L'Atlantide déchiffrée par Jürgen Spanuth - Pagan

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L'Atlantide déchiffrée

L'Atlantide, berceau de l'arianisme

 

L'Atlantide a décidément excité de nombreuses imaginations et donné naissance aux théories les plus diverses. Chacun a voulu lever un plan du voile, rompre le mystère.
Dans ce concert général, une voix s'est élevée pour défendre une thèse.
Cette voix, c'est celle du pasteur allemand Jürgen Spanuth
Allant à contre-courant de toutes les idées jusqu'alors reçues, il situe l'Atlantide en pleine Europe du Nord. L'Atlantide, selon lui, est le cœur de l'antique civilisation nordique, celle des races indo-européennes aryennes.

   

Parcours explicatif
De vastes recherches
Le récit de Platon lui apparaît d'abord une fiction
Recherches bibliques
Les bas-reliefs de Médinet-Habou, nouvelle source pour les Atlantes
"Le peuple de la neuvième courbe"
Celtes et Germains, deux rameaux d'un même peuple
Une île aux parois rouges, blanches et noires
Basileia, fleuron de l'empire nordique
L'orichalque, plus précieuse que l'or
Le sang du taureau versé sur la colonne du ciel
Le perpétuel combat livré par les Nordiques contre la mer
Les femmes nordiques expertes en textiles
Une brillante industrie métallurgique
Chaque habitant possède son trésor personnel
Des fêtes, du sport, de la musique...
Et le malheur vint avec la comète
À la place de l'Atlantide nordique, une étendue vaseuse...
Une digue de vingt-cinq kilomètres de long et haute de dix mètres
D'autres grandes civilisations balayées
Les Aryens abandonnent leur empire naufragé
Victoire des Athéniens sur les Aryens
La longue marche guerrière des "Peuples du Nord"
L'invasion de l'Égypte par les "Peuples du Nord"
Les Égyptiens coupent les mains des morts... pour les dénombrer
Voiles contre rames : un combat naval inégal
Des prisonniers altiers marqués au fer rouge par le pharaon
Les nordiques s'installent sur le pourtour méditerranéen
Croix gammée et dessins magico-rituels
Civilisation dorienne et style palatial crétois
Parenté mystérieuse entre Doriens et Germains
Identification par les appellations
La preuve par l'absurde
L'attestation par les découvertes archéologiques
Ils marquent l'Orient de leur sceau
La poterie s'inspire du tissage nordique
La Grèce devient le pays du sport
Authenticité du texte de Platon
Des hommes-grenouilles à la recherche de l'Atlantide
Une civilisation nordique longtemps florissante
La théorie de Spanuth : une véritable révélation
L'Atlantide indo-européenne, une manœuvre germanique ?
Compléments explicatifs
 Les "Peuples de la mer" 
 Les "10 plaies d'Égypte" 
 Ramsès III 
 
Médinet-Habou 

   

De vastes recherches
 
Cet homme est né le 5 septembre 1907 dans l'Obersteiermark autrichien. Après des études supérieures brillantes aux universités de Berlin, Vienne, Kiel et Tübingen, il est nommé en 1931 professeur de théologie, d'histoire ancienne et d'archéologie à Wiener Neustadt.
  En avril 1933, il devient pasteur de la petite ville de Bordelum, en Frise du Nord. C'est à cette époque qu'il se prend de passion pour l'Atlantide. Il entreprend alors de nombreux voyages dans tous les pays du pourtour méditerranéen : Grèce, Crète, Asie Mineure, Égypte, Afrique du Nord, Sicile, Corse et Sardaigne. Mais aussi, et cela est plus étrange, dans les pays scandinaves tels que le Danemark, la Suède et la Norvège. Au cours de ses pérégrinations, Spanuth essaie de retrouver les traces des premières migrations indo-européennes et celles des grands déplacements des peuples du Nord.
  Ses conclusions sont réunies dans un livre capital, Das enträtselte Atlantis (L'Atlantique déchiffrée).
 
A Paris, le 11 juin 1971, il prononce une conférence sur le thème L'Atlantique retrouvée ? qui est le titre de la traduction française de son livre (Plon 1954).
  Lorsqu'on lui demande ce qui a provoqué chez lui une telle passion pour ce sujet, il répond : -Certaines invraisemblances...

Le récit de Platon lui apparaît d'abord une fiction
 
Ces invraisemblances, il les mentionne dans sa conférence : -Comme vous le savez, nous tenons le récit de l'Atlantide du grand philosophe Platon. Celui-ci rapporte dans deux de ses dialogues, le Critias et le Timée, que l'histoire en parvint en Grèce par l'intermédiaire du législateur Solon, qui en avait eu lui-même connaissance par des papyrus et des inscriptions murales au cours du voyage qu'il effectua en Égypte de 570 à 560 avant J.-C..
  Dans ma dernière année de lycée, j'avais eu à traduire les dialogues de Platon. A l'époque, et bien longtemps après, je considérais cette histoire de l'Atlantide comme fiction sans aucun fondement historique.
  D'ailleurs, selon Platon, les événements en question se seraient déroulés huit ou neuf mille ans avant Solon et je savais très bien que l'histoire de l'Atlantide ne pouvait pas avoir eu lieu à une date aussi reculée, puisque rien de ce quoi elle fait allusion n'existait encore. Par exemple, dans le récit, il est question d'une ville nommée Athènes, d'une forteresse située sur l'Acropole d'Athènes, de la première enceinte construite autour de cette forteresse, de l'installation d'un puits à l'abri des remparts, d'États grecs, de temples égyptiens, d'inscriptions et de textes sur papyrus, de la présence de Libyens en Afrique du Nord, etc. Il est également indiqué que les Atlantes avaient des armes de cuivre et d'étain, c'est-à-dire de bronze et même de fer, qu'ils disposaient d'une flotte de plus de mille deux cents vaisseaux, de chars de guerre, d'une cavalerie. Il est bien évident que tout cela ne pouvait exister au IXe ou au Xe millénaire avant notre ère !

Recherches bibliques
  En 1933, poursuit Jürgen Spanuth, j'ai commencé à rassembler des textes parallèles de l'Antiquité proche-orientale, dans l'espoir de trouver des compléments ou des confirmations des indications historiques figurant dans l'Ancien Testament. Je m'aperçus alors que les événements relatés dans le second Livre de Moïse, la captivité et l'Exode du peuple juif, avaient jusque-là été placés par erreur au XVe siècle avant J.-C..
  Ce texte rapporte, en effet, que le peuple d'Israël eut à construire les villes de Ramsès et de Pithom, pour en faire des "greniers" destinés au pharaon (Moïse, 11,23). Or, les fouilles effectuées à Pithom et les trois chants sur "la construction de la belle ville de Ramsès", prouvent que ces deux villes furent construites sous le règne de Ramsès II (vers 1300-1235 avant J.-C.) Il fallait donc que les Israélites fussent encore en Égypte à ce moment-là. Et comme il est indiqué par ailleurs que Ramsès II mourut peu de temps avant l'Exode (Moïse, 11,23), celui-ci, ainsi que les "dix plaies d'Égypte" qui le précédèrent, ne put avoir lieu qu'après la mort du pharaon, soit après 1235 av. J.-C..

Les bas-reliefs de Médinet-Habou, nouvelle source pour les Atlantes
  Continuant ses recherches bibliques, Jürgen Spanuth se met en devoir d'étudier toutes les inscriptions et tous les papyrus du temps de l'Exode. C'est ainsi qu'il découvre les inscriptions que Ramsès III avait fait graver sur le temple royal de Médinet-Habou.
  Mis au jour dans l'ancienne Thèbes entre 1927 et 1936 par des chercheurs de l'institut oriental de l'université de Chicago, ce temple semble avoir été construit durant la période allant de 1200 à 1968 avant J.-C., donc au XIIe siècle avant notre ère.
  Les textes des inscriptions et des bas-reliefs furent publiés de 1934 à 1954.
  En les étudiant attentivement, le jeune chercheur allemand s'aperçoit que ces textes recoupent étroitement, non seulement le second Livre de Moïse, mais surtout le récit que Solon recueillit en Égypte en 560 avant J.-C. et qui fut repris par Platon dans le Critias et le Timée.
  Les bas-reliefs de Médinet-Habou corroborent en effet, jusque dans ses moindres détails, l'histoire de l'Atlantide. Ils montrent que cette histoire ne s'est pas déroulée, comme le prétend la légende, huit ou neuf mille ans avant Solon, mais durant le dernier tiers du XIIIe siècle avant notre ère. Or, c'est précisément à cette époque, vers 1220 ou 1210, que fut édifiée la première enceinte de l'Acropole d'Athènes et qu'un puits fut creusé à l'intérieur de cette enceinte ; vers cette époque aussi que de graves catastrophes naturelles obligèrent les "Atlantes" à entreprendre le long voyage à travers toute l'Europe et le Proche-Orient, qui devait s'achever par l'affrontement spectaculaire au cours duquel l'Égypte de Ramsès III repoussa l'invasion des "Peuples de la mer", des Libyens et des Tyrrhéniens.
  Compte tenu du récit de Platon, des inscriptions de Médinet-Habou, de la concordance parfaite des textes et de la chronologie précisée par ces dernières, il ne faisait plus aucun doute que l'histoire de l'Atlantide et celle des "Peuples de la mer", dont les Égyptiens eurent à subir les assauts, étaient intimement liées. C'est, du moins, la conclusion à laquelle aboutit Jürgen Spanuth.

