Le Nouvel An : Rosh Hashana
C'est le premier jour de Tishri bien qu'il soit le 7e mois du calendrier. On appelle aussi cette fête la Fête du Shofar.
Cette date ne dépend pas de la seul position de la lune, mais peut subir un report ( dé'hia) suivant certaines règles. Cette fête dure deux jours, les 1er et 2 Tishri, mais certaines années tout le calendrier est décalé (en plus des dé'hiot) par l'ajout ou la suppression d'un jour à 'Hesvan ou Kislev de l'année passée.
Règles de dé'hiot
Elles déterminent un éventuel décalage du 1er Tishri.
L'occurrence de la nouvelle lune est calculée pour Jérusalem et le crépuscule est pris à 18 h 00. Historiquement, les instants fixés par les différents reports sont exprimés en heures et parts depuis le crépuscule précédent.
De'hia ADUAfin de respecter le Shabbat, Yom Kippour (10 Tishri) ne doit pas être un vendredi ni un dimanche. Le 1er du moi ne peut donc pas être un mercredi ni un vendredi :
vendredi - 9 jours = mercredi et dimanche - 9 jours = vendredi.
De plus, Hoshaana Raba (22 Tishri) ne doit lui pas tomber un Shabbat, or samedi - 21 = dimanche.
Donc si la nouvelle lune de Tishri est un mercredi, un vendredi ou un dimanche, alors Rosh Hashana est reporté au lendemain.
De'hia GaTaRaDSi la nouvelle lune de Tishri survient le mardi à l'instant 9h 204p (05h 11min 20s du matin à Jérusalem) ou après, pour une année commune, alors rosh hashana est repoussé au jeudi.Cette règle assure que l'année ne fera pas plus de 355 jours.
De'hia BeTUTKaFoTSi le molad de Tishri suivant un année embolismique, arrive un lundi à l'instant 15h 589p (9h 32min 43s? à Jérusalem) ou après, alors Rosh Hashana est reporté au mardi.
Cette loi garantit que les années ne font pas moins de 383 jours.
De'hia MoladZakein (la "vieille lune"). Elle n'a de sens que si aucune des lois précédentes ne s'applique. Si le molad de Tishri survient à l'instant 18h 0p (12 h 00, midi, à Jérusalem) ou plus tard, alors on reporte le jour de Rosh Hashana au prochain jour, tout en tenant compte des possibilités de la règle ADUCe de'hia garantit qu'aucun mois de l'année ne commencera avant sa nouvelle lune.
La longueur des années n'est en conséquent que déterminer par le nombre de jours qui séparent un Rosh Hashana du prochain. Cet intervalle de temps permet de déduire la durée des mois 'Heshvan et Kislev.
L'an Un
Le point de départ du calendrier est le 1er Tishri de l'an Un. Il correspond au dimanche 6 septembre 3761 avant l'ère courante.
Ce jour ci, la nouvelle lune (molad shel Tohu) eut lieu à 5h 204p (23h 11min 20s à Jérusalem) à partir du crépuscule. Cet instant de référence se note Ttohu = 5h 204p.
Il sert de référence pour les calcul des heures des nouvelles lunes et pour la l'élaboration du calendrier perpétuel.
Calendrier perpétuel
La construction du calendrier juif perpétuel peut se faire de la façon suivante :
Connaissant l'heure du molad originel, il faut calculer le nombre de nouvelles lunes qui se sont écoulées de puis cet instant jusqu'au Rosh Hashana de l'année considérée pour en connaître son molad de Tishri. Ensuite, il faut appliquer les règles de reports pour connaître la date réelle de Rosh Hashana.. Il faut ensuite refaire cette opération pour l'année suivante, afin de calculer le nombre de jours séparant les deux Rosh Hashana, ce qui permet de déterminer le type d'année et le nombre de jours des mois 'Heshvan et Kislev.
Voici les différentes étapes de ce calcul. Nous appelons A l'année juive considérée.
