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Nicolas Greschny et l'art byzantin
L'église de St Victor est entièrement recouverte des fresques de Nicolas Greschny, un des plus grands fresquistes comptemporains, un maître de l'art byzantin. Son oeuvre vous provoque, vous fascine ,vous incite au voyage et à la méditation. Grâce à lui vous découvrirez l'art byzantin. Son génie et sa spiritualité font de son oeuvre un élément majeur de cet art . .
Nicolaï GRESCHNY - 1912 ; 1985 - Fresquiste
Pourquoi
et comment un peintre au nom à consonance mi-grecque, mi-russe, a-t-il
couvert, dans une quasi clandestinité un hectare (10.000 m2) de fresques
entre 1945 et 1965, ouvert 87 chantiers sur 27 départements français
et doté les diocèses de France d'un patrimoine de fresques
byzantines, unique en Europe ?
S'il est des génies méconnus, Nicolas GRESCHNY en est un.
L'homme ne peut être séparé de l'uvre. Sa vie est un roman, tragique comme l'histoire, qui des rives du Dniepr va l'amener jusqu'aux " Raspes du Tarn ".
Son uvre est le fruit d'une odyssée, courue par sa famille sur plusieurs siècles, et vécue par lui, dans son âme et dans sa chair, au cours des tragiques événements qui secouèrent l'Europe, de 1917 à 1945.
Nicolas GRESCHNY est l'héritier d'une lignée ininterrompue de fresquistes, peintres d'icônes, depuis le XVe siècle. Ses ancêtres furent condamnés par Ivan IV le terrible, à perpétuité au métier de peintre d'icônes pour avoir opté contre Moscou, en faveur du schisme orthodoxe, dit des " Vieux Croyants ".C'est ainsi qu'après migration d'Ukraine aux pays Baltes, Nicolas va naître, fils de Pope et de peintre. Son père lui lègue tout le savoir théologique et artistique de la tradition iconographique byzantine. Profitant de l'abolition du servage en 1905, son père se rendit en Allemagne à la cour du roi de Wûrtemberg, où il est reçu en sa qualité d'aristocrate descendant des Vikings (dit la légende familiale). Là, l'épouse une huguenote, Melle Maréchal descendante de protestants de la Rochelle, puis revient à Tallin. Au cours d'une chasse, il sauve la vie du Roi Wûrtemberg.
" Greschny ! Tu m'as sauvé la vie. Je te donne ma chasse ! ". Quelques années plus tard, Nicolaï aura l'occasion d'y mener " la vie de château " comme il disait ; mais après bien des tribulations.
La Vie de GRESCHNY :
1912 : Naissance de Nicolaï à Tallin
1917-1921 : Révolution - Séduit par la révolution, Nicolas fait sa première fresque : une locomotive ! au grand dam de son père !
1922-1923 : Exil de la famille, fuyant la persécution religieuse.
Vie au château de Wûrtemberg - Mort du père -
1927-1928 : Berlin : les beaux Arts
Nicolas entre aux scouts, sous la direction des Jésuites à la double nationalité ( Américain- Allemand) - émule de Guardini dont Nicolas se réclamera - Se destine à la prêtrise romaine, mais pour conserver la tradition byzantine orthodoxe, opte pour le rite oriental " uniate "- Nicolas est engagé par les Jésuites dans le mouvement de résistance au nazisme. Il est chargé de photographier dans les bibliothèques les documents qui serviront à établir ce qu'il appelle " Le livre blanc du Pape ", relatant les exactions du nazisme. Ce qui lui vaudra un coup de couteau des hitlériens qui le juge et qui l'inscrive à titre d'espion, sur la liste noire.
1934-1937 : Hitler prends le pouvoir. Le réseau est démantelé. Nicolas s'échappe, sans papier, se réfugie à Vienne, s'inscrit aux Beaux Arts et réalise sa première fresque.
1938 : Suschluss - Nicolaï fuit de justesse en Tchécoslovaquie - Nicolaï quitte Prague pour Rome. Demande à l'Ambassade de France un visa qui lui est refusé. Muni d'un sauf-conduit du Vatican, retourne à Riga.
