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SOMMAIRE

Home -The Killer Angels- La bataille de Gettysburg - Cinquante photos - L'article d'un reenactor français - La bande originale - Critique du président du CCFF - Biographies et filmographies des acteurs - Infos sur les deux autres opus - Le réalisateur Ronald F. Maxwell - Mon article paru dans le Courrier d'Amérique - Les liens sur d'autres sites sur le(s) film(s)

 

La bataille de Gettysburg

 

Voici le texte le plus complet de la bataille !! Si vous lisez cet immense texte ( 43 pages A4 ) , vous deviendrez incollables sur la bataille et vous comprendrez tout le film !! Bien sûr, il y aura prochainement de illustrations pour rendre attractif ces pages !!

 

L'invasion du nord

 

Suite à sa brillante victoire à Chancellorsville en mai 1863, l'armée de la Virginie du nord de Robert E. Lee était confiante. Elle n'avait subi aucune défaite terrible depuis que Lee avait pris le commandement en juin 1862. Certains ont affirmé que la bataille de Antietam était une défaite confédérée, mais Lee et ses hommes la considéraient comme une victoire - après tous 30000 rebelles avaient tenu contre les assauts répétés de près de 100 000 Yankees. Peu de temps après Antietam survint la bataille de Fredericksburg, dans laquelle les hommes de Lee infligèrent des pertes à leur adversaire de l'ordre de 5 contre 1. Plus récemment, l'armée de Lee, de loin inférieure en nombre à celle de Hooker, avait encerclé l'armée du Potomac et l'avait repoussée au-delà du Rappahanock lors d'une défaite honteuse. Maintenant, en juin, Lee était sur le point de se lancer dans l'entreprise la plus ambitieuse de sa carrière. Il avait l'intention de frapper à l'intérieur du territoire ennemi et d'infliger une défaite cuisante à l'armée du Potomac, mais cette fois sur son propre terrain. Peut-être que cette fois il détruirait cette armée et avec elle tous les espoirs d'une victoire de l'Union dans cette guerre! Au moins la Campagne porterait la guerre hors de Virginie pendant quelques temps et permettrait aux fermiers de faire leurs récoltes sur lesquelles la fragile Confédération comptait désespérément pour sa survie. De plus, l'occupation d'une ville Fédérale majeure telle que Baltimore au Maryland ou Harrisburg en Pennsylvanie - peut- être même Philadelphie ou New York - apporterait un poids politique vis-à-vis des Européens. Peut-être que le rêve longtemps caressé d'une reconnaissance européenne de la Confédération se réaliserait-elle et entraînerait un soutien économique et militaire - et même une intervention! Toutes ces pensées étaient dans l'esprit de Lee alors que son armée se préparait à lever le camp sur les berges sud du Rappahanock, de l'autre côté de Fredericksburg. Les deux armées étaient face à face des deux côtés du fleuve depuis la fin de l'automne 1862 et les deux tentatives (Fredericksburg et Chancellorsville) de l'Union pour sortir de cette impasse avaient échoué. Maintenant, avant que l'armée hostile ne puisse faire une autre tentative, Lee avait l'intention d'envoyer son armée à l'Ouest vers Culpepper, traverser le fleuve à cet endroit, puis entrer dans la Shenandoah Valley à travers les cols du Blue Ridge. Une fois dans la vallée, derrière l'écran des montagnes, l'armée se dirigerait vers le nord-est et traverser le Potomac dans le Maryland à Shepardstown et Williamsport. Une fois dans le territoire de l'Union, une colonne d'avant-garde saisirait un passage clé sur le fleuve Susquehanna à Harrisburg en Pennsylvanie. La route vers le Nord serait alors grande ouverte.

Le problème immédiat consistait à effectuer une retraite de l'Est de la Virginie et disparaître au nez et à la barbe de l'ennemi afin d'effectuer une marche assez longue pour mettre une distance entre son armée et l'adversaire. Lee parait à résoudre ce problème en déplaçant ses trois Corps d'armée l'un après l'autre, laissant chaque fois les troupes restantes remplir les camps ainsi évacués pour créer un semblant d'activité normale. Ses troupes maintiendraient les mêmes feux de camp et ainsi de suite comme si rien n'avait changé. L'opération commença le l er Juin. Le 1 er Corps d'armée sous les ordres de Richard S. Ewell ouvrirait la route, engloutissant la garnison de l'Union à, Winchester sur son chemin. Le l er Corps de James Longstreet suivrait en marchant sur le côté est du Blue Ridge et occupant chaque trouée sur son chemin. Cette action ainsi que celle de la cavalerie garderaient les cols du Blue Ridge, créant un écran impénétrable entre l'ennemi et les actions de Ewell dans la vallée.

 

Le IIIe Corps de AP Hill abandonnerait alors son camp à Fredericksburg et marcherait rapidement dans la vallée derrière l'écran de Longstreet. Après que les hommes de Hill aient atteint le Potomac, Longstreet effectuerait une retraite à travers les défilés et suivrait rapidement le reste de l'armée en direction du nord et de sa destinée. Lee se dirige vers le nord. Sur les berges nord du Rappahanock, l'armée du Potomac était encore en train de récupérer suite à sa récente défaite. Son commandant, Major Général Joseph Hooker, n'avait développé aucun nouveau plan d'action cohérent pour continuer la guerre mais avait appris que quelque chose se tramait de l'autre côté de la rivière. La cavalerie Rebelle s'était concentrée autour de Brandy Station près de Culpepper, plusieurs miles à l'ouest de l'endroit où l'armée principale de Lee aurait dû se trouver. Inquiet et incertain quant à la signification de ces développements, Hooker décida d'explorer la zone avec une petite force pour découvrir ses intentions. Le 9 juin une division de cavalerie et un petit contingent d'infanterie traversèrent le fleuve près de Brandy. JEB Stuart, le commandant de la cavalerie Rebelle, était chargé par Lee de faire écran pour dissimuler les mouvements du Ile Corps de Ewell alors qu'il passait Culpepper. Stuart fut pris par surprise et parvint à peine à dissimuler la présence de l'infanterie de Ewell. L’opération de reconnaissance de Hooker à Brandy Station révéla très peu d'information au sujet du plan de Lee mais démontra que Stuart était capable de faire des erreurs dont la cavalerie Yankee était prête à profiter.

