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L'assassinat de Rafic Hariri Les options Les forces en présence au Liban Chronologie 2005-2006 Mai-Juin 2005 : élections libanaises Le Liban de 1920 à 2005 La Syrie de 1917 à 2005
Le Liban
La Syrie Golan annexé et Liban sud occupé Source : Le Monde Diplomatique (février 2000 - 84 ko) Sud du Liban - carte détaillée (148 ko) Liban sud - Zone frontalière israélienne - Fermes de Chebaa (Source : Wikipédia - 123 ko) Le Litani (33 ko) Israël / Palestine - partie nord (Source : Le Guide du Routard - 98 ko)
de lancer, depuis le Liban, des attaques contre le territoire syrien en utilisant des forces agissant pour le compte d'Israël ("Israeli proxy forces" - qu'un non-Juif emploie cette expression, et il sera automatiquement "antisémite") ;
d'attaquer des cibles militaires syriennes au Liban et, au cas où cela ne suffirait pas, de frapper des cibles en Syrie même.
A l'époque, les sionistes étaient encore embourbés au Liban et cherchaient une issue "honorable" à leur aventure ; Clinton était président. Deux fraudes électorales, quatre années de junte Bush et un attentat du 11 septembre plus tard, les fauteurs de guerre sentent le moment venu de réaliser ce plan et d'aller bien au-delà. Plusieurs options s'ouvrent à eux :
La plus radicale consisterait à faire intervenir les mêmes "proxy forces" qu'en Irak, à savoir les forces armées américaines.
Une autre option, plus "soft", utiliserait comme "proxy" les milieux pro-israéliens (ou ouvertement antisyriens) de la société libanaise. On s'acheminerait donc vers une renaissance de la guerre civile. Sachant que les mêmes causes produisent en général les mêmes effets, le résultat est loin d'être garanti.
Reste une solution pacifique, "à l'ukrainienne", à savoir le soutien politique massif à "l'opposition libanaise" (représentée par le dirigeant druze Walid Joumblatt)
dans le but d'instaurer à Beyrouth un régime pro-occidental hostile au Hezbollah et à Damas. Après avoir "réglé" la question libanaise, on "s'occuperait" de la Syrie. C'est la version que privilégient la France de Chirac et l'Union Européenne. Mais il est assez peu probable qu'elle puisse être couronnée de succès, sauf capitulation préalable de ceux contre qui elle est dirigée.
L'avenir dira ce qu'il en est.
Les forces en présence au Liban
Chronologie 2005-2006
mai 2004 :
Sous la pression du lobby sioniste, les Etats-Unis promulgent une loi antisyrienne (Syria Accountability Act) "exigeant" le retrait complet des forces syriennes du Liban et le désarmement des milices du Hezbollah libanais ; la loi prévoit des "sanctions" économiques. Parallèlement, les USA font adopter une résolution similaire (numéro 1559) par le Conseil de Sécurité de l'ONU (l'Assemblée générale n'est pas consultée).
14 février 2005 :
Assassinat à Beyrouth de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Les tueurs et leurs complices accusent la Syrie (voir
plus haut).
28 février 2005 :
Démission du gouvernement d'Omar Karamé (dirigeant sunnite "prosyrien"). Emile Lahoud (chrétien maronite "prosyrien") reste Président de la République.
février-mars 2005 :
Menaces verbales d'Israël, des Etats-Unis et d'autres pays occidentaux à l'encontre de la Syrie.
Manifestations antiysriennes à Beyrouth, organisées par "l'opposition" avec l'aide matérielle, logistique et financière des services de Washington, Tel Aviv et Paris. Démesurément gonflées et présentées par la presse et la télévision comme un "phénomème de masse", ces manifestations rassemblent quelques milliers, au plus quelques dizaines de milliers de "protestataires", dont beaucoup sont là pour des raisons "professionnelles". Etrange impression de déjà-vu (Belgrade, Tbilissi, Kiev...) Compte tenu des "liens privilégiés" qui unissent la France à la grande bourgeoisie maronite libanaise et à ses satellites, le pouvoir français est particulièrement actif au Liban, sentant le moment venu de se réconcilier complètement avec les Etats-Unis en participant sans réserve à la prochaine action militaire contre la Syrie.
6 mars 2005 :
La Syrie annonce le retrait prochain de ses 14.000 soldats encore stationnés au Liban. Dans un premier temps, les troupes se replient vers l'est. Bien entendu, Bush, Sharon et compagnie jugent ces mesures "insuffisantes".
8 mars 2005 :
A Beyrouth, à l'appel du Hezbollah et d'autres organisations, une manifestation monstre contre l'ingérence occidentale et pour la solidarité avec la Syrie réunit au moins un demi-million de personnes de toutes confessions (un million selon certaines sources, plus d'un million selon
Richard Labévière* de Radio France Internationale, un million et demi selon le Réseau Voltaire**). Dans un pays de 4.500.000 habitants, c'est un peu comme si plus de sept millions de Français (et peut-être même dix, douze, quinze ou vingt millions) allaient manifester dans les rues de Paris - impensable.
Cependant, les médias occidentaux minimisent l'événement et se concentrent sur les déclarations menaçantes de Bush, de Sharon et de quelques autres.
