuses personnes peu présentes habituellement à la vie des communautés peuvent (re)découvrir la Parole de Dieu et le témoignage des chrétiens. Mais cela demande que l=on veille à rencontrer les parents et à les associer au maximum au cheminement de leurs enfants. La catéchèse, en effet, ne s=adresse pas seulement aux enfants, elle concerne aussi les jeunes, les couples et les parents. Vous insistez d=ailleurs vous-mêmes sur l=importance de créer des lieux et des événements de rencontre au-delà de la catéchèse de profession de foi et de confirmation. Dans cette perspective, l=équipe d=animation pastorale (EAP) veillera à construire, avec les équipes de catéchistes et les conseils pastoraux, un projet de catéchèse pour les paroisses de l=unité, qui s=adresse à toutes les générations. Il s=agira de viser à la cohérence et à la largeur de vue tout en gardant l=enracinement local de la catéchèse.Par ailleurs, beaucoup de chrétiens sont demandeurs d
=une formation qui leur permette de mieux dire leur foi dans le monde d=aujourd=hui.De telles formations, en effet, ne toucheront pas seulement l
=intelligence mais contribueront aussi à un ressourcement spirituel et ecclésial.Communication
Comment rendre témoignage, sur la place publique, de cette Parole qui touche et illumine nos vies ? Vous affirmez avec raison que l
=Eglise a quelque chose à dire à notre monde, qu=elle doit y être présente et y faire entendre sa voix.Dans certaines circonstances, le témoignage chrétien passe aussi par des prises de parole audacieuses et prophétiques en lien direct avec des événements qui marquent la vie de la cité et de ses habitants. Il est important que nos communautés expriment à bon escient dans les médias locaux ce qui les fait vivre et ne craignent pas de proposer clairement leur point de vue en certaines circonstances.
Par ailleurs, la communication interne doit être développée. Elle visera à faire connaître ce qui se vit dans les paroisses de l
=unité sans oublier les initiatives non paroissiales qui sont porteuses d=un souffle. Dans ce sens, il sera bon d=évaluer les moyens de communication existant (l=utilisation du journal Dimanche en particulier), peut-être d=unifier certaines pratiques mais toujours en veillant à donner une place importante à l=expression locale. Il ne faut pas perdre de vue l=importance d=une présence dans les médias locaux. On encouragera chaque CLP à désigner en son sein un relais-communication, responsable de la communication pour sa paroisse.Soulignons enfin que communiquer, ce n
=est pas d=abord utiliser des moyens de diffusion. C=est avant tout prendre le risque d=une rencontre sincère et profonde avec d=autres êtres humains. Et c=est dans cette rencontre et dans l=authenticité que nous y mettrons que notre témoignage touchera au cœur d=autres hommes et d=autres femmes.
2ème fidélité : à la communion fraternelle
Pour les premières communautés chrétiennes, la communion fraternelle signifie aussi le partage des biens matériels. Mais le partage des biens est l'expression extérieure de l'union spirituelle des croyants. Les Actes (Ac 4, 32) unissent explicitement les deux: "La multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait mais entre eux tout était commun."
Une fraternité ouverte
Vous rêvez d'une Eglise plus conviviale, accueillante et authentique. En même temps, vous êtes soucieux que l
=Eglise soit un lieu de rencontre et d=accueil largement ouvert. Vous insistez sur une ouverture aux frères et sœurs du seuil, ceux qui n=entrent pas facilement dans l=Eglise telle qu=elle se présente, les jeunes notamment, mais aussi ceux que la vie a marqués.Vous souhaitez à juste titre la création d
=un lieu-source habité au cœur d=une cité où il y a de moins en moins de communautés religieuses qui peuvent jouer ce rôle.Dans une ville à l
=histoire prestigieuse comme Tournai, il faut avoir le souci d=une pastorale du tourisme. Celle-ci suppose des lieux de culte ouverts, résolument accueillants où le touriste puisse être guidé vers une compréhension de ce qu=il visite. La mise en œuvre d=une telle pastorale peut être l=occasion d=appeler des personnes neuves à un service d=Eglise.L
=EAP devra aussi stimuler les conseils pastoraux locaux à inventer de nouvelles formes de proximité dans les quartiers. Des relais de quartier, un accueil non administratif des différentes demandes, un accompagnement des familles en deuil, des visites aux malades et à d=autres doivent être davantage développés. Pour que le témoignage chrétien soit effectif, il nous faut jouer la carte de la proximité. Ce souci de contacts concrets, de relations personnelles, est en même temps une contribution au retissage du lien social tellement nécessaire aujourd=hui.