 

Le 14 et le 15 juin le Corps d'armée de Ewell prit 4 500 Yankees à Winchester dans la région inférieure de la Shenandoah Valley. Le 16 ses divisions commencèrent à traverser le Potomac juste à quelques miles du vieux champ de bataille de Antietam, et une brigade de Cavalerie Rebelle apparut soudainement à Chambersburg en Pennsylvanie. Alors que les troupes de Ewell traversaient le Potomac, le voile de confusion commença à se dissiper dans l'esprit de Hooker. Il était maintenant conscient qu'il y avait des forces Rebelles considérables présentes dans la vallée - et peut-être plus loin. L’aile droite de l'Union était menacée et peut-être en grave danger, mais il restait incertain quant à la force de Lee au sud du Rappahanock. Il réagit par une série de marches défensives timides, plaçant ainsi l'armée du Potomac en un arc très large faisant face à l'ouest et s'étirant du Potomac au nord au défilé Thoroughfare (dans les Bull Run Mountains) au sud. Hooker laissa une force importante en réserve à l'arrière pour contrer tout mouvement rebelle provenant du sud. Son armée pouvait protéger Washington et ses sources d'approvisionnement à partir de cette position.

 

Le 17 juin le quartier général de Lee était dans la Shenandoah Valley, le Corps d'armée de Longstreet gardait les défilés du Blue Ridge, le III Corps de Hill entrait dans la vallée près de Front Royal et le Corps de Ewell se situait près des gués du Potomac. jusqu'ici le plan de Lee se déroulait comme prévu. Lee ordonna alors à Ewell de continuer vers la Pennsylvanie et de rassembler des provisions dont ils avaient grandement besoin : des chevaux, de la nourriture, des habits etc... Si Hooker devait suivre, Longstreet se déplacerait immédiatement en soutien. Dans le cas contraire il attendrait, gardant l'infanterie de l'Union devant lui, permettant ainsi à.AP Hill de descendre dans la vallée en toute sécurité et donnant le temps à Ewell d'avancer profondément en Pennsylvanie. A ce moment là Hooker donna l'ordre à sa cavalerie d'effectuer une série d'opérations de reconnaissance contre les deux défilés principaux du Blue Ridge pour tenter de découvrir la signification des mouvements confédérés récents et pour en déduire leurs positions. A l'exception d'un échec mineur à Upperville, la Cavalerie de Stuart s'opposa aux poussées ennemies vaillamment, empêchant ainsi Hooker d'obtenir des informations définitives. Alors que l'une des dernières escarmouches se terminait, Lee décida d'élargir la portée de l'invasion. Le Corps d'armée de Hill avait presque terminé sa marche autour de l'écran formé par Longstreet lorsque Lee donna l'ordre à toute l'armée de se diriger rapidement vers le nord. Les divisions de Ewell devaient se diriger vers la Susquehanna aussi vite que possible par plusieurs itinéraires et "si possible" s'emparer de York et de Harrisburg ou au moins le pont principal sur le fleuve. Hill et Longstreet devaient remonter la Cumberland Valley et se concentrer à Chambersburg, en restant à l'ouest des montagnes afin d'essayer d'attirer l'armée de Hooker loin de Washington, Baltimore, et ses sources d'approvisionnement. Hooker se rend compte de la situation.

Pendant la semaine du 17 au 24 juin, alors que sa cavalerie était engagée dans des escarmouches avec Stuart dans les défilés du Blue Ridge, Hooker attendait la suite des événements et cherchait des renseignements plus détaillés concernant les positions de Lee. Il ne prit aucune initiative pour traverser le Potomac tant qu'il n'était pas certain des intentions de Lee; au contraire, il déplaça ses corps d'armée pour consolider sa ligne de défense face à l'ouest. Henry Slocum, commandant le XIIe Corps d'armée de l'Union n'était pas inactif, cependant. Il exigea fermement la construction de ponts flottants sur le Potomac au cas où l'armée devrait traverser le fleuve rapidement et marcher vers le nord pour contenir une invasion confédérée. Ses demandes furent finalement prises en compte et deux ponts furent construits à Edward's Ferry près de sa position à Leesburg. Ces ponts s'avérèrent critiques dans le succès final de l'armée lors des opérations qui suivirent. Le 25 juin, Hooker commença à s'inquiéter sérieusement lorsqu'il reçu des rapports signalant une activité rebelle au nord du Potomac. Aussi, extraordinaire que cela puisse paraître, Lee avait plusieurs jours de marche d'avance et l'infanterie et la cavalerie confédérées faisaient leur apparition en des lieux comme Chambersburg et Greenwood en Pennsylvanie, à 50 miles au nord de Leesburg où les divisions de l'Union situées le plus au nord avaient leurs camps. Hooker donna immédiatement des ordres à ses subordonnés et s'ensuivît une marche qui est devenue célèbre dans l'histoire militaire. Le 27 juin, les sept Corps d'infanterie de Hooker étaient au nord du Potomac, grâce en grande partie aux ponts de Slocum, et étaient concentrés autour de Middletown et de Frederick dans le Maryland, près du vieux champ de bataille de South Mountain. Le mouvement de l'armée du Potomac avait été effectué avec une vitesse et une alacrité sans précédent. Dans le passé, l'armée du Potomac effectuait une marche journalière d'une distance de six miles en moyenne. Maintenant, à la veille de l'une de ses plus grandes batailles, elle avait transféré son centre sur près de 50 miles en deux jours seulement.

Malgré ce redressement de situation extraordinaire par l'Union, l'armée de la Virginie du nord était encore en position avantageuse pour effectuer ses plans d'invasion et de conquête qui pourraient mettre un terme à la guerre. Le fer et le IIIe. Corps d'armée se concentraient maintenant autour de Chambersburg, à quelques 30 miles de Middletown. Les trois grandes divisions du IIe Corps de Ewell se trouvaient à York et à Carliste, pas très loin de Harrisburg et du pont traversant la Susquehanna.