9 mars 2005 :
Manifestation similaire à Damas.
10 mars 2005 :
Encouragé par "la rue", Omar Karamé revient et annonce la formation d'un nouveau gouvernement à Beyrouth.
12 mars 2005 :
Au cours des derniers jours, la Syrie a retiré 4.000 soldats du Liban ; il en reste encore environ 10.000.
13 mars 2005 :
A Nabatiyé, dans le sud-est du pays, nouvelle manifestation de masse organisée par le Hezbollah et Amal avec, là aussi, plusieurs centaines de milliers de participants : silence radio dans les médias occidentaux (qui se rattraperont le lendemain).
14 mars 2005 :
Pour ne pas être en reste, "l'opposition" pro-israélicaine mobilise également ses partisans. Pour la première fois depuis le début de la crise, elle réunit elle aussi plusieurs centaines de milliers de personnes, mais beaucoup moins semble-t-il que les organisateurs du 8 mars. Quoi qu'il en soit, d'un côté comme de l'autre, on brandit le drapeau libanais - ce qui permet à CNN et à d'autres chaînes de faire passer indifféremment les "pro" et les "antisyriens" pour des "révolutionnaires du cèdre". La confusion avait d'ailleurs commencé le jour des obsèques de Rafic Hariri : quiconque se trouvait alors dans la rue pour rendre hommage à l'ancien Premier ministre était automatiquement "contre Damas" et revendiquait le "retrait des troupes syriennes". A noter également que tout le monde, sans exception, demande que la lumière soit faite sur l'assassinat du 14 février, ce qui ne signifie pas nécessairement la même chose partout (les commanditaires de "l'opposition", eux, exigent que soit "confirmée" la "culpabilité" de la Syrie).
19 mars 2005 :
Nouvel attentat à Beyrouth - 11 blessés dans un quartier chrétien. Joumblatt accuse aussitôt les Syriens et "exige" la démission du Président de la République, le chrétien Emile Lahoud. Les néo-cons et leurs marionnettes sont-ils en train de relancer la guerre civile ? Viennent-ils de déclencher la phase 2 de leur "révolution" ?
23 mars 2005 :
Encore un attentat à la bombe, à Jounieh cette fois, au nord de la capitale : trois morts.
26 mars 2005 :
Nouvelle bombe près de Beyrouth, à Dékouaneh : deux morts.
2 avril 2005 :
La Syrie annonce le retrait complet de ses troupes avant le 30 avril. Nouvel attentat près de Beyrouth, à Broumanna.
4 avril 2005 :
L'organisation islamiste internationale des Frères musulmans, responsable de l'assassinat du président égyptien Sadate en 1981 et d'un soulèvement armé contre le régime d'Al-Assad en 1982, déclare qu'elle a l'intention de revenir en Syrie à la faveur des "événements". Le chef de l'organisation est en exil à Londres, où il jouit du soutien plus ou moins discret du gouvernement Blair. De toute évidence, pour les fanatiques occidentaux de la "guerre contre la terreur", les
Frères musulmans
comptent parmi les "bons" terroristes, ceux qu'on peut utiliser contre "l'axe du Mal".
25 avril 2005 :
Le retrait des troupes syriennes est achevé.
5 mai 2005 :
A l'instigation du lobby sioniste, le boycott économique américain contre Damas (= "sanctions") est reconduit. Comme si de rien n'était, George W. Bush invoque le "danger syrien au Liban". Quelques jours plus tard, un certain Tom Casey, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, s'en prend violemment à la Syrie, lui reprochant "d'attiser la guerre en Irak". Ce comportement cynique prouve une fois de plus qu'il ne sert à rien de se montrer conciliant face au monstre israélicain : plus on lui en donne, et plus il en veut.
7 mai 2005 :
Après que la justice libanaise ait amnistié le général Aoun pour les délits et crimes commis jusqu'en 1990, y compris les détournements de fonds (15 millions de dollars), le chef de la droite chrétienne quitte son exil parisien pour Beyrouth, où il est accueilli par les partisans du clan pro-occidental. Avec sa modestie habituelle, Aoun se présente comme le "sauveur" du pays - ce n'est pas pour rien que les Libanais le surnomment "Napolaoun".
14 mai 2005 :
Depuis quelques jours, la guerre américaine contre l'Irak se rapproche dangereusement de la frontière syrienne. L'aviation US bombarde les localités situées le long de l'Euphrate. Washington a-t-il l'intention d'étendre l'agression militaire à la Syrie ?
17 mai 2005 :
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi "Oncle Tom" Annan, fidèle serviteur de l'Empire états-unien, charge l'Allemand (juif et sioniste) Detlev Mehlis "d'enquêter" sur l'assassinat de Rafic Hariri. Mehlis, qui a exercé les fonctions de procureur dans son pays, était en son temps chargé du dossier de l'attentat de 1986 contre la
discothèque La Belle
de Berlin, un attentat mis sur le compte de la Libye. Gageons que le rapport Mehlis confirmera mot pour mot la version israélo-américaine du massacre de la St-Valentin.