1939 : Pacte Germano-soviétique. Nicolaï s'enfuit pour le Danemark, qui rejette ce " papiste "
1940 : Norvège, Angleterre
Mai 1940 : Louvain en Belgique pour faire sa théologie. exode. Arrêté sur les bords de la Loire comme apatride - interrogatoire musclé par des hommes à képi (dixit Nicolas). On se méfie de la 5ème colonne , Nicolas parle allemand, se dit Lithuanien, autrement dit, Gremano-soviétique aux yeux de la police. On lui vole son trésor : les " Podlinniks ", c'est à dire la collection familiale de tous les modèles de l'art byzantin (le plus grand regret de sa vie)
Juillet 1940 : interné au camp de concentration d'Argelès.
14 Juillet : le chef de camp organise son évasion, avec un groupe de juifs pour les soustraire à la Gestapo : Nicolas GRESCHNY figurait sur la liste noire des Nazis.
1940-1942 : caché chez les Jésuites de Toulouse, Nicolaï passe sa licence de théologie.
1942-43-44 : Occupation de la zone sud. Nicolas se réfugie dans les petits presbytères de la Montagne Noire. Sans argent , il vit ou survit, en peignant des églises. Participe au réseau de résistance en qualité de passeur .
1945 : Le Vicaire général d'Albi, Gilbert ASSEMAT, l'encourage et lui ouvre de nombreuse paroisses (aujourd'hui, le père ASSEMAT a publié 3 ouvrages sur Nicolas GRESCHNY au
" lions de Judas "). Mais, pour pouvoir se marier selon le rite byzantin, il lui faut une basilique " orthodoxe ". Celle-ci n'existant pas, il en construit une à la " Maurinie ", qu'il bâtit selon les canons classiques et revêt d'icônes. Aujourd'hui Nicolaï y est enterré.
1962 : ( ?) A la suite d'une mauvaise interprétation de la rénovation conciliaire, fin des commandes d'art sacré, au moment où l'artiste commence a connaître la notoriété. Nicolaï GRESCHNY participe alors aux " vacances insolites " initiés par le département de l'Aveyron. Il organise alors des stages pour le public où il enseigne l'art de la fresque et l'iconographie byzantine.
Technicien de la fresque
Nicolas a réintroduit l'usage quasiment aboli en France, de la fresque " al fresco ". Doué d'une virtuosité de dessinateur et de peintre hors série, il n'utilisera jamais les " poncifs "(ou pochoirs). Il dessine et peint directement au mur ou au plafond sans repentir, sans commettre un seule erreur de perspective, de proportion, de nuance, compte tenu de la hauteur de l'édifice, de la configuration des voûtes, de l'architecture, de l'éclairage, ect...
La composition est projetée en des temps record ; toujours
équilibrée, harmonieuse, ordonnée en fonction du sujet,
et débordante de profusion : on sent la joie du créateur qui
donne libre cours à son enthousiasme.
Cependant il respecte scrupuleusement tout les canons de la " liturgie " iconographique. Mais son originalité transparaît, non seulement dans son art de la ligne, de la composition, mais aussi dans l'harmonie des couleurs. C'est ainsi, par exemple, que l'on remarque une union d'ambiance entre l'uvre peinte et la luminosité propre du pays. (Par exemple à Carmaux, pays minier, tons bruns et sombres. A Roussayrolles, le roux-flammé. A Cazedarne, les rouges de la latérite du pays de l'Hérault, à la Crouzette les gris-bleu du granit du Sidohre, ect...). Nicolaï le " déraciné "prend racine en épousant une artiste languedocienne et en traduisant les inscriptions latines en slavones, en Langue d'Oc, hommage à la civilisation romane.
Il vit donc, depuis son enfance, dans un climat d'exaltation mystique, politique et esthétique. Le " Réfusnik "s'est fait " passeur ". Dissident a bien des égards, il introduit dans l'occident contemporain un message venu de l'orient ancien, prophétique et prémonitoire. Il fait partie de cette diaspora slave qui depuis cent ans ensemence la France. " Y entends venir les cosaques et le Saint Esprit " disait Léon Bloy - qui dira ce que notre culture doit aux Daguilev, Zadkine, Soutine, Chagall, Berdiaeff, Marie Curie, Milosz, Evdokinov, Krug ou Lévisnas, pour ne citer qu'au hasard de la plume. Dans cette immense maëlstron du XXe siècle, N.G. va surnager, cramponné à sa planche du salut : la croix de byzance. A lui, peut s'appliquer cette définition de Berdiaff donnait du " Raskolk ", " ces dissidents qui s'inspiraient des utopies sociales et apocalyptiques...ces chrétiens sans Pape, qui ont rendu la pensée russe, libre, courageuse, sans entraves, et toutes dirigées vers ses fins dernières... elle a révélé des dons exceptionnels : don de résistance et d'élans vers le monde de l'au-delà, vers la Fin...
