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Des enfants autistes aux lépreuses de Casablanca, des passeurs d'hommes de Tanger aux sans papiers de l'église Saint-Bernard, je me suis toujours attachée, en tant que journaliste, à décrire les conditions de vie de ceux qui, pour une raison ou une autre, sont plongés dans la détresse. Au cours de ces pérégrinations, deux rencontres furent, pour moi, capitales. Celle des moines survivants de Tibehirine, que j'ai interviewé dans leur petit monastère de Fès, et celle des enfants des rues de Casablanca.
Les premiers m'ont appris, par leur retenue et leur sérénité, le sens du mot pardon. Les seconds m'ont montrés qu'un enfant, même sale, agressif, potentiellement dangereux, garde toujours les joies et les rires de l'enfance. Ce reportage, que j'ai effectué dans les bas-fonds de ma ville natale, m'a poussé d'ailleurs à travailler comme bénévole, durant des mois, au sein de Bayti, une association qui vient en aide à l'enfance en difficulté. Le journaliste a parfois l'impression de se nourrir du sang et des larmes des autres. Le bénévolat m'a permis d'agir, plutôt que de me comporter en simple spectatrice de la souffrance.
Mon objectif, en tant que journaliste marocaine vivant (depuis peu) en France, est de donner du Maroc l'image la plus juste possible. Ce pays, sauvage et beau, renferme, pour qui s'intéresse à l'information, d'énormes possibilités. Tout, ou presque, reste à faire. L'aventure, pour qui s'en donne la peine, est au coin de la rue. La nouvelle liberté d'expression dont nous, journalistes marocains, disposons, permet de mettre en lumière le bon, comme le mauvais. Et l'énorme atout que nous avons, par rapport à nos collègues français, est de connaître le pays et les hommes. Loin de moi l'idée de critiquer les travaux qui, jusqu'à présent, ont été effectués sur ce pays. Mais le Maroc est une forteresse de verre, qui donne à l'étranger l'impression de tout voir et connaître, en scellant ses secrets derrière des portes closes.
En janvier commence, en France, l'Année du Maroc. Nul doute que les médias vont s'intéresser de près à ce pays, et j'aimerai , pour ma part, mettre au service de qui le voudra ma connaissance du Royaume Chérifien.
J'espère que les quelques articles que je propose à travers ce site vous interpelleront. Je reste bien sûr ouverte à toute suggestion, comme à toute critique. Mon seul souhait : vous donner envie de mieux connaître ce merveilleux pays qui est le mien.
© Soumya Zahy