[Deux mois plus tard, Mehlis déclare au quotidien libanais L'Orient Le Jour : "Les Israéliens sont réputés pour avoir de bons renseignements, notamment technologiques. Nous les avons approchés pour qu'ils nous livrent des informations sur l'attentat. Ils nous ont donné de bons renseignements." Bravo, Detlev, t'es sur la bonne piste...]
18 mai 2005 :
Une tentative d'assassinat sur la personne de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, échoue suite à l'arrestation d'un groupe de comploteurs palestiniens recrutés en Tunisie par les services israéliens.
21 mai 2005 :
En riposte à des tirs israéliens qui avaient occasionné des dégâts dans le village libanais de Chebaa, le Hezbollah bombarde une position israélienne dans le secteur occupé des Fermes de Chebaa - voir
plus haut.
25 mai 2005 :
Damas met fin à sa coopération avec les Etats-Unis en matière de renseignement et d'affaires militaires. Est-ce à dire que la Syrie ne torturera plus de "terroristes" pour le compte de la CIA, comme elle le faisait depuis le 11 septembre 2001 ? Aurait-on l'intention de résister en cas d'agression israélo-américaine ?
Elections libanaises
26 mai 2005 :
Le Hezbollah annonce qu'il présentera, aux prochaines élections législatives, une liste commune avec Amal, l'autre parti chiite. De son côté, Joumblatt tente de "s'allier" avec le genéral Aoun*... qui l'envoie aussitôt sur les roses. La girouette druze ne se décourage pas pour autant et va, dans la foulée, proposer ses services au Hezbollah. "Nous devons améliorer nos relations avec Damas", proclame Joumblatt, lui qui s'égosillait encore quelques semaines plus tôt à réclamer "le départ des occupants syriens".
29 mai 2005 :
Début des élections libanaises. Etalées sur quatre dimanches consécutifs, elles se termineront le 19 juin. Le 29 mai, on vote à Beyrouth (19 sièges à pourvoir) ; le 5 juin, dans le Liban sud (23 sièges) ; le 12 juin, au Mont-Liban (= Centre - 35 sièges) et dans l'Est (= plaine de la Békaa - 23 sièges) ; le 19 juin, enfin, dans le Nord (28 sièges).
2 juin 2005 :
Un nouvel attentat à l'explosif coûte la vie au journaliste Samir Kassir. Aussitôt, une violente campagne se déchaîne contre la Syrie que l'on rend responsable du meurtre. On croit enfin tenir la "preuve" que les services secrets de Damas sont encore actifs au Liban. Pourtant, il y a fort à parier que les terroristes qui ont perpétré cet attentat sont les mêmes que ceux du
14 février.
5 juin 2005 :
Elections au Liban sud. Les 23 sièges à pourvoir se répartissent par avance de la façon suivante : 14 chiites, 3 sunnites, 1 druze, 2 maronites, 2 grecs-catholiques , 1 grec-orthodoxe. Comme on pouvait s'y attendre dans cette région directement exposée aux visées expansionnistes de l'Etat juif, la victoire des partis chiites est écrasante* (sans guillemets, cette fois). Mais la presse ne trouve guère le temps d'en parler, préférant se concentrer sur les suites de l'attentat du 2 juin. C'était sans doute un des buts de la manoeuvre.
12 juin 2005 :
Elections au Mont-Liban où la répartition obligatoire des sièges est la suivante : 25 chrétiens (19 maronites, 3 grecs-orthodoxes, 2 grecs-catholiques, 1 arménien-orthodoxe) et 10 musulmans (5 druzes, 3 chiites et 2 sunnites). Dans la Békaa : 9 chrétiens (3 maronites, 3 grecs-catholiques, 2 grecs-orthodoxes, 1 arménien-orthodoxe) et 14 musulmans (8 chiites, 5 sunnites, 1 druze).
19 juin 2005 :
Quatrième et dernière manche. Au Liban Nord, les chrétiens ont 15 sièges (9 pour les maronites, 6 pour les grecs-orthodoxes) ; les musulmans en ont 13 (11 sunnites, 2 alaouites). Participation massive (pour une élection libanaise) de près de 50 %. Saad Hariri "gagne" à Tripoli.
21 juin 2005 :
Pour rappeler au monde que la fin des élections ne signifie pas la fin de l'intervention étrangère, bien au contraire, un nouvel attentat à la voiture piégée tue Georges Haoui, ex-secrétaire général du parti communiste libanais - un "antisyrien", cela va de soi. George Bush, qui vient de féliciter les Libanais pour leurs élections démocratiques,* va-t-il déclencher les hostilités contre Damas pour "venger" la mort d'un ancien chef communiste ?...
27 juin 2005 :
Nabih Berry, chef "prosyrien" du mouvement Amal, restera président du Parlement libanais. Ce poste revient d'office à un chiite, et le Hezbollah n'a pas l'intention de lui faire concurrence. Mieux encore, le bloc "oppositionnel" Hariri (Courant du futur) a décidé d'appuyer la candidature de Berry. Il est probable que les chiites renverront l'ascenseur au leader sunnite quand il s'agira de choisir le Premier ministre. Et si Hariri est pour, Joumblatt ne va pas être contre. Il soutient donc lui aussi Berry, mais sans qu'on sache trop ce qu'il attend en retour. C'est ça, la politique libanaise : les alliances se font et se défont, tous unis dans la division, la stabilité dans la volatilité...
