Télévision numérique

Télévision numérique

Le modèle américain : la haute-définition

La T.N.T. américaine a débuté ses programmes en novembre 1998 dans quelques grandes métropoles. L'ATSC est le standard de diffusion qui a été choisi par la FCC (Commission Fédérale des Communications) dès 1997. La politique choisie Outre-Atlantique est la haute définition, plus gourmande en ressource et qui limite de ce fait le nombre de canaux numériques. Toutes les stations devront émettre en numérique avant mai 2002 pour les privées et avant mai 2003 pour les publiques. L'arrêt de l'analogique est programmé pour 2006. Actuellement, une centaine de stations diffusent en numérique sur les gros bassins de diffusion, essentiellement des programmes haute définition.

Le modèle anglais : une offre contrôlée par un opérateur payant

Le Royaume-Uni a démarré sa télévision numérique terrestre (standard DVB-T) en même temps que les américains en novembre 1998. Les britanniques proposent d'ores et déjà 2 multiplexes de 6 programmes réservés à la télévision gratuite ("free-to-air channels"), c'est à dire aux opérateurs qui émettent aujourd'hui en analogique terrestre : 6 canaux pour le service public (la BBC), 2 canaux pour ITV, et 1 canal pour Channel 4, Channel 5 et S4C au Pays de Galles). Les 4 multiplexes restant ont été concédés à un opérateur payant : On Digital. Ce bouquet propose :

- 15 chaînes thématiques payantes, vendues à l'unité, par 6 ou en totalité.
- 2 chaînes "bonus" offertes aux abonnés de On Digital
- 5 chaînes premium (sport ou cinéma) vendues à l'unité
- 2 chaînes en pay-per-view (paiement à la séance).
Des applications interactives sont également prévues et d'autres programmes payants sont attendus.

A son lancement, la T.N.T. britannique couvrait déjà 50 à 70 % de la population suivant les multiplexes. Aujourd'hui, presque tous les multiplexes ont une couverture égale à 90 %.

En ce qui concerne les récepteurs, plusieurs industriels produisent des décodeurs, et les premiers modèles de téléviseurs numériques intégrés sont sur le marché pour un peu moins de 10 000 F en moyenne.

A noter que On Digital fournit gratuitement des décodeurs pour tout abonnement d'un an depuis 1999, en raison de la concurrence avec Sky Digital, l'autre opérateur GB payant, mais par satellite.

L'extinction de l'analogique est prévue pour 2006 (au plus tard en 2010).

La T.N.T. est un succès au Royaume-Uni, d'après On Digital et des analystes anglais. On Digital comptait, fin juin 2000, 774 000 abonnés à ses programmes, soit trois fois plus qu'en 1999 à la même époque. Son objectif pour fin 2000 était d'un million d'abonnés et deux millions d'ici fin 2002.

Le numérique terrestre britannique mérite quelques reproches.

Tout d'abord, la nouvelle ressource numérique est en grande partie payante. Un seul opérateur payant occupe 2/3 des fréquences. L'offre en clair se résume donc à 12 malheureux canaux, tous attribués aux opérateurs terrestres qui existaient en analogique. Le numérique terrestre britannique est totalement verrouillé, inaccessible pour de nouveaux opérateurs. Quant aux chaînes locales, elles n'ont pas vraiment leur place. De plus, certains opérateurs privés qui existaient en analogique ont peu ou pas de perspective de développement en T.N.T. (Channel 4 et 5 n'ont qu'un seul canal numérique).

Il faut cependant préciser que le Royaume-Uni n'avait auparavant qu'une seule offre payante en numérique (SkyDigital par satellite), contre 3 (par satellite) pour notre pays. On Digital est donc viable Outre-Manche, mais ne le serait pas en France.