Stuart disparaît des positions et les déploiements des troupes de Lee lui auraient donné un grands nombres d'options tentantes s'il n'avait pas déjà fait une erreur critique concernant Jeb Stuart et la cavalerie. Le 22 juin, lorsque Lee donna l'ordre à son armée de se diriger vers le nord à travers le Potomac, il ordonna à Stuart de prendre ses trois meilleures brigades de vétéran dans sa cavalerie et de rejoindre Ewell à l'avant-garde. Lee s'attendait apparemment à ce que Stuart retire ses brigades de cavalerie des défilés du Blue Ridge après que l'infanterie soit en toute sécurité de l'autre côté du fleuve, puis qu'il se dirige vers le nord pour rejoindre Ewell. Ainsi, Stuart pouvait utiliser ses soldats de cavalerie pour maintenir la communication entre les ailes largement éparpillées de l'armée tout en gardant l'œil sur les réactions de Hooker face au mouvement vers le nord de l'armée de Lee. Ceci donnerait à Ewell une force rapide d'approximativement 30 000 effectifs d'infanterie et de cavalerie avec laquelle il pourrait pousser avant l'armée principale, rassemblant ainsi de la nourriture et des provisions très rapidement ce qui permettrait à Lee de couper ses liens avec sa ligne de réapprovisionnement basée en Virginie. La pause à Chambersburg se terminerait dès que Stuart retrouverait Ewell et signalerait les positions et dispositions de l'armée du Potomac. Stuart était l'un des hommes en qui Lee avait le plus confiance, par conséquent lorsqu'il donna l'ordre à la cavalerie de se diriger vers le nord pour trouver Ewell il lui laissa le choix de l'itinéraire à prendre. L'itinéraire le plus traditionnel et le plus sensé consistait à se diriger vers Cumberland Valley au nord- le chemin qu'empruntait l'infanterie - puis à l'est sur les pas des hommes de Ewell. Cependant Lee avait aussi suggéré la possibilité de se diriger vers l'est puis vers le nord derrière l'armée de l'Union - un itinéraire qui pourrait placer la cavalerie entre l'armée ennemie et sa capitale à Washington. Ceci permet- trait de semer la confusion dans les communications de l'ennemi et de troubler et de démoraliser les autorités fédérales. Cette proposition plus attrayante était basée sur la supposition que l'armée de l'Union était toujours au sud du Potomac, n'était pas pressée de traverser, et que les divers corps d'armée étaient tellement séparés que la colonne de Stuart pourrait se glisser entre eux et traverser le Potomac près de Washington avant l'ennemi. Stuart, avec le style qui le caractérisait, choisit la seconde solution qui semblait plus risquée avec empressement, déterminé à rétablir sa réputation qui avait été quelque peu ternie à Brandy Station et Upperville. L'erreur de Lee résidait dans le fait que ses ordres n'étaient pas tous subordonnés aux circonstances. La décision de Stuart ainsi que l'accord tacite de Lee s'avérèrent désastreuses pour l'armée du Sud. Les cavaliers de Stuart n'étaient pas disponibles à Lee le 25 lorsque Hooker commença à traverser le Potomac à une vitesse inattendue; il n'était pas là non plus pour avertir Lee que l'armée de Hooker se concentrait près de Frederick le 27. Lee était en position très avantageuse mais ne pouvait pas en profiter pleinement car les yeux et les oreilles de son armée, c'est - à - dire la cavalerie, était en train d'essayer de contourner l'armée du Potomac au lieu de faire de la reconnaissance et d'établir des communications comme elle aurait dû le faire. Lee n'allait pas revoir ou avoir des nouvelles de Stuart avant que la grande bataille ne soit engagée, mais déjà beaucoup trop de décisions capitales auront été prises à l'aveuglette.

 

Hooker démissionne ; Lee regroupe ses troupes. Le bastion of Harper's Ferry joua un rôle critique comme il l'avait fait un an auparavant lors de la première invasion du nord. Cette fois l'impact était poli- tique, non militaire. La grande garnison qui s'y trouvait posait plus de problèmes aux Yankees qu'aux Rebelles. Craignant une répétition du désastre de l'année précédente pendant lequel plus de 15 000 bons soldats de l'Union s'étaient rendus à Stonewall Jackson, Hooker décida de les retirer de ce point dangereux et de renforcer son armée.

La réponse de l'administration fut rapide: La garnison doit rester en place sauf en cas d'absolue nécessité". Cette réponse représentait aux yeux de Hooker un affront incroyable. Il commandait une armée dont les bases d'opérations ne se situaient maintenant qu'à quelques miles de Harper's Ferry, cependant il n'avait aucun contrôle sur sa garnison ! Il sentit, dans les circonstances actuelles, qu'il n'avait pas d'autres choix que de remettre sa démission à Lincoln. Elle fut rapidement acceptée à sa grande consternation, et Hooker se retrouva sans emploi. Au cœur de la plus grande crise à laquelle la république ait jamais eu à faire face, la plus grande armée composée de vétérans se trouvait sans commandant expérimenté. Le 28 juin, le commandement de l'armée fut remis à George Gordon Meade, ancien commandant du Ve Corps. Au petit matin le 28, à peu près au moment où Meade était réveillé et mis au courant de ses nouvelles responsabilités, Lee fut réveillé par un messager lui apportant des informations bien différentes.

( le film commence ici ) L'un des espions payés par Longstreet traversa les lignes des sentinelles confédérées autour de Chambersburg avec des nouvelles alarmantes. Le gros de l'armée de l'Union se trouvait au nord du Potomac et se concentrait près de Frederick !