29 juin 2005 :
Israël bombarde le Liban sud. Le Hezbollah riposte par un pilonnage de la zone occupée des Fermes de Chebaa.
12 juillet 2005 :
Nouvel attentat à Beyrouth. Cette fois, c'est le ministre de la Défense sortant Elias Murr (donc un "prosyrien") qui est visé. Murr est seulement blessé, mais il y a deux morts. Va-t-on encore une fois accuser la Syrie ?...
20 juillet 2005 :
Fouad Siniora présente son cabinet. Le nouveau ministre des Affaires étrangères (Faouzi Salloukh), sans être affilié au Hezbollah, est néanmoins proche de ce parti et du mouvement Amal. On a donc trouvé un compromis qui semble satisfaire tout le monde - sauf les Américains, qui s'empressent de réitérer leurs menaces. Washington et Tel Aviv digèrent mal le fait qu'un autre des cinq ministres chiites (Mohammed Fneich, Énergie et Eau) soit membre du Hezbollah (c'est une première), et qu'un troisième (Trad Hamadé, ministre du Travail) soit un sympathisant du Parti de Dieu. Au lieu de polariser les forces politiques, le nouveau gouvernement fait l'union nationale - à la seule exception des partisans d'Aoun qui ont préféré rester sur la touche.
22 juillet 2005 :
Nouvel attentat à Beyrouth, dans le "quartier des noctambules". Il y a une douzaine de blessés et de lourds dégâts matériels.
24 juillet 2005 :
Condoleezza Rice, ministre américaine de l'immixtion dans les affaires étrangères, est en visite à Beyrouth où elle rencontre Saad Hariri et Michel Aoun (mais pas le nouveau premier ministre). Hariri ("ex-oppostion victorieuse") et surtout Aoun ("nouvelle opposition") sont à présent les deux atouts de la junte de Washington. Joumblatt ne convient plus, car il soutient maintenant le Hezbollah et rejette la résolution de l'ONU qui réclame le désarmement du parti chiite : "La Résistance nationale et islamique est le symbole même de la dignité, de la fierté. Elle est l'immunité du corps libanais national et islamique, l'immunité pour notre unité, notre indépendance réelle et notre souveraineté... L'insistance occidentale quotidienne concernant la résolution 1559, qui s'écarte de tous les usages, vise à faire perdre au Liban l'élément principal de sa protection et à lui imposer une hégémonie..."
7 août 2005 :
Visite du président syrien Bachar Al-Assad à
Téhéran,
à l'occasion de l'entrée en fonctions du nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Les deux pays, pareillement menacés par les Etats voyous de l'axe américano-sioniste, décident de se serrer les coudes face au danger. Reste à savoir si cette déclaration d'intention sera suivie de mesures concrètes.
22 août 2005 :
Attentat à Zalka, près de Beyrouth - une dizaine de blessés légers et de lourds dégâts matériels.
31 août 2005 :
Detlev Mehlis, chargé depuis le 17 mai de "l'enquête" sur l'assassinat de Rafic Hariri, aboutit enfin au résultat désiré par ses commanditaires : les "coupables" sont des "prosyriens". L'Allemand fait arrêter quatre hauts fonctionnaires libanais, dont le chef de la garde présidentielle d'Emile Lahoud et trois généraux des services de renseignement et de la police.
17 septembre 2005 :
Attentat à Achrafieh, un quartier de la capitale - un mort et 22 blessés.
25 septembre 2005 :
Une journaliste chrétienne est blessée dans un attentat.
21 octobre 2005 :
Mehlis présente son rapport accusant la Syrie. Avec la complicité du gouvernement français, les USA s'apprêtent à saisir le Conseil de Sécurité de l'ONU.
31 octobre 2005 :
Le Conseil de Sécurité vote à l'unanimité une résolution par laquelle la Syrie est sommée de coopérer à l'enquête sur la mort de Hariri (sous-entendu : dans l'esprit du rapport Mehlis). Les USA et leurs laquais n'ont pas vraiment obtenu ce qu'ils voulaient, à savoir la menace de "sanctions" économiques et politiques en cas de "non-coopération". Cependant, la lâcheté de certains gouvernements (Russie et Chine en premier lieu, mais aussi Algérie et quelques autres pays du tiers-monde) permet encore une fois aux agresseurs de fêter bruyamment ce qu'ils considèrent comme une "victoire". On verra bien ce qui se passera le jour où Moscou, Pékin ou Alger seront à leur tour sur la sellette. L'absence totale de solidarité entre victimes présentes et victimes futures de l'impérialisme israélo-américain a quelque chose d'assez terrifiant.
14 novembre 2005 :
On apprend que Mehlis a offert la somme de 10 millions de dollars à Luai Zakra, un "terroriste" syrien incarcéré en Turquie et présenté comme le "numéro cinq d'Al-Qaïda", à condition que l'homme accuse le gouvernement de Damas d'être responsable de l'assassinat de Hariri. Zakra ayant refusé de "coopérer", Mehlis est à la recherche d'un nouveau "témoin à charge". Avant de s'adresser à Zakra, Mehlis, l'homme sans honte et sans scrupules, avait déjà tenté d'utiliser les "informations" d'un certain Zouhir Sedik, gangster syrien poursuivi pour escroquerie.
