Un réseau universel
et interactif
Le principe des autoroutes
de l'information serait de réunir sur un même réseau
multimédia et interactif tous les services de divertissement, d'éducation,
de formation et d'information qui seront accessibles à tous les
citoyens-consommateurs. Le qualificatif "universel" appliqué
au mot "réseau" a donc une double signification : universalité
dans le sens où tous les médias et les technologies de communication
convergent vers un même réseau, et universalité d'accès
pour le "grand public".
Pour créer ces modèles de réseau universel, câblo-opérateurs,
opérateurs de télécommunications, constructeurs informatiques
et fournisseurs de services s'allient. Dans la presse et les discours
publics, on parle de convergence de toutes les industries de contenant
et de contenu du secteur de la communication. En réalité,
cette convergence est loin d'être réalisée, ce qui
peut expliquer les échecs et les difficultés de mise en
place de la télévision interactive, ou plus généralement
du réseau universel interactif. Si des alliances ont bien eu lieu,
la plupart des acteurs des différentes industries se mettent plutôt
en situation de concurrence dans la construction du "réseau
universel". Chacun veut être présent sur le marché
des autoroutes de l'information, sans pour autant réfléchir
aux usages du public. Or, le succès de toute innovation technique
résulte d'une interaction avec l'usage social qui en est fait.
Dès le milieu des
années 1990, des alliances économiques entre des compagnies
Internet, de télécommunications, d'informatique et de l'audiovisuel
pouvaient laisser penser que la convergence était engagée,
déjà amorcée de toute manière d'un point de
vue technique par l'utilisation commune du langage numérique. En
fait, on pouvait observer que chaque secteur expérimentait de son
côté la télévision interactive (ou bien, de
manière plus aboutie, des prototypes de réseau universel).
Aux Etats-Unis, acteurs des télécommunications, industriels
de l'audiovisuel, ou même de l'informatique se sont donc placés
en situation de concurrence sur ce nouveau marché, chacun essayant
sa plate-forme technique et chacun courtisant les studios de Hollywood
afin d'acquérir un contenu pour ces expériences. Au lieu
d'une convergence de toutes les filières de la communication, on
assistait à une multiplication sauvage d'expériences parallèles,
misant toutes sur une seule application (la vidéo à la demande)
et aboutissant pour la plupart à un échec, au point que
pour beaucoup de ces acteurs, l'expression télévision interactive
était à proscrire. Les acteurs du secteur de la communication
se sont donc lancés dans des expérimentations, mais toujours
dans une logique de l'offre. Sans se soucier des besoins des téléspectateurs,
ils ont fait ce qu'on appelle du "techno-push" et ils sont souvent
arrivés à des déconvenues.
L'ensemble des acteurs de
l'industrie de la communication se sont donc réorientés
sur le développement de l'interactivité via Internet. Internet
représente le point de convergence entre diffuseurs audiovisuels,
câblo-opérateurs, industries informatiques et fournisseurs
de contenu.

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