Solidarité
La mission de Jésus s
=ouvre par cette proclamation : * La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres +. Prétendre faire place à Dieu, c=est aussi faire la première place à ceux qui n=ont jamais leur part (Déclaration diocésaine Avec les pauvres, contre la pauvreté, 1996).Cette conviction a depuis toujours suscité des initiatives de la part de l
=Eglise et, en particulier, de la part des communautés chrétiennes de votre ville. Beaucoup de projets et d=actions existent chez vous dans ce domaine. Vous estimez à juste titre que tout ce qui touche aux pauvretés est un défi prioritaire à relever pour la communauté des baptisés. Les chrétiens doivent être encouragés à s=investir dans cette voie : combattre toutes les formes de pauvreté, matérielles, sociales, culturelles ou spirituelles, et essayer d=agir sur leurs causes.L
=équipe d=animation pastorale veillera à ce que des liens existent entre les chrétiens qui agissent dans les différents champs d=aide sociale. Elle sera attentive à la réalisation des actions de fraternité mises en route dans les paroisses. Elle accompagnera, reliera et soutiendra le travail des plus engagés.Lutter contre la pauvreté, c
=est aussi participer aux nombreuses initiatives pluralistes qui travaillent déjà efficacement. L=équipe d=animation informera les chrétiens sur ce qui existe dans ce domaine et les incitera à s=y engager.Les pauvres ne pourront trouver leur place au sein de nos communautés si celles-ci ne sont pas résolument engagées avec eux contre les pauvretés.
3ème fidélité : à la fraction du pain
Lorsqu
=il rompt le pain - corps livré pour vous - , lorsqu=il fait passer la coupe de vin à ses amis - sang versé pour vous et pour la multitude - , lorsqu=il lave les pieds des siens, Jésus révèle le sens de sa vie donnée jusqu=au bout. Dès les débuts, la communauté chrétienne a reconnu sa présence dans la fraction du pain. C=est là la source de tout ce que doit être l=Eglise, c=est en même temps le terme de son pèlerinage déjà donné et goûté. L=Eucharistie est donc le cœur de la vie et de la mission de nos communautés.La célébration dominicale de l
=eucharistie préoccupe beaucoup nos communautés chrétiennes. Par rapport à des époques récentes, elle est peu fréquentée et ceux qui y participent lui trouvent souvent trop peu de saveur. Vous demandez avec insistance que l=on continue à rendre les célébrations liturgiques plus créatives, plus riches, plus participatives. Le groupe de travail Célébrer aujourd=hui a fait dans ce sens des propositions très concrètes qu=il n=est pas possible de reprendre ici. J=invite l=équipe d=animation pastorale à encourager les équipes liturgiques et à en susciter lorsqu=il n=en existe pas. Vous aurez le souci de la formation pour les membres de ces équipes. Elles ont un rôle important à jouer pour la mise en œuvre de la liturgie de l=Eglise dans le sens que vous souhaitez . Ne perdez cependant pas de vue que pour que nos célébrations liturgiques soient mieux vécues, il s=agit moins d=inventer sans cesse de nouvelles formes liturgiques que d=initier à la profondeur du mystère qui se donne dans la fraction du pain. Plus que de messes vivantes, n=est-ce pas de messes qui font vivre dont nous avons besoin ? Pour cela, il s=agit de bien intégrer une dimension de respect, de silence, d=approche d=un mystère qui nous dépasse et nous fait vivre et un accueil de tout le réel de nos existences et de la vie du monde dans l=offrande eucharistique. Un document rédigé par Jean Dufrasne à la demande de l=équipe diocésaine d=accompagnement pastoral, a été récemment proposé au diocèse. Ce document aborde la question des assemblées dominicales dans une perspective large, celle d=une pastorale d=éveil. Il manifeste bien que tout n=est pas fait lorsqu=on a rationalisé le nombre de messes même s=il est indispensable de le faire. Il serait opportun que l=équipe d=animation pastorale incite les CLP et les équipes liturgiques à étudier ce document et à relire à partir de là la pratique eucharistique des différentes communautés de l=unité.A travers l
=eucharistie, c=est aussi toute la vie sacramentelle d=une communauté d=Eglise qui est en jeu. Ces célébrations rassemblent bien plus de monde que les eucharisties dominicales. Cette large ouverture de la pratique sacramentelle n=est pas sans poser problème, elle demeure pourtant essentielle dans son principe car elle force nos communautés à ne pas devenir des clubs amicaux d=habitués du dimanche. Vous insistez à juste titre sur le soin qu=il faut donner aux célébrations, sacramentelles ou non, qui coïncident avec les temps forts d=une existence humaine : baptêmes, mariages, funérailles Y L=accueil de ces démarches et leur préparation adaptée par des équipes sont vraiment importants. C=est parfois un lieu d=éveil à la foi ou d=approfondissement de celle-ci. Ce sont des rencontres bousculantes et précieuses pour celles et ceux (prêtres, diacres, laïcs) qui les prennent en charge.