23 novembre 2005 :
Après avoir bombardé des localités du Liban sud proches de la région de Chebaa, l'aviation de l'Etat terroriste juif survole Beyrouth et largue des tracts de propagande anti-Hezbollah.
Parallèlement, les incursions américaines en Syrie se multiplient depuis le territoire irakien occupé ; deux militaires syriens sont tués. Damas se garde bien de réagir aux provocations.
1er décembre 2005 :
Jamais deux sans trois - Hossam Taher Hossam, autre "témoin" présenté par Detlev Mehlis pour "étayer" la thèse de la "culpabilité" syrienne, se rétracte après avoir précisé que ses "aveux" ont été obtenus sous la torture. Déçu, Mehlis donne sa démission... mais ne change rien à son "rapport".
12 décembre 2005 :
Comme pour compenser le fiasco de leur "enquêteur", les terroristes néo-cons frappent une nouvelle fois : quatre personnes meurent à Beyrouth dans un attentat à la voiture piégée, dont Gebrane Tuéni, député maronite et PDG du quotidien An-Nahar. Si ce n'est pas un motif d'intervention...
23 janvier 2006 :
John Bolton, le gangster qui représente la junte Bush à l'ONU, exige de la Syrie qu'elle désarme le Hezbollah libanais... mais oublie de préciser comment Damas devrait s'y prendre, maintenant qu'il n'y a plus de troupes syriennes au Liban. On a l'impression d'entendre Sharon ordonnant à Arafat, séquestré à Ramallah, d'intervenir contre les "terroristes" du Hamas. Les ventriloques sionistes font vraiment la pluie et le beau temps à Washington et ne prennent même plus la peine de se cacher.
début février 2006 :
A Beyrouth et à Damas, manifestations suite à la provocation danoise des caricatures de Mahomet. Spontanée au départ, la protestation dégénère bien vite grâce à l'action de nombreux agents sionistes présents sur place. Opération réussie : aux yeux de l'opinion publique occidentale, les musulmans ne sont plus les offensés mais les "coupables" ("fanatiques", "vandales", "terroristes").
mars 2006 :
Le Hezbollah et le CPL (parti de Michel Aoun) ont opéré entre-temps un rapprochement politique et signent maintenant un document d'entente. Avec l'aide d'Amal, l'autre parti chiite, ils sont parvenus à empêcher la destitution du président Emile Lahoud (chrétien boycotté par la France et le bloc occidental) et à freiner l'ardeur des "antisyriens" dans l'affaire du meurtre de Rafic Hariri. Ces derniers, qui se réclament d'un "mouvement du 14 mars" né un an plus tôt lors de la manifestation de Beyrouth, se considèrent comme la "majorité gouvernementale" - ce qui ne veut pas dire grand-chose, compte tenu du système électoral en vigueur et du fait que "l'opposition" est elle aussi présente au gouvernement (exception faite d'Aoun qui a refusé d'y participer).
mai 2006 :
Un attentat à la voiture piégée, commandité par Tel Aviv, tue un dirigeant du Djihad islamique palestinien à Saïda. Quelques jours plus tard, l'aviation israélienne attaque le sud du Liban et lance des bombes à fragmentation contre des localités proches de la frontière.
juin 2006 :
La sécurité militaire libanaise démantèle un réseau terroriste israélien reponsable de
l'attentat de Saïda et de quelques autres explosions criminelles plus anciennes. Encore un petit effort, et on connaîtra le nom des assassins de Rafic Hariri.
5 juillet 2006 :
Deux appareils de l'armée de l'air de Tel Aviv violent l'espace aérien syrien au-dessus de Lattaquié. Prétexte invoqué par l'Etat voyou juif : la Syrie héberge des dirigeants du Hamas, le parti politique palestinien vainqueur des élections de janvier 2006. Cette nouvelle provocation du régime sioniste coïncide avec l'agression militaire menée à Gaza.
Les réseaux terroristes israéliens au Liban par le journaliste allemand Jürgen Cain Külbel (sur le site du Réseau Voltaire).
Le Liban de 1920 à 2005
1920 :
Vainqueurs de la Première Guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne se partagent le Proche-Orient, jusqu'alors partie intégrante de l'Empire ottoman vaincu. La France reçoit de la Société des Nations le "mandat" sur la Syrie (dont fait partie le Grand Liban).
1922 :
La France détache le Grand Liban de la Syrie. Ce territoire, que domine la bourgeoisie chrétienne maronite, a des "liens privilégiés" avec la France depuis le 19ème siècle, comme en témoigne son nouveau
drapeau.
1926 :
Le Grand Liban devient la "République libanaise" et conserve son beau drapeau. Le pays restera dans le giron français jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
1941 :
Après la défaite de la France en mai 1940, troupes britanniques et forces françaises libres occupent le Liban ; violents combats contre les "troupes françaises du Levant" fidèles au traître Pétain.