 

N'ayant reçu aucune information sûre de la part de la cavalerie de Stuart depuis près d'une semaine, Lee fut surpris d'apprendre que l'armée nordiste était maintenant du même côté du fleuve que son armée. De plus elle avait effectué le passage à une telle vitesse qu'il n'était pas sûr de l'endroit où elle se trouvait en ce moment. Peut-être que maintenant elle s'avançait vers le nord. A cette incertitude venait s'ajouter celle - aussi irritante sinon plus - concernant la position de sa cavalerie. Il s'avéra que celle-ci se trouvait à quelques 75 miles au sud est, séparée de Lee par l'armée de l'Union tout entière ! Les détails avec lesquels l'espion de Longstreet connaissait les positions et le déploiement des forces de l'Union convainquirent Lee de la véracité de l'histoire racontée par cet homme. Lee réagit immédiatement en donnant des ordres pour une concentration générale de l'armée entière à l'est de South Mountain

près de Gettysburg en Pennsylvanie.. Ewell, maintenant situé à Carliste, avec une division détachée à York reçut l'ordre de se diriger vers le sud et l'ouest aussi vite que possible pour rejoindre le reste de l'armée. Il devait avancer son Corps d'armée en direction de l'est vers Cashtown, à quelques miles à l'ouest de Gettysburg. Longstreet devait attendre avec son corps d'armée à Chambersburg jusqu'à l'arrivée des deux brigades de cavalerie que Stuart avait laissées dans la Shenandoah Valley pour maintenir les communications de l'armée. A son arrivée à Chambersburg, Longstreet rejoindrait Hill à Cashtown. Ainsi l'infanterie confédérée, sans l'assistance de sa cavalerie, avancerait "à l'aveuglette" afin d'essayer de se concentrer avant que les forces de l'Union ne découvrent l'écart dangereux qui séparait les deux ailes de l'armée. Ainsi commença la convergence de l'armée de la Virginie du nord sur Gettysburg.

 

Meade prit le commandement avec une énergie curieusement teintée de prudence. Le 30 juin au soir les corps d'armée d'infanterie étaient déployés sur une ligne autosuffisante permettant de protéger Baltimore et Washington. La majorité de ces unités étaient à une journée de marche de Gettysburg, et toutes étaient à une distance permettant de se soutenir les unes aux autres. Meade donna l'ordre à la cavalerie de se diriger vers le nord aussi vite que possible, et elle rencontra rapidement des unités de l'armée de Lee - ainsi que des unités de cavalerie de Stuart près de Hanover, et des éléments de la Division de Heth du Corps d'armée de Hill explorant le sud-est sur la route allant de Cashtown à Gettysburg.

 

La bataille de Gettysburg

 

Le choix de Buford

Le ler juillet 1863 au petit matin, Harry Heth, commandant de division de l'Armée de la Virginie du nord de Robert E. Lee, se déplaçait en direction du sud- est le long du Cashtown pike vers Gettysburg en Pennsylvanie. Apparemment une cargaison de chaussures se trouvait à Gettysburg, et l'un des objectifs majeurs de l'invasion actuelle de la Pennsylvanie par les confédérés consistait à rassembler le maximum de provisions dont l'armée avait grandement besoin. Heth décida d'aller chercher ces chaussures. Pour ce faire, il avança toute sa division : quatre brigades sous les ordres de Archer, Davis, Pettigrew, et Brockenbrough, ainsi qu'un bataillon (quatre batteries) de l'artillerie du IIIe Corps d'armée. Il s'attendait à très peu d'opposition sinon aucune, mais décida d'être prudent; en outre, il n'avait pas vu la cavalerie depuis des jours, et sans son aide la reconnaissance des routes s'avéra difficile. Cette même matinée le Général John Buford, commandant de division de la cavalerie Fédérale, avait fait camper ses hommes au nord et à l'ouest de Gettysburg le long des routes menant à la ville. A l'aube ses troupes signalèrent l'approche de l'infanterie Rebelle sur la route de Cashtown ... il s'agissait des hommes de Heth. Buford envoya la brigade de Gamble et une batterie d'artillerie à cheval vers l'ouest le long du pie pour intercepter la horde qui s'approchait.

 

L'escarmouche débuta à 7 heures du matin à peu près, entre les hommes de Gamble et ceux de Archer. L'infanterie confédérée repoussa les cavaliers progressivement vers le bas de la route malgré leurs carabines à répétition. La cavalerie fit front vaillamment sur Herr Ridge mais effectua une retraite sur la route en direction d'une ferme perchée sur une colline - McPherson's Hill. La pression sur les cavaliers fédéraux augmenta alors que Heth déployait deux brigades, la brigade de Archer et celle de Davis, en formation en ligne de bataille sur Herr Ridge, ainsi que toute son artillerie pour les soutenir. Le problème qui se posait maintenant pour les troupes de Buford largement surpassées en nombre consistait soit à ralentir l'infanterie Rebelle le long de McPherson's Ridge, soit de reculer et attendre les renforts, laissant ainsi les rebelles s'emparer des hauteurs. Il s'agissait d'une des décisions les plus importantes et décisives à laquelle faisait face tout commandant sur tout champ de bataille dans l'histoire.

 

Buford grimpa au sommet de la coupole du Lutheran Seminary pour avoir une bonne vue de la situation. A l'ouest se trouvait la ville ainsi que les routes convergentes de toutes les directions. Vers le sud et l'est de la ville s'élevaient plusieurs hautes collines, dont Cemetery Hill directement au sud et les pentes boisées de Culp's Hill vers l'est. Une petite crête s'étendait au sud, de Cemetery Hill à une autre proéminence située à deux miles vers le sud - les Round Tops. Buford avait acquis une bonne acuité pour la recherche de terrain défensif au cours de deux ans de guerre éreintante et il réalisa très vite l'importance d'empêcher l'infanterie rebelle de s'emparer de cette position. Il se souvenait de Fredricksburg et des charges suicidaires sur les pentes escarpées en haut desquelles se trouvait l'armée sudiste, et il se souvenait aussi de Malvern Hill quand les Confédérés furent massacrés par les soldats de l'Union placés sur les hauteurs. Buford savait que ses hommes devaient tenir les hauteurs au sud de Gettysburg. Alors que Buford se tenait au sommet du séminaire et observait la situation, John Reynolds, commandant du ler Corps d'armée fédéral, apparut avec son état-major. Reynolds grimpa aussi sur la coupole et observa la situation. Buford avait déjà décidé d'essayer de tenir sa position, mais sa décision fut renforcée lorsque Reynolds lui montra la ler division de son corps d'infanterie qui s'approchait de Gettysburg en provenance du sud sur Emmitsburg Road. Il était à peu près 9 heures 45 du matin, et deux lignes de batailles confédérées s'avançaient en provenance de Herr Ridge, deux brigades d'infanterie Fédérale s'approchaient en provenance du sud, les hommes de Buford étant entre les deux. Il possédait uniquement deux avantages - sa position en terrain élevé et l'élément de surprise, car les rebelles de Heth n'avaient pas encore vu l'infanterie fédérale qui s'approchait. Cependant, il était surpassé en nombre et allait se battre à 2 contre 1, et il savait qu'il allait subir beaucoup de pertes en essayant de repousser les rebelles. Pensant encore au terrain en hauteur, il décida d'essayer de tenir McPherson's Hill jusqu'à ce que l'infanterie de Reynolds arrive.

