Sommeil et niveaux de vigilance
Dans la conception psychologique, les niveaux de vigilance sont considérés comme des niveaux de conscience. Il existe deus états : le sommeil caractérisé par linconscience et la veille où nous sommes conscients. La conscience est la capacité délaborer des réactions appropriées. Conscience et inconscience sont séparées par un fossé. Cest une dichotomie.
Dans la conception physiologique, il y a des passages continus entre le sommeil et les différents états de veille. Il existe un continuum physiologique. Selon le niveau auquel n se situe dans ce continuum, les comportements deviendront de plus n plus importants. Ces capacités qui augmentent sont dues à la hausse de lactivité du SNc. Le degré dactivité du SNc dirige les capacités adaptatives des différents états de veille. Ces aspects comportementaux sont les niveaux de vigilance.
Cette idée de continuum est liée à la découverte (1940~) des activités corticales et des différents niveaux de veille correspondant :
Cette représentation est schématique car les niveaux dactivité du SNc varient de façon quantitative mais aussi qualitative : ce ne sont pas toujours les mêmes structures qui sont activées pour induire le même comportement.
On ajoute à ce graphe le degré de performance dans un apprentissage par exemple. On obtient une courbe linaire mais uniquement dans un certain domaine restreint. Dès que lémotion devient trop forte, la performance diminue.
I/ Phénoménologie des niveaux de vigilance :
Pour étudier le sommeil et la veille, il faut enregistrer ces phénomènes, pour les caractériser.
A/ Etude chez lanimal : (chat ou chien)
On peut observer directement que lanimal est éveillé. Quand il sendort, il se met en position de Sphinx, les yeux sont fermés, et ne bougent pas. A un moment donné, la tête se pose sur le sol, et le plus souvent lanimal adopte une position où il repose sur le flanc. On peut alors observer des mouvements rapides des globes oculaires sous les paupières et de petits mouvements des extrémités des membres. La position Sphinx correspond au sommeil lent et lautre phase au sommeil paradoxal.
Pour réaliser des enregistrements, il faut implanter des électrodes de façon chronique : implantation sous anesthésie, puis il faut une période de récupération, pour enfin procéder aux enregistrements.
1/ Données fournies par lélectrocorticographie EcoG :
Voir schéma dimplantation des électrodes.
Avec une fraise de dentiste, on fore un trou dans los. On y place une vis de cuivre (électrode), de façon plus ou moins profonde (au contact de la dure-mère ou plus profondément) puis on bouche avec du ciment dentaire.
Il faut noter quil ny a pas de récepteur à la douleur dans tout lencéphale.
On obtient un tracé caractéristique mais qui ne permet pas de faire la différence entre la phase de veille et le sommeil paradoxal. On observe un cycle veille sommeil qui se reproduit environ toutes les 20-30 chez le chat. Le sommeil lent (SL) est interrompu par le sommeil paradoxal (SP) en général de 5 à 6 de SP.
2/ Données fournies par le comportement :
On peut aussi implanter des électrodes profondément, comme au niveau du noyau genouillé latéral NGL, qui se situe dans le thalamus. Cest un relais de la vision. On observe des pointes ponto-géniculo-occipitales qui sappellent ainsi car elles sont formées au niveau du pont puis sont conduites vers le NGL et au cortex occipital.
On peut maintenant caractériser ces états, donc les étudier efficacement.
3/ Profondeur du sommeil :
On peut savoir à tout moment dans quelque phase se situe le sujet. Pour savoir l profondeur du sommeil, on peut essayer de réveiller lanimal dans telle ou telle phase, par mission dun son, et voir en combien de temps il sa réveille. Mais on ne peut pas exclure le côté affectif que peuvent avoir certains sons (cri de petit prédateur). On peut alors stimuler une zone précise, la formation réticulée mésencéphalique. On stimule ave une intensité croissante et on cherche le seuil qui provoque le réveil.
4/ Répartition relative de la veille du SL et du SP :
Ces trois états sont organisés en cycle sur 24 heures : le nycthémère ou rythme circadien. Chez les Mammifères, on généralement une organisation polyphasique du sommeil : en 24 heures, il y a plusieurs épisodes de sommeil. De plus, à lintérieur du sommeil, , chez ladulte, il existe un cycle, une alternance entre SL et SP.
Dun point de vue quantitatif, la proportion des états V, SL et SP sur 24 heures est caractéristique de chaque espèce, en conditions standards.
| % | Veille | SL | SP |
| Chat | 32 | 52 | 16 |
| Rat | 49 | 44 | 7 |
| Cobaye | 72 | 24 | 4 |
Il existe plusieurs représentations :
On observe bien sur un hypnogramme le cycle ultradien qui est le cycle interne du sommeil.
B/ Etude chez lhomme :
1/ Données encéphalographiques :
1929 : Berger a le premier enregistrer les ondes encéphaliques. Cest un EEG et non un EcoG, car il nest pas question dimplanter des électrodes. Comme on n'est pas directement au contact du cortex, il y a des éléments plus ou moins isolants qui provoquent environ 20% de perte du signal par rapport à lanimal. De plus, on a aussi une complexification des ondes corticales, qui accompagne une complexification du cortex. On a ainsi 4 stades de sommeil lent, et on distingue une veille diffuse et une veille attentive.
Voir schémas des EEG.
Notion dactivité synchronisée ou désynchronisée : soit une population de neurones qui ne sont pas activés au même moment. Les neurones nauront donc pas la même activité au même moment (oscillations non synchronisées). On enregistre la somme de toutes ces activités, doù une faible amplitude et une forte fréquence (ondes b ).
Si les neurones sont stimulés en même temps, donc synchronisés, les pics dactivités se somment donc on obtient une activité globale de forte amplitude et de faible fréquence (ondes d monomorphes).
2/ données comportementales :
On ne peut pas placer les électrodes au niveau de la nuque car souvent on dort sur le dos. On a trouvé un autre muscle dont le tonus rend bien compte de la phase de sommeil : le muscle de la houppe du menton. Comme chez lanimal, lactivité musculaire est maximale pendant la veille et disparaît pendant le sommeil paradoxal.
Les mouvements des yeux sont mesurables en plaçant des électrodes de surface et les résultats sont les mêmes que chez lanimal, de même que les rythmes cardiaque et respiratoire.
