La télévision interactive

La télévision interactive

La télévision "à la demande"

Depuis 1993, l'industrie audiovisuelle mondiale a effectué ce qu'on appelle un "saut technologique", après que la F.C.C. puis l'Europe, aient choisi d'orienter le secteur vers un nouveau système, la télévision numérique. L'innovation du numérique, c'est avant tout la constitution de véritables bouquets de chaînes par satellite. Ceux-ci avaient commencé à se développer sous le mode analogique, mais ils ont vraiment pris leur essor grâce la multiplication des chaînes permise par le numérique. L'explosion du nombre de chaînes est sans commune mesure. Le premier bouquet numérique (et qui reste à ce jour celui qui rencontre le plus de succès) a été lancé en 1994 aux Etats-Unis par la société Hughes Communications : DirecTV ne propose pas moins de 150 chaînes à ses abonnés, dont 50 canaux dédiés au pay-per-view.


En France, Canal + a lancé en avril 1996, avec Vivendi et Pathé, le premier bouquet numérique français, CanalSatellite, qui existait déjà auparavant en analogique. Son principal concurrent, TPS (Télévision Par Satellite), est apparu quelques mois plus tard, en décembre 1996, à l'initiative de TF1, France Télévision, Lyonnaise Câble (Noos), M6 et la CLT. L'objectif des bouquets est d'offrir un maximum de choix au téléspectateur (chaînes thématiques, programmes de paiement à la séance).


L'idée est donc de proposer un maximum d'offre avec des formules de choix diversifiées adaptées aux différentes aspirations des téléspectateurs. Grâce aux gigantesques potentiels d'offres du numérique, la télévision peut donc poursuivre sa voie vers l'individualisation. En multipliant l'offre et en déclinant les variantes de paiement en fonction des goûts, la télévision glisse peu à peu vers un nouveau modèle : du média de diffusion, elle se transforme en distributeur de services. Dans ce modèle, la télévision propose, et le téléspectateur est aux commandes. Il assure lui-même les fonctions de programmateur, face à la palette grandissante de programmes.


Jusqu'ici, la technologie numérique ne fait cependant qu'améliorer le modèle de la télévision "à la carte" (ou modèle éditorial) en amplifiant les possibilités de choix. L'étape ultime de l'évolution individualiste serait une télévision personnalisée, une télévision qui répondrait exactement "à la demande" de l'individu. Il s'agirait en fait d'appliquer le modèle "push" ( "pousser", par opposition au modèle "pull" ou "tirer"). Le principe est simple : plutôt que l'usager "tire" lui-même les informations dont il a besoin dans une immense base de données à l'image du réseau Internet, les informations correspondant à son "profil" d'intérêts sont "poussées" vers lui. L'idée serait donc de mettre en oeuvre une télévision sur mesure.

Selon ces prospectives, la télévision pourrait être assimilée à un vaste hypermarché fournissant à domicile des programmes et des services personnalisés pour que chacun puisse les exploiter à sa façon. Dans cette optique, la T.N.T permet à une large palette de téléspectateurs de bénéficier de tous ces services.
Par l'utilisation d'un même langage, la technologie numérique autorise le mariage entre plusieurs médias, en l'occurrence une interpénétration de l'audiovisuel, de l'informatique et des télécommunications. A tel point que la télévision puisse devenir un véritable terminal "intelligent" avec lequel le téléspectateur pourra dialoguer.


Si l'on est encore loin d'une véritable télévision à la demande, entièrement personnalisée, c'est néanmoins dans cette optique que le concept déjà ancien d'interactivité est réapparu, à la faveur du développement de terminaux numériques permettant à l'usager de "communiquer" avec son téléviseur. Grâce au matériel informatique, le téléspectateur peut enfin interagir directement avec ce qu'il voit à l'écran, un serveur répondant en temps réel à ses demandes. C'est dans ce cadre que diverses expériences de télévision interactive ont été lancées, toujours dans l'idée de démassifier la télévision pour la mettre au service du téléspectateur.