 

Le premier jour

 

Les attaques de Heth contre McPherson's Hill furent repoussées avec succès. L'arrivée opportune du ler Corps d'infanterie de l'armée fédérale surprit Archer et Davis au milieu de l'assaut. Ils croyaient qu'ils faisaient face aux mêmes tirailleurs de la cavalerie qu'ils avaient chassés toute la matinée et que cette même cavalerie, opposée à deux brigades d'infanterie appuyées par 16 canons, se disperserait ouvrant ainsi la voie vers la ville. Ils se trompaient lourdement. La fameuse "Iron Brigade" de l'Union commandée par Salomon Meredith, rencontra les hommes de Archer dans les bois de McPherson's et les chassèrent, faisant des vingtaines de prisonniers dont Archer. Malheureusement pour la cause Fédérale, John Reynolds fut tué dans l'action. Les confédérés de Davis rencontrèrent un succès initial mais la brigade de Cutler les surprit alors qu'ils étaient dans une profonde dénivellation du chemin de fer et le régiment presque entier fut capturé.

A midi, Heth s'opposait non seulement à la cavalerie mais à deux brigades de la meilleure infanterie de l'Armée du Potomac. Pis encore, alors que les Confédérés pansaient leurs blessures dans les bois sur le versant ouest de Herr Ridge, de l'infanterie supplémentaire du ler Corps d'armée arrivait. Deux brigades de plus étaient déjà, arrivées et des rumeurs annonçaient l'approche de renforts supplémentaires. Heth avait reçu des ordres directement de Lee lui demandant d'éviter d'être impliqué dans un engagement majeur avant que l'armée rebelle ne soit à, portée pour apporter son soutien. La division de Dorsey Pender était maintenant immédiatement derrière les hommes de Heth, mais ne participait pas à la bataille suivant les ordres de Lee. Les rumeurs au sujet des renforts de l'Union étaient vraies. La plupart des troupes du ler Corps d'infanterie étaient arrivées sur les lieux et se déployaient pour appuyer la ligne centrée sur McPherson's Hill. La brigade de Cutler avait été sévèrement malmenée lors de son approche pour soutenir la cavalerie située sur McPherson's Hill et avait été par la suite ramenée vers le Seminary Ridge. et placée dans Will's Woods, allongeant ainsi l'aile droite de l'Union vers le nord. La brigade de Baxter fut envoyée vers le nord de Will's Woods pour allonger la ligne encore plus loin au cas où la division rebelle de Pender qui venait d'arriver essaierait d'effectuer une manœuvre par le flanc. La brigade de Paul, qui venait d'arriver, fut envoyée vers le séminaire pour constituer une réserve générale de la ligne de l'Union. En plus de ces forces déjà, présentes sur le champ de bataille, les éléments de tête du Même Corps d'armée de l'Union sous les ordres de Oliver Howard commençaient d'arriver dans la ville. Howard avait l'œil sur une colline plus élevée au nord de Will's Woods, Oak Hill. Si ses forces pouvaient occuper cette hauteur, alors la ligne faisant face à l'ouest le long des crêtes McPherson's et Seminary serait en sécurité. La brigade de Schimmelfennig, l'unité de tête de la colonne du XI corps d'armée, reçut l'ordre de s'emparer de Oak Hill.

Ce plan était bien conçu, mais les commandants de l'Union ne savaient pas que deux divisions confédérées s'approchaient en provenance du nord et arriveraient directement sur le flanc de la ligne du ler Corps faisant face à l'ouest. La première à arriver fut celle de Robert Rodes, comprenant cinq brigades sous les ordres de Iverson, O'Neal, Doles, Daniel, et Ramseur. Rodes n'avait pas connaissance des ordres de Lee d'éviter tout engagement général, aussi lorsqu'il vit le flanc de la ligne de l'Union devant lui il sut qu'il avait une occasion unique. Rodes décida de mettre ses hommes en formation et d'attaquer les lignes de l'Union par le nord.

Une fois de plus, le vent tourna contre les confédérés. L'attaque de Rodes, qui semblait prometteuse à 13 heures lorsqu'elle progressait, tourna rapidement au désastre. Iverson et O'Neal s'avancèrent sans coordination et sans soutien, Iverson n'ayant pas de tirailleurs pour reconnaître les positions ennemies. Quant à l'Union, l'arrivée opportune de Baxter lui permit de repousser rapidement O'Neal. Ensuite il changea l'orientation de sa brigade et tira directement sur les hommes de Iverson par le flanc, décimant toute leur ligne. En quelques minutes, Baxter avait détruit la brigade de Iverson. Rodes, confiant en sa capacité de frapper les forces de l'Union à partir de leur flanc, envoya le reste de ses brigades au coup par coup. Daniel, attaquant à par- tir de l'aile droite de la ligne confédérée, vira trop sur la droite et s'engagea dans des combats avec des troupes de l'Union en position sur McPherson's Hill, ce qui l'empêcha ainsi d'amener toutes ses forces contre Cutler dans Will's Woods. Les troupes de Doles furent impliquées dans des combats avec des éléments du Même Corps qui formaient rapidement une ligne de tirailleurs au nord de Gettysburg, tandis que Ramseur, le dernier de la colonne, arriva pour trouver la plupart des divisions de Rodes décimées. Lorsque la brigade nordiste de Paul fut avancée de sa position de réserve au Seminary pour soutenir Baxter à Will's Woods, l'issue du combat était décidée. L'attaque de Rodes s'était transformée en fiasco. Cependant, l'autre division Confédérée du IIe Corps sous les ordres du Général Early arrivait maintenant bien à l'ouest du Seminary Ridge et du flanc droit de la ligne de tirailleurs de l'Union. Francis Barlow, l'officier de l'Union commandant l'aile droite de la ligne de tirailleurs, était mécontent de sa position autour de County Alms House au nord-est de Gettysburg. Immédiatement devant lui se trouvait une petite colline, un "monticule" en fait, connu sous le nom de Bloecher's Knoll. Il pensait que ceci représentait une position bien plus facile à défendre que celle qu'il occupait actuellement.