1943 :
Le 22 novembre, l'indépendance est proclamée. C'est un compromis entre le maintien du "protectorat" français, souhaité par les chrétiens, et le rattachement à la Syrie, voulu par les musulmans.
1946 :
Retrait des troupes étrangères.
1948 :
Pendant la guerre israélo-palestinienne, les sionistes envahissent une partie du Liban, mais sont contraints de se retirer face à la réaction internationale. Les plans israéliens prévoient l'annexion de la région située au sud du fleuve
Litani.
1954 :
Les Israéliens proposent de "partager pacifiquement" les eaux du Litani avec le Liban et la Syrie. (Bel exemple de chutzpah sioniste - à moins que ce ne soit de l'humour juif.)
1958 :
En juillet, l'armée américaine intervient à Beyrouth pour porter secours au président chrétien Camille Chamoun et empêcher l'adhésion du Liban à la République Arabe Unie nouvellement fondée par la Syrie et l'Egypte.
1967 :
Après la défaite arabe dans la
guerre des six jours
contre Israël, afflux de réfugiés palestiniens.
1968 :
Attaque terroriste israélienne contre l'aéroport de Beyrouth : 13 avions des Middle East Airlines et d'une autre compagnie libanaise sont détruits.
1970-71 :
Chassés de Jordanie, les combattants palestiniens de l'OLP se replient vers le Liban.
1973 :
En avril, raid israélien sur Beyrouth et assassinat de trois dirigeants palestiniens.
1975 :
Les immixtions incessantes de l'Etat juif au Liban finissent par provoquer une guerre civile qui durera jusqu'en 1990. Tout commence en avril 1975, à Beyrouth, lorsqu'un groupe armé chrétien attaque un bus et massacre 27 passagers musulmans, dont de nombreux Palestiniens. Le prétexte invoqué (attentat contre une église) sent la provocation à plein nez. Les milices chrétiennes, soutenues par Israël, se voient très vite confrontées à un front uni de toutes les forces musulmanes (sunnites, chiites, druzes) auxquelles viennent se joindre les Palestiniens.
1976 :
L'intervention de troupes syriennes dans la guerre civile libanaise fait apparaître les premiers désaccords au sein de l'alliance musulmane. Les services israéliens savent exploiter ces divisions à leur profit. Il n'est pas exclu que l'entrée de la Syrie dans le conflit libanais ait été le résultat de pressions américaines (Henry Kissinger) exercées à l'instigation d'Israël. (La Syrie, qui a toujours oscillé entre les deux blocs, penche alors du côté américain.) Quoi qu'il en soit, l'entrée en guerre de Damas provoque l'inverse de l'effet voulu : la situation empire, les alliés de 1975 vont bientôt se combattre les uns les autres - c'est tout à fait ce que veulent les sionistes.
1977 :
Les Israéliens ne se contentent plus de soutenir les milices chrétiennes mais interviennnent ouvertement dans le conflit en mettant en place une armée "sud-libanaise" de 3.000 hommes, sous le commandement de leur marionnette Saad Haddad.
1978-81 :
En mars 1978, Israël envahit le sud du Liban (jusqu'au fleuve Litani) et ne se replie que trois mois plus tard, confiant le "pouvoir" à Haddad. Parallèlement, l'Etat juif accentue son soutien aux milices chrétiennes phalangistes de Gemayel et les aide à anéantir leurs concurrents chrétiens des clans Chamoun et Frangieh. Les incursions israéliennes dans le sud du Liban sont incessantes.
1982 :
En juin, invasion israélienne à grande échelle dans le but de s'emparer des ressources hydrauliques du Liban et de détruire les forces de l'OLP.
L'armée sioniste bombarde Beyrouth et fait le siège des quartiers musulmans de l'ouest de la capitale. En août, les combattants de l'OLP doivent quitter le Liban pour la Tunisie. Les non-combattants (femmes, enfants, vieillards) restent sur place.
En septembre, les phalangistes chrétiens massacrent 3.500 d'entre eux à Sabra et Chatila. L'armée israélienne, commandée par le général Sharon, fournit aux tueurs l'appui logistique dont ils ont besoin et assure le bouclage des camps de refugiés afin d'empêcher la fuite des victimes. (Prétexte avancé pour "justifier" la tuerie : l'assassinat, deux jours plus tôt, de Béchir Gemayel, chef phalangiste et "président" du Liban par la grâce d'Israël.) Une force multinationale, composée de militaires américains, français et italiens, a été mise en place quelques semaines auparavant ; elle n'a pas empêché les massacres de Sabra et Chatila.
1983 :
La force multinationale soutient de plus en plus ouvertement le clan Gemayel. (Après l'assassinat du chef phalangiste Béchir Gemayel en septembre 1982, c'est son frère Amine qui lui succède à la tête du clan.) Réaction : en avril 1983, un attentat à l'explosif détruit l'ambassade US à Beyrouth, où se trouvait le siège de la CIA pour tout le Proche-Orient. En septembre 1983, la force multinationale bombarde des positions druzes, intervenant ainsi directement dans les combats entre phalangistes et musulmans. Quelques semaines plus tard, à Beyrouth, des attentats contre des installations militaires des USA et de la France coûtent la vie à 240 marines et à 58 parachutistes français. Le message passe : la force multinationale se retire du Liban. (Ces attentats seront imputés au Hezbollah mais l'organisation chiite ne les a jamais revendiqués.)