"Le peuple de la neuvième courbe"
 
D'après le récits de Platon et les textes des bas-reliefs de Médinet-Habou, il ressort que l'Atlantide était faite "d'îles et parties de continent situées dans le Nord le plus lointain, tout au bord du Grand cercle d'eau, aux confins de la terre".
  Sous le nom de "Grand cercle d'eau" (sin wur), explique Spanuth, les anciens Égyptiens désignaient la mer qui, comme un immense fleuve circulaire, entourait selon eux le cercle des terres habitées. Dans leur cosmologie, ce cercle était divisé en dix "courbes", c'est-à-dire en dix segments, correspondant plus ou moins à nos degrés de latitude.
  De la dixième courbe, les Égyptiens disaient que "le soleil s'y couche à minuit", de la neuvième, que "le jour le plus long y dure dix-sept heures".
  D'après les Égyptiens, les "Peuples de la mer" (ou "Peuples de la mer du Nord") étaient les "peuples de la neuvième courbe" et cette "neuvième courbe" correspond, dans la géographie moderne, aux régions situées entre le 52e et le 58e degré de latitude nord : Allemagne du Nord, Danemark, Scandinavie méridionale. Si l'on s'en tient aux textes de l'époque de Ramsès III, les Atlantes étaient donc originaires de ces régions.

Celtes et Germains, deux rameaux d'un même peuple
 
Les représentations figurant dans les peintures murales et les sculptures de Médinet-Habou ne sont pas moins révélatrices que les textes. Doués d'un grand sens de l'observation, d'un goût prononcé pour la reproduction poussée jusque dans ses moindres détails, les artistes égyptiens ont représenté les "peuples de la neuvième courbe" la tête ornée de casques à cornes ou de couronnes à rayons, armés de boucliers et d'épées à poignée droite, tous objets en usage vers 1200 avant notre ère en Europe du Nord et là seulement... Ces objets nous sont familiers : des milliers d'originaux en ont été retrouvés par les archéologues ; en Scandinavie, des centaines de dessins rupestres attestent leur emploi. Que l'on se réfère aux descriptions écrites ou aux représentations, les "Peuples de la mer du Nord" ressemblent en tous points aux populations ayant habité l'Europe du Nord au XIIIe siècle avant notre ère.
  Qu'on les désigne sous le nom de "Celtes" ou de "Germains" n'a guère d'importance puisque, à cette époque, ces deux rameaux d'un même peuple n'étaient pas encore séparés. Les préhistoriens suédois et danois contemporains réservent le terme de "Germains" aux ancêtres des habitants de l'Europe du Nord qui, à partir de 200 avant J.-C., se désignèrent (et furent désignés) comme tels. Mais Pythéas, l'historien grec de Massilia (Marseille) qui a visité ces régions vers 350 avant J.-C., donnait encore le nom de "Celtes" à ses habitants. Les inscriptions de Ramsès III nomment d'ailleurs les trois groupes principaux constituant les "Peuples de la mer du Nord". Il les appelle les Phères, les Saksar et les Denen. L'opinion a souvent été avancée selon laquelle ces inscriptions constitueraient la première désignation écrite des Phéresioi, c'est-à-dire des trois plus anciennes tribus de l'empire celto-germain : les Frisons, les Saxons et les Danois.

Une île aux parois rouges, blanches et noires
 
Cette empire celto-germain, Spanuth a essayé de le localiser d'une façon précise. A l'âge du bronze, il comprenait, d'après lui, la presqu'île du Jütland, en partie disparue aujourd'hui, les îles danoises, la partie méridionale de la Suède et l'île voisine de Öland, en Baltique. Il y fleurissait une civilisation parfaitement homogène et connue sous l'appellation de civilisation nordique.
  Le pays, a priori, est inhospitalier et difficile à aborder. Ses côtes ressemblent, dit Homère, à des boucliers. Il se présente comme une immense île rocheuse aux "parois rouges, blanches et noires", qui "surplombe la mer à pic".
  Cette description, que l'on retrouve également dans les fameux dialogues de Platon, Spanuth la tient pour vraie et cherche dans l'espace nordique un endroit répondant à ces critères. Il trouve ainsi le rocher d'Helgoland, partie visible d'un territoire plus vaste qui se serait effondré dans la mer. La roche rouge subsiste encore, les blanches (gypse, craie et calcaire) forme le socle du haut fond, la roche noire apparaît à faible profondeur : il s'agit de grès fortement cuprifère auquel l'oxydation donne une teinte d'un bleu sombre.
  Une forte tradition orale rapporte qu'il n'était pas rare de voir amarrés, au mouillage sud de l'île, deux cents bateaux, venus là faire provision de calcaire et de gypse.
  Du sous-sol de l'Atlantide, ajoute notamment Platon, on extrait "du cuivre sous une forme dure et malléable". De son côté, le géologue Wetzel, originaire de Kiel, confirme qu'à Helgoland se trouve un riche gisement de cuivre : La roche contient plusieurs variétés de minerais cuprifères ; certains se présentent sous la forme d'oxyde de cuivre, d'autres sous l'aspect de sulfure à éclat métallique ; d'autres encore sous forme de cristaux.
  Il rappelle aussi que l'île portait le nom de "Plaque de cuivre". A n'en point douter, dit-il, les Anciens connaissaient l'existence de ce gisement cuprifère.

Basileia, fleuron de l'empire nordique
 
Entre cette île rocheuse, que nous savons être Helgoland , et le littoral, se situe l'île qui est le centre de l'empire nordique.
  L'historien Pythéas, déjà cité, nous rapporte qu'elle se nommait Basileia du nom de sa capitale ; il précise même qu'elle était proche de l'embouchure d'un fleuve, l'Éridan, et à une journée de voyage de la côte de la Germanie, dans la mer du Nord.
  Pour Spanuth, l'Éridan et l'Eider, fleuves qui traversent la péninsule du Jütland, ne sont qu'un seul et même fleuve. Il faut donc envisager que, entre le rocher d'Helgoland et la côte de l'Allemagne du Nord, plus précisément celle du Schleswig-Holstein, au sud du Jütland, une île a existé et, par la suite d'évènements extraordinaires, a sombré corps et biens dans la mer.
  Cette île, d'après les récits qu'en font Homère et ceux qui l'ont vue, est le fleuron de l'empire nordique. La splendeur de sa capitale lui vaut une réputation flatteuse dans tous les pays environnants. Implantée au centre de l'île, cette capitale est distante en tous points, par rapport à la mer, de dix kilomètres. Elle est ceinturée d'une plaine extraordinairement fertile où alternent champs de cultures diversifiées et champs de trèfle.
  Des collines de faibles hauteur la dominent et descendent en pente douce dans la mer.
  Des digues, garnies de palissades de bois liées entre elles par un ciment d'argile, construction essentiellement nordique, et surélevées pour permettre le passage des bateaux, entourent et protègent la capitale.
  Un canal traverse plaines et digues et permet aux navires d'aborder directement aux quais des deux ports, construits de part et d'autre de la ville proprement dite.
  Tout cela rappelle nettement la description de la capitale de l'Atlantide donné par Platon.
  Aussi, concernant les deux sources, chaude et froide, qui jaillissent du sol de l'Atlantide, Spanuth est formel : on trouve, encore aujourd'hui, dans les îles voisines de l'emplacement de l'île disparue, à Sylt, Führ et Amrun, des nappes d'eau radioactive qui jaillissent du sol et atteignent une température de 4O à 5O°.

L'orichalque, plus précieuse que l'or
  Mais on vient surtout chercher à Basileia une matière plus rare dont elle est seule détentrice, parce qu'on ne la trouve nulle part ailleurs. Cette matière c'est l'orichalque, dont nous avons vu que Platon avait fait une production caractéristique de l'Atlantide, "le plus précieux, après l'or, des métaux connus".
  La capitale nordique en exporte par bateaux entiers dans toute l'Europe et en Asie. Elle en possède le plus gros gisement mondial. Grâce à cette exportation, Basileia vit dans une opulence jamais vue. C'est dans la localisation de cette matière première qu'on peut trouver la plus sûre preuve de la localisation de l'Atlantide en mer du Nord. Spanuth s'en explique :
  L'orichalque, dit-il, était en réalité de l'ambre jaune, matière extraite de la terre en de nombreux endroits sur la côte ouest de l'Eiderstedt (au  Schleswig-Holstein). A l'âge de bronze, l'ambre avait effectivement " la valeur la plus haute". Il était exporté, dès 24OO avant J.C., depuis les rivages de la    mer du Nord jusqu'en Grèce et à Babylone, pour y être échangé contre de l'or. On peut facilement le faire fondre et même le dissoudre dans de l'huile pour l'appliquer comme un vernis.
  Aujourd'hui encore, dans le nord de l'Allemagne, de vieilles légendes disent qu'un Glastempel, un Glasburg, est englouti dans la mer au large de Helgoland (glas, glaesum, est l'ancien nom désignant l'ambre jaune).
  Il n'y a que deux endroits au monde où l'on a extrait de l'ambre jaune, le littoral du Schleswig-Holstein et la Prusse-Orientale. Et, les gisements de Prusse n'ayant été découverts qu'au début de notre ère, force est bien de conclure que Basileia n'a pu se trouver au "pays de l'ambre des anciens" (Bernsteinland der Antike)
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Le sang du taureau versé sur la colonne du ciel
 