Alors que des rapports signalaient l'approche des rebelles de Early, Barlow donna l'ordre à ses deux brigades (Ames et Von Gilsa) d'occuper le monticule et d'emmener avec eux autant d'artillerie que possible. Une fois sur le monticule, Ames et Von Gilsa prirent conscience du danger et envoyèrent immédiatement des tirailleurs vers le nord et l'est pour vérifier la direction de l'avance de Early ainsi que la force de ses troupes. Les deux brigades se préparèrent à l'assaut. Early sentit aussi quelque chose. Il se rendit compte, comme Rodes avant lui, qu'il avait devant lui l'occasion de sa vie ... le flanc ouvert de la ligne de l'Union. Il décida d'en profiter. Dès que ses brigades arrivaient (commandées par Avery, Gordon, Hays, et Smith), il les envoyait au combat. Ce qui semblait apparaître comme une défaite confédérée honteuse le ler juillet, s'avérerait en fait une déroute totale pour les forces fédérales qui défendaient le nord et l'ouest de Gettysburg. L'attaque de Early contre l'extrême droite de la ligne de l'Union sur les plaines au nord de Gettysburg avait contourné le flanc de la ligne entière. En voyant le déroulement des événements, le Général Lee donna enfin l'ordre d'envoyer toutes ses forces pour apporter une conclusion aux combats. La division de Pender, ainsi que les assauts renouvelés de Rodes participèrent à l'attaque de Early et réussirent à faire effondrer les flancs de la ligne du ler et du Même Corps d'armée. Les forces de l'Union effectuèrent une retraite à travers les rues de Gettysburg, sous la poursuite des rebelles qui poussaient des cris sauvages. Cependant ce jour là, alors que le soleil commençait à se coucher derrière la crête de Herr Ridge, un mauvais pressentiment commença à refroidir les esprits des commandants confédérés sur le champ de bataille. Les forces de l'Union, ayant effectué une retraite, s'étaient repliées sur des nouvelles positions plus fortes sur Cemetery Hill. Il semblait aussi que les pentes boisées de Culp's Hill à l'est étaient en train d'être fortifiées - les confédérés pouvaient entendre les pelles des fédérés creusant dans l'obscurité croissante. Ce qui semblait être une victoire confédérée majeure, se transformait lentement en un nouveau défi. Lee demanda à Rodes et à Early de continuer sur leur lancée et d'attaquer les deux collines avant qu'elles ne deviennent trop fortifiées pour les prendre. Cependant, Early, en particulier, éleva des objections. Ses hommes, selon lui, n'étaient pas en condition pour tenter cela maintenant ; en outre son attaque avait fait fuir l'ennemi du champ de bataille et il demandait que d'autres troupes conduisent cette attaque.

Lee insista mais Early et son supérieur Ewell refusèrent d'accepter le défi. Maintenant il était évident que des troupes supplémentaires de l'Union se mettaient en position dans l'obscurité. Les rebelles pouvaient entendre leurs mouvements toute la nuit. Cette nuit là, avant d'aller se coucher, Lee décida de continuer le combat le jour suivant, et de le faire avec les troupes fraîches du ler Corps d'armée en lequel il avait toute confiance - les troupes sous les ordres de James Longstreet, le 'Vieux cheval de guerre" de Lee. Le plan était simple dans l'esprit de Lee. S'il était impossible d'attaquer l'aile droite des fédérés, il attaquerait l'aile gauche. Il utiliserait tous les hommes disponibles de Longstreet et attaquerait dès que possible. lis se dirigeraient vers le sud et prendrait position en travers de la route de Emmitsburg en faisant face au nord-est et en avançant sur le flanc gauche exposé des forces de l'Union. Ce plan paraissait solide - en l'absence de détails.

 

Le deuxième jour

 

Le 2 juillet, au petit jour, l'armée de l'Union était en force sur la crête de Cemetery et de Culp's Hill, tout comme l'avait prévu Buford le jour précédent lorsqu'il avait pris la décision de se tenir sur McPherson's Hill. Non seulement étaient-ils en position de force, mais pendant la nuit, des renforts supplémentaires étaient en effet arrivés trois corps d'armée composés de troupes fraîches étaient disponibles pour défendre ces positions : Le IIe, IIIe, et XIIe Corps d'armée étaient en position. Le XIIe corps d'armée était fermement établi sur Culp's Hill tandis que le IIe et le IIIe prolongeaient la ligne vers le sud à partir de Cemetery Hill, le long de Cemetery Ridge et en direction de Little Round Top. Ces hordes étaient appuyées par une force d'artillerie considérable et s'attendaient à un assaut à tout moment mais qui ne survint pas.

Les Rebelles se préparaient pour une attaque sur l'aile gauche de l'Union. Les hommes de Longstreet passèrent la nuit du ler au 2 juillet à quelques miles à l'ouest de Gettysburg. Une confusion régnait quant à l'itinéraire qu'ils devaient emprunter, et à quel officier il revenait de conduire cette marche, alors que cette journée de juillet s'annonçait très chaude et sèche. Les deux divisions dont disposait Longstreet, celles de Hood et de McLaws, n'atteignirent le point de départ de l'attaque que bien tardivement midi, et d'ici là, la situation avait dramatiquement changé. Tout comme Barlow la journée précédente, le commandant du IIIe Corps d'armée, le Major Général Dan Sickles, n'aimait pas ce qu'il voyait devant lui. A environ un demi-mile devant ses lignes sur Cemetery Ridge se trouvait an verger de pêchers sur un terrain élevé. Il lui semblait qu'il devait se placer à cet endroit et non là où il était ! Aussi juste après midi, sans informer le quartier général il donna l'ordre à son Corps d'armée d'avancer vers cette position élevée et de la protéger avant d'avoir à se battre pour la conquérir.