3/ organisation temporelle du sommeil dans les conditions normales :
Lorganisation veille sommeil est monophasique : 16 heures de veille suivies de 8 heures de sommeil. Cest un cycle circadien. Au cours du sommeil, il y a une organisation ultradienne SL-SP-SL En moyenne, 5 à 6 cycles se succèdent au cours de la nuit de sommeil. Le premier cycle voit une dominance en SL en durée et des épisodes de SP courts. Cette tendance sinverse au cours des cycles. Le SP survient toujours après le SL, jamais directement après la veille, comme chez les animaux.
| Cycles ultradiens | Sommeil lent | Sommeil paradoxal |
| 1er | 120 | 15 |
| 2ème | 90 | 20 |
| 3ème | æ | ä |
On réalise un hypnogramme : voir schéma.
Quantitativement, le SP représente 20% du sommeil total. Cest un pourcentage assez strict : un sujet qui aurait plus de 25% ou moins de 15% entre dans les cas pathologiques.
4/ SP et activité onirique :
1850 ; première interprétation non métaphysique du rêve : Maury. Il considérait que dans la mesure où le cerveau pouvait penser, le rêve se situait dans un état de sommeil léger. Il parlait dhallucinations hypnagogiques.
1950 : Jouvet a mis en évidence le SP. Il a enregistré et a essayé de savoir quand on rêve, en réveillant le sujet à différents stades de son sommeil. Le sujet réveillé en SP se souvient de son rêve, et même continue à vivre son rêve. Plus on le réveille loin du SP, moins le souvenir du rêve est précis.
Le SP nest pas réparateur au niveau homéostasique mais on sait quil est nécessaire.
Jouvet a réalisé des expériences qui lui ont permis de bâtir une hypothèse : le SP pourrait servir à renforcer les circuits des comportements fondamentaux. Il a travaillé pour cela sur lécureuil, qui fait spontanément des réserves. Un jeune écureuil est élevé avec de la nourriture quil ne peut pas enfouir. Il ne peut pas exercer le comportement fondamental denfouissement. Adulte, si on le nourrit avec de la nourriture enfouissable, il développe immédiatement ce comportement. Ce comportement qui na jamais été entretenu activement est toujours intact.
On pense aussi quil y aurait pendant le SP une consolidation mnésique, pour le passage de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme.
5/ Structure du sommeil chez les travailleurs à horaires alternants :
Ce sont des expériences difficiles à mettre en uvre.
On sélectionne des populations de conducteur de train, équipes de nuit du métro, de tri postal.. Les sujets sont mis en laboratoire de sommeil. Ce sont des sommeils spontanés : on ne réveille pas le sujet au milieu de son sommeil. On considèrera que les sommeils de jour sont ceux qui débutent à 6h du matin et les sommeils de nuit avant 1h. il faut que les sujets travaillent à ces horaires depuis au moins deux ans.
Cette différence est très significative.
Seuls les stades 1 et 2 sont significativement modifiés. La réduction globale du sommeil de jour sur le sommeil de nuit se fait par diminution des sommeils légers. Les stades de sommeils profonds donc réparateurs et le SP indispensable ne sont pas ou peu modifiés.
Il ny a pas de rigidité importante dans lorganisation du sommeil.
6/ Etude du sommeil dans les grottes :
Soit dans des conditions hors du temps. Ces expériences ont été réalisées pour tenter de prouver lexistence dune horloge interne qui règlerait le cycle ultradien sur le nycthémère. Le sujet reste plusieurs mois dans une grotte, sans aucune indication de lheure. On enregistre son sommeil témoin avant quil descende, et à son retour à la surface. Dans la grotte, le sujet a des choses pour soccuper, pour que lennui ne perturbe pas trop lexpérience. Quand il va se coucher, il précise si cest pour une simple sieste ou pour une nuit (supposée). Il places les électrodes et on enregistre ses ondes cérébrales, EOG, EMG, rythmes cardiaque et respiratoire.
On peut regarder les variations des cycles ultradiens selon le nycthémère supposé par le sujet :
Première phase :
Deuxième phase :
Cela reste un cycle bicircadien mais on a rétablissement de lalternance veille sommeil normal.
Première phase :
Bien que le sommeil sallonge, les stades 1 et 2 ne changent pas. Les stades 3 et 4 augmentent proportionnellement à la durée de la veille. En retrouve les mêmes choses quavec les travailleurs. Ici on veille plus, il faut donc que les sommeils les plus réparateurs (SL3 et SL4) augmentent avec. Ce sont les sommeils 1 et 2 qui amènent de la souplesse en diminuant le temps global de sommeil par rapport à le veille. Ce sont sur ces stades que lon peut jouer le plus, contrairement aux stades 3 et 4 et SP qui apparaissent fondamentaux.
Ce qui ressort de la deuxième phase est quil doit exister une sorte dhorloge interne qui peut régler le cycle veille sommeil sue 24 heures. On considère que le noyau suprachiasmatique pourrait jouer ce rôle.
7/ Etude ontogénique du sommeil :
a/ Chez lanimal :
Chez le chaton, on a limpression de 2 états : il semble éveillé (même si paupières closes) ( :tétée, mouvements des pattes) et il se calme (REM, immobile) puis cela recommence. Si on fait des enregistrements au cours du premier mois, cela est confirmé : veille et sommeil paradoxal, à hauteur de 50% chacun. Cest un pourcentage énorme de SP. Cela est soit dû au traumatisme de la naissance (on devrait donc retrouver cela chez dautres espèces) soit lié à limmaturité du SNc.
On réalise une étude comparative entre plusieurs espèces de Mammifères :
Ce classement correspond à un ordre croissant de maturité de lencéphale à la naissance.
La grande quantité de SP nest pas lié au traumatisme de la naissance mais à limmaturité du SNc. Le développement du SL est un sin de maturité du SNc.
b/ Chez lhomme :
Les enregistrements ne sont pas évidents à réaliser (les mères veulent pas). Les études sont basées sur des observations. On différencie ainsi la veille calme (yeux ouverts), le sommeil calme (SL : yeux fermés, pas de mouvements, respiration régulière), et le sommeil agité (SP : yeux fermés, REM, mouvements du corps et de la face, respiration irrégulière). On travaille aussi sur des prématurés pour montrer que tous ces signes apparaissent progressivement.
| Age | Sommeil agité | Sommeil calme |
| A terme | 44% | 37% |
| 3 mois | 25% | 49% |
| 8 mois | 28% | 56% |
Les nouveau-nés humains apparaissent plus mature que le chat mais moins que le cobaye.