Puis Spanuth aborde le problème des sacrifices rituels, tout en s'appuyant sur le texte de Platon, qu'il n'a pu encore étayer par des preuves archéologiques sûres.
  Les dix rois, selon Platon, vêtus de très belles robes d'azur sombre et de longs manteaux, s'assemblent dans l'enclos sacré du temple de Poséidon. Ils s'absorbent dans une prière commune tandis qu'on fait entrer des taureaux. Puis, armés d'épieux de bois et de filets, ils entreprennent d'en capturer un. La lutte est rendue difficile par la combativité des bêtes. Enfin, l'une d'elles succombe sous les assauts répétés des hommes et devient la victime désignée des dieux. On la mène à la colonne et on l'égorge à son sommet. On consacre alors toutes les parties du taureau et on remplit de sang une vasque-cratère. Chacun reçoit une giclée de ce liquide rouge en purification et le reste est déversé sur la colonne sacrée. La chair de l'animal est jetée dans les flammes afin qu'il n'en reste plus rien.  Puis on éteint tous les feux ; l'obscurité descend et enveloppe les rois qui se sont assis par terre en un grand cercle. Lorsque la nuit est totale et que personne ne distingue personne, alors sonne l'heure de la vérité. Des accusations sont émises, des jugements rendus et personne n'est épargné. Puis des jumeaux apparaissent et rallument les feux sacrés.
  C'est la fin de la cérémonie. Les dieux apaisés permettront au soleil de réapparaître avec le jour.
  Or, ce culte du Soleil et du Feu est commun à tous les peuples de race aryenne. L'usage s'en est prolongé longtemps après la christianisation des pays celtes et germains.

Le perpétuel combat livré par les Nordiques contre la mer
En dehors du Soleil et du Feu, les Nordiques adorent la Mer. On peut même dire que celle-ci est leur grande affaire. Vivant sur des îles, avec pour horizon l'océan tumultueux, ils ont dû très tôt apprendre à maîtriser cet élément.
  Leur flotte est importante et va de la simple barque de pêche au bateau de guerre qu'on abrite dans des grottes naturelles.
  Leurs navires possèdent un double gaillard (poupe et proue sont surélevées) et un mât amovible. Pour carguer les voiles ils n'abattent pas la vergue mais manœuvrent les cordages depuis le pont. Les Vikings, au MOYEN-AGE, ne procéderont pas autrement. En guise d'ancres, ils se servent de pierres trouées, qu'en vieux nordique on désigne par le mot stior. Les pêcheurs de l'île de Büsum en ont remonté à plusieurs reprises de leur lieu de pêche, proche du rocher d'Helgoland. On fixe les avirons aux tolets à l'aide de courroies de cuir. De nos jours, les pêcheurs du littoral de la mer du Nord et de la Baltique en font autant.
  Ce sont des marins joyeux et intrépides pour qui la mer est une passion. Pourtant, l'océan n'apporte pas que des joies aux Nordiques. Il représente un danger toujours présent pour un pays qui dispute la moindre parcelle de terre à l'eau envahissante qui gagne et ronge le sol. Il y a aussi le sable qui, porté par des vents violents, recouvre tout et étouffe les cultures. Combat combien inégal et qu'il faut livrer jour après jour, sans relâche.

Les femmes nordiques expertes en textiles
  Autant les Nordiques, nous dit Homère, sur le reste des hommes l'emportent à pousser dans les flots un croiseur, sur les femmes autant l'emportent leurs tisseuses, Athéna leur ayant accordé, entre toutes, la droiture du cœur et l'adresse des mains.
  Il semble en effet, et de nombreuses parures retrouvées dans des sépultures l'attestent, que les femmes atlantes possèdent une habilité hors du commun. Tissage, filage et confection des tissus n'ont pas de secret pour elles.
  Les étoffes atteignent une perfection étonnante : sorte de patchwork dans le camaïeu d'une couleur. Le travail du lin, plante caractéristique des pays nordiques, révèle une longue tradition textile. Les dessins sont élaborés et géométriques : les fils se croisent à angle droit et forment des motifs harmonieux.

Une brillante industrie métallurgique
  Pour leur part, les hommes sont des artisans géniaux. Ils savent tirer parti des richesses de leur sous-sol. L'ambre est aussi bien utilisé comme laque, pour allumer le feu ou en pâte colorée.
  Pour le cuivre, après l'avoir longtemps utilisé pur, ils apprennent à le traiter par l'adjonction d'autres métaux. Le travail du métal pur se fait, dans un premier temps, au marteau mais, très vite, on crée des fourneaux qui, grâce aux hautes températures obtenues, permettent la fonte du minerai. Dans les tombes de l'espace nordique, il n'est pas rare de découvrir des plaques, des colliers, des haches, des francisques et des ustensiles en cuivre.
  D'après le PR Schwantes, de Kiel, il ne fait aucun doute que ce sont "les populations mégalithiques établies sur le littoral qui généralisèrent l'emploi des objets de cuivre".
  L'étain, qu'on trouve en abondance, sert à la fabrication des objets, des armes et des ustensiles en bronze, alliage de cuivre et d'étain où la proportion d'étain est presque toujours de quatorze pour cent.
  L'argent ne semble pas jouir du même engouement. Dans quelques objets de bronze il remplace l'étain.
  Quant à l'ivoire, qu'on retrouve dans beaucoup d'objets de décoration ou de culte, il provient, sans qu'on puisse trop s'en étonner, des défenses des derniers mammouths préhistoriques qui hantaient encore l'Europe du Nord. Le travail du fer est le plus beau fleuron de cet artisanat car les Nordiques sont alors les seuls dans le monde à savoir fondre et travailler ce métal, d'ailleurs considéré par eux comme un métal précieux dont on se sert même pour des incrustations. A Amland, on a exhumé un rasoir de fer datant de l'âge de bronze et, dans l'île danoise de Sjaelland, on a découvert des ustensiles et des objets de fer remontant au XIVe siècle avant J.C..

Chaque habitant possède son trésor personnel
 
Ainsi, des ressources naturelles très importantes, alliées à une exploitation intelligente et le sens du commerce font du "Peuple du Nord" une nation riche et heureuse. L'or, qui est la monnaie d'échange, coule à flots et il n'est pas rare de voir des chevaux ferrés d'or ou des socs de charrue en argent. Tout habitant possède son trésor personnel. La femme la plus humble porte à son doigt une bague en forme de torque ; les princes croulent sous les bijoux et mangent dans la vaisselles d'or. Ce peuple n'est pourtant pas enfermé dans une opulence égoïste et son hospitalité est légendaire. Tout doit être mis en oeuvre pour combler un invité de passage...

Des fêtes, du sport, de la musique...
 
Les Nordiques ont le goût de la compétition sportive où chacun donne le meilleur de lui-même : courses de chars et de chevaux, combats de boxe, lancement du disque, saut, courses à pied et surtout un jeu de balle qui se joue en équipe et qui étonne toujours l'étranger de passage. Dans le nord de la Frise,, il se pratique encore de nos jours un jeu de balle appelé Bosseln et qui rappelle, à bien des égards, l'antique jeu nordique.
  Et puis, le soir tombant, après un repas copieux, alors que le feu du foyer brûle gaiement, les joueurs de luth et de harpe font leur entrée. Les jeunes gens s'apprêtent et bientôt commencent les danses rituelles où chaque danseur rivalise de légèreté et de grâce.
  Des chants accompagnent les instruments et créent l'ambiance. La description des danses nordiques faite par Homère rejoint celle d'un chroniqueur du Moyen Age parlant en 1347 des danses qui ont lieu à Büsum :
  Tantôt ils forment cercle, tantôt ils se séparent, tantôt ils bondissent gracieusement au dessus des épées, tantôt ils s'en saisissent ; ils les groupent en faisceau, les arrangent en rosace ou forment le pavois. Le meneur de jeu grimpe sur cette plate-forme que les danseurs maintiennent à bout de bras... Spectacle étonnant par l'habilité déployée.
   Laissons la conclusion à Homère :
  Ulysse était tout yeux devant ces passe-pieds dont son cœur s'étonnait.
  -Leur vue me confond, confia-t-il au seigneur Alkinoos.

