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Notices
explicatives sur la production du foie gras
Une
étude du Dr Yvan Beck, vétérinaire, qui a soumis à un examen de fond les plus
importantes publications scientifiques sur les effets du gavage sur le
bien-être des animaux confirme que 'le foie gras est effectivement un foie
malade. (...) Le gavage forcé des palmipèdes ou stéatose hépatique
nutritionnelle entraîne une transformation pathologique du foie qui est à
l'origine de souffrances incontestables pour ces animaux. L'objectif
économique du processus est de pousser au maximum et dans les plus brefs
délais, la transformation de cet organe, afin de maximiser les bénéfices. Il
faut pourtant s'arrêter avant que les phénomènes dégénératifs, inéluctables
au-delà d'un certain seuil, n'altèrent la qualité (friabilité) du produit ou
n'affectent exagérément l'état de santé des oiseaux. (...) Les oiseaux au
terme de ce processus sont par ailleurs incapables de fournir le moindre
effort, ce qui est en totale contradiction avec le but recherché dans les
conditions naturelles. (...) Il n'y a aucune comparaison entre le stockage
naturel des graisses par les palmipèdes avant migration, se faisant dans les
tissus périphériques (pour 50% dans la région de la poitrine), et le résultat
extrême que représente le gavage forcé pour l'organisme'. Selon
le Docteur Castets (ENV Toulouse) 'les animaux au terme du gavage présentent
une forte augmentation de poids (qui peut doubler), de la pâleur de la peau
et des muqueuses, un pelage collé par un enduit gras, des difficultés de la
démarche, une forte ptose abdominale (abdomen lourd) et de la dyspnée
(respiration haletante) (...) si le gavage continue, les animaux se couchent
à bout de force, asphyxiés, pour mourir (...)'. Selon
le professeur Zayan (professeur d'Ethologie à l'UCL, Faculté d'Agronomie) 'il
ne fait aucun doute que le gavage fait subir une souffrance physiologique et
comportementale qui réduit de manière dramatique le bien-être des oiseaux'.
Le foie gras est produit de manière de plus en plus intensive, non seulement
en Belgique où environ 80.000 canards et 2000 oies sont soumis au gavage
forcé mais également en France où vingt millions de canards subissent ce
traitement. Le gavage se déroule de plus en plus souvent à l’aide d’une
machine pneumatique qui permet de gaver six cents canards à l'heure, confinés
dans de cages exiguës de batterie (voir photos et images vidéo). Christian
Jacob, Directeur Commercial de Swissair a déclaré à GAIA que 'par respect
pour le bien-être des animaux', Swissair avait cessé de présenter du foie
gras à ses passagers. D’après Olga Jacobs, General Sales Manager Benelux, des
raisons identiques ont poussé American Airlines à ne plus proposer de foie
gras au menu. Il en va de même pour Air Canada, comme l’a confirmé Christiane
Gallant, responsable des relations publiques de la compagnie aérienne
canadienne à Paris. En
ce qui concerne la requête d’annulation de l’Arrêté Royal du 24 avril 1994
qui légalise la production du foie gras dans le cadre de la loi relative à la
protection et au bien-être des animaux, GAIA attend une décision de la part
du Conseil d’Etat. Selon GAIA, cet A.R. légalise tout simplement la situation
actuelle et est complètement taillé sur mesure pour les gaveurs et les
producteurs sans qu'il soit vraiment répondu aux exigences de bien-être des
animaux concernés. GAIA fustige 'la législation schizophrène' qui d'une part
interdit de nourrir de force des animaux et par conséquent, la souffrance
endurée par les palmipèdes, mais d’autre part, lorsque, par simple recherche
du profit, ce gavage se produit à grande échelle et de manière intensive, il
est bel et bien autorisé. Entre temps, une des plaintes introduites par GAIA
contre un gaveur avant même que le ministre de l'Agriculture de l'époque ne
publie son A.R. contesté, fut classée sans suite. La loi du 14 août 1986
relative à la protection et au bien-être des animaux interdit de nourrir de
force des animaux mais permet d'accorder des dérogations à des élevages
spécialisés, déterminés par le Roi et aux conditions qu'il fixe. Selon GAIA,
cet A.R. doit être annulé puisqu’il a été publié sans que le ministre de
l’agriculture de l’époque ne consulte au préalable le Conseil d’Etat et en
raison de son incompatibilité avec d’autres dispositions légales concernant
le bien-être des animaux. |