A 6 semaines, les périodes de sommeil sont de 5 à 6 heures. Cette période sallonge progressivement avec une préférence pour la nuit. Vers 3-4 mois, on a une longue période nocturne de sommeil plus quelques périodes de sommeil de jour.
1 an :
Cest encore une organisation polyphasique du sommeil.
A 4 ans, on a encore une sieste le jour.
Cest à partir de 5-6 ans que la sieste disparaît. Le sommeil a alors une organisation monophasique.
On sest rendu compte que cette évolution se fait sans influence de lalternance jour-nuit (grâce à des études en milieux hospitaliers..).
Chez le poisson, on peut enregistrer la veille, le SL mais il na pas de SP. De même pour les amphibiens et les reptiles. Les premiers signes de SP apparaissent chez les oiseaux. On a limpression que chez tous les poïkilothermes il ny a pas de SP et quil apparaît avec lhoméothermie.
On peut comparer les mammifères entre eux. On peut les classer en deux grands groupes : les chasseurs et les chassés. Les chassés sont des herbivores, qui passent beaucoup de temps à manger. Ce sont des animaux fragiles. Ils nont que peu de SP car cest un sommeil profond qui rend lanimal vulnérable. Les chasseurs sont carnivores. Ils arrivent à satisfaire assez rapidement leurs besoins alimentaires. Ils sont relativement à labri du danger. Ils ont généralement beaucoup de SP.
II/ Etude neurophysiologique des mécanismes sommeil veille :
Pendant toute une époque, on ne connaissait quun seul type de sommeil, le sommeil lent. Les premières données concernent limplication des centres hypothalamiques.
A/ Centres hypothalamiques :
Ce sont des données anatomo-cliniques.
1929 ; Von Ecomo a décrit deux types de syndromes qui portent sur le sommeil :
1939 : Hess et Ranson ont récolté des données expérimentales sur lanimal. Ils ont réalisé des lésions électrolytiques à des endroits précis, ce qui a confirmé les hypothèses de Von Ecomo.
1944 : Hess stimule électriquement lhypothalamus postérieur, ce qui déclenche le réveil de lanimal, et la stimulation de lhypothalamus antérieur déclenche (pas toujours) le sommeil. Cela tend à confirmer les mêmes hypothèses.
Il existerait deux centres : lhypothalamus antérieur qui contrôle le développement de la veille et lhypothalamus postérieur qui contrôle le développement du sommeil. Ces deux centres sinter inhiberaient. Ce sont des mécanismes actifs et séparés.
1962 : Sterman et Clemente confirme le rôle de lhypothalamus antérieur dans le déclenchement du sommeil (par stimulation sans lésion, grâce à lamélioration des techniques)
B/ Concept de système réticulaire activateur ascendant et centre de la veille :
1/ Bremer 1935-38 :
Il a réalisé des transections dans lencéphale. Il sagit de coupes perpendiculaires au plan sagittal. Le plan sagittal correspond à laxe de symétrie de lanimal.
Voir schéma coupes de BREMER.
Pour Bremer, les afférences sensorielles vont réveiller le cortex. Ainsi, quand on sendort naturellement, cest que ces afférences séteignent progressivement : yeux fermés, position allongée immobile(~)
2/ Expériences de LINDSEY (1949) :
Cest une autre approche. Au niveau du mésencéphale on peut observer des voies sensorielles particulières et une structure particulière, la formation réticulée mésencéphalique FRmés.
Voir schéma
Ils se sont dits quen faisant une lésion bilatérale des voies sensorielles, on doit avoir un sommeil plus ou moins important (selon Bremer). Ils ont réalisé différentes lésions sans jamais observer de variation dans la quantité de sommeil. Ils ont alors essayer de léser la formation réticulée mésencéphalique. Ainsi, on reproduit la situation de la préparation cerveau isolé. Les résultats obtenus sont une importante augmentation de la quantité de sommeil.
Il faut alors revoir les interprétations de Bremer. On a un retour aux notions de centre de la veille.
3/ Expériences de Ranson et Magoun, 1944 et de Moruzzi et Mangoun, 1949 :
Ils ont stimulé la FRmés.
Voir tracé
On obtient une réaction darrêt. Parallèlement à lenregistrement de lECoG, on peut aussi noter des paramètres comportementaux comme le passage du myosis à la mydriase au cours de la réaction darrêt.
à La formation réticulée mésencéphalique semble être un centre de la veille.
4/ Propriétés de la FRmés :
La système réticulaire ascendant activateur est une sorte de compromis entre les premières notions de centre de veille et sommeil et les interprétations de Bremer. Les afférences sont nécessaires mais il ny a pas deffet causal sur la veille.
5/ Structures déveil autre que FR :
Gottesman, 1990.
On a repris les expériences de Bremer en essayant de conserver les préparations plusieurs jours pour voir sil ny avait pas de récupération de lactivité veille. Effectivement, après plusieurs jours, on recouvre une alternance veille sommeil. En réalisant une transection au niveau des quadrijumeaux, on observe que lanimal récupère de la veille. Peut-être cela est dû aux afférences quil reste en amont de la transection (visuel et olfaction). On supprime alors ces informations et on observe quand même une récupération. On en déduit quil existe des centres puissants de la veille. La seule structure intéressante quil reste est lhypothalamus postérieur.
On revient en fait aux observations de Hess. Voir schémas. La FR et lhypothalamus ne formerait quun seul et même centre de la veille.
6/ Reprise des expériences de lésion des centres de la veille :
Jouvet, 1991.
La problème avec les lésions électrolytiques, cest quon détruit les neurones des noyaux cibles mais aussi les fibres de passage. Ce nest pas très spécifique alors on ne peut jamais savoir si leffet observé est bien dû au noyau ou sil est dû aux fibres de passage. Une nouvelle technique permet de détruire spécifiquement les neurones voulus, grâce à de lacide kaïnique ou iboténique. Le protocole utilisé par Jouvet est le suivant :
La conclusion est que léveil cortical et comportemental est le résultat dinteractions complexes de différents centres encore souvent inconnus.
C/ Centres responsables du sommeil lent :
Il sagit de SL car pendant longtemps (1953) on ne connaissait pas encore le sommeil paradoxal. De plus, on a longtemps pensé quil pouvait ne pas y avoir de centres du sommeil.