Et le malheur vint avec la comète
  Cette joie de vivre dont Ulysse est le témoin ravi va bientôt faire place au malheur et à la détresse. L'homme va être mêlé à des évènements qui le dépassent et l'écrasent.
  Et ceci à cause de la chute, ou du passage à proximité de la terre, d'une comète de fortes dimensions qui provoque d'immenses catastrophes. La mythologie grecque raconte précisément l'histoire de Phaéton, dont le char solaire "tomba sur terre, à l'embouchure du fleuve Eridanos".
  Cette légende peut être rapprochée de certains poèmes de l'Edda scandinave (Völuspa) qui parlent de la destruction d'Asgard, la demeure des dieux, provoquée par la chute de Fenrir (le loup) à l'embouchure d'un grand fleuve.
  L'Eridanos des auteurs classiques,
répète Jürgen Spanuth, n'est autre que l'Eider, qui se jetait dans la mer du Nord, non loin du rocher de Helgoland jusqu'à ce que l'Atlantide fût recouverte par les flots. Selon l'Edda, le niveau de la mer baissa de nouveau par la suite, laissant à découvert une partie de Basileia. On connaît, en effet, une île nommée Utlland (c'est-à-dire Atland) qui était située à l'est de Helgoland et qui disparut à l'époque médiévale. Au sud de cette île, une fosse de cinquante neuf mètres au fond de la mer montre l'endroit où tomba Fenrir...
  Une thèse analogue (perturbations par une comète, peut-être la planète Vénus) est soutenue par Me Charles Ferri-Pisani. Dans un rapport inédit, présenté à l'occasion du dernier symposium de géologie sous-marine, il écrit :
  Les Grecs nous disent que lorsque Hélios confia les rênes du char solaire à Phaéton, celui-ci s'approcha si près de la terre que celle-ci se dessécha et s'embrasa. Notons au passage que les sœurs de Phaéton furent changées en peupliers et que leurs larmes devinrent de l'ambre, que l'on récolte en abondance sur les bords de l'Éridan, donc sur les rives de la Baltique.

A la place de l'Atlantide nordique, une étendue vaseuse...
 
A ce désastre d'origine stellaire, s'ajoute un cataclysme d'origine volcanique. La sécheresse sévit et calcine la terre entière ; d'immenses incendies ravagent les forêts et les cultures ; les sources sont  taries, les rivières n'ont plus qu'un maigre filet d'eau puis viennent les tremblements de terre qui ébranlent la planète, provoquent des destructions considérables et engloutissent l'île-capitale des Nordiques ; puis, comme si tout cela n'était pas suffisant, des trombes d'eau se déversent sur la terre, provoquant d'immenses inondations.
  Pour ceux qui survivent, c'est la famine, certains deviennent anthropophages, comme le confirment des ossements retrouvés dans le village palustre de Buchau. D'autres, après avoir surmonté leur détresse, se décident à émigrer. On peut penser qu'à cette époque commence une migration sans précédent des peuples de l'Europe du Nord. Ainsi, les catastrophes subies par l'Atlantide nordique vont être la cause première d'invasions qui vont changer la face du monde.
  Que laissent les Nordiques derrière eux ? Un pays ravagé, en partie englouti. L'île royale a disparu dans la mer. D'abord, la plaine seule de l'île est envahie par les flots tumultueux mais, très vite, les collines de faible hauteur de Basileia sont balayées par un raz de marée d'une violence inouïe qui détruit les monuments et emporte la population.
  Lorsque le niveau de la mer baisse d'environ quatre mètres, un semblant de vie reprend sur les terres qui émergent encore. Par la suite, celles-ci deviendront le centre du commerce de l'ambre.
  Quant au reste du pays, il n'est plus qu'une étendue vaseuse, quasiment infranchissable pour les bateaux. L'historien grec Pythéas, qui se rendit dans ces régions après la catastrophe, nous décrit l'état  désolé des lieux :
  A l'abri du rocher qui surplombait Basileia, s'étend une partie de la mer qui semble faire d'air, de terre et d'eau et qui n'est ni praticable, ni explorable.

Une digue de vingt-cinq kilomètres de long et haute de dix mètres
  Cette mer de vase, nous explique Spanuth, ne peut être que les bas-fonds de la côte occidentale du Schleswig-Holstein, bas-fonds qui, en 165O, s'étendaient jusqu'aux parages de Helgoland et qui seraient aujourd'hui encore "impraticables et inexplorables", si des signaux marins et des phares n'indiquaient aux navires la présence de chenaux étroits et tortueux. Le Critias de Platon précise (à propos de l'Atlantide) que "celui qui voudrait naviguer d'ici (c'est-à-dire de la mer du Nord) à la mer située de l'autre côté (c'est-à-dire la Baltique), se verrait opposer... comme un obstacle invincible". Avant le séisme qui provoqua la disparition de Basileia, il était aisé de passer "d'une mer à l'autre" en empruntant le cours de l'Eider, de la Treene ou du Schlei ; après la catastrophe, il n'en était plus question. La mer avait accumulé une sorte de digue de vingt-cinq kilomètres de long et de dix mètres de haut à l'embouchure des fleuves et l'Eider dut, pendant plus de deux mille ans, modifier son cours pour aller se jeter dans la mer du Nord à la hauteur de Sylt (c'est en 1362 que l'Eider submergea l'obstacle, et regagna son ancien lit).

D'autres grandes civilisations balayées
(La bible porte témoignage de l'événement, avec l'épisode des "dix plaies d'Egypte")
  Ce cataclysme volcanique a une dimension planétaire et beaucoup de pays sont touchés ou détruits. Des populations entières sont décimées et avec elles disparaissent de grandes civilisations. L'éruption, confirme Spanuth, ravage les grandes civilisations existant à l'époque, telle la civilisation minoenne en Crète et dans les îles voisines.
  L'âge d'or de la civilisation crétoise minoenne, écrit-il aussi, date d'environ 15OO avant J.C. .La Crète fait alors partie des "grandes puissances", au même titre que l'Égypte du Nouvel Empire, les Hittites ou Babylone. Elle domine tout le trafic maritime dans la partie orientale de la Méditerranée. Les palais deviennent à cette époque de plus en plus luxueux et raffinés, les villas se multiplient, la densité du peuplement s'accroît. Des colonies prospèrent à Rhodes, à Théra, à Cythère, à Kéos, à Milet. Cette civilisation disparaît brusquement dans des circonstances catastrophiques imputables à l'éruption du volcan de Théra et au raz de marée qui s'ensuivit. Cette éruption analogue à celle du Krakatoa (qui ravagea et modifia complètement la configuration du détroit de la Sonde en 1883), est attestée par la géologie et l'océanologie. Les découvertes archéologiques de Santorin en 1967, avaient déjà attiré l'attention : les ruines des maisons se trouvaient enfouies sous une masse de cendres volcaniques. Vers l'intérieur, l'île principale présente une falaise presque continue, de plus de deux cent cinquante mètres de haut, dont le relief correspond à ce que les vulcanologues appellent une "caldera", c'est-à-dire un cratère effondré au-dessus d'une poche de magma épuisée par les éruptions. Les dimensions de ce cratère (dix kilomètres de diamètre), l'ampleur de l'effondrement, permettent d'évaluer l'importance de la catastrophe : séismes, stérilisation des terres par retombée des cendres (une couche de dix centimètres suffit à empêcher l'exploitation d'un champ durant des années), destruction des bâtiments, vagues gigantesques hautes de plusieurs dizaines de mètres déferlant sur les côtes nord et est à cent soixante ou deux cents kilomètres à l'heure.
  A l'exception de celui de Cnossos, tous les palais, les villes et les villages de Crète furent détruits. Ils ne furent jamais reconstruits. Les cités furent abandonnées.
  Cette éruption ravagea aussi la civilisation des Hittites en Asie Mineure et , en Grèce, le royaume mycénien. L'Égypte, qui était alors à l'apogée de sa puissance, fut également frappée : la Bible porte témoignage de l'évènement, avec l'épisode des "dix plaies d'Égypte".

Les Aryens abandonnent leur empire naufragé
Après le naufrage de leur empire, les peuples aryens du Nord, les Atlantes pour Jûrgen Spanuth, prennent le chemin de l'exil, fuyant la faim et les bouleversements. Tout naturellement, ils suivent les vieilles routes commerciales par lesquelles, depuis environ 24OO avant J.C., ils exportent leurs matières premières.
  Ils partent chargés de tous leurs biens mais, au long du chemin, pour alléger les fardeaux qu'ils portent, ils sont contraints de se séparer des objets les plus encombrants, laissant ainsi des traces probantes de leur passage. Ils les enterrent dans des caches repérables, aménagées le long des voies de l'exode et en bordure des routes commerciales.
  Au cours de plusieurs voyages d'étude, raconte Spanuth, j'ai particulièrement étudié les traces de leur passage. Nous savons, pour en avoir retrouvé de nombreux originaux en Suède, au Danemark et en Allemagne du Nord et pour les avoir vus représentés sur les murs de Médinet-Habou, quels étaient les casques, les armes, les vêtements, les bateaux, les chars de guerre dont les "Peuples de la mer du Nord" se servaient au XIIIe siècle avant notre ère. Or, ces objets ont été retrouvés tout le long du trajet parcouru par les Atlantes : en Europe du Nord bien sûr, le long de l'Elbe et de l'Oder puis du Danube, en Grèce, en Crète, à Rhodes, à Chypre, en Asie Mineure enfin, sur la côte syro-palestinienne et jusqu'aux confins égyptiens.
  Des fouilles en ont aussi mis au jour sur l'itinéraire "occidental" le long de la Saale et de l'Inn, à la hauteur du col du Brenner, en Italie, en Sicile, en Sardaigne et en Afrique du Nord.
  Tous ces objets proviennent sans aucun doute du secteur nord-européen et remontent à 12OO avant J.C.. On  peut les voir dans les musées et dans de nombreuses collections privées.

