LE SCENARIO

Troisième opus de la trilogie, Le Bon, la Brute, le Truand fut plus long à préparer et à tourner que les deux films précédents.
Sergio Leone réalisa une grande fresque épique qui donna ses lettres de noblesse au western italien.

Pour l'écriture du scénario, Sergio Leone fit appel à deux scénaristes italiens : Agenore Incrocci et Furio Scarpelli. Ceux-ci s'étaient illustrés avec L'Armata Brancaleone, une fresque picaresque moyenâgeuse tirant ses origines de l'opra dei pupi, le jeu de marionnettes siciliennes.

Sergio Leone a souvent comparé le western avec l'épopée héroïque médiévale. Il suffit de remplacer les chevaliers par des cow-boys, les épées par des revolvers, et l'analogie est frappante entre les deux styles. Mais Leone fut déçu de ce premier scénario dont le titre était " Thé Magnificent Rogues ".
Trop proche de la farce, il ne correspondait pas à son attente.
Il réécrivit lui-même les dialogues avec Luciano Vincenzoni et présenta son script à la production.

En apprenant que le scénario comportait trois rôles principaux, Clint fut assez mécontent, ce qui lui fit dire : " Au début, j'étais à peu près seul.
Puis on a été deux. Maintenant, nous voilà trois ! je vais finir dans un détachement de cavalerie ! "

Sergio Leone est quelqu'un de très expansif. Sur les tournages, il mime fréquemment ce qu'il demande à ses acteurs. Si Clint s'était habitué aux
gesticulations de son réalisateur, Eli Wallach fut un peu surpris : l'Actors Studio ne l'avait pas préparé à cela. La divergence de langues, italien, anglais et espagnol, ajoutait à la confusion qui régnait sur le plateau.
" Ne fais jamais confiance à personne sur un film italien " : tel était le conseil que donna Clint Eastwood à Eli Wallach. Bien lui en prit car, pour la scène de l'explosion du pont, Sergio Leone, en leur indiquant leurs positions, accorda une trop grande confiance à la précision de ses artificiers.
Clint évalua la scène et insista pour se placer à un endroit plus protégé. A ce moment, un assistant ayant pris les grands gestes du réalisateur comme
un signal de départ, le pont explosa et les projections de débris blessèrent gravement le cameraman qui se trouvait à leur place initiale.