1/ Rôle du thalamus :
Quand on enregistre au niveau cortical une activité ondes lentes et fuseaux, caractéristique du SL, on enregistre dans le thalamus quelque chose de très comparable. Cela est compréhensible vu les liens étroits quil existe entre thalamus et cortex. La question est alors posée de savoir quelle est la source du signale : le thalamus ou le cortex ? Les nombreuses projections du thalamus dans le cortex peuvent faire penser que le thalamus est la source de ce signal de sommeil. En décortiquant lanimal( enlever le cortex), on voit quon enregistre toujours cette activité thalamique. Si on lèse le thalamus, on na plus dactivité corticale ondes lentes et fuseaux.
La thalamus est donc la structure qui engendre les ondes du sommeil. On peut alors penser quil constitue un centre du sommeil à part entière. On observe en le stimulant à basse fréquence des ondes lentes et fuseaux au niveau cortical et thalamique. Mais à des fréquences différentes de stimulation, on obtient des résultats différents. De plus, on ne peut vérifier si cette activité thalamique et corticale de sommeil correspond à un sommeil comportemental.
Le thalamus nest peut être pas un centre vrai du sommeil lent.
Il existe de nombreux liens entre la formation réticulée mésencéphalique et le thalamus :
La formation réticulée va activer le thalamus ce qui va empêcher la genèse des ondes de sommeil. Cela peut expliquer les résultats pour la transection cerveau isolé. Il y a désactivation des projections réticulaires doù la genèse des ondes de sommeil.
2/ Rôle de la région préoptique :
Elle fait partie de lhypothalamus antérieur. On considère quon a affaire à un véritable centre du sommeil lent :
3/ Rôle de la région bulbo-pontique :
On réalise des transections médiopontique. Voir schéma. Cela induit une augmentation très importante des quantités de veille. Ainsi chez le chat, la veille passe de 20-50% à 70-90%. Cest bien une veille car on a une poursuite oculaire dun objet et on peut endormir lanimal avec un barbiturique. En comparant cette préparation médiopontique avec la préparation encéphale isolé, on peut dire quil doit exister dans la région pontobulbaire un centre du sommeil. On réalise alors des transections étagées et on observe que jusque dans la partie antérieur du bulbe, on obtient des résultats comparables.
Ces centres du sommeil lent seraient alors situés au niveau bulbaire postérieur.
Autres exemples : quand on provoque une vasodilatation au niveau des barorécepteurs aortiques ou quon les stimule directement (et leurs nerfs) on provoque des stimulations endormantes qui induisent des signes de sommeil. Or ces nerfs vaguo-aortiques débouchent dans le bulbe, au niveau du noyau du faisceau solitaire. Ce noyau est un bon candidat de centre du sommeil. La lésion de ce noyau du faisceau solitaire induit une augmentation de léveil cortical et comportemental. Seules les lésions de ce noyau provoquent cela dans le bulbe.
Le noyau du faisceau solitaire apparaît être un centre du sommeil.
On a confirmé cela en enregistrant lactivité des neurones de ce noyau : quand lanimal va sendormir naturellement, on a une augmentation de lactivité de ces neurones.
De plus, la formation réticulée mésencéphalique renforce lactivité du noyau du faisceau solitaire . Le noyau inhibe la FR. Linterprétation de cela est que cette relation a pour but de réguler le système pour empêcher le système déveil de fonctionner trop.
D/ Structures responsables du sommeil paradoxal :
Aserinsky et Kleitman 1953 mettent en évidence le SP. Il leur a fallut mettre en relation les enregistrements avec le comportement de lanimal.
On peut penser que sil y a deux types de sommeil, il doit y avoir deux types de centres correspondant.
On a déjà vu que lactivité corticale est peu caractéristique du SP. Mais on peut étudier les REM et le tonus musculaire. Le tonus postural correspond à des voies descendantes, par le moelle épinière. On les enregistre par EMG. Les REM correspondent à lactivité du nerf moteur oculaire externe responsable des mouvements latéraux des yeux. Ce nerf se situe au niveau du pont.
On enregistre en arrière de la transection pour détecter ces signaux du SP.
Voir schéma et tracés.
La préparation pontique permet de distinguer le sommeil paradoxal et le sommeil lent par ces deux paramètres. Ainsi, on peut conclure que les centres du SP se trouvent entre le pont et le bulbe.
La préparation bulbaire induit un arrêt des REM et de latonie. Cela permet de conclure que les centres du SP se trouvent dans la région pontique.
Pour préciser cela, on a essayé de faire des lésions localisées à différents endroits du pont. Des lésions bilatérales dans la partie antérieure dorsale du pont (voir schéma) induisent une disparition des signes de SP.
On peut conclure que les centres du SP se trouvent dans la partie antérieure dorsale du pont.
Pour le SP, on a des signes phasiques (brefs dans le temps : REM et pointes ponto géniculo occipitales) et toniques (plus longs dans le temps : désynchronisation corticale, atonie). On sest rendu compte que plusieurs noyau géraient tout cela dan la région antérieure du pont. Ces noyaux sont situés à proximité du locus céruleus. Lensemble forme le complexe céruléen (le locus céruleus lui-même nest pas en relation avec le SP). Parmi ces noyaux, le locus céruleus a et le périlocus ceruleus a semblent impliqués dans le SP. En effet, leur lésion bilatérale induit, lors du SP, le maintien de la plupart des signes sauf latonie. On a alors un syndrome pseudohallucinatoire : lanimal vit ses rêves. Il sagit souvent dun comportement de crainte ou dattaque. Des expériences (nourriture posée à côté) ont montré que lanimal est totalement isolé du monde extérieur pendant le SP.
Toujours dans ce complexe, le noyau parabrachialis apparaît être responsable des signes phasiques, les autres signes étant conservés après la lésion.
On a un ensemble de noyaux qui ont une certaine spécialisation.
Des études plus récentes ont montré quau niveau de la région bulbaire, si on enregistre dans le noyau cuneatus (relais des voies de la sensibilité générale) des activités unitaires, pendant le SP, apparaissent des inhibitions postsynaptiques et présynaptiques. Cela veut dire quil y aurait comme un blocage de lefficacité de ces voies. Les informations ne peuvent plus arriver au cortex (conscience). Ces inhibitions proviennent des noyaux pontiques du SP. On repart un peu à lidée de Bremer de la déafférentation sensorielle. Mais Bremer pensait à une déafférentation passive, or il apparaît que la déafférentation se fait activement, par le biais des centres du SP. Ce mécanisme contribue à couper lanimal du milieu extérieur, en plus de latonie totale. Le cerveau ne fonctionne plus que de façon isolée. Cest un état très particulier.