Victoire des Athéniens sur les Aryens
  L'exode se fait du Nord vers le Sud. Dans la première partie de leur voyage, les émigrants évitent les régions peuplées pour ne pas s'exposer à des conflits inutiles. On peut y voir une sorte de "modus vivendi" avec les peuples des régions traversées. Les Nordiques de Jürgen Spanuth contournent les contrées situées au nord de l'Elbe puis longent le Danube vers l'aval.
  Ils traversent ainsi la Silésie, la Bohême et la Moravie puis descendent dans la plaine hongroise. Tout porte à croire qu'ils y séjournent un assez long moment. Spanuth s'appuie, en cela, sur la découverte en Hongrie de nombreux dépôts contenant des armes et des objets typiquement nordiques. Lorsqu'ils se décident à reprendre la route, ils y laissent une partie importante de leurs effectifs.
  Quittant le territoire de l'actuelle Hongrie, raconte Spanuth, les uns se dirigèrent vers la Grèce, les autres vers l'Italie. En Grèce, ils n'eurent pas grand mal à triompher de la résistance qui leur fut opposée. Les châteaux forts de Mycènes et de Tyr avaient été détruits par les tremblements de terre et leur défense n'était assurée que par des murailles de style cyclopéen érigées dans la plus grande hâte ; ils tombèrent rapidement.
  Mais les envahisseurs ne purent prendre la forteresse située sur l'Acropole d'Athènes, protégée, elle aussi, par un "mur cyclopéen", le "mur des Pélasges". Conduits par le roi Kodros, qui perdit la vie dans la bataille, les Athéniens se défendirent avec succès.
  "Cet acte héroïque, écrit Platon, surpassa tous les autres en importance et en force, lorsque le vieil État (Athènes) arrêta l'énorme puissance représentée par cette armée et sauva sa liberté."

La longue marche guerrière des "Peuples du Nord"
  La thèse audacieuse que soutient le pasteur Spanuth est fondée non seulement sur ses propres recherches archéologiques mais aussi sur certains textes anciens comme celui de l'historien grec Timagène.
  Les loniens, premiers Grecs arrivés dans la péninsule, poursuit Spanuth, demeurent maîtres d'Athènes et de l'Attique, tandis que les "Peuples du Nord" s'emparent de toutes les autres régions. Ces nouveaux arrivants, les habitants d'Athènes les appellent Doriens, du nom de la tribu des Dori ou des Douri, dont la patrie originelle se trouvait sur les rives de la mer du Nord, entre l'Elbe et la Weser. 
  A l'époque de l'empereur Auguste, l'historien Timagène, puisant ses renseignement "dans toutes sortes de livres", écrivait encore :
  "Les Doriens habitaient autrefois les régions côtières de l'océan. Puis, un jour, ils quittèrent les îles éloignées et les régions situées au-delà du Rhin pour descendre jusqu'ici (en Grèce), ayant été chassés de leurs foyers par des inondations et des guerres ininterrompues. Après la chute de Troie (début du XIIIe siècle avant J.-C.), toute une partie d'entre eux vint s'installer ici, pour y peupler des terres inhabitées."
  Mais la majeure partie des "Peuples du Nord " poursuivit sa marche en avant. Grâce à une flotte construite près du golfe de Corinthe, à Naupacte, ils entreprirent alors l'occupation du Péloponnèse, de la Crète; de Chypre et de Rhodes. Puis, ayant gagné l'Asie Mineure et soumis l'empire hittite, ils allèrent jusqu'à Karkemish, sur les bords de l'Euphrate, traversèrent enfin aux frontières de l'Égypte. C'est là, disent les inscriptions de Médinet-Habou, qu'ils installèrent leur camp et se préparèrent à la bataille.

L'invasion de l'Égypte par les "Peuples du Nord"
  Les toutes premières attaques des "Peuples du Nord" contre l'Égypte eurent lieu sous le règne de Séthi II (v.121O-12O5 avant J.C.). Mais c'est durant la cinquième année du règne du pharaon Ramsès III (v.1198-1168 avant J.C.) que se livre l'affrontement le plus terrible.
  Venant de Palestine et de Libye, attaquant aussi sur les côtes, les "Peuples du Nord, entreprennent une invasion en règle de l'Égypte, selon un plan concerté. C'est cette bataille gigantesque que relatent à la fois les inscriptions de Médinet-Habou et le texte de Platon.
  Les rois des Atlantes, lit-on dans le Timée, tenaient sous leurs ordres la Libye jusqu'à l'Egypte et l'Europe jusqu'à Tyr. Concentrant et unifiant leurs forces, ils se proposaient de soumettre votre territoire (la Grèce) et le nôtre (l'Égypte) et cela au cours d'une seule campagne militaire.
  Ce projet, qui tend à unifier tous les pays européens et méditerranéens sous un même sceptre, est-il trop audacieux ? Cela, en fait, n'a rien de chimérique. La puissance nordique, si nous en croyons les bas-reliefs égyptiens qui retracent cette bataille, s'appuie sur une armée bien organisée et bien équipée. Armement et vêtements ont été, en quelque sorte, standardisés en prévision de la campagne militaire. Tous les ennemis des Égyptiens portent un sarrau, un casque à cornes, coiffure celte par excellence, ou une couronne de roseaux et pour armes, une épée d'un même modèle pour tous, deux lances et un bouclier léger. Leurs chefs portent un manteau d'une seule pièce qui descend jusqu'aux chevilles, fermé par une fibule à deux branches, cette broche nordique qu'adoptèrent les Grecs.
  Ils arborent tous les cheveux longs et seuls les rois nordiques portent une longue tresse enroulée en chignon et tenue par de gros peignes. Alors que la barbe est habituelle dans la population mâle du globe, ces soldats n'en portent pas, ce qui prouve que l'usage du rasoir est répandu parmi eux ; de fait, dans l'espace nordique, il a été retrouvé de nombreux rasoirs de cette époque. Ce sont des hommes de haute stature au corps élancé, au crâne allongé, au nez droit et au front haut, caractères propres à une race européenne de type nordique. Dix rois commandent cette armée dont le chef suprême est le roi des Philistins peuple-leader de la coalition nordique. Incorporés à cette armée, se trouvent des mercenaires sardes et siciliens ainsi que des combattants forcés, pris dans la population mâle des pays soumis au contrôle des Nordiques.
  Cette armée dispose d'importantes unités de chars de combat, d'une cavalerie et d'une flotte de guerre. Au total, le roi a sous son commandement, dix mille chars de guerre, mille deux cents navires et un million d'hommes.
  Ces chiffres peuvent paraître exagérés, nous dit Spanuth, et le sont peut-être. Il ne faut pourtant pas enterrer de conclusion hâtive. Une population de six ou sept millions de personnes, même à l'époque, n'a rien d'invraisemblable.
  Cette armée, nous l'avons dit, se regroupe dans le Sud de la Syrie avant de lancer l'attaque décisive sur l'Égypte.

Les Égyptiens coupent les mains des morts... pour les dénombrer
  En Égypte, Ramsès III décrète la levée en masse. Il fortifie les frontières septentrionales du pays, renforce la garnison des ports, regroupe sa flotte qu'il arme avec des soldats aguerris, crée dans sa population des milices armées, enrôle des mercenaires et lève ainsi une formidable armée de soldats résolus. Il est fin prêt quand l'assaut est donné par les Nordiques.
  Dans ce combat de géants, rien n'est épargné pour vaincre l'adversaire. Dans un sursaut d'énergie et grâce à la qualité de son armée, Ramsès III réussit dans un premier temps à contenir l'assaut. Puis il prend le dessus et écrase, sur terre, l'armée des envahisseurs.
  Des centaines de milliers de guerriers nordiques sont tués ou fait prisonniers. Sur les champs de bataille, les Égyptiens coupent les mains des morts pour les dénombrer : leur nombre n'est pas gravé dans la pierre mais il est dit d'eux qu'ils étaient aussi nombreux "qu'une nuée de sauterelles". Quant aux prisonniers, leur nombre est semblable aux "grains de sable du rivage".
  Les femmes et les enfants qui accompagnent les troupes nordiques sont soit massacrés sur place, soit emmenés en esclavage.

Voiles contre rames : un combat naval inégal
  Ces combats sur terre auraient très bien pu n'être pas décisifs pour le sort de la guerre si la flotte nordique avait fait la preuve de sa supériorité. Mais un concours de circonstances et une mauvaise appréciation du terrain l'en empêchent. 
  N'oublions pas que ces hardis marins ont l'habitude de naviguer sur des eaux tumultueuses. Leurs navires sont donc équipés exclusivement de voiles. Malheureusement, le combat naval qu'ils s'apprêtent à livrer se passe sur la Méditerranée, mer généralement paisible, et les vents, ce jour-là font défaut. Voiles carguées, les bateaux nordiques dérivent au gré des courants qui les entraînent inexorablement à proximité des bateaux égyptiens. Ils se heurtent là à une muraille d'airain. Les navires ennemis, barrés par de solides rameurs, les entourent ; les archers égyptiens font pleuvoir des volées de flèches qui exterminent les équipages ; d'autres, utilisant des grappins, s'efforcent d'accrocher les voiles carguées pour faire chavirer les bateaux.
  Un grand nombre de Nordiques sont projetés à la mer et massacrés, à moins qu'on ne se serve d'eux comme bouclier humain après les avoir attachés aux bordages.
  Les marins nordiques, défavorisés par un temps trop clément, dépourvus des rames qui leur auraient permis d'échapper à leurs ennemis, sont à la merci des Égyptiens. Il ne leur reste plus qu'à faire preuve de noblesse dans le malheur. On assiste alors à des scènes bouleversantes, immortalisées par les bas-reliefs de Médinet-Habou.

