Plus sûr? A l'occasion de la révision
décennale de la première tranche, le directeur de la centrale
de Golfech a déclaré le 29 avril dernier : «plus
le réacteur vieillit, plus il est sûr». C'est
comme si pour votre voiture, plus elle vieillit, moins elle tombe en panne
L'Inserm ne partage pas cet optimisme de propagande, l'institut national
pour la santé et la recherche médicale précise en
effet «plus une centrale vieillit, plus s'intensifie la radioactivité
des éléments du système". Ceci a plusieurs
conséquences: les ouvriers subissent plus d'irradiation, les rejets
dans l'air et dans l'eau sont plus importants, enfin, cela fragilise les
matériaux et augmente donc le risque d'accident.
La Hague
· Cancers.
Une nouvelle étude, parue fin juin, vient de confirmer celle
du Pr. Viel. Celle-ci publiée par les professeurs Alfred Spira (Inserm)
et Anne-Valérie Guizard (registre des cancers de la Manche), montre
que l'on a eu cinq cas de cancers chez les moins de 26 ans dans le canton
de Beaumont-Hague contre 2,3 attendus, entre 1978 et 1992. Sur ces cinq
cas, trois concernent des enfants de 5 à 9 ans contre 0,47 attendu.
Il y a là une multiplication par 6 jugée significative.
· Pollution invisible.
L'autorité de sûreté nucléaire a classé
zéro un incident mentionnant, le 18 mai dernier, un incident avec
rejet atmosphérique. Dès que cet incident est annoncé,
l'ACRO, laboratoire indépendant, lance une campagne de mesures.
Surprise: elles montrent une contamination importante en ruthénium
106. La Cogéma annonce un relâchement total de 11 millions
de becquerels. Pour le seul ruthénium, l'ACRO mesure 38 millions
de becquerels. L'étude effectuée ensuite montre que le rejet
est mille fois supérieur aux chiffres annoncés par la Cogém:
14 milliards de becquerels ! En une heure, la Cogéma a rejeté
cent fois plus que le plus fort rejet annuel jamais observé jusqu'alors
(153 millions de becquerels en 1999). |
A la suite de ces protestations, l'autorité de sûreté
nucléaire a reclassé l'incident au niveau 1 ce qui normalement
correspond à une radioactivité confinée sur le site
(on est là en fait à un niveau 3). L'ACRO pose la question:
les appareils de la Cogéma ne sont-ils pas fiables ou bien le mensonge
est-il toujours d'actualité ? ACRO, 238, rue de l'EgIise, 14200
Herouville-Saint-Clair, tél: 02 31 94 35 34.
Tchernobyl
Nombre de victimes ? Les associations biélorusses d"'invalides
de Tchernobyl" ont déjà recensé 45.000 décès.
Le ministère ukrainien de la santé a publié le 26
avril dernier un bilan sanitaire. Le taux de malformations congénitales
chez les nouveau-nés a été multiplié par 7,7
en quinze ans pour l'ensemble du pays.Ces malformations touchent principalement
le système cardio-vasculaire, les os, les muscles. Plus de 2,6 millions
d'Ukrainiens dont plus de 500.000 enfants sont suivis médicalement,
55.000 ont déjà été déclarés
invalides. Sur les 600.000 militaires qui ont aidé à stopper
l'accident, aucun chiffre n'est disponible car ils venaient des quinze
républiques de l'ex-URSS. Ce sont ceux qui ont reçu les doses
maximum et il est probable qu'ils en mourront.
· Mensonges de Voynet. La
CRII-Rad a publié ce printemps dans la presse des cartes de contamination
par le césium 137 provenant de Tchernobyl. Ces cartes montrent des
taches (par exemple au nord de Sisteron, dans le Vercors, dans le Mercantour)
où les taux sont proches de la zone d'excluso n autour de la centrale.
Dominique Voynet, qui a une formation médicale n'a rien trouvé
de mieux que d'affirmer que cette hausse du césium radioactif n'était
pas grave pour la santé. Ce que démentent les chiffres des
médecins biélorusses qui notent le développement de
pathologies liées à ce césium: maladies cardiaques,
rénales, ophtalmologiques, etc. Pourquoi Voynet couvre-t-elle
de tels mensonges ? |