1983-85 :
Israël concentre peu à peu ses troupes d'invasion dans le sud du Liban (zone dite de "sécurité"). L'occupation durera encore une quinzaine d'années. Dans la région de Beyrouth, Amal et ses milices chiites attaquent les Palestiniens que soutient le Hezbollah.
1988 :
La guerre civile continue, les alliances sont changeantes. Amine Gemayel, "président de la République" par la grâce des Occidentaux et d'Israël, nomme un nouveau "Premier ministre", le général Michel Aoun. Aoun est chrétien, alors que selon la constitution libanaise le poste revient à un sunnite ; d'ailleurs, il y a déjà un chef de gouvernement sunnite. Mais les extrémistes chrétiens, s'ils prétendent représenter le Liban, se fichent éperdument de la constitution. Ce qu'ils veulent depuis longtemps, c'est un Etat exclusivement chrétien, solidement ancré en Occident.
Aoun veut transformer la guerre civile libanaise en croisade antisyrienne (les Syriens ont 40.000 soldats au Liban). La capitale (bientôt un champ de ruines) est coupée en deux ; à Beyrouth-Est, il y a un "gouvernement" chrétien soutenu par Paris, Washington et Tel Aviv ; à Beyrouth-Ouest, un "gouvernement" musulman soutenu par Damas. Dans le monde arabe et musulman, on se sent contraint de prendre position. L'Iran se range du côté de la Syrie, alliée des milices chiites, en particulier du Hezbollah. L'Irak de Saddam Hussein, en guerre contre l'Iran depuis 1980 et partenaire privilégié des USA, prend parti pour le général Aoun.
1989 :
Signés en octobre, les accords de Taëf (Arabie Saoudite) mettent fin à la guerre civile au Liban et reconnaissent le rôle de la Syrie dans ce pays. Un retrait progressif des troupes syriennes est prévu par les accords, mais aucun calendrier n'est fixé. Quinze ans plus tard, Damas maintient encore un contingent de 14.000 hommes au Liban. Sans cette présence syrienne, il est probable que la guerre civile aurait repris depuis longtemps (en quinze ans, elle a coûté la vie à 150.000 personnes). Alors que les diverses milices sont dissoutes ou intégrées symboliquement aux "forces libanaises", le Hezbollah conserve ses unités combattantes indispensables pour tenir tête aux envahisseurs israéliens. Qui pourrait prendre leur place ? Une armée régulière libanaise n'existe pratiquement pas, et Damas veut à tout prix éviter une guerre directe avec Tel Aviv.
1990-91 :
Pour obtenir l'entrée de la Syrie dans la coalition anti-irakienne de la guerre du Golfe, les Etats-Unis (Bush père) laissent tomber le général Aoun et les extrémistes chrétiens libanais qui refusent de reconnaître les accords de paix. Washington permet ainsi à son allié de Damas de s'imposer au Liban. Aoun, contraint à l'exil va "se réfugier" en France en attendant des jours meilleurs. Après une longue "traversée du désert" (il se prend aussi un peu pour de Gaulle), Aoun deviendra en 2005 un des favoris de Bush fils et des néo-cons likoudiens pour le poste de président dans un Liban "démocratisé". Mais il se verra vite "disqualifié" à cause de sa nouvelle ligne politique (alliance avec le Hezbollah).
1992 :
Le sunnite Rafic Hariri est nommé Premier ministre. Il le restera jusqu'en 1998 et reviendra à la tête du gouvernement de 2000 à 2004. D'origine modeste, il devient homme d'affaires et s'enrichit en Arabie saoudite pendant la guerre civile libanaise. De retour au pays, il amasse plusieurs milliards grâce à la spéculation immobilière qui accompagne la reconstruction. Ses fonctions politiques lui facilitent la tâche. Ne serait-ce que par réalisme, Hariri a toujours accepté la présence syrienne au Liban comme un facteur de stabilité. Son assassinat, en février 2005, n'est certainement pas l'oeuvre de Damas -
voir plus haut.
2000 :
Après 18 ans d'occupation et face à la résistance opiniâtre du Hezbollah, les envahisseurs israéliens doivent évacuer le Liban. Mais leurs crimes (20.000 civils arabes tués) restent impunis comme tous les autres. Contrairement à ce que prétend la propagande sioniste, le Hezbollah, au Liban sud, adopte une attitude strictement défensive, se contentant de répliquer par des tirs de roquette aux pilonnages israéliens en provenance de Galilée ou des Fermes de Chebaa - voir
plus haut.
2005 :
Le 14 février, assassinat de Rafic Hariri.
Qui sont les terroristes ? Farid Abboud, ambassadeur du Liban aux Etats-Unis en 2002, face à un crétin de la chaîne américaine Fox News (en français : Fausses News).
1917 :
Soulèvement arabe contre la domination ottomane. Arrivée des forces britanniques.