Des prisonniers altiers marqués au fer rouge par le pharaon
  Une fois le combat perdu, les prisonniers sont regroupés et enchaînés deux par deux. Puis les Égyptiens forment des convois qui prennent la direction des camps.
  Durant la longue marche des vaincus, les guerriers nordiques gardent une "attitude noble et fière"
  Arrivés sur place, ils subissent sans broncher l'infamante marque au fer rouge qui imprime dans leur chair le sceau de pharaon. Puis, devant un public de scribes et de notables, ils répondent aux questions.
  Par leur intermédiaire, écrit Spanuth, les Égyptiens obtinrent une quantité d'informations sur leur patrie d'origine, l'itinéraire qu'ils avaient suivi, les projets qu'ils avaient. L'ensemble fut inscrit sur les bas-reliefs et les papyrus du temple pharaonique.
  Le pharaon s'est réservé, pour sa part, les rois et les princes nordiques capturés durant le combat. Ils sont au nombre de dix et participeront au "triomphe" de leur ennemi dans les rangs des vaincus. La victoire du pharaon Ramsès III est certes écrasante mais la détermination des "Peuples du Nord" demeure intacte. Ils ne voient là qu'un épisode malheureux dans une lutte dont ils doivent, un jour, sortir victorieux.

Les Nordiques s'installent sur le pourtour méditerranéen
  Repoussés par les armées de Ramsès III, des survivants se replient vers le nord tandis que d'autres poursuivent leur conquêtes au sud. 
  Certains d'entre eux, nous précise Spanuth, s'installent sur la côte palestinienne ; il s'agit de la tribu des Phères, que l'on appelle aujourd'hui les Philistins (suivant la prononciation hébraïque, Pheles, du mot Pheres). Le papyrus Wen-Amum (daté environ de 1O95 avant J.C.) nous apprend que les Sakar ou Saksar se fixent sur la côte ouest de la Syrie. Les Denen s'installent à Chypre, tandis que les Dori (les Doriens) colonisent le Péloponnèse, Rhodes et les îles de la mer Égée. D'autres, enfin, demeurent en Afrique du Nord.
  Toutes les descriptions que nous en possédons les représentent comme des hommes de haute taille à la peau blanche, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, traits "caractéristiques de la race nordique", pour reprendre les termes employés par le français Henri Lhote, dans son étude sur les peintures rupestres découvertes au Sahara qui témoignent de peuplements nordiques africains. Les peuples qui ont été défaits en Égypte se fixent également en Italie et dans les régions avoisinantes, pour y créer la "civilisation des Terramares".

Croix gammée et dessins magico-rituels
  On a retrouvé, en 1967 et en 1968, quelques vestiges de cette civilisation fortement marquée d'arianisme et dont la croix gammée était l'un des symboles les plus constants. Les recherches ont été menées, en Italie, par le groupe spéléologique Eraldo Sarraco, du club Alpin italien, sous la direction d'un archéologue de renommée mondiale, Bruno Portigliatti :
  Les investigations ont été menées à des époques différentes, lit-on dans le rapport publié à la suite de ces recherches. En septembre 1967, dans le Vallone del Gravio, au-dessus de San Giorgio, à 14OO mètres d'altitude, on a retrouvé une pierre rectangulaire (trois mètres trente sur un mètre trente) toute couverte de graffiti en forme de croix gammée, probablement anthropomorphes et zoomorphes. La croix est le signe dominant.
  Les principales figures sont gravées profondément et, à côté de croix doubles, on    remarque des dessins magico-rituels.
  Après de longues recherches dans la même région, on a reconnu les restes de deux bâtiments. Il s'agit d'un bloc rectangulaire, long d'environ vingt mètres, se terminant en ellipse. C'est une construction grandiose faite avec des pierres pesant plus d'un quintal, bien équarries et ajustées à sec. Elle diffère absolument des habitations de type alpin..
  En octobre 1968, on arrivait à une autre découverte d'une importance capitale, à 2O54 mètre d'altitude. Dans la région appelée Piano delle Cavalle était trouvé un bloc rectangulaire (quatre mètres sur un) légèrement incliné sur le côté comme le précédent (l'inclinaison est de 45°). Ici aussi la surface était gravée de symboles en forme de croix, qui pourraient être interprétés comme des figures anthropomorphes stylisées. A côté apparaissaient, profondément incisés, quelques petits disques et demi-lunes, qui pourraient avoir une signification liée au système solaire.

Civilisation dorienne et style palatial crétois
  Comme le note Jürgen Spanuth, les Nordiques au même moment s'installent en Grèce. Dès lors, une nouvelle civilisation, la civilisation dorienne, se met à se développer avec une étonnante rapidité, dont témoignent les résultats archéologiques.
  Sous l'impulsion des Peuples du Nord" un nouveau monde hellénique naît du chaos, écrit l'historien anglais Webster.
  En Crète, aussi, où un groupe nordique s'établit dans la partie ouest de l'île, le progrès et la prospérité réapparaissent.
  Le style de vie, écrit Jürgen Spanuth, importé -et imposé- par les nouveaux arrivants n'a rien de commun avec la vie mercantile et fleurie des anciens Crétois. Il est beaucoup plus imposant, avec des efforts vers le grandiose, inconnu auparavant (ce que les spécialistes appellent le "style palatial". Le mode de fabrication des poteries change, lui aussi ; l'atmosphère générale devient plus rude, plus guerrière. Les textes sont rédigés dans une écriture, le linéaire B, qui s'est révélée être du grec très ancien. Les "Peuples du Nord" qui ont donc succédé aux Crétois ont profondément modifié la civilisation du pays et l'ont enrichie par leurs apports.

Parenté mystérieuse entre Doriens et Germains
  Seul de tous les États grecs à avoir résisté à l'expansion des "Peuples du Nord", Athènes défend plus que jamais son territoire, repoussant avec énergie la moindre tentative d'invasion.
  Des guerres incessantes l'opposent aux Doriens, ce qui s'explique par le fait, également mentionné dans le Timée, que les "Peuples de la mer" ont occupé et soumis tous les autres États grecs, alors qu'à Athènes (et dans l'Attique), la population ionienne peut à juste titre se considérer comme "autochtone". Ainsi s'explique aussi la parenté, souvent remarquée et pourtant longtemps restée mystérieuse, entre Doriens et Germains. Les Spartiates, Doriens typiques, gardèrent d'ailleurs longtemps le souvenir de leurs origines, de cette époque où "des inondations et des guerres ininterrompues" ne les avaient pas encore obligés à quitter les "îles éloignées et les régions situées au-delà du Rhin" (Timagène). Plusieurs siècles avant que l'Oikuménè n'englobe la Grèce, la Crète, l'île de Chypre, les côtes d'Afrique du Nord, la Sicile et l'Italie du Sud, une étroite communauté de civilisation lie déjà les différents rameaux issus de la souche des "Peuples du Nord" ou "Peuples de la mer" c'est-à-dire, pour Spanuth, des Atlantes.

Identification par les appellations
 
Nous avons dit brièvement, au début de cette article, que l'ethnologue allemand fait aussi bien appel, pour étayer sa thèse d'une Atlantide nordique, aux texte de Platon, d'Homère et d'autres historiens grecs, qu'à ses propres travaux. Et nous avons noté au passage certaines des concordances qu'il relève, notamment entre l'invasion décrite par les textes ou représentations du temple égyptien de Médinet-Habou, l'histoire de l'Atlantide racontée par Platon et ce que l'on sait des anciens Nordiques aryens.
  Passons maintenant au crible sa thèse dans son ensemble.
  Premier argument en faveur de la thèse de Spanuth : les différentes appellations qui définissent le peuple des Atlantes dans les récits anciens.
  Dans le Critias de Platon, il est dit que le pays des Atlantes, envahisseurs de la Grèce, se trouve en direction du nord par rapport à la Grèce et à l'Égypte ou plus exactement "dans la direction des vents du Nord".
  Les inscriptions de Médinet-Habou précisent que le peuple envahisseur de l'Égypte venait de "l'extrémité de l'océan" et que sa patrie, ses îles, étaient situées dans le "septentrion". D'où les noms donnés par les Égyptiens : "Peuples de la mer", "Peuples du Nord", "Peuples venus des îles de la Mer", "Peuples du bout de la Terre" ou "Peuples de l'obscurité", cette dernière formulation ne pouvant s'appliquer qu'aux longues nuits particulières aux pays nordiques.
  Lorsque Ramsès III évoque sa victoire, il parle du succès remporté sur les peuples "venus des confins de la Terre, de l'obscurité généralisée et des colonnes du ciel". Cette dernière précision évoque la religion nordique qui pratiquait un culte des colonnes du ciel.
  L'archéologue O.S. Reuter explique d'ailleurs que, pour de simples raisons astronomiques, ce culte d'une colonne soutenait la voûte céleste et chassant la nuit envahissante n'a pu naître que dans le Nord :
  - C'est seulement dans le septentrion qu'une colonne dressé verticalement indique le nord ; plus au sud il faudrait l'incliner pour obtenir le même résultat.