Il existe de nombreuses relation entre les centres du SL et ceux du SP : la stimulation du noyau du faisceau solitaire induit un SL, mais si on poursuit la stimulation, on arrive facilement à provoquer un SP. Il été montré quil existe des voies qui relient le noyau du faisceau solitaire au complexe céruléen.
Bilan : on aurait des centres de la veille (formation réticulée mésencéphalique, hypothalamus postérieur, etc.), du SL (thalamus, région préoptique, noyau du faisceau solitaire), du SP (région antérieur du pont, etc.) avec des connexions nerveuses qui doivent relier toutes ces structures.
A partir des années 60, on a pu mettre en évidence dans le SNc les voies des différents neurotransmetteurs :
III/ Etudes neuropharmacologiques, histochimiques, du cycle veille/sommeil :
Les amines biogènes (catécholamines (NA/DA/adrénaline) et sérotonine) ont été mises en évidence par histochimie de fluorescence (puis par immunohistochimie plus tard).
Des coupes dencéphale exposées à des vapeurs de formaldéhyde et observées sous UV révèlent les amines biogènes fluorescentes. Les catécholamines apparaissent en jaune/vert et la sérotonine en jaune.
On a ainsi mis en évidence des groupes de neurones à NA, à DA On trouve ces substances accumulées au niveau des terminaisons nerveuses. On a montré que si on coupe des voies, la fluorescence diminue. Cela a prouvé que ces amines biogènes sont utilisés comme neurotransmetteur par ces neurones.
A/ Les catécholamines et le cycle veille/sommeil
1/ Cartographie des catécholamines centrales :
Il sagit de la dopamine et de la noradrénaline. On trouve ces catécholamines en noyaux pairs. Les neurones NA forment les noyaux A1 à A7 répartis dans le bulbe et le pont. Les neurones DA forment les noyaux A8 à A13 répartis dans le mésencéphale et lhypothalamus.
Les groupes NA les plus postérieurs projettent par des voies descendantes vers la moelle. Les noyaux NA antérieurs sont composés de neurones à axone court et de neurones ascendants. Il faut noter que le locus ceruleus contient de nombreux neurones NA.
Les groupes DA A8 et A9 projettent dans le striatum. Ce sont les neurones nigro-striés (substance noireà striatum). Ils sont impliqués dans la maladie de Parkinson. La groupe A10 est appelé système mésolimbique car il projette dans le système limbique. Il est impliqué dans la schizophrénie. Les groupes DA au niveau hypothalamique, A11, A12, A13 sont impliqués notamment dans le contrôle de la sécrétion de prolactine, etc.
Les techniques dimmunohistochimie ont permis de mettre en évidence dans la région bulbaire des noyaux adrénergiques C1 et C2. C1 est situé près de A1 et C2 près de A2. Ils sont responsables du contrôle de la pression sanguine.
2/ Etudes neuropharmacologiques et neurochimiques :
a/ Adrénaline :
1954 : injection en intraveineuse dadrénaline provoque un éveil cortical et les signes végétatifs suivent cet éveil. On savait que ladrénaline était une hormone de la médullosurrénale. On a pensé quelle pouvait agir positivement sur le système réticulaire activateur ascendant et quà son tour ce dernier entretenait la sécrétion dadrénaline par la médullosurrénale. Cette interprétation a été remise en question car ladrénaline ne peut pas passer la barrière hémato-encéphalique. Cest probablement un effet indirect.
b/ Catécholamines cérébrales :
La tyrosine a été étudiée car on a trouvé une substance, a méthylparatyrosine a MpT, qui bloque cette enzyme, soit qui bloque la chaîne de biosynthèse de NA/DA. On a injecté de la a MpT à lanimal en enregistrant les cycles veille/sommeil :
Le blocage de la synthèse de DA/NA induit une diminution de la veille. Des dosages ont permis de montrer la corrélation entre la diminution du taux de NA/DA et celle de la veille. On peut inverser les effets de la a MpT en injectant de la DOPA qui peut passer la barrière hématoencéphalique. La DOPA est alors utilisée pour poursuivre la synthèse de DA/NA, jusquà ce que le stock soit épuisé.
Ces expériences montrent que NA/DA sont impliquées dans la veille (on pense à la veille plutôt quau sommeil).
On pense que les catécholamines interviennent dans lentretien des mécanismes de léveil.
Le locus ceruleus semble impliqué dans le développement du SP : actif, il empêche le SP de sétablir, soit un effet négatif sur les structures du SP.
Dautres arguments laissent penser que les systèmes à DA interviennent aussi, dans le même sens que la NA.
Au niveau des systèmes DA, on connaît des pathologies, comme la maladie de Parkinson (A8-A9). Ces patients ne présentent pas de troubles des cycles veille/sommeil. Certains noyaux DA hypothalamiques pourraient être impliqués dans le SP. On aurait des systèmes NA/DA qui empêcheraient le SP, et qui seraient impliqués dans la veille.
Animal réveillé : activité continue, mais pas forcément très régulière :
Somnolence : pauses prolongées :
Sortie de somnolence :
Il y a cessation de toute activité au cours du SP.
Le locus ceruleus doit intervenir dans lentretien tonique de la veille. Il semble aussi pouvoir intervenir négativement sur le SP en empêchant le SP : injections locales de DOPA dans les noyaux bulbaires proches du noyau du faisceau solitaire (noyau parvocellulaire et gigantocellulaire) donnent une activation corticale et bloque le SL/SP. Ces groupes projettent sur le noyau du faisceau solitaire. C1 et C2 bloquent le noyau du faisceau solitaire.
Les noyaux préoptiques qui sont aussi des centres du SL : injection locale damphétamine ou DOPA donne des épisodes prolongés de veille.
On peut faire un bilan :
B/ Sérotonine et cycle de veille/sommeil :
1/ Cartographie de la 5HT centrale :
Les systèmes 5HT se trouvent en position médiane et forment les noyaux du raphé. On les trouve dans tout le tronc cérébral (bulbe, tronc, mésencéphale). Ces noyaux sont appelés B1 B9.
Le noyau du raphé dorsalis est un noyau particulier qui fait partie des noyaux mésencéphaliques du raphé.
La région préoptique de lhypothalamus reçoit beaucoup de projections 5HT.