1918 :
La Grande-Bretagne met en place une administration militaire arabe.
1919 :
Les Français prennent le contrôle du territoire en septembre 1919.
1920 :
En mars 1920, contre la volonté des Occidentaux, un certain Faysal proclame le "Royaume de Syrie" et monte sur le trône. Trois mois plus tard, il est détrôné par l'armée française et s'exile en Irak. La population locale continue de résister contre l'occupation. La France se fait attribuer par la Société des Nations le "mandat" sur la Syrie et divise le pays en cinq provinces : Damas, Alep, Lattaquié, le Djebel druze et le Grand Liban.
1922 :
Le Grand Liban est séparé de la Syrie.
1925-27 :
Révoltes contre l'occupant français.
1932 :
Création d'une "République de Syrie" sous la houlette de la France.
1941 :
Après la défaite française de 1940 face à l'Allemagne, occupation de la Syrie par les troupes britanniques auxquelles se sont jointes des forces de la France libre ; violents combats contre les "troupes françaises du Levant" fidèles au traître Pétain. Proclamation de "l'indépendance", qui ne deviendra effective qu'en 1946.
1945 :
En mai, soulèvement contre l'occupation étrangère.
1946 :
Le 17 avril, indépendance effective. Retrait des troupes françaises et britanniques.
Fondation du parti Baas (pan-arabe et socialiste). Son objectif est d'établir l'unité du monde arabe sur des bases laïques et progressistes. Il sera actif non seulement en Syrie mais aussi en Irak.
1958 :
Union avec l'Egypte de Nasser. La République Arabe Unie ne survivra que jusqu'en 1961.
1963 :
La parti Baas accède au pouvoir.
1967 :
En juin,
guerre des six jours.
Israël s'empare du
Golan,
ce qui lui permet d'exercer le contrôle sur les ressources en eau de la région (Jourdain, Yarmouk, rive orientale du lac de Tibériade, pentes du Mont Hermon).
1970 :
Le général Hafez Al-Assad devient président.
1972 :
Formation d'une Fédération arabe entre la Syrie, l'Egypte et la Libye. Elle sera dissoute en 1977.
1973 :
En octobre, la
guerre du Kippour contre Israël permet à la Syrie (et sourtout à l'Egypte) de laver l'affront de 1967.
Après cette victoire toute relative, la Syrie entreprend de se rapprocher des Etats-Unis et de faire la paix avec l'Etat juif. Elle récupèrera plus tard une partie du Golan.
1976 :
Pour des raisons assez obscures, la Syrie intervient dans la guerre civile du Liban à un moment où les forces musulmanes de ce pays ont le dessus. Cette intervention provoque l'inverse de l'effet voulu : la guerre civile s'étend et l'alliance islamique se désagrège. Il n'est pas exclu que l'entrée de la Syrie dans le conflit libanais ait été le résultat de pressions américaines exercées à l'instigation d'Israël. Henry Kissinger, Juif sioniste pro-israélien, était à l'époque ministre américain des Affaires étrangères.
1980 :
La Syrie signe un traité d'amitié avec l'URSS.
1982 :
Quelques mois après l'assassinat du président égyptien Sadate par les Frères musulmans, ce groupe islamiste déclenche, à Hamah, un soulèvement contre le gouvernement syrien ; les armes sont fournies par l'Occident, l'argent par l'Arabie Saoudite, le tout est coordonné par les services israéliens. Après des semaines de combats, on dénombre plusieurs milliers de morts -
détails.
Vaincus, les terroristes quittent le pays mais ils reviendront
trente ans plus tard.
1989 :
Les accords de Taëf (Arabie Saoudite), qui mettront fin à la guerre civile au Liban, reconnaissent le rôle de la Syrie dans ce pays. Les extrémistes chrétiens libanais du général Aoun continuent de "résister".
1990-91 :
Pour obtenir l'entrée de la Syrie dans la coalition anti-irakienne de la guerre du Golfe, les Etats-Unis (Bush père) laissent tomber Aoun et permettent à Damas de s'imposer au Liban.
2000 :
Décès de Hafez Al-Assad après trente ans de pouvoir (il avait été "réélu" président en 1999 avec 99,9 % des voix - ce qui est mieux que George Bush, mais moins brillant que Saddam Hussein). Son fils Bachar Al-Assad prend sa succession.
2001-2005 :
Après le 11 septembre 2001, bien qu'alliée des Etats-Unis,* la Syrie se voit soumise à des attaques verbales de plus en plus virulentes. Conformément au scénario du
Clean Break,
les Likoudiens lui reprochent son soutien au Hezbollah libanais, qui lui-même appuie la résistance palestinienne. Les néo-cons déplorent en outre une "alliance de fait" du gouvernement de Damas avec celui de Téhéran (attention : "Axe du Mal"). En 2004, le Congrès des Etats-Unis - presque totalement à la solde d'Israël - vote une loi "exigeant" le retrait des troupes syriennes du Liban et infligeant des "sanctions" économiques. En février 2005, après l'assassinat (par le Mossad) de l'ancien Premier ministre libanais
Rafic Hariri,
les menaces d'agression contre la Syrie prennent un tour plus concret.
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