La preuve par l'absurde
  Après s'être appuyée sur les différentes appellations qui ont défini le peuple atlante, la thèse de Spanuth s'appuie sur la géographie. Choisissons la démonstration par l'absurde, c'est-à-dire éliminons tous les pays qui, pour des raisons évidentes, n'ont pu être l'Atlantide.
  En premier lieu, tous ceux ravagés ou occupés par les Atlantes, en partant du principe qu'un peuple n'anéantit ou n'asservit pas son territoire.
  Ensuite, tous pays non riverains d'une mer ou d'un océan, car il est certain qu'un peuple qu'on surnomme "Peuple de la mer" et qui a vu s'engloutir dans les flots la majeure partie de ses terres n'est pas un peuple continental.
  Enfin, tous les pays situés ailleurs qu'au nord de la Grèce et de l'Égypte. Il est donc évident que la région du Sinaï, la Syrie, la Palestine, l'Asie Mineure, les îles de la mer Égée, la Crète, la Grèce, la Thessalie et la Macédoine, pays occupés ou ravagés par l'envahisseur atlante, ne sont pas concernés.
  La Hongrie, l'Allemagne centrale ou méridionale, la Yougoslavie septentrionale, la Silésie et l'Est européen, qui sont des territoires exclusivement continentaux, sont, pour cette raison, hors de notre propos. L'Italie, non riveraine d'un océan et l'Espagne, située à l'ouest de la Grèce, peuvent être écartées sans hésitation, d'autant plus les Atlantes ont choisi pour atteindre l'Égypte, de traverser la Macédoine, l'Asie Mineure et la Syrie alors qu'il eût été facile pour eux, si l'Espagne ou l'Italie avait été leur territoire, de traverser un bras de la Méditerranée pour atteindre l'Afrique du Nord, et de là l'Égypte.
  La seule région échappant à toutes les éliminations décrites est assurément le littoral de la mer du Nord et tous ses territoires nordiques, le Nord du Hanovre, le Schleswig-Holstein, les îles qui les bordent, la péninsule du Jutland, le Sud de la Suède y compris les îles de Gotland et d'Öland.

L'attestation par les découvertes archéologiques
  Mais, si nous acceptons une localisation de l'Atlantide, au nord, encore faut-il en recueillir des preuves subsidiaires, archéologiques. La formidable migration du peuple atlante doit nous les fournir.
  Laissons d'abord Spanuth nous rappeler l'itinéraire de cet exode :
  Partis du Schleswig-Holstein, les Atlantes traversent l'Europe vers le sud. Ils envahissent la Grèce, occupent tous les États grecs, à l'exception d'Athènes et de l'Attique puis passent en Asie Mineure. Un autre rameau suit un chemin différent et se rend en Libye en passant par la Sicile. Les chroniques rapportent d'ailleurs que les "Peuples de la mer du Nord" attaquent l'Égypte aussi bien à l'est, à partir de la Palestine, qu'à l'ouest à partir de la Libye, avec l'aide des Siciliens et des Sardes.
  Or, il est bien certain qu'un peuple pareillement migrateur a dû emporter dans bagages des techniques, des matériaux et des objets spécifiques de sa civilisation, que Platon décrivait hautement évoluée. Si de pareils techniques, matériaux, objets, sont découverts hors de l'espace nordique, ils apporteront une confirmation à la thèse de Spanuth.
  En 1870, l'archéologue A. Conze, qui examinait des poteries post-mycéniennes trouvées en grand nombre dans le SUD-EST de l'Europe, constate l'évident rapport qui existe entre celles-ci et les poteries nordiques.
  Les formes et les dessins sont si semblables que l'archéologue en arrive à la conclusion que les potiers achéens ont amalgamé leur propre technique à celle du peuple atlante, envahisseur de leur pays.
  En 1938, devant de nouvelles trouvailles archéologiques, Friedrich Wirth s'exclame :
  L'origine nordique de ce peuple envahisseur est démontrée au-delà de toute espérance, compte tenu de l'époque à laquelle les invasions se sont produites. Cela tient du miracle.
  Wirth s'appuie sur les découvertes en Europe, en Asie Mineure, dans le pourtour méditerranéen et en Égypte d'épées à rivets ou à soie plate, de pointes de lances brunies, de casques à cornes, de couronnes de roseaux, de boucliers ronds, de bateaux aux deux étraves décorées de têtes de cygne, d'objets en cuivre et en fer ; toutes choses qui, aux époques considérées, n'ont leurs pendants qu'au pays des "Peuples du Nord".

Ils marquent l'Orient de leur sceau
  Ces objets apportent des preuves tangibles, incontestables. Mais il y a aussi des manières plus subtiles de prouver ce qui est avancé.
  Ce peuple envahisseur a marqué de son sceau les pays qu'il occupe. Spanuth nous convie à rechercher ces influences et à faire les rapprochements qui s'imposent avec ce que nous savons des mœurs, des croyances et des techniques de la civilisation atlante.
  Prenons pour exemple les Philistins qui sont, selon Spanuth, nous l'avons vu, le groupe dominant du peuple atlante, ils fondent en Crète un empire maritime ; bientôt, ils prennent pied sur les côtes de Palestine et finissent par dominer toute la partie orientale de la Méditerranée, de telle façon que cette mer devient pour tous "la mer des Philistins".
  Sur un littoral  sablonneux, plat, pauvre en mouillages, les "Peuples de la mer" construisent des ports artificiels pouvant accueillir n'importe quel bateau. Alors que, dans ces parages, la navigation était à peu près inexistante, elle prend un essor extraordinaire et permet l'expansion d'un certain nombre de villes telles Gaza, Ascalon, Ashdod, Jammia, Dor, Achsip et Byblos. Celles-ci forment une fédération de villes libres analogue à la ligue hanséatique du Moyen Age, association typiquement nordique.
  L'importance prise par les Philistins dans le Moyen-Orient est bientôt considérable. Ils bénéficient du monopole de la fabrication des objets de fer. Ils sont les seuls à savoir forger et travailler cette matière et ils possèdent les plus anciennes fonderies connues. L'Ancien testament précise qu'ils connaissent l'art de le transformer en acier et qu'ils sont "jaloux de leur secret".
  Loin de leur pays, ils continuent à adorer leurs dieux et imposent leur culte aux peuples qui dépendent d'eux. Jéhovah, dans l'Ancien Testament, met en garde le peuple d'Israël contre "les colonnes et les hauteurs sacrées des Philistins, contre les sacrifices rituels de taureaux et contre leur adoration des statues".
  Ramsès III et les Égyptiens tiennent des propos semblables et il est quasi certain que les Sumériens avaient adopté cette religion des "colonnes du ciel".

La poterie s'inspire du tissage nordique
  L'organisation administrative atlante se retrouve aussi dans les pays envahis. Le chef de district est tout-puissant, ayant la haute main sur les domaines économique, administratif, judiciaire, commercial et militaire. Il désigne, à son seul jugement, les hommes qui seront affectés à l'armée.
  A l'intérieur de celle-ci, les troupes sont divisées en centuries, organisation, comme on le voit, tout à fait nordique.
  L'art du tissage des femmes atlantes va se répercuter sur les arts des autres pays. L'archéologue Conze explique à ce sujet :
  C'est avec raison que l'on peut penser que le dessin et les formes des vases grecs contemporains de l'invasion atlante ont eu pour origine les réalisations des tisserands de l'espace nordique. Les fils, se croisant à angle droit, ont donné naissance au dessin linéaire. Le fait que les décorateurs de vases aient exclusivement adopté les motifs inventés dans une autre branche de l'art manuel prouve qu'à cette époque le tissage, métier féminin par excellence, était le premier des arts.
  Van Oppeln-Bronikowski confirme que "le style protogéométrique est nécessairement dérivé des motifs textiles et de la décoration nordique".

La Grèce devient le pays du sport
  Même dans le domaine des loisirs, l'influence atlante est importante. On peut supposer, et Spanuth nous y pousse, que le goût prononcé des compétitions sportives et que l'esprit olympique du peuple grec sont né à Basileia, capitale du royaume du septentrion.
  Lorsque les atlantes envahissent la Grèce, ils ne trouvent à Olympie qu'un petit bourg pauvre et refermé sur lui-même. Ils choisissent de s'y installer, construisent un vaste sanctuaire dédié à Apollon¨Poséidon, un temple consacré à Cronos et un stade le fameux stade d'Olympie.
  Bientôt de grandes manifestations sont organisées et le peuple grec, étonné, assiste à des courses de char, de chevaux et à des tournois d'athlétisme.
  Chaque participant rivalise d'adresse, de courage et d'endurance. Le spectacle est si beau qu'il fait des adeptes et bientôt la Grèce devient le pays du sport.