2/ Historique du concept de régulation indolaminergique des niveaux de vigilance :
a/ étape neuropharmacologique :
La 5HT, comme la NA/DA, ne traverse pas la barrière hématoencéphalique. On ne peut pas modifier les taux de 5HT par injections locales. On a pu agir sur ces taux en agissant sur la voie de biosynthèse :
La tryptophane hydroxylase est spécifique. On a découvert (1966) un inhibiteur, la pchlorophénylalanine pCPA.
Laction de cet inhibiteur induit une diminution du taux de 5HT.
Jouvet a réalisé des injections de pCPA :
Il faut environ 3 jours pour récupérer un taux de SL normal, de même pour le SP. La latence deffet du pCPA est importante (24h). Cela montre que la substance nagit pas sur le SL/SP mais quelle agit bien sur le métabolisme de la sérotonine.
Parallèlement, on dose la 5HT : on a des baisses spectaculaires des taux de 5HT 24h après ladministration de pCPA, puis une récupération. On a une correspondance avec la perte de sommeil.
Si on apporte par voie exogène de la 5HTP, qui passe la barrière hématoencéphalique :
On peut inverser les effets de la pCPA en apportant le précurseur manquant de la 5HT. Ces expériences font penser que la 5HT joue un rôle dans létablissement du sommeil.
b/ Etape histochimique :
On a essayé de léser les noyaux du raphé.
3/ Conception actuelle du rôle de la 5HT dans les mécanismes du sommeil paradoxal :
a/ Expériences remettant en question les interprétations de Jouvet :
Jouvet revoit alors ses interprétations du rôle de la 5HT : pendant la veille, soit le maximum dactivité, il se prépare quelque chose qui va agir pendant le sommeil. Cest un effet reporté dans le temps ou effet diachronique (opposé à synchronique).
b/ Différenciation de leffet de la 5HT sur le SL et le SP :
Pour le SP, la 5HT nagit pas sur les récepteurs 5HT.
La 5HT provoque le développement du SL par action sur les récepteurs 5HT.
La 5HT nagit pas directement, de façon neurotransmetteur classique, dans le développement du SP. On peut penser quelle va agir en déclenchant la synthèse (doù la latence importante de 7h) dune substance qui permet le développement du SP.
La 5HT a une action synchronique sur le SL et diachronique sur le SP.
On nagit pas de la même façon sur le SL et le SP. Linterprétation est que pendant la privation de sommeil, on a une présence de 5HT (car neurones actifs pendant la veille), jusquà 24h après linjection de pCPA (latence). Au bout de 48h, la pCPA est très active donc il ny a pas de synthèse de 5HT, donc pas de SL. Mais pendant les 24h de latence où il y avait de la 5HT de disponible, une substance a été synthétisée qui permet le développement du SP. Cest leffet diachronique de la 5HT sur le SP. (Substance hypnogène : qui fait dormir).
On arrive à une idée cohérente :
c/ Les cibles tissulaires de la 5HT :
On a découvert un peptide qui pourrait être celui quon cherche pour permettre le SP :
d/ Nature du peptide responsable du déclenchement du SP :
Il sagit du VIP : vasoactive intestinal peptide. Il jouerait un rôle comme inducteur du SP. Des injections de VIP en intraventriculaire induisent des épisodes de SP, de même si traité au pCPA. Le VIP exogène semble induire spécifiquement le SP. Le VIP endogène joue-t-il aussi ce rôle ?
On a injecté en intraventriculaire des anticorps anti-VIP ou des antagonistes des récepteurs au VIP. Cela a pour effet de bloquer le SP.
On prive un donneur de SP. Son liquide céphalorachidien est traité avec des anticorps anti-VIP. Le receveur traité au pCPA na pas de rebond de SP.
Le VIP semble être un puissant facteur inducteur de SP.
Existe-t-il des cycles circadiens du taux de VIP ?
On réalise des dosages par immunodéficitaire chez le rat. Pendant la période dactivité de lanimal, cest à dire lobscurité, on a le taux de VIP qui augmente dans le noyau suprachiasmatique et péri ventriculaire. On a linverse pendant la période déclairement soit le minimum dactivité de lanimal, comme si le VIP était utilisé pendant le sommeil.
Si on prive lanimal de sommeil, on a une accumulation très importante de VIP, qui diminue au cours du rebond de sommeil.
Le VIP pourrait être une substance hypnogène qui saccumule pendant la veille jusquà un niveau critique qui déclencherait le SP.
4/ Tentative de bilan de laction de la 5HT dans le cycle veille/sommeil :
Ces différentes inhibitions sont pour la plupart des hypothèses logiques :
C/ Mécanismes cholinergiques :
1/ Organisation anatomique des neurones cholinergiques centraux :
Mis en évidence par immunohistochimie. Localisés sur 3 grandes zones :
a/ Données pharmacologiques :
On réalise des préparations médiopontiques, qui laissent les neurones Ach pontiques en partir antérieure. On naboutit pas à léveil.
On réalise une préparation pontique, qui laisse ces neurones Ach pontiques en arrière. On obtient une synchronisation permanente, comme pour la préparation cerveau isolé.
Cela laisse penser que les structures antérieures des neurones Ach pontiques ne sont pas capables dentretenir lactivité corticale désynchronisée. On en vient à considérer que ces neurones constituent un système de contrôle de léveil cortical.
c/ Injections locales de carbachol sur la préparation pontique :
Le carbachol est un agoniste Ach muscarinique et nicotinique (non spécifique). Il induit dune façon générale léveil cortical, comme linjection de Ach (il ne faut pas oublier que les efférences sont coupées). Mais on remarque que certaines structures donnent un effet beaucoup plus important : lhypothalamus postérieur, certains noyaux du thalamus. Cest un éveil cortical mais non comportemental. On garde le comportement associé à une préparation pontique (fente pupillaire ).
d/ Injections datropine :
Ne provoque pas déveil cortical. Cela est logique.
Et on sait que HP et TH projettent beaucoup sur le cortex.
Les neurones Ach pontiques activent le HP et TH qui activent le cortex. (En fait, on active le thalamus ce qui empêche la genèse des ondes lentes et fuseaux vpc). Le thalamus projette sur lhippocampe ce qui entraîne la genèse des ondes q hippocampiques.
3/ Systèmes Ach et contrôle du SP :
a/ Au niveau des structures exécutives du SP :
Ce sont les structures pontiques.
Ach agit sur le SP par des récepteurs muscariniques. On a constaté que leffet est très spécifique au complexe céruléen.
