Le
cas français (suite)
Le
cadre juridique de
la T.N.T

Parallèlement
à ces expérimentations, le gouvernement a fait appel à
des professionnels pour préparer son projet de loi sur l'audiovisuel
: un
rapport a été rédigé par Jean-Pierre Cottet,
ancien directeur des programmes de France Télévision et
Gérard Eymery, directeur délégué chargé
du pôle développement et multimédia à France
Télévision. En résumé, ils ont estimé
que la France pouvait disposer, vers 2015, d'un paysage audiovisuel remanié
avec :
- un réaménagement
complet de l'affectation du bien rare que constitue le spectre des fréquences
hertziennes;
- des offres nouvelles, assez largement régionales et locales,
mieux adaptées aux modes de vie des français;
- de nouveaux opérateurs, dans une politique entrepreneuriale;
- un groupe audiovisuel public renforcé, sécurisé
dans ses missions, son devenir et son financement.
Ce rapport a été remis au Ministre de la Communication en
avril 1999.
Le CSA
a également travaillé et donné sa position sur la
numérisation de la diffusion terrestre de la télévision.
Il estime indispensable que soient garantis les principes suivants :
- l'élargissement
de la liberté de choix des téléspectateurs
- la diversité et le pluralisme en appliquant un régime
d'autorisation service par service, après appel à candidatures
- la fonction fédératrice des programmes généralistes
(nationaux ou locaux) et la valorisation de notre identité culturelle
- la libre concurrence effective dans tous les segments de la filière
- ne pas déséquilibrer l'économie des opérateurs
existants
- l'émergence d'un secteur de télévision locale et
de proximité
- la rapidité de la migration vers le numérique pour que
tous les acteurs et notamment les nouveaux entrants puissent trouver au
plus vite leur équilibre économique
- la simplicité d'utilisation des équipements (compatibilité
de tous les systèmes)
- la régulation plus que jamais nécessaire au vu de tous
ces principes et de la rareté des ressources
- confier à une seule instance une mission globale de régulation
du secteur (le CSA).
La
loi sur l'audiovisuel
Le
projet de loi, modifiant la loi du 30 septembre 1986 relative à
la liberté de communication et adopté par l'assemblée
nationale le 27 mai 1999 n'abordait pas la question du numérique
terrestre. Trop tôt semblait-il pour le gouvernement, qui n'avait
pas eu le temps d'étudier les rapports cités précédemment.
C'est le Sénat, lors de l'examen du projet de loi en première
lecture le 26 janvier 2000, qui a introduit la T.N.T. Plusieurs amendements
ont été adoptés en faveur d'un lancement rapide de
la T.N.T. en France.
Après plusieurs lectures
au Sénat, à l'Assemblée
nationale et après la validation de l'essentiel du texte par
le Conseil Constitutionnel
le jeudi 27 juillet 2000, la loi
sur l'audiovisuel a été promulguée le 1er août
2000 et publiée au Journal officiel du 2 août 2000.
Assouplissement
de la règle des 49%
Les députés
ont décidé jeudi 9 mai 2001 de favoriser le développement
de la future télévision numérique terrestre, en votant
à l'unanimité un assouplissement des règles de détention
du capital des chaînes, très attendu par les opérateurs
privés.
Le dispositif anti-concentration
initial devait interdire à tout actionnaire de détenir plus
de 49% du capital d'une chaîne diffusée sur le numérique
terrestre.
La règle dite des
49% n'est pas abrogée mais elle ne s'appliquera qu'aux opérateurs
des chaînes dont l'audience moyenne annuelle dépasse 2,5%
de l'audience totale des chaînes de télévision, sur
l'ensemble des moyens de diffusion.
Aucune des chaînes
du câble et du satellite, y compris les plus grosses, ne dépasse
actuellement 0,5% de part d'audience, ce qui leur laisse une confortable
marge de progression.
La
planification des premiers sites d'émetteurs, au nombre d'une trentaine
et couvrant 50% de la population française, doit être achevée
d'ici au 30 juin 2001, ce qui permettra de publier en juillet une première
liste de fréquences disponibles.
Au cours de ce même
mois de juillet, doivent être lancés les premiers appels
à candidatures pour la diffusion des services de télévision
numérique.
Deux autres planifications,
portant également sur une trentaine de sites chacune, auront lieu
à la fin des premier et second semestres 2002.
Le lancement commercial de
la T.N.T. est prévu pour fin 2002.
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