Authenticité du texte de Platon
  Pour Spanuth, comme on le voit, la thèse de l'Atlantide nordique est étayée par un vaste ensemble de données archéologiques, scientifiques et religieuses. Celles-ci apportent la preuve éclatante du bien-fondé du récit de Solon rapporté par Platon. D'ailleurs, de ce texte ancien, l'authenticité se confirme par sa transmission directe et par son recoupement égyptien à Médinet-Habou.
  Les indications qu'il contient, Solon, avec l'aide du grand prêtre Sonchis, les rapporta d'Égypte à Athènes en 56O avant J.C.. Solon les communiqua ensuite à l'un de ses amis, Dropidès, qui les transmit à son petit fils, Critias le Jeune. 
  Ces annotations, déclare celui-ci, se trouvaient entre les mains de mon grand-père. Elles se trouvent maintenant entre les miennes, à moi qui les ai étudiées dans mon enfance avec tant de soin.
  Le récit de l'Atlantide que nous a transmis Platon, dit Spanuth, se rapporte donc bien à ces années décisives qui se déroulèrent aux alentours de 12OO avant J.C.. Les catastrophes naturelles qui s'y trouvent décrites sont celles qui provoquèrent l'effondrement des civilisations minoenne, hittite et mycénienne et n'en laissèrent subsister que "des traces minuscules". Et ce sont bien les "peuples de la neuvième courbe"qui, ayant quitté l'Allemagne du Nord, le Danemark et la Scandinavie, vinrent combattre Ramsès III sur son propre terrain. Là encore, la concordance des textes est remarquable. Quant aux inscriptions que Ramsès III a fait graver à Médinet-Habou ainsi que les fresques qui les illustrent, elles sont considérées, selon l'expression du PR Friedrich Bilabel, comme des "textes du plus grand intérêt historique".
  Parfaitement authentiques, il ne semble faire aucun doute qu'elles soient en tous points dignes de confiance.

Des hommes-grenouilles à la recherche de l'Atlantide
  Il suffit donc, pense Spanuth, de respecter à la lettre les indications fournies par Platon pour retrouver le contient perdu. C'est ainsi, raconte-t-il qu'il a découvert l'Atlantide :
  C'est après avoir compris que les inscriptions de Médinet-Habou recoupaient exactement le récit de Platon que je décidai, en 1933, d'entreprendre mes toutes premières recherches sous-marines. Je choisis de les situer à cinquante stades (neuf kilomètres deux cents) à l'est de Helgoland. Je ne fus pas déçu, bien au contraire.
  Derrière le rocher de Helgoland, les hommes-grenouilles retrouvèrent les restes de l'enceinte et les ruines de Basileia. Les débris des remparts entourant le temple et la forteresse furent reconnus, ainsi que différents autres bâtiments. De nombreuses dalles, qui recouvraient la place située devant le temple et le château, ont été ramenées à la surface. J'ai publié leurs photos. On a pu établir que le matériau avec lequel elles avaient été fabriquées provenait d'une mine de l'âge du bronze, située au nord de la région d'Aalborg, au Danemark. Ces plaques furent donc transportées sur plus de quatre cents kilomètres, par voie de terre et par voie d'eau.

  Depuis, Jürgen Spanuth a entrepris de nouvelles recherches sous-marines dans la région de Helgoland. Les fouilles ont été très fructueuses. Mais il n'a pu en entamer d'autres, car il lui aurait fallu pour cela des moyens financiers dont il ne disposait malheureusement pas.

Une civilisation nordique longtemps florissante
  L'Europe du Nord, conclut-il, a connu une civilisation de type élevé jusqu'au milieu du XIIIe siècle avant notre ère. Dès 24OO avant J.C.., l'Allemagne du nord et la Scandinavie méridionale constituaient un centre culturel et commercial particulièrement actif.
  Je crois donc pouvoir dire que mes travaux ont contribué à éclairer ces siècles obscurs qui, à partir de 135O avant J.C., sont la protohistoire de notre civilisation.
  Voilà, d'après les travaux de Jürden Spanuth, le continent originel de la population indo-européenne qu'il nomme "les peuples de la hache de combat".
  Beaucoup voient dans cette "riche hypothèse" la meilleure et la plus solide théorie à propos de l'Atlantide, arrachée enfin, grâce au pasteur allemand, aux rêves mythologiques pour devenir une réalité historique tangible et étayée par des preuves scientifiques sûres.
  Le fait est généralement admis, lit-on dans la revue Nouvelle École qui consacra un article important aux travaux de Spanuth dont elle recueillit une longue interview, qu'au début de l'âge du bronze européen, vers 18OO avant J.C., ceux que l'on appelle les "peuples de la hache de combat", rameau de la population indo-européenne, quittèrent brusquement l'Europe centrale et firent irruption dans la région NORD-EST de la zone de civilisation mégalithique, c'est-à-dire au Danemark et dans le Schleswig-Holstein. Ils soumirent sans peine la population autochtone, auteur d'une belle culture néolithique et créèrent avec elle la civilisation nord-européenne de l'âge du bronze telle que nous la connaissons par l'histoire et l'archéologie. Ils imposèrent leur langue, leur technique et leurs coutumes (sépultures individuelles notamment) ; les autochtones les firent bénéficier des lointaines relations commerciales qu'ils avaient nouées depuis 24OO avant notre ère.
  Cette civilisation fut longtemps florissante. S'étendant sur tout le pourtour occidental de la Baltique, elle provoque encore aujourd'hui l'admiration. Les "peuples de la hache de combat", ancêtres des Celtes et des Germains, excellaient en particulier dans le travail des métaux. C'est de cette époque que datent le chariot de Trundholm (dans l'île de Sjoelland), dont le disque solaire est recouvert de feuilles d'or d'une extrême minceur, et les célèbres lures, instruments à vent deux fois courbés, d'environ deux mètres de long, dont il a toujours été impossible de faire des copies. Ils étaient aussi de remarquables navigateurs. Les gravures rupestres du district de Bohus-län, en Suède méridionale, représentent avec une grande précision les navires élancés sur lesquels ils "cabotaient" le long des côtes de l'Ouest européen. Ainsi que le prouve le grand nombre de tumuli, la région était alors fortement peuplée. Ses habitants vivaient principalement de l'exportation de l'ambre, qu'ils extrayaient en grandes quantités sur les rivages de la mer du Nord puis échangeaient contre de l'or et de l'argent dans les pays d'Europe méridionale et jusqu'en Égypte et en Syrie. Le climat, humide et tempéré, favorisait les échanges. Toute la Scandinavie jusqu'à la hauteur du cercle polaire était recouverte de forêts.

La théorie de Spanuth : une véritable révélation
  Johannes Bronsted, archéologue norvégien, parle de l'âge du bronze nord-européen comme d'une "époque de grandes découvertes".
  Son collègue allemand Schwantes y voit une  "période énigmatique". Le terme n'est pas excessif. En effet, vers 125O avant J.C. cette civilisation disparaît brusquement. Ce centre d'activités intenses est soudainement "stérilisé", comme englouti. Pour quelle raison ?
  Les Celtes, a t-on dit, étaient devenus suffisamment puissants pour bloquer les routes commerciales vers le Sud et le commerce de l'ambre périclita. On a aussi allégué de brutales modifications de climats : sécheresse d'abord puis refroidissement progressif au cours de l'âge de fer (à partir de 8OO avant J.C.). Mais, comme le souligne le PR F.J. Los, "aucun de ces arguments ne peut expliquer sérieusement, à lui seul l'extinction soudaine d'une civilisation naguère florissante".

  Et la revue Nouvelle École conclut :
  L'explication la plus intéressante est fournie par Jürgen Spanuth dont, à certains égards, les travaux constituent une véritable révélation.

L'Atlantide indo-européenne, une manœuvre germanique ?
  Contrairement aux animateurs de la revue Nouvelle École, certains historiens ou archéologues ne cessent depuis nombre d'années, d'attaquer à boulets rouges les "constructions intellectuelles" de Spanuth.
  Ils vont même jusqu'à voir, dans son Atlantide indo-européenne, une entreprise d'origine nazie et une théorie pangermaniste qui ferait de ce continent perdu le berceau non seulement de l'arianisme mais de la vraie première "culture noble" de l'humanité.
  Quand Homère parle des Atlantes comme "d'un peuple d'essence divine", Spanuth utilise un autre terme, certes, mais qui est tout à fait conforme à l'idéologie chère à Alfred Rosenberg et aux théoriciens allemands : Urvolk, dit Spanuth, c'est-à-dire "peuple originel".
  Ils ajoutent que son Helgoland ressemblait à un territoire vivant à l'abri du climat corrompu et décadent qui régnait dans les terres environnantes. Le peuple atlante, dans la perspective de Spanuth, est un peuple fermé à toute influence du dehors et s'enracinant sur sa terre natale.
  Chaque membre de ce peuple d'élite est "une parcelle divine" et non le "croisement avec d'autres éléments mortels".
  Spanuth apparaît ainsi comme un disciple de Gobineau qui, persuadé que tout croisement se produit au profit des races inférieures, pense que, au sommet de la hiérarchie raciale, se trouve la race aryenne la plus pure, celle des origines.
  Telle est la dernière controverse soulevée par le mythe -et certaine réalité- de l'Atlantide.

FIN

 

Notre terre, c'est l'Europe !  Notre religion, c'est la nature !  Notre mission, les défendre...