L'art de Nicolas GRESCHNY est avant toute chose, un
acte religieux.
C'est, à proprement parler, un sacrement. L'esthétique, la recherche de la perfection et de la beauté, ne sont qu'une exaltation de l'invisible, une voie vers la contemplation.
Passeur d'hommes, passeur de Dieu, Nicolas GRESCHNY est ce " pontife "qui dresse l'arche d'unité entre l'Orient et l'Occident, entre le profane et le sacré, entre l'homme et Dieu.
De lui, et sans le savoir, Maria Raine Rilke a tracé le portrait dans son " livre de la Vie Monastique ", lorsqu'il décrit la venue du " peintre inconnu " :
" Tu es l'héritier.
Les fils héritent
car les pères meurent.
Les fils fleurissent.
Tu es l'héritier
et tu hérites de Kazan, de Rome et de Venise.
A toi seront Florence et le Dôme de Pise, la Troïka-Laura, le monastère qui sous les jardins de Kiev, dessine un labyrinthe de couloirs noirs, les clochers de MOSCOU, comme des souvenirs...C'est pour toi seul que les poètes s'enferment et rassemblent des images pleines de sens et de richesse, puis s'en vont, mûris par la métaphore, et toute leur vie restent solitaires, et les peintres ne peignent que pour qu'impérissable. Te revienne la natureque tu as crée périssable. "
Les fresques de N.GRESCHNY n'ont pas la même importance mais on y trouve rassemblées une série d'églises totalement peintes, des dalles au plafond du northex à l'abside. On y trouve toutes les grandes compositions(Pantocrator, divine liturgie, apocalypse, jugement dernier avec une profusion de scènes bibliques de correspondance d'Anges de Saints de personnages du pays et des tours de force comme la transposition de la Trinité de Roublev à Saint-Victor sur une surface de 12 m2.
Les scènes de l'Ancien Testament reliées par leur caractère
prémonitoire aux scènes de l'Evangile. Une thèologie
en image qui constitue une encyclopédie de l'art Bysantin dans sa
plus pure tradition. Une initiation à la pensée et à
l'art orthodoxe de l'icône. Une somme d'art sacré.
107 Oeuvres en France dont 75 en Midi-Pyrénées, au total environ
10.000 m2 de Fresques
AVEYRON
12100 MILLAU - couvent des Clarisses
12170 CANNAC - église Saint PIERRE aux LIENS
12170 LA GARDE - église Saint MARTIAL- Choeur
12200 VILLEFRANCHE DE ROUERGUE - Notre-Dame de TREIZE-PIERRE - toute l'église
12210 LAGUIOLE - église
12250 ROQUEFORT SUR SOULZON - Hall de la Mairie
12270 LA FOUILLADE - Frères de Saint Viateur - Chapelle
12330 SALLES LA SOURCE - Chap du Couvent
12340 GABRIAC - église
12340 SAINT JULIEN DE RODELLE (1) - église Saint JULIEN - le choeur
12340 SAINT JULIEN DE RODELLE (2) - salle paroissiale
12400 ESPLAS (REBOURGIL) - Notre Dame de la LAUZIERE
12400 SAINT VICTOR ET MELVIEU - église de Saint Victor - toute l'église
12490 SAINT ROME DE CERNON - église Sainte FOI et Saint ROMAIN
12550 COUPIAC - Notre Dame du Saint Voile - toute la chapelle
HAUTE GARONNE
31110 GOUAUX DE LARBOUST - Chapelle N.D d'ESCALERE - toute la chapelle
31110 00 Les Granges d'ASTAU - Chapelle Saint AVENTIN
31160 ENCAUSSE LES THERMES (1) - église - baptistère
31160 ENCAUSSE LES THERMES (2) - thermes, extérieur et intérieur
31210 LE CUING - église Saint PIERRE - toute l'église
31210 PONLAT-TAILLEBOURG - Chapelle Saint JEAN C.D 633 - Le Choeur