4ème fidélité : à la prière
Un défi important et décisif d
=aujourd=hui consiste à lier une mission engagée dans le monde avec une vie spirituelle profonde. Ce n=est qu=au prix d=une vie intérieure intense que nous pourrons rencontrer la quête de sens de nos contemporains (Envoi de Bonne-Espérance). Je vous encourage dans ce domaine, à inventer et à prendre des initiatives.Aujourd'hui, de multiples façons, une recherche de spiritualité se manifeste chez beaucoup de nos contemporains, chez des jeunes notamment. Il convient d'abord d'écouter et de rencontrer cette recherche. Mais il s'agit également d'évangéliser certaines formes de spiritualité ou de dévotion qui peuvent être aliénantes. Il est ainsi essentiel que l
=EAP veille à proposer à tous, et en particulier aux jeunes adultes, des outils, des lieux et des temps pour initier à la prière, dans ses formes diverses.Il sera bon également de proposer régulièrement des temps forts (rassemblements, retraites, pèlerinages) en paroisse ou en unité patorale.
Enfin, vos communautés ont aussi besoin d
=autres formes d=assemblées que les assembléesdominicales. N
=hésitez pas à rassembler, en invitant un public spécifique comme de jeunes adultes ou des familles, des chrétiens qui prennent le temps d=échanger plus longuement sur la Parole et leur vie, de célébrer éventuellement l=eucharistie dans ce cadre et de partager ensuite un repas fraternel.Différentes formes d
=espaces de ressourcement existent déjà. Un premier service à rendre, ce serait tout simplement de les faire mieux connaître.L
=ensemble de vos paroisses devient au terme de cette démarche de Renaissance une unité pastorale nouvelle, au sein de laquelle est créée une équipe d=animation pastorale (EAP). Cette équipe est composée de prêtres en responsabilité dans l=unité, éventuellement d=un diacre et de quelques laïcs, elle reçoit sa mission de l=évêque. Elle participe en quelque sorte à la mission du prêtre responsable, le doyen, d=animer et de coordonner l=ensemble de la pastorale de l=unité. Elle n=a de sens que s=il existe des communautés locales vivantes avec des conseils pastoraux (CLP) efficaces. L=EAP est donc au service des différentes communautés de l=unité. Elle ne se substitue pas aux conseils, mais, à partir d=une vision d=ensemble, elle leur fera des propositions et sollicitera leurs réactions. Elle écoutera aussi les orientations prises par les conseils et épaulera leur mise en œuvre effective. L=EAP se réunira régulièrement (tous les quinze jours environ). Comme toute équipe à laquelle une mission d=Eglise est confiée, elle enracinera son travail dans la prière, l=écoute de la Parole, le service des hommes et le sens de l=Eglise.On veillera à réunir régulièrement l
=ensemble des prêtres qui travaillent dans l=unité pastorale, y compris ceux qui ne feront pas partie de l=EAP, de façon à ce qu=une bonne articulation existe avec l=EAP. Je demande à chacun des prêtres concernés de participer à ces rencontres et de contribuer à mettre en œuvre les orientations pastorales promues par l=EAP.L
=équipe d=animation pastorale compte également des laïcs qui portent avec les prêtres la responsabilité de l=ensemble. Ces laïcs seront choisis en raison de leurs aptitudes à remplir cette mission ; au sein de l=EAP, ils ne représentent pas leur communauté d=origine, mais portent le souci de l=ensemble. Sur base d=une liste résultant d=une large consultation, ces laïcs sont désignés pour trois ans par l=évêque. Pour le choix de ces laïcs, les critères suivants interviennent : manifester un vrai sens spirituel et pastoral, avoir déjà fait preuve de compétence dans l=animation pastorale, avoir le souci de la communion.Cette équipe, comme l
=ensemble des dispositions qui découleront de la démarche de renaissance doit contribuer à raviver les fidélités essentielles qui font l=Eglise et la rendent rayonnante de Celui qui la fait vivre. Les Actes racontent l=accroissement continuel de la première communauté : Le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut (2, 47). Dans nos communautés, les statistiques ne manifestent pas pareil accroissement. Aujourd=hui comme hier pourtant, l=Eglise meurt lorsqu=elle se replie sur elle-même. Le désir de proposer l=Evangile, d=éveiller à la rencontre du Christ comme à la chance de naître et de renaître en humanité anime et doit animer nos communautés.En ce temps d
=épreuve pour notre Eglise et notre société, laissons-nous conduire par l=Esprit de Pâques et de Pentecôte. Avec lui, dans la confiance et l=audace, nous voulons risquer l=ouverture à l=inattendu de Dieu, inventer de nouveaux chemins et rejoindre les hommes de notre temps. Portons sur notre monde, ses valeurs et sa culture, un regard lucide et découvrons en lui le Royaume qui germe. Ensemble, nous voulons regarder vers l=avenir et témoigner, malgré les difficultés, de notre espérance en Dieu et en l=homme.
Jean Huard
Evêque de Tournai
*
|
Page d'accueil - Unité Pastorale Nouvelle (Composition) - Sites préférés - Pour prendre contact - La communauté du mois - A vos agendas/ activités. |