Ses hommes prirent position sur le terrain élevé le long de la route de Emmitsburg dans le Sherfy Peach Orchard. La ligne tourna ensuite vers le sud-est en passant par le Rose Wheatfield et dans une zone boisée difficile pleine de rochers et de ronces connue sous le nom de Devil's Den. Derrière cette nouvelle ligne de l'Union se trouvait Little Round Top, peut-être la position la plus dominante du champ de bataille et qui, actuellement, était complètement inoccupée. A 4 heures de l'après-midi les Confédérés déferlèrent sur Devil's Den. Alors que les positions de l'Union étaient découvertes il devint évident que Little Round Top devait être l'objectif. Si cette position était prise, peut-être que la bataille et même la guerre finirait. La division de Hood placée sur l'extrême droite de la ligne rebelle s'avança en premier, certains de ses hommes contournant les positions largement sur la droite pour essayer d'attaquer le flanc gauche de l'Union. Ces soldats de l'Alabama grimpèrent sur le Big Round Top et déferlèrent sur la pente nord-ouest. Ils y rencontrèrent le XXe Maine leur faisant opposition, sous les ordres du Colonel Joshua Lawrence Chamberlain. Ces hommes du Maine conduisirent l'une des défenses les plus déterminées de l'histoire militaire, et lorsque leurs munitions furent épuisées ils mirent la baïonnette au canon et chargèrent les confédérés qui s'approchaient, les faisant fuir et apportant ainsi une conclusion à l'attaque de l'aile gauche.

Plus loin sur la gauche de la ligne confédérée, la bataille faisait rage implacablement. Les Confédérés de la division de Hood poussèrent leur avance dans le Devil's Den vers le bas de Little Round Top et menaçaient de commencer son ascension. Heureusement pour le camp de l'Union, de l'artillerie fut hissée au sommet de la colline et la colline fut défendue par des soldats déterminés. Avant que l'issue des combats se déroulant sur le Devil's Den et Little Round Top ne soit décidée, le reste de l'attaque Confédérée contre l'aile gauche de l'Union progressait. La division de McLaws attaqua à peu près une demi-heure après Hood car le plan de Lee exigeait une attaque en échelon, une attaque par vagues successives qui débuterait au sud et progresserait vers le nord le long de toute la ligne. Les hommes de McLaws furent engagés dans les combats les plus sanglants de la guerre à des endroits dont les noms nous sont connus le Wheatfield et le Peach Orchard. Il devint bientôt évident que la décision de Sickles d'avancer ses hommes était loin d'être brillante. Ils avaient en effet occupé un terrain élevé, mais pas assez élevé, et, en outre, Ils étaient maintenant isolés du reste de l'armée.

Les brigades confédérées de la division de McLaws, celle de Sommes, de Barksdale, de Wofford, et de Kershaw, étaient déterminées à détruire la saillie de Sickles au Peach Orchard et d'affermir leur position sur le Cemetery Ridge. Juste au nord du Rounds Tops se tenait une autre colline, qui était une partie du Cemetery Ridge, connue sous le nom de Weickert Hill. S'il pouvaient prendre le contrôle de cette proéminence après avoir écrasé l'avancée peu judicieuse de Sickles, il pourraient contourner le Little Round Top, tourner vers le sud et détruire les troupes qui la tenaient. La division de McLaws et des éléments de celle de Hood frappèrent les positions situées dans le Peach Orchard et les détruisirent complètement, avançant jusqu'à la base de Cemetery Ridge, menaçant ainsi de tourner vers le sud et de prendre Little Round Top par le nord. Mais il ne devait pas en être ainsi. La réponse de l'Union face à cette percée fut rapide et décisive. Habilement, des renforts provenant du Ve Corps d'armée turent lancés dans le combat, ralentissant ainsi l'avance pour finalement la stopper sur les pentes de la crête.

Au nord de la division de McLaws se trouvait la division de Richard Anderson. Ses ordres consistaient à attendre jusqu'à ce que l'attaque de McLaws soit en bonne vole pour lancer en avant ses propres brigades, continuant ainsi l'attaque gigantesque en échelon. Ceci aurait pu être le point culminant de la victoire Confédérée le 2 juillet si Anderson avait correctement soutenu ses brigades qui attaquaient avec celles qu'il tenait en réserve. Pendant un bref moment, alors que le soleil se couchait derrière lui à l'ouest, le Général Wright et sa brigade parvinrent au sommet de Cemetery Ridge et purent voir les positions de l'Union à partir de son centre. En regardant derrière lui et à sa stupeur il ne vit aucune troupe rebelle en soutien, l'aide qui aurait stabilisé sa position sur la crête et forcé l'armée de l'Union à reculer pendant la nuit. C'est à ce moment critique que quelques troupes supplémentaires auraient pu faire toute la différence. Mais il ne devait en être ainsi. Les hommes de Wright, après avoir goûté à la gloire au sommet de Cemetery Ridge, furent forcés d'effectuer une retraite et d'emmener avec eux les derniers espoirs d'une victoire Confédérée le 2 juillet.