On réalise des préparations bulbaires pour séparer le bulbe du pont. On obtient une alternance veille sommeil normale mais avec aucun signe de SP, et aucune récupération sur 30 jours. Cest peut-être parce quon a empêché les neurones bulbaires dagir sur les structures du SP (complexe céruléen pontique). On devrait alors pouvoir déclencher du SP en injectant du carbachol au niveau du complexe céruléen. Le carbachol na aucun effet. Les neurones Ach font plu que de moduler lactivité du complexe céruléen. Ces structures bulbaires pourraient être impliquées directement dans la genèse du SP, comme une annexe du centre SP quest le complexe céruléen.
Si ceci est vrai, on doit retrouver une activité unitaire qui augmente avec le déclenchement du SP, sur lanimal intact. On trouve des cellules qui présentent une hausse dactivité pendant les signes phasiques du SP et dautres pendant les signes toniques du SP. On retrouve le même type dactivité quau niveau pontique.
De plus, il nest pas impossible que les noyaux Ach bulbaires activent de façon directe le cortex. Certains auteurs considèrent que ces neurones Ach bulbaires constituent un véritable centre du SP.
La formation réticulée inhibitrice, qui constitue un relais des voies descendantes est responsable de latonie. Elle a une composante Ach, en étroite relation avec le complexe céruléen. Si no lèse ces connexions, le SP disparaît, ce qui indique que les neurones Ach bulbaires et le complexe céruléen sont tous deux nécessaires pour déclencher le SP.
Il faut noter quil existerait (pour que le système fonctionne), des inhibitions réciproques entre locus ceruleus et LCa /périLCa (SP-off ß à SP-on).
Des lésions des noyaux giganto et magnocellulaires bulbaires ont été réalisées, par des substances excitotoxiques (acide quisqualique ) qui détruisent le soma sans détruire les fibres de passage. On sait que ces noyaux contiennent des neurones Ach, 5HT (noyaux du raphé) et GABA.
D/ Mécanismes histaminergiques :
Mise en évidence par immunohistochimie.
Pour traiter certaines allergies, on utilise des antihistaminergiques, qui semblaient induire un effet de somnolence. On sest donc demandé si lhistamine avait un effet central, dans la veille.
1/ Synthèse et métabolisme :
2/ Cartographie de lhistamine :
Les corps cellulaires sont tous dans la partie postérieur de lhypothalamus. Ces neurones projettent très largement sur lencéphale, et surtout au niveau cortical, de façon diffuse, mais aussi au niveau de lhypothalamus antérieur, et au niveau du noyau du raphé dorsalis (impliqué dans la veille), et jusque dans les régions bulbaires, sur le noyau du faisceau solitaire.
3/ Récepteurs à lhistamine :
H1 : largement répandus. Récepteurs postsynaptiques métabotropiques.
H2 : plutôt localisés dans les régions antérieures. Métabotropiques
H3 : autorécepteurs : lactivation de lautorécepteur va inhiber la libération dhistamine.
4/ Histamine et cycle veille sommeil
a/ Inhibitions de la biosynthèse :
En bloquant lhistidine décarboxylase, on diminue significativement la quantité de veille et on augmente SL2 et SP. Linjection de linhibiteur dans les noyaux ventraux latéraux postérieurs de lhypothalamus (corps cellulaires histamine) donne les mêmes résultats. Cela va dans le sens que lhistamine est impliquée dans la veille.
b/ Inhibiteurs de la dégradation de lhistamine :
Des injections locales dans lhypothalamus ventro latéro postérieur donnent une augmentation de la veille et une diminution de SL2 et SP.
c/ Action sur les récepteurs :
Seuls les récepteurs H1 sont impliqués dans la modulation veille sommeil : un agoniste H1 injecté en intraventriculaire donne avec un effet dose dépendant une augmentation de la veille et une diminution de SL/SP. De même pour des injections locales dans lhypothalamus ventro latéro postérieur. Ces effets sont réversibles.
Chez lhomme, on a utilisé des antagonistes H1 : le sujet éprouve des impressions de somnolence. Il passe plus facilement en SL1 et voit ses facultés mentales diminuer.
Toutes ces études montrent que les systèmes histaminergiques semblent impliqués dans la veille.
Synthèse des systèmes neurochimiques :
VEILLE : NA, Ach, 5HT (raphé dorsalis), Histamine (hypothalamus postérieur).
SL : 5HT (noyaux postérieurs du raphé) par action sur les récepteurs 5HT, Peptides (vpl Sleep Factor).
SP : 5HT action diachronique (VIP), Ach bulbaire.
E/ Hypothèse neuroimmunologique :
On a ms en évidence des peptides cérébraux qui peuvent jouer un rôle dans la communication neuronale. De plus, un grand nombre de ces neuropeptides sont également des substances connues comme substances immunostimulantes et peuvent réguler le sommeil.
1/ Sleep factor ou facteur S :
(Papenheimer en 1965). Il a repris des anciennes expériences (1913, Pieron) : prélèvement de liquide céphalorachidien danimaux privés de sommeil pendant plusieurs jours et injection à des animaux témoinsà augmentation du sommeil total (on ne connaissait pas le SP). Ils en ont déduit que dans le LCR du donneur, il existait une substance hypnotoxique ou Sleep factor. Pendant plus de 10 ans, il a essayé et a réussi à purifier ce facteur et a le caractériser biochimiquement. Il sagit dun anhydro muranyl tétrapeptide AMTP. LAMTP injecté à des doses micromolaires en intraventriculaire induit dans lheure un excès de SL2.
On a vu précédemment ce rôle sur le SP. Il faut revenir sur la notion de privation de sommeil. Ici, les animaux sont privés de tout sommeil. Jouvet avait utilisé un autre système dans ses expériences. Cest le test de la piscine : le chat est assis sur un petit piédestal entouré deau. Il ne peut pas saffaler (SP) sous peine de tomber à leau et de se réveiller. Ces animaux sont surtout privés de SP.
2/ Du Sleep factor à la théorie neuroimmune :
LAMTP est purifiable seulement en petite quantité et impossible à synthétiser artificiellement. On utilise pour réaliser des expériences le muramyldipeptide MDP, qui du fait de son analogie, pourrait agir sur le sommeil. On a constaté que le MDP est capable de provoquer un excès de SL2, avec des délais plus importants que pour le AMTP. De plus, on déclenche une hyperthermie (effet pyrétique du MDP) mais on a montré que ce nétait pas lié avec laugmentation de SL2.