Le nombre de synodiques (Nmois) écoulées depuis l'an Un est :
Nmois = (235A - 234)/19
Il faut ensuite multiplier ce nombre par la période synodique et lui ajouter l'heure de molad shel Tohu pour avoir le nombre de jours écoulés depuis le début du calendrier :
Njours = Nmois x Tsynodique + Ttohu
= [(235A - 234)/19] x 29jours 12heures 793parts + 5heures 204parts
Cette valeur, réduite en jours, heures et parts, indique l'instant du molad de Tishri de l'année A. le jour de la semaine est le reste de la division entière du nombre de jours par 7 (0 = dimanche). L'heure, au sein de ce jour, est la fraction en heures et parts de cette date.
Ensuite on applique les règles de de'hia.
Une fois la date de Rosh Hashana connue, on répète le calcul pour Rosh Hashana de l'année suivante A + 1.
Il ne reste plus qu'à calculer la durée de l'année A et d'en déduire la longueur de 'Heshvan et Kislev.
La conversion du calendrier juif au calendrier grégorien peut se faire en connaissant la correspondance du molad Tishri de l'an Un (dimanche 6 septembre 3761 avant l'ère grégorienne).
Les connaissances actuelle sur le calendrier juif en service avant l'Exil à Babylone sont limitées et incertaines.
La première source utilisable pour le calendrier hébreu est le calendrier de Gezer, écrit probablement sous Salomon, à la fin du 10ème siècle av. J.-C. L'inscription indique la durée des tâches agricoles pour un cycle de 12 lunaisons.
La limite du calendrier ici est un yereah, qui désigne en hébreu " lune " et " mois ". Le deuxième terme hébreu pour le mois, hodesh, signifie correctement la " nouveauté " du croissant lunaire.
Ainsi, les mois hébreux étaient lunaires et habituellement numérotés plutôt que dénommés. Ils ne sont pas nommés dans les sources précédents l'exil exceptés dans le rapport biblique sur le temple de Salomon, où seul trois mois portent un nom.
Tout comme ce rapport, la bible ne mentionne jamais d'intercalation, et ne fait référence concernant le jour de la nouvelle année.
Après la conquête de Jérusalem (587 av. J.-C.), les Babyloniens présentèrent leur calendrier cyclique et le compte de leurs années de règne à partir de Nisanu 1 (équinoxe de printemps).
Les juifs ont eu ainsi une année civile finie avec un jour pour la nouvelle année et ils ont adopté les noms de mois babyloniens, qu'ils continuent à employer. De 587 av. J.-C. jusqu'en 70 de notre ère, l'année civile juive était babylonienne, excepté la période alexandrine et ptolémaïque (332-200 av. J.-C.), quand le calendrier macédonien a été employé. |  |
La situation après la destruction du temple à Jérusalem dans les années 70 demeure peu claire : on ne sait pas si les Romains ont imposé leur calendrier julien ou le calendrier que les juifs de Palestine ont employés après 70 pour leurs transactions.
Il n'y a aucune référence au calendrier dans le nouveau testament et les documents araméens contemporains de Juda sont rares et prouvent seulement que les juifs ont daté des événements selon les années des empereurs romains. Les données abondantes dans les sources du Talmud concernent seulement le calendrier religieux.
Dans le calendrier religieux, le commencement du mois a été déterminé par l'observation de la nouvelle lune, et la date de la Pâque a été rattachée à la maturation des céréales.
L'observation et le témoignage réel de la nouvelle lune étaient exigés pour le fonctionnement du calendrier religieux.
Les juifs de la Diaspora (dispersion) ont généralement utilisé le calendrier civil de leurs pays respectifs. Cependant des messagers venus de Palestine les informaient des dates des prochaines fêtes ou commémorations (pratique déjà certifiée en 143 av. J.-C).
Après la destruction du temple en 70, les chefs rabbiniques ont assuré aux prêtres la continuité du calendrier religieux. L'observation visuelle de la nouvelle lune a été complétée vers 200, mais fut en fait supplantée secrètement par le calcul astronomique.
Mais les juifs de la Diaspora n'étaient pas souvent disposées à attendre la décision arbitraire des fabricants de calendrier de la terre sainte. Ainsi, dans l'ancienne Antioche syrienne, en 328-342, la Pâque juive était célébrée en mars (année julienne), le mois de l'équinoxe de printemps, sans souci des règles et des actes des Palestiniens. Pour préserver l'unité de l'Israël, le patriarche Hillel II, en 358-359, a édité le " secret " du calendrier ; car il avait compris l'utilisation du cycle babylonien de 19 ans et y amena quelques modifications exigées par le rituel juif.