31580 LOUDET - maison particulière, entrée
31580 SAINT PLANCARD (1) - école de garçons, entrée
31580 SAINT PLANCARD (2) - église - baptistère
31800 MIRAMONT DE COMMINGE (1) - église - baptistère
31800 MIRAMONT DE COMMINGE (2) - Chapelle N.D des 7 douleurs, toute la chapelle
GERS
32800 EAUSE - église Saint LUPERC
HAUTES PYRENEES
65370 FERRERE - église Saint MICHEL, le Choeur
65370 MAULEON-BAROUSSE - église Saint PHILIPPE - baptistère
TARN
81000 ALBI (1) - grand séminaire, Chapelle
81000 ALBI (2) - domaine de LAPANOUSE
81000 ALBI (3) - musée TOULOUSE-LAUTREC
81000 ALBI (4) - hôpital, Chapelle
81095 LINTIN (CAHUSAC/ VERE) - église
81100 CASTRE - église Saint JACQUES
81110 LAGARDIOLE - église Saint MARTIN
81130 CAGNAC LES MINES - église Sainte BARBE
81140 LE VERDIER - église Saint PIERRE et Saint PAUL
81140 ROUSSAYROLLES - église
81145 LISLE SUR TARN - saint Gérard d'ADMISSARDS
81150 CASTANET - église Saint ANDRE
81150 MARSSAC SUR TARN - église Saint ORENS
81210 LA CROUZETTE - N.D de L'ASSOMPTION
81230 LACAUNE - église N.D de L'ASSOMPTION
81250 ALBAN - Notre Dame de L'ASSOMPTION, toute l'église
81330 PRATLONG (1) (VABRE) - Chapelle Saint LOUIS
81330 PRATLONG (2) - Chapelle Sainte THERESE
81330 SAINT HIPPOLYTE (Monestié)
81370 SAINT SULPICE - petit séminaire
81380 LESCURE D'ALBIGEOIS - église Saint PIERRE
81390 BRIATEXTE - église de N.D de L'ASSOMPTION
81400 BLAYE LES MINES - église Saint LOUIS
81400 CARMAUX - église Saint PRIVAT
81400 ROSIERES - église
81400 SAINT BENOIT DE CARMAUX - église
81400 SAINT HIPPOLYTE - église castrale, sacristie
81410 CADALEN - église
81430 MARSAL (1) - église Saint PIERRE, choeur
81430 MARSAL (2) - demeure du peintre - chapelle, choeur
81430 MARSAL (3) - restaurant " A la bonne Auberge " à la porte d'entrée
81440 JONQUIERES
81460 VAOUR
81480 CAHUZAC SUR VERE - église
81570 FREJEVILLE - église Saint HILAIRE
81610 LACABAREDE - église
81630 SAINT URCISSE
81630 SALVAGNAC
81640 CAMALIERES - église
81640 LAPARROUQUIAL - salle paroissiale
81640 LE SEGUR
81680 VLLENEUVE SUR VERE - N.D de la GARDELLE
81990 FONLABOUR - église
TARN ET GARONNE
82000 MONTAUBAN - institution Saint THEODARD, chapelle
82130 ARDUS - église
82190 MIRAMONT DE QUERCY - Saint PIERRE de NAJAC
AUTRES
06400 CANNES - école STANISLAS
09230 LES ISSARDS - église, toute l'église
09230 SAINTE CROIX VOLVESTRE - église de la Sainte FACE, panneau arrière
09310 ASTON - église Saint PIERRE et Saint PAUL, choeur et fond de l'église
11300 LIMOUX - N.D de L'ASSOMPTION
13014 MARSEILLE - La TOUR SAINTE
15130 YTRAC - église
17110 SAINT GEORGES DE DIDONNE - colonie Les Buissonnets
17310 SAINT PIERRE D'OLERON - église, choeur
23700 AUZANCES - église Saint JACQUES et Sainte ANNE
40100 DAX - couvent de LAZARISTES, tribune
42530 SAINT GENEST LERPT - N.D de la PITIE
48100 CHIRAC - chapelle du SACRE CUR
63140 CHATELGUYLLON - église Sainte ANNE, toute l'église
63200 RIOMS - église N.D du MARTHURET
72000 LE MANS - église Saint LAZARE
73000 BASSENS - église Sainte THERESE
74380 CRANVES-SALES - église Saint JEAN BAPTISTE
75005 PARIS - Foyer des Deux Ours
87000 LIMOGES - église Sainte Jeanne d'ARC
87600 ROCHECHOUART - église Saint JULIEN de BRIOUDE