Alors que la lutte pour le Round Tops et le Cemetery Ridge se déroulait sur l'aile droite Confédérée, Ewell, placé sur la gauche à Culp's Hill, commença enfin son attaque. Ses ordres consistaient à attendre que la bataille sur l'aile droite soit bien en cours pour attaquer et capturer Culp's Hill, en supposant que les combats intenses sur le Round Tops attireraient les troupes de l'Union loin de Culp's Hill. Par conséquent, vers 5 heures la division de Johnson entra en action sur l'extrême gauche de la ligne confédérée. Les défenses sur Culp's Hill avaient été réduites pour envoyer les renforts nécessaires vers les Round Tops, mais les caractéristiques défensives naturelles du terrain et l'ajout de parapets et de tranchées laissaient présager une progression difficile. A la nuit tombante les rebelles avait une prise forme sur les pentes de la colline mais cela n'allait pas plus loin. Lorsque l'obscurité tomba les coups de feu s'étouffèrent et les soldats se couchèrent avec leurs armes, sachant que les combats reprendraient aux premières lueurs du jour. Pendant la nuit du 2 au 3 juillet lamée du Potomac renforça ses positions sur les hauteurs sur le Round - Tops, Cemetery Ridge et Cemetery Hill, et ramena des troupes vers Culp's Hill. Es avaient, de justesse, gagné une victoire le 2 juillet, mais ça suffisait. Ils étaient maintenant déterminés à rester sur leurs positions le 3 juillet.

 

Le troisième jour

 

les Confédérés avait eu une journée où la victoire était à portée sur tout le champ de bataille et Robert E. Lee pouvait presque savourer la victoire et la fin de la guerre. Le commentaire qu'il fit à un de ses subordonnés était le suivant, "si l'ennemi est là au matin nous l'attaquerons à cet endroit." Ce fut donc l'ordre du jour. Cependant, comme il en fut le cas pendant toute la campagne, le message était vague. Lee projetait de continuer l'attaque où elle s'était arrêtée la veine. Longstreet, toutefois, avait l'intention de déplacer ses divisions plus loin sur la droite, d'insérer les troupes fraîches. Pickett dans la ligne et d'attaquer une fois en position. Malheureusement l'attaque ne fut pas lancée à temps sur le front de Longstreet pour diminuer la pression pesant sur les hommes de Ewell sur les pentes de Culp's Hill.

Par conséquent Lee annula le plan dans son ensemble et réfléchit à un

autre. La logique forçait Lee à croire que Meade avait déplacé le gros de ses troupes sur ses flancs gauche et droit car le jour précédent la bataille s'était déroulée à ces endroits. Si c'était le cas, les yankees (ou "ces gens" comme il les appelait) devaient être affaiblis au centre, sur Cemetery Hill. Après tout, les hommes de Wright avaient eu la victoire à portée de main au crépuscule la veille sur le Cemetery Ridge et s'il avaient reçu de l'appui ils auraient tenu la crête. Pourquoi ne pas utiliser la division franche de Pickett et certaines divisions du corps d'armée de Hill qui n'avaient pas participé au combat le 2 juillet pour attaquer le centre. Afin de s'assurer du suces de la manœuvre il concentrerait toute l'artillerie en face de la crête pour la pilonner pendant des heures si nécessaire avant d'envoyer Pickett et ses hommes. Et il pensait que la fumée du barrage d'artillerie se dissiperait pour révéler aux défenseurs de Cemetery Ridge une ligne de bataille Confédérée massive avançant sur leur position. La mêlée qui s'ensuivrait serait féroce mais brève et l'armée de l'Union serait coupée en deux.

Juste après midi un tir de canon annonça le début du bombardement, et ce fut l'enfer. De nombreux canons Confédérés commencèrent à tirer, concentrant leur feu sur une petite zone de Cemetery Ridge. Bientôt les canons de l'Union commencèrent à riposter, le bruit se faisant entendre aussi loin que Pittsburgh et Philadelphie. Le bombardement continua pendant trois heures lorsque les canons rebelles cessèrent le feu finalement, remarquant l'absence de riposte de l'autre camp.

Alors, l'infanterie se mit en mouvement - près de 16 000 hommes sous le commandement de Pickett et de Pettigrew. Ils traversèrent les champs cultivés et s'approchèrent des défenseurs ennemis qui les attendaient. Malheureusement, le bombardement avait eu peu d'effet sur les deux camps si ce n'est le gaspillage de beaucoup de munitions. Les défenseurs de l'Union, bien que terrifiés à la vue de tant de rebelles qui s'approchaient, étaient déterminés à résister et leurs officiers chevauchaient devant les lignes pour les encourager.

La mêlée qui suivit fut en effet féroce, mais le feu provenant des lignes de l'Union était terrifiant. L'artillerie de l'Union s'était tue pendant le bombardement non pas parce queue était forcée de le faire par le tir intense des rebelles, mais pour garder des munitions contre l'assaut de l'infanterie que beaucoup pensaient être imminent. Par conséquent, alors que les Confédérés s'approchaient de la crête de la colline le tir s'intensifia jusqu'à un niveau insupportable et les hommes tombèrent par rangées entières. Le résultat final de cette charge fut une défaite confédérée totale. La plupart des attaquants furent tués ou capturés et le peu d'entre eux qui parvinrent à s'échapper étaient tellement traumatisés qu'ils ne pouvaient être utiles. Lorsqu'il reçut l'ordre de rallier sa division et de préparer une contre-attaque, Pickett s'exclama,

"Mon Général, je n'ai plus de division !"

Lee réalisa immédiatement la magnitude du désastre en regardant le reste de cette force qui était peu de temps avant très puissante se replier sur Seminary Ridge après la charge. Il essaya uniquement d'encourager ses hommes à se reformer pour tenir contre une contre-attaque qui ne vint pas.

Le jour suivant - le quatre juillet - l'armée de Lee se tenait le long de Seminary Ridge s'attendant à une contre-attaque mais rien ne vint non plus ce jour là. Cette nuit là et le jour suivant l'armé rebelle vaincue effectua une retraite sur les routes de Chambersburg et de Hagerstown en une marche épuisante vers la Virginie. C'était la dernière fois qu'une armée rebelle menacerait sérieusement l'Union sur son propre territoire. L'armée de Lee ne sera plus jamais capable d'effectuer une offensive continue, et l'armée du Potomac ne crut plus jamais qu'il était impossible de vaincre Robert E. Lee.

 

Voilà, c'est enfin fini !! Quand vous avez lu tout cela, vous êtes incollables sur la bataille, et vous comprenez tout le film !!

 

Ecrivez-moi à ecornut@bluewin.ch