L'application de ces principes fut pendant longtemps l'occasion de querelles et de polémiques.
Au 8ème siècle, les Karaites, après la pratique musulmane, revinrent à l'observation visuelle de la nouvelle lune, mais quelques siècles plus tard ils réutilisèrent un calendrier pré calculé tout comme les Samaritains.
En raison de l'importance du Shabbat comme diviseur de temps, la semaine de sept jours a servi d'unité aussi bien dans le culte que dans la vie courante.
Aussi longtemps que la durée de l'année et du mois était imprévisible, il était commode de compter par semaines.
L'origine exacte de la semaine de sept jours est inconnue ; ses jours ont été comptés du Shabbat (samedi pour les juifs, dimanche pour les chrétiens).
Un visionnaire écrivit, probablement en persan ou peut être en grec sous le nom de l'antédiluvien Enoch, que le calendrier religieux de 364 jours, ou 52 semaines, permettait aux fêtes de tomber le même jour de la semaine ; son idée fut reprise plus tard par la communauté de Qumran.
Influence de l'histoire sur la composition du calendrier
Comme les juifs utilisent le calendrier hébreu, c'est plutôt de l'histoire et de la composition du calendrier hébreu dont il est question.
L'année hébraïque se composait de douze lunaisons, ce qui faisait un ensemble de 354 jours, année plus courte de 11 jours que l'année solaire de 365 jours.
On s'en aperçut quand on offrait de l'orge le 16e jour du premier mois, en commémoration de la sortie d'Egypte.
A cause du retard de l'année de 12 lunaisons sur l'année solaire, il arriva que les épis d'orge n'étaient pas mûrs ni même en état d'être coupés.
Pour remédier à cet inconvénient, on intercala de temps en temps un treizième mois qu'on plaça à la fin de l'année, après le dernier mois, Adar, et qui fut appelé We-Adar, c'est-à-dire Adar second.
Les Hébreux, pour faire leur intercalation, ne se servaient pas de calcul fixe. Ils la faisaient chaque fois que les céréales n'étaient pas assez mûres pour être coupées.
C'est un tribunal de plusieurs membres qui décidait s'il y avait lieu d'ajouter un treizième mois.
Le Talmud de Jérusalem a conservé trois signes remarqués par les pâtres et admis par les sages :
Au mois d'Adar, la température doit être assez avancée pour que les céréales commencent à mûrir et que les arbres fleurissent.
En ce mois le froid diminue tant qu'en présence même du fort vent d'Est l'haleine le réchauffe.
A cette époque le bœuf est transi de froid au matin, tandis qu'à midi il va à l'ombre du figuier se détendre la peau.
Or, quand le mois d'Adar n'avait pas ces signes, il y avait lieu d'intercaler un treizième mois.
Primitivement les Hébreux désignèrent les mois par des numéros d'ordre et ce n'est que plus tard qu'ils leur donnèrent des noms.
Il y a quelques différences entre les noms après la captivité de Babylone et avant, ce qui indiquerait que les Hébreux emmenés en captivité auraient rapporté les noms babyloniens des mois.
Les Hébreux connurent la semaine de sept jours, dont le septième était le sabbat, ou jour de repos.
Cette période fut observée rigoureusement, selon la prescription de
Moise, après la sortie d'Egypte.
Mais ce peuple connaissait, déjà avant Moise et avant son séjour au pays des Pharaons, la période de sept jours.
La façon de mesurer le jour d'un coucher de soleil à un autre se trouve déjà au premier chapitre de la Genèse, où il est dit en parlant des jours de la création que l'Oeuvre fut faite "soir et matin".
Plus tard, le calendrier hébraïque fut retouché vers le troisième siècle de notre ère. Il en sortit un calendrier qui est actuellement celui des Juifs.
En même temps que de régler l'intercalation du 13e mois, on remit le commencement de l'année à l'automne, date à laquelle il était déjà avant que Moïse ne le plaçât au printemps, au mois de Nisan.
Avant Nisan, c'était le mois de Tishri qui était le premier de l'année.
Ce début de l'année à l'automne était en harmonie avec la façon de faire commencer le jour au soir.
Même après Moïse, le mois de Tishri est resté le début de l'année civile, et le 1er Tishri était célébré par la fête des trompettes ou nouvel an.