Bâuls du Bengale
Wiswanath Das
Anando Gopal Das
Mitya Gopal Das
Le terme Bâul vient d’un mot
sanskrit vatula qui signifie :
«Celui qui est étourdi ou emporté par le vent»
Les instruments de musique Bâuls.
Issus de couches sociales très
modestes, dans un environnement rural, les Bâuls s’accompagnent dans leur errance chantée
d’instruments de musique très rudimentaires, qu’ils confectionnent eux-mêmes la
plupart du temps (…). Se produisant quelquefois en groupe mais le plus souvent
seul, le Bâul, tel un homme orchestre, s’accompagne de plusieurs instruments de
musiques basiques dont il sait jouer simultanément (ektara, dughi, gunghur). L’
ektara a une corde tendue entre l’extrémité d’une tige de bambou et une
calebasse fermée a base par une peau de chèvre (…). Le troubadour porte également un dughi, un petit tabla en
terre cuite ou en métal tendu d’une peau de bouc (…). L’instrument le plus
singulier est sans conteste le ghamok ou ananda-lahari car ses ondulations des
«vagues de joies«. Il s’agit d’un petit fût de bois que le Bâul tient
sous son aisselle ; la membrane du fond est reliée par deux boyaux à une
poignée. Suivant le degré de tension des cordes et selon la hauteur où l'on
choisit de les frapper avec un plectre~ différentes notes de portée moyenne
jaillissent en gerbes. Les autres instruments sont de facture plus courante.
La dotara est une sorte de luth à
quatre cordes, avec un manche en bois sculpté en forme d'oiseau. Interviennent
aussi les cymbales kortal, le dutki, petit tambourin, le khôl, long tambour
biface et enfin les grelots gunghur que les Bâuls s'attachent aux chevilles et
qui rythment leurs danses extatiques.
L'art
musical et vocal des Bâuls
De ces instruments, le Bâul sait tirer
le maximum d'effets. Il vit à l'instant sa danse, sa musique et son chant. Il
se met en accord avec l'émotion du moment et l'inspiration de son cœur faisant
de son existence une succession de moment lumineux. La musique est la
méditation du Bâul, le chant sa prière, la danse son yoga. Oublieux du poids du
monde et de ses problèmes, il virevolte ravi par son propre mouvement. Son
tournoiement évoque la danse des étoiles de ses frères derviches. Leurs chants
rappellent sans cesse que le corps humain contient tout l'univers et le joyau
de l'Essence divine. S'ils dansent et chantent, c'est moins pour se donner en
spectacle que pour se donner à la joie. Leur musique et leurs chants obéissent
à la seule loi de l'embrasement et de l'amour.
Page réalisée par les membres du clan Warramunga