Télévision numérique

Télévision numérique

Le modèle suédois : une offre qui privilégie la gratuité

Le lancement commercial de la T.N.T. a eu lieu le 1er avril 1999, avec au départ 3 multiplexes de 4 programmes couvrant 50 % de la population. Un quatrième multiplexe est aujourd'hui disponible. Toutes les chaînes nationales (7 chaînes publiques et privées) sont dans l'offre numérique gratuite, avec deux chaînes régionales. Les autres programmes sont payants (MTG, TV1000, Canal +). Deux autres fréquences sont en négociation pour porter l'offre totale à 26 ou 28 chaînes. De nouveau services interactifs (la chaîne eTV) ont été mis en place, ainsi qu'une chaîne d'enseignement à distance et une chaîne d'information continue (SVT24). Depuis novembre, Boxer TV Access a lancé un service de télémail et de téléachat grâce à un clavier sans fil fourni avec le décodeur Sagem. La T.N.T. devait, d'après les politiques, faire la part belle aux chaînes gratuites, ainsi qu'aux régionales et locales. Le résultat est plutôt décevant.

Le prix d'un décodeur numérique avoisine les 3000 F. Quant aux téléviseurs numériques intégrés, ils sont apparus en 2000.

Senda est l'opérateur des 4 multiplexes. Il commercialise une carte pour accéder aux chaînes gratuites : un droit d'entrée est fixé à 135 F, complété par une cotisation annuelle de 200 F (équivalent de notre redevance). Senda est détenu par Teracom (TDF suédois) et Sveriges TV (TV publique) pour 50/50. En octobre 1999, Teracom a crée une nouvelle société (Boxer TV Access), chargée de louer les décodeurs (14 euros/mois en plus de la cotisation annuelle).

La T.N.T. couvre aujourd'hui environ 90 % de la population. A terme, le réseau touchera 98% des foyers.

Mais deux ans après le démarrage de la T.N.T., le constat reste décevant. 50 000 foyers seulement se sont équipés d'un décodeur (contre 2,3 millions de foyers abonnés au câble et 830 000 au satellite). Les causes : le prix excessif des décodeurs (même si la location est possible), un choix de programmes mini par rapport aux autres supports et des services interactifs quasi inexistants.

Le modèle suédois devait faire la part belle aux programmes gratuits et à la télévision de proximité, et encourager l'arrivée de nouveaux opérateurs. Le bilan est plutôt négatif.

Le modèle espagnol : une offre mixte et largement régionaliste

L'Espagne, qui s'est lancée au second semestre 99 dans le numérique hertzien, propose 11 multiplexes, dont 5 nationaux et 6 régionaux ou locaux. Les diffuseurs analogiques ont leur place réservé dans un multiplex national en numérique. Les 3 autres multiplexes nationaux sont réservés à un bouquet payant, contrôlé par un nouvel opérateur : le consortium Quiero TV. Retevision est l'actionnaire de référence du bouquet, qui propose 18 chaînes + accès Internet + courrier électronique. Le prix d'un abonnement est de 3750 Pts/mois. Le terminal numérique est en location : 1000 Pts/mois.

50 % de la population était couverte en numérique terrestre en juin 2000 et plus de 80 % devrait l'être à fin 2001. En 2010, 95 % de la population devraient pouvoir accéder à la T.N.T. La date d'extinction de l'analogique a été fixée à 2012.

Cette large part réservée aux programmes régionaux est à l'image de l'Espagne : très régionaliste et fédéraliste. Ce modèle sera certainement repris par les italiens et les allemands.