Le MDP est une substance immunostimulante, cest à dire quelle déclenche la synthèse de peptides du système de défense immunitaire. On a cherché à savoir si un de ces peptides avait un rôle à jouer sur le sommeil. Certains peptides du système immunitaire, induits par le MDP (et par lAMTP), induisent un excès de SL : interleukine I, interféron a , Tumor necrosis factor (TNF), endotoxine, prostaglandines. On a constaté quil existe des interactions entre ces facteurs. Le MDP peut entrer en compétition avec les sites récepteurs à la 5HT. On peut envisager quune telle interaction pourrait relier la théorie sérotoninergique et la théorie neuroimmune du sommeil.
Etude des mécanismes cellulaires responsables des activités synchronisées lors du SL
I/ Variété des oscillations corticales lors du SL :
Lorsque lanimal tombe en SL, lactivité électrique peut être de 2 types : les fuseaux de sommeil, de fréquence interne 7-14 Hz, et les ondes lentes d 1-4 Hz. Récemment, un autre type dactivité corticale a été mis en évidence, les ondes très lentes 0,3 Hz. Ces trois types dactivités peuvent être enregistrées chez lanimal cerveau isolé et chez lanimal anesthésié aux barbituriques.
En 1993, Steriade a travaillé in vivo sur lanimal anesthésié. Il a émis lidée que ces activités rythmiques résultent de propriétés cellulaires endogènes, de propriétés de réseaux et dinteractions thalamo-corticales et cortico-thalamiques. Puisque nous avons trois types dactivité, il faut savoir où elles naissent. On a vu que les fuseaux et les ondes lentes naissent au niveau thalamique. Les ondes très lentes semblent être dorigine purement corticales.
Les propriétés cellulaires endogènes sont par exemple les propriétés pacemaker de certaines cellules cardiaques (du tissu nudal). On peut étudier ces propriétés en enregistrant en intracellulaire (car on veut enregistrer même les réponses infraliminaires, qui ne vont pas déclencher de PA), mais aussi en extracellulaire pour les PA.
Les propriétés de réseaux sont constituées dinteractions réciproques entre plusieurs neurones. Aucun na forcément de propriétés endogènes.
Il faut savoir quil existe un grand nombre de canaux ioniques, et donc un grand nombre de courants ioniques. Parmi ceux-ci :
Tous ces canaux sont responsables de lallure particulière des activités unitaires de chaque neurone dun même noyau.
Les expériences ont été faites dans deux conditions, mais toujours par mesure dactivités unitaires en intracell ou activité globale en extracell :
II/ Mécanismes cellulaires responsables des fuseaux de sommeil :
Chez lanimal intact ou anesthésié.
Sur des tranches thalamiques : macroélectrode (activité globale dune petite population de neurones) : mêmes caractéristiques en durée, fréquence, intervalle.
Activités rythmiques naissant des propriétés réseaux :
On pose une macroélectrode qui permet denregistrer dans le NGL (sur tranche) et une microélectrode en intracell sur les cellule relais (du NGL= relais voies visuelles).
On peut comparer ces activités. On enregistre aussi dans le noyau périgéniculé NPG en macro ou microélectrode.
Il semble que les neurones du NPG inhibent ceux du NGL et que le NGLa des effets activateurs dur le NPG. Cela pourrait engendrer une rythmicité. Si cela est vrai, cette rythmicité doit disparaître si on déconnecte ces deux noyaux. Cest le cas. La rythmicité des fuseaux naît des propriétés de réseaux du NGL et du NPG.
La rythmicité naît dinteractions inhibitrices et excitatrices.
Une étude pharmacologique de ce réseau a été réalisée, et il sest avéré que le système excitateur est glutamatergique (cest le principal Nt excitateur dans le SNc). Il peut agir sur des récepteurs ionotropiques NMDA (Nméthyl D aspartate = agoniste) ou non-NMDA et sur des récepteurs métabotropiques. Ici, il sagit de récepteurs non-NMDA. Le système inhibiteur met en jeu des récepteurs GABA, GABA-A et GABA-B. Le récepteurs GABA-A sont impliqués dans des collatérales entre les neurones du NPG et les GABA-B sont impliqués dans les synapses entre NPG et NGL.
Lactivité rythmique naissant de propriétés oscillantes endogènes :
Au niveau du noyau réticulaire thalami (ce nest pas une erreur de frappe). Les cellules ressemblent en activité aux cellules du NPG, car elles sont inhibitrices sur le NGL. Si on lèse ce noyau, les activités disparaissent ailleursà il semble être connecté aux autres noyaux (NGL )
Si on fait une légère hyperpolarisation, il se développe des activités oscillantes de fréquence égale à celle des fuseaux.
Ik(Ca) : la repolarisation est liée à un courant potassique calcium dépendant (lié à It).
Sous TTX (tétrodotoxine), on bloque toutes possibilités de réseaux :
On nobserve pas de PA sur les activités oscillantes qui sont donc bien endogènes.
(Le TTX bloque tous les PA qui arrivent sur le neurone, la cellule est fonctionnellement isolée).
Si on dépolarise la membrane, lactivité rythmique disparaît. Cette activité rythmique endogène est conditionnelle (dune hyperpolarisation préalable, nécessaire à la désinactivation de It/Ih).
III/ Mécanismes cellulaires responsables des ondes lentes :
Ces ondes lentes ont une origine thalamique. Au niveau du NGL, dans certaines conditions dhyperpolarisation, on va pouvoir enregistrer des activités endogènes oscillantes de ces neurones, activités qui sont aussi conditionnelles : si on dépolarise la cellule, on perd lactivité rythmique. On parle de mécanisme pacemaker :
Il semble que pour une certaine hyperpolarisation, les mêmes cellules peuvent engendrer des fuseaux et des ondes lentes pour une hyperpolarisation plus importante.
Linnervation intrinsèque du thalamus :
On baigne la préparation avec NA ou 5HT ou agonistes, et on observe que lactivité devient purement tonique (et non rythmique), avec une dépolarisation générale. Ces systèmes neurotransmetteurs activent le système thalamique, tout devient tonique ce qui correspond à un état de veille. (Etant donné que le NGL est un relais des voies visuelles, il vaut mieux quil soit tonique). Le sommeil correspond à une diminution de la transmission NA/5HT, doù une diminution du niveau d dépolarisation générale (hyperpolarisation) doù genèse des ondes lentes et fuseaux selon le